290/14 - Nina m a coiffée au poteau!
Vendredi, 17 octobre 2014 - 290/14 - Nina m’a coiffée au poteau!
J’ai attrapé Pascal par son t-shirt, sans un regard pour Nina, pour lui rappeler qu’il avait dit qu’il était tard, alors il était tant qu’on aille se coucher. Que vu les portes qui ont claqués, j’imagine qu’elle voulait lui parler, lui faire une petite scène peut-être! Ou qui sait, peut-être aurait-elle même le culot de lui demander de me dire de partir?
Sans le quitter des yeux, et vu ce que je venais de dire, Pascal n’osait pas la regarder; je aussi dis qu’ils auraient tout le temps demain, mais maintenant, ce n’était plus le moment des messes basses. Ne serait-ce que pour avoir enfin un peu d’intimité.
Si Nina avait quelque chose d’urgent à lui dire, elle pouvait le faire, là, tout de suite. Je ne vois pas ce qu’elle pouvait avoir à lui dire de si secret, qu’elle soit obligée de parler en allemand? Est-ce qu’il y avait quelque chose qu’on me cachait? Qu’on ne voulait pas que je sache? Donc, quelque chose que je devais savoir…
Pour la première fois, Nina s’est adressée à moi; elle voulait parler à Pascal, c’était personnelle. Et elle a ajouté que ça ne me regardait pas, c’était entre eux.
Oh, j’ai fait l’idiote; "si c’est à propos de boulot, ça pouvait très bien attendre demain".
Ca m’énerve tellement quant les mecs font ça… Ils donnent de l’importance et font passer une miss comme ça, une miss qu’ils viennent de rencontrer, ou qui n’est qu’une aventure d’une soir, ils la font passer avant toi, pas blesser la connasse, alors que celle qui compte, celle qui partage leurs vies depuis des lustres, ils font passer sa nana en dernier, sans penser aux sentiments de leurs compagnes; surtout pas que la raclure se sente humiliée, ou ait de la peine! Ca m’énerve grave. Les mecs sont parfois d'une naïveté et d'une connerie incroyable!
Il n’a pas su quoi dire. Dans la chambre, j’ai raconté à Pascal ce que je ressentais, comment je l’ai ressenti lui; distant et embarrassé. Que je trouvais inadmissible qu’il fasse passer les sentiments de l’autre pouffe, Nina avant les miens. Que c’était un comble. Et que je la trouvais gonflée d’être venue chez lui au lieu d’aller à l’hôtel.
C’est là que Pascal m’a dit qu’il l’avait invitée.
- Si on vivait ensemble, tu..
- Je ne l’aurais pas invitée!
- Permet moi d’en douter ou de me poser des questions! Depuis que tu me l’as demandé, je te test, et chaque fois, je me dis que c’est pas possible! J’aurai fait quoi là? J’aurai dormi à la cave? Ou j’aurai dû aller me faire pendre ailleurs? Pour que madame soit bien? Et moi alors? Tu y penses? Est-ce que c’est ça pour toi vivre ensemble?
Hum, j’ai choisi de faire comme s’il ne m’avait pas dit que c’était trop tard. Ou qu’il n’aurait pas dû me le demander, et que c’est plus vraiment ce qu’il voulait. Je voulais lui montrer comme ses façons de faire étaient étranges.
- Jane, soyons sérieux, c’est clair que je ne lui aurais jamais proposé de venir ici si on vivait ensemble.
- Ah, alors tu ne m’aurais même pas dit que vous étiez encore en contact, et tu l’aurais vue derrière mon dos!? Encore pire!
- Non, je n’aurai pas fait ça!
- Ce qui m’a vraiment gênée ce soir, c’est que tu semblais mal à l’aise. Tu ne me touchais pas, comme si tu ne voulais pas la blesser, et tu ne pensais pas qu’alors, tu me blessais moi? C’est dègue. Tu lui montrais que, malgré la distance, malgré le temps, tu n’en avais rien à foutre de moi, que maintenant qu’elle était là, wah, il n’y avait qu’elle qui comptait. Tu comprends ce que j’essaie de t’expliquer?
Rien. Pas de réponse. Je fulminais intérieurement.
- Par ta façon d’agir, tu lui laissais entendre que tu as toujours été comme ça distant avec moi. Je parie qu’avec elle tu étais tout tendre. Putain Pascal, ce devrait être le contraire.
Pascal n’a pas su quoi dire. Il regardait ailleurs, n’osant pas vraiment me regarder dans les yeux. Enervant au plus haut point. Et ce silence, non mais, j’avais envie de lui taper sur la tête. Bon, fallait que je laisse tomber, sinon, on finira la soirée fâché.
- Je pensais qu’elle était repartie. Tu m’avais dis qu’elle rentrais mercredi, alors j’ai été un peu surprise de la trouver ici. Pas grave, personne est parfait.
Pascal était couché sur le dos et regardait maintenant le plafond. Aucune tentative pour me prendre dans ses bras. On entendait Nina faire des allées et venues dans le salon. J’imagine qu’il l’entendait lui aussi.
