274 - Jacques - Mon âme soeur
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Jacques - Mon âme sœur
(30 sept 08 - mardi)
Engagée cette journée avec un peu plus de sérénité. Je me suis tellement énervée contre ma famille hier, que passé le cap de la culpabilité, pour n'avoir pas été les voir, j'ai téléphoné à ma petite smala. Ensuite, je me suis préparée mentalement au passage de mon frère.
J'avais juste oublié un détail... j'emmenai mon Maxou chez son coiffeur, donc je ne pouvais pas être là à 16h. Et je l'ai fait tondre. Je regrette un peu, parce que j'aimais bien sa grande touffe de poil, sa barbichette et tout. Maintenant, j'ai l'impression que c'est un autre chien. En plus, il est tout mince sous tous ces poils. Mais aussi, maintenant, je vois qu'il ressemble à sa maman, Tétine. Même trufette. Surprise, surprise, mon frère est passé comme prévu, pile à l'heure!
==> Je vérifie encore dehors pour voir s'il neige... mais non ?
C'était difficile de laisser, Maxou, mon petit bout de chou, chez le toiletteur. Désespéré en me voyant partir, il s'est mis à aboyer. J'ai fait une énorme connerie, je suis retournée pour essayer de le calmer... Grave bêtise!! Erreur qu'on ne doit pas faire, comme avec les bébés qui pleurent. Quant je suis retournée le chercher, 3h plus tard, il aboyait encore. La toiletteuse m 'a appris qu'il n'avait pas arrêté! 3h... ciel. Pauvre chou, il a dû penser que j'allais revenir s'il aboyait. Je lui avais fait plus de mal que de bien.
Mieux que personne, je devrais pourtant le savoir. Quant j'étais petite, chaque fois que ma tante me prenait en week-end ou chez elle pour quelques jours, je pleurais pendant tout le trajet et il y avait un peu plus de 50km. Je continuais jusqu'à ce que je m'endorme. Ciel, quant j'y pense, qu'est-ce que j'étais pénible comme gosse. Persuadée que ma tante allait faire demi tour pour me ramener vers mes parents, je m'accrochais à mes larmes. Je refusais même de me coucher dans le lit, de peur de m'endormir, alors je me mettais en boule dans un coin de la chambre et je pleurais. Les bras de ma maman me manquaient. Je refusais aussi de me nourrir. Oh-là-là, j'étais pénible, mais pour mon excuse, j'étais désespérément triste d'être séparé des autres membres de ma famille.
Je n'ai jamais très bien supporter les changements ou les séparations. Je n'avais jamais réalisé que ça pouvait faire de la peine à ma tante qui m'adorait et qui aimait me prendre chez elle. Quelle horreur. Comme j'aimais jouer avec mes cousins, elle pensait me faire plaisir. Mais non, non. Si d'aventure je prenais plaisir à jouer avec mes cousins, ce n'était qu'une impression.
Ma cousine, Nicole, m'attrapait tout le temps pour me faire des câlins, et mon cousin, Phil, le plus grand des 2 garçons, passait son temps à me donner le tourni. A l'époque, je ne savais pas que c'était pour m'épater, je le trouvais juste collant et bruyant. L'autre cousin, Jacques, le petit dernier de la troupe, était plus timide, plus potelé aussi, mais lui, je l'aimais beaucoup. Il restait en retrait, jouait plutôt tout seul dans son coin, écoutait de la musique, etc. Il n'était pas comme avec les 2 autres, avec leurs pattes partout, essayait de capter mon attention. J'ai donc été plus attiré par l'envie de me rapprocher de Jacques, qui correspondait mieux à mon caractère de solitaire déjà. On est tout naturellement devenu ami et proche. Je l'adorais.
Jacques... C'était mon cousin préféré, mon meilleur ami, mon âme sœur. Et je l'aimais.
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Jacques s'est tué en moto, avec la petite sœur de son meilleur ami, sur une route campagnarde, un soir d'été...
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