273/11 - Effacer l'ardoise?
273/11 - Effacer l’ardoise?
Vendredi, 30 sept 2011
Ç’aurait dû être moi dans ses bras hier soir... J’avais trop mal... Est-ce qu’il m’avait déjà oubliée? Les larmes ne tarissaient pas. Une fois que je les avais laissé le premier sanglot franchir mes lèvres, je ne pouvais plus m’arrêter. J’avais tellement pleuré que j’avais les yeux comme des pastèques et un mal de tête à casser des pierres. Je ne pouvais pas laisser les choses comme ça, je ne pouvais plus rester là à attendre.
Je me suis rendue compte que j’avais certainement dû entendre du bruit venant de la chambre, mais mon esprit avait refusé de traiter les informations, que j’avais dû tout bloqué, que jusque sur le pas de la porte de sa chambre, j’avais été sourde en quelque sorte. Même quant les premiers images ont frappés mon regard, les sons étaient absents, c’est seulement alors que je reculais, que j’étais en train de fuir que tout c’est entre-mêlé, le bruit du matelas, les bougies, les soupirs, et tout le reste.
Il allait falloir que je fasse quelque chose, ou ça passe, ou ça casse, mais je ne pouvais plus supporter de rester dans le flou.
Pourtant, je n’étais pas dans le flou, il était évident qu’on était plus ensemble. Pascal n’a pas eu besoin de le dire, il me suffisait de voir comment il agissait pour m’en rendre compte. J’avais peut-être trop attendu, ou peut-être que j’avais fait une bêtise en essayant de le rendre jaloux. Essayé d’aller de l’avant avait aussi foiré lamentablement, évidemment et malheureusement, je l’aimais toujours.
J’avais envie d’oublier tout, de passer sur tout, d’effacer l’ardoise, mais au fond de moi, je savais que je lui en voulais mortellement.
Et bon sang, je ne savais pas ce que je devais faire, ce que je pouvais faire. J’aurai voulu reculer le temps, revenir en arrière au temps où il m’aimait encore. Je me sentais perdue et complètement désespérée. Vendredi, on était vendredi, qu’est-ce qu’il faisait ce soir? Ou pourrais-je le trouver? Est-ce que je devais m’abaisser à demander de l’aide à Caroline?
Je devais le trouver ce soir, je devais retrouver le chemin de son cœur coûte que coûte.
Mince, je n’avais pas le courage de sortir ce soir, j’avais peur de le croiser et pourtant j’avais envie de le voir. Je voulais qu’il en ait envi aussi, je rêvais de lui manquer, qu’il ait envi de me serrer dans ses bras, que tout ne soit qu’un horrible cauchemar. J’avais les yeux tellement enflés qu’il a fallu plusieurs heures pour qu’ils dégonflent. Je me sentais fatiguée, triste à mourir, incapable de sortir un semblant de sourire. J’étais malheureuse.
Je n’ai pas pu me résoudre à sortir, je ne savais pas où le trouver, et demander à Caro était au-dessus de mes forces. Pourtant, il allait falloir que je le trouve, j’ai donc décidé, une fois de plus, d’aller l’attendre chez lui. Et s’il ne rentrait pas?
Puis non, enfin, je ne savais pas... je nageais entre l’envie de ne plus le voir tellement il me foutait en rogne, et l’envie désespérée d’aller m’enrouler dans ses bras. Pour ça, il aurait fallu que je perde la mémoire, et j’avais le défaut masculin d’avoir trop d’orgueil, parce que si c’était moi qui allait vers lui, je devrais accepter de porter tous les tords. Bref, c’était foutu.
Le soir, après beaucoup d’hésitation, je suis sortie avec Caroline. On a été retrouvé l’équipe au bar. Mes potes étaient là, alors j’ai passé le plus clair de mon temps vers eux, après m’être assurée que Caro se faisait pas toute seule dans son coin. Pascal n’était pas là quant on est arrivé, de toute façon, j’avais décidé de filer avant qu’il n’arrive. Je ne savais pas s’il sortait ou non, mais il devait arriver, sinon Caro ne serait pas là.
Mon humeur avait des hauts et des bas, des moments où j’avais envie de voir Pascal, et à d’autres où la colère dominait tout et je n’avais pas envie de le voir, et j’étais dans cette dernière phase. C’était passé 1h du matin, alors j’ai salué tout le monde et je suis partie.