Il fallait que je fasse quelque chose pour que la soirée se termine mieux qu’elle n’avait commencé. Quitte à faire le poing dans la poche et faire avaler de travers à cette Nina, son idée de venir s'installer chez Pascal.
Je me suis approchée pour me coller contre lui. En l’embrassant dans le cou, je lui ai demandé s’il pouvait me prendre dans ses bras. Je l’ai embrassé, et il m’a rendu mon baiser, alors j’ai continué. Puis les choses se sont enchaînés toutes seules. Pascal a eu de la peine à me faire taire. Je n’hésitais à faire partager ce moment à l’oreille de l’allemande.
Les portes claquaient, les pas lourds à travers le salon… Pascal était trop engagé pour y prêter trop d’attention. Moi pas. Pendant une pause, Pascal m’a dit que j’étais une sacré peste, en regardant en direction de la porte. Nina avait laissé tomber quelque chose qui a fait un bruit de vaisselles brisées.
J’étais contente de lui rendre la pareille. Elle faisait tout pour que Pascal sorte et lui parle, pour qu’il n’oublie pas sa présence. Pascal a essayé de me dire qu’il devrait aller lui parler. Moi je pensais que ça pouvait attendre demain. Je lui ai demandé ce qu’il pouvait bien vouloir lui dire?
Malgré l’heure plus que tardive, insatiable, Pascal a voulu continuer encore ce qu’on avait commencé 1h plus tôt. Avant de s’endormir, Pascal a dit qu’heureusement on était vendredi, à se rythme là, il ne tiendrait jamais toute une semaine. C’était plus de 4h du matin. Nina ne dormait toujours pas, je l’entendais bouger rageusement dans l’appart.
Quant Pascal s’est endormi, je me suis levée sous prétexte d’aller me prendre à boire. Elle est aussitôt sortie de sa chambre et a été très déçue de me voir moi, et non Pascal; je lui ai spécifié que Pascal dormait à poing fermé. Elle avait sorti ses bagages, je pense que c’était dans l’intention de faire pression sur Pascal, le menacer d’une certaine façon en montrant son envie de partir sur le champ.
Le matin, je me suis levée en même temps que Pascal, pour qu'on puisse prendre le café ensemble. Nina tirait la gueule, elle était déjà prête et n’attendait que lui. Nina avait des cernes autour des yeux, elle n'avait pas fermé l'oeil de la nuit, cela se voyait.
J’ai attendu qu’il soit parti pour m’en aller à mon tour. Je rêvais de entrer chez moi. J’avais l’intention de préparer quelques affaires pour revenir ce soir. Je pensais scouater là ce week-end.
Le soir, j’aurai dû être à la maison avant lui, mais non, comme d’habitude, je traîne. Je suis arrivée aux alentours de 21h, et il n’y avait personne. Que faire? J’ai regardé dans la chambre d’amis, et les affaires de Nina avait disparu. Ha! Elle avait peut-être compris le message, elle était finalement rentrée en Allemagne. Pascal l’avait probablement raccompagnée à l’aéroport.
Je me suis installée dans le canapé avec un bouquin, avec la télé en toile de fond. J’attendrais tranquillement le retour de Pascal. Je n’allais pas le harceler au téléphone.
En plein dans mon histoire, j’ai oublié l’heure. Quant j’ai senti la faim, j’ai consulté l'heure pour constater qu’il était plus de 22h50. Presque 23h? Où était donc Pascal? Ouais, peut-être à l’aéroport. Je ne me suis pas inquiétée plus que ça. Thomas était passé en courant d’air avant de sortir rejoindre ses copains. Je n’ai pas trouvé nécessaire de lui demander s’îl savait où était Pascal. S’il le savait, je pense qu’il me l’aurait dit.
Minuit, toujours pas de Pascal… Là, j’ai commencé à m’inquiété sec… Minuit, mais où était-il donc? Où pouvait-il traîner comme ça? Est-ce qu’il y avait des avions qui s’envolaient après minuit? Là, j’ai commencé à avoir des doutes. J’ai appelé Thomas, qui m’a dit qu’il n’avait pas vu Pascal depuis qu’il avait quitté le boulot vers 17h. Etrange! Aussi tôt que ça!
Ne sachant pas quoi faire d’autre, j’ai tenté de le joindre, mais son natel était coupé. J’ai alors laissé un message pour lui demander où il était, que c’était minuit, que je l’attendais à la maison.
J’aurai été bien inspirée d’appeler Caro, mais je ne l’ai pas fait. Je ne savais pas que Nina pouvait se montrer plus maligne que moi. Je n’avais pas anticipé le fait qu’elle avait voulu s’installer à l’hôtel… Nina avait réussi à détourner Pascal, qui n'a rien trouvé de mieux que de passer la nuit avec elle!
C’est Pascal qui lui a offert une suite dans un des luxueux et plus beaux hôtels à Genève… Ça m’a fait péter un câble. Cette salope, cette garce m’avait eu en beauté! Nina m’avait coiffée au poteau! J'étais dégoûtée, je m'étais faite avoir, je n'arrivais pas à le croire!