310-2012

Publié le par JaneDo


Mardi - 6 novembre 2012 - (310/2012) - Je veux savoir… (I want to know…)

J’avais du boulot aujourd’hui, et c’est pas avec toutes mes soirées chez Pascal que je pouvais avancer. Pourtant, il m’a dit d’emmener mon travail à la maison, que ça ne le dérangeait pas. Je ne suis pas très bavarde quant je bosse, je mets la musique à fond, et j’ai tendance à être agacée si on me dérange, alors je ne voulais pas qu’il me subisse dans cet état.

Pascal voulait que j’aille le chercher à l’entraînement. Il irait avec Thomas et me laissait sa voiture. Ça me gênait un peu, mais j’ai fait l’effort. Il avait tellement insisté. Pascal voulait qu’on change un peu nos habitudes.

A la sortie, l’entraîneur leur a rappelé le souper d’équipe vendredi soir. J’attendais vers la porte. Dès qu’il est sorti des vestiaires, il a souri en me voyant. J’étais à l’heure pour une fois en plus.

Pascal a passé son bras autour de la taille et s’est penché vers moi pour me faire la bise. J’ai bien cru qu’il allait m’embrasser. L’entraîneur les a rassemblé une dernière fois pour leur rappeler le souper d’équipe vendredi soir. Ils pouvaient emmener leurs moitiés ou femmes, mais pas les enfants.

  • Tu as failli m’embrasser là, non? Je chuchotais.
  • Hum… Oui! J’ai failli me laisser emporter!! Il chuchotait aussi.

Ça m’a fait sourire. Glups, ç’aurait été la totale, s’il ne s’était pas repris.

  • Ça veut dire quoi souper? On va manger de la soupe?

Hahaha, morte de rire. Je lui ai expliqué que souper voulait simplement le dîner du soir chez nous. En français quoi. C’était un entraîneur remplaçant, et il ne parlait pas très bien anglais, alors il leur parlait en français tout le temps. Ils n’avaient pas l’habitude. Certains ne comprenaient pas les ordres qu’ils leurs donnaient au cours des entrainement, ni pendant les matchs non plus.

Je m’attendais à trouver Caro sur place, mais n’était pas là ce soir. Alors, je l’ai appelée, et elle m’a dit que Pascal lui avait demandé de ne pas venir. Elle savait qu’il m’avait demandé de passer le chercher. C’est dingue ça!!! Elle sait que je vais le chercher, alors que moi, je ne sais pas qu’elle fait? Pourquoi? Ça m’énerve ça!

Rhhh, pourquoi avoir accepté un truc pareil ce week-end!!! Des fois je me demande ce qui se passe dans ma tête! Pourtant, je ne regrette pas vraiment. C’est seulement les doutes qui me hantent. Je me demande si j’ai bien fait? Comment ça se fait que Pascal ait osé tout à coup me poser la question? Est-ce que c’est bien qu’il me demande une sorte d’autorisation? De toute façon, impossible de dire non!

  • Pascal? Est-ce que je peux te demander un truc?
  • Oui… Bien sûr! Owh, à voir ta tête ça doit être désagréable!
  • Que la vérité, pas de contour, d’échappatoire, ou je pensais que… que la vérité, d’accord?
  • Quant on s’est rencontré, tu connaissais déjà Caroline, non?
  • Oui!
  • Tu la trouvais comment? Je veux dire, est-ce qu’elle t’attirait depuis le début? Je veux dire, est-ce qu’elle t’a plu dès que tu l’as rencontrée?

Il a eu une de ces expressions qui voulait dire; “pourquoi parler de ça?”. Il a eu un long soupir, et a renversé la tête sur le dossier du canapé, en regardant le plafond.

  • Ben… Je la trouvais mignonne. Juste mignonne, sans plus. J’avais compris qu’elle m’aimait bien, peut-être même un peu plus.

Est-ce qu'il allait me laisser lui tirer les vers du nez, tirer chaque mot à la grue? ...

Je veux savoir, tout savoir. Je veux savoir ce qui se passe dans sa tête. Tout poser devant moi, pour être sûr que je n'avais aucune raison d'avoir peur. En même temps, je ne savais pas très bien ce que je voulais vraiment savoir. Ni ce que je cherchais!

  • Alors comment ça se fait que tu n’arrives plus à te passer d’elle?