Je ne m’attendais pas à le croiser... J’ai tout de suite senti sa présence, en levant les yeux, j’ai vaguement aperçu sa silhouette et j’ai plongé la tête dans mon sac à la recherche de mes clés et j’ai foncé vers ma voiture. J’étais à nouveau envahie par une grosse bouffée de colère. Je ne m’attendais pas non plus à ce qu’il me rattrape à la voiture. Si j’avais eu une bombe l’acrimo, je le lui aurai flanqué dans la figure.
Il avait juste touché mon bras, sans avoir besoin de regarder, je savais que c’était lui. Il croyait que je ne l’avais pas vu, et semblait étonné que je parte déjà. J’ai été froide avec lui, parce que la vision d'hier soir me tailladait le cœur. Je n’avais pas envie de lui parler, ni de le voir, ni d’être là en face de lui, je voulais qu’il disparaisse de ma vue. Pas un sourire, rien, je voulais juste m’en aller. Pour éviter qu’il ne me fasse la bise, je me suis tournée pour ouvrir ma voiture.
- Hey! Coucou, tu pars déjà?
- Comme tu vois.
- Viens prendre un verre? Je viens d’arriver.
- Non merci.
- Est-ce qu’il y a une chance pour te faire changer d’avis?
J’ai jeté un coup d’oeil derrière lui, il y avait une pouffe qui l’attendait vers l’entrée du bar et elle poireautait en regardant dans notre direction. Alors j’ai dit non. Il a suivi mon regard, ça m’était égal qu’il pense que c’était à cause de l’autre betterave que j’avais refusé.
Là-dessus, Layne et ses copains sont arrivés et quant il m’a vue, debout, raide comme un gendarme à discuter avec Pascal, il est venu nous dire bonjour. J’avais retrouvé le sourire à la vue de Layne, lui aussi a insisté pour que je revienne prendre un verre. Là, j’ai accepté et on est retourné à l’intérieur.
J’ai pris un verre avec Layne et ses potes. Pour ne pas avoir à croiser son regard ou avoir à lui parler, ni même avoir à le regarder, j’ai tourné le dos à Pascal et son équipe. Thomas m’a demandé si j’avais envie qu’on se retrouve chez lui plus tard, j’ai préféré lui proposer de passer plutôt chez moi s’il en avait envi. Je ne voulais pas qu’il plante ses copains pour moi. Après mon verre avec Layne, comme j’avais déjà salué les autres un peu plus tôt, j’ai juste salué Layne et ses potes et j’ai filé, sans un regard en direction de Pascal.
C’était certainement pas la bonne attitude à avoir, j’allais probablement le regretter plus tard, mais, j’étais trop enragée pour faire autrement. Je me vengerai de Pascal en faisant sa fête à Layne.
Pascal m’a rattrapée une fois de plus vers ma voiture, et ça, c’était embarrassant. Non seulement, on pouvait nous voir, mais si je passais trop de temps à discuter avec lui, ils allaient tous me prendre pour une tarte.
Il m’a demandé si je lui faisait la tête. Huh, à ton avis? Mais je n’ai rien dit, je l’ai seulement dévisagé en fronçant les sourcils et en faisant une grimace qui pouvait passer pour de l’incompréhension. Je n’avais pas l’intention de lui répondre. A la place, je lui ai demandé ce qu’il en avait à foutre, puis j’ai changé de ton pour dire; “Je suis crevée, bonne nuit”.
Pascal voulait discuter, et m’a demandé si je voulais qu’on aille quelque part, qu'on se retrouve plus tard pour parler, ou le lendemain, mais je ne voyais pas trop où ça pouvait nous mener, et je ne savais pas comment le prendre.
Je ne voulais pas non plus sonder mon cœur, ni mes sentiments pour lui. Je voulais juste qu’il me fiche la paix. J’avais peur aussi de flancher, de dire quelque chose que je ne devais pas. La fuite me semblait la meilleure option.
C’était qui cette nana? Comment osait-il se pointer avec elle? Est-ce que c'était celle d'hier soir?
Est-ce que je ne devais pas profiter de l’occasion pour lui parler au lieu de fuir? Est-ce que je pouvais laisser tomber Thomas juste pour discuter avec Pascal? Ou passer vers lui et l’avertir que je ne passais que pour voir Pascal? Ce serait ridicule, non? Il penserait que je suis vraiment une girouette? Et si Pascal ne rentrait pas seul? J’aurai l’air encore plus crétine! Qu’est-ce que je devais faire???
Je ne savais pas quoi faire, mais je devais aller sur place, alors j’ai appelé Thomas pour lui dire que je passais chez lui. Si Pascal ne rentrait pas seul, alors je n’aurai pas de scrupules à avoir...
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273/11 - Effacer l’ardoise? - Vendredi, 30 sept 2011