Aoutch, c’était pas tout à fait comme ça que je voulait formuler ma question! Pascal a relevé la tête pour me fixer de ses yeux inquisiteurs, d’un vert aussi profonds que l’océan par temps de pluie.

  • Ecoute, si c’est à cause de ce week-end…
  • Non… C’est pas ça.

Glups. J’étais en vrac. Les mots sortaient sans contrôle, dans tous les sens. Je me répétais, posais les mêmes questions. Je tournais autour du pot, incapable d’organiser le flux dans ma tête.

  • Est-ce que Jess et toi vous…? Est-ce que t’as accepter son marché?
  • Non.
  • Non tout court? Non, quoi? Non, ça ne te disais rien? Non, parce que quoi? Quant est-ce que tu as commencé à t’intéresser à elle. La voir autrement qu’une simple fille qui te plaisait bien.
  • Pffouh… Ecoute, je t’aime! Caro c’est pas la..
  • Arrête, change pas de sujet. Je veux qu’on parle à coeur ouvert, franchement, sans détours.
  • Alors si on faisait comme un jeu… On se prend chacun dix cartes, et on se pose des questions, d’accord?
  • Pas d’accord. C’est moi qui t’es demandé en 1er. Et je n’ai pas envie de jouer aux questions réponses. J’ai l’impression que je t’embête, que ça t’embête de me répondre?
  • Du tout, gros soupir.
  • Alors? Est-ce qu’elle te plaisait déjà?

Encore un gros soupir, comme si je lui avais demandé la lune!

  • Pas comme tu l’imagines… Ha là là, comment t’expliquer…

Facile à dire! Je n'étais pas dans sa tête moi!

Pascal s’était allongé sur le canapé, de la main, il m’a tirée à lui. J’ai pensé qu’il voulait éviter que je le regarde, alors je suis restée assise au lieu de m’allonger sur lui. De plus, suivant comment, j’aurai probablement envie de le frapper, donc, pas question d’être lascivement couchée sur lui.

  • Je n’ai jamais éprouvé pour personne ce que j’ai éprouvé quant je t’ai vue la 1ère fois… Cette façon de rire… Tu étais magnifique. Tes yeux brillants, tu étais brillante. J’ai été hypnotisé. Nos regards se sont croisés, j’ai eu une sorte de pincement au coeur. Chaud aussi. Puis, j’ai eu l’impression que mon regard te dérangeait, tu as comme froncé les sourcils, mais tu souriais encore. Oh, ce n’était pas à moi.

Il avait croisé les jambes, passé ses bras derrière la tête et regardait toujours le plafond en souriant.

  • Je crois que c’est là où je suis tombé amoureux. Mais, je n’en étais pas tout à fait conscient encore. Je n’ai jamais éprouvé ce genre de chose, même pas pour Jess, et encore moins pour Caro. Quant Jess est arrivée chez nous, j’ai été fasciné. Pourtant, on se connaissait déjà, et je n’avais pas fait attention à elle. C’était juste ma cousine, c’est tout. Je crois qu’avant, je ne m’étais jamais intéressé aux filles, j’étais occupé avec le sport, avec les copains, ce qu’on allait inventé pour se lancer des défis. Je crois que, Jess est arrivée à un moment où tout à coup, les copains allaient devenir moins important. J’étais intrigué par cette jolie fille, par ce que pouvait fabriqué les filles, ce qu’elles pouvaient se raconter, et tout ce genre de truc.

Inutile de le déranger, je voulais tout savoir, tout entendre.

  • Elle ne faisait pas très attention à moi. La plupart du temps, elle avait l’air triste. Puis, elle a dû remarqué que je lui tournait autour, que je l’épiais tout le temps. Quant j’ai commencé à m’intéresser à certaines de ses copines, alors elle a commencé à me remarquer moi. Sur le moment, je ne l’avais pas réalisé. Chaque fois que je lui demandais quelque chose sur une de ses copines, cette copine était soit une idiote, soit une cinglée. Bref, elle dénigrait toujours ses copines. Bêtement, je la croyais. Je devais vraiment être idiot à l’époque. J’avais pas remarqué que c’était un manège pour que je ne m’intéresse à personne d’autre qu’elle. Quant j’ai osé lui demandé d’être ma copine, j’ai cru qu’elle allait m’envoyer sur les roses. Mais non. J’étais le plus chanceux, le plus heureux de la planète, rien que de savoir que c’était ma copine.

Ses magnifiques et perçants yeux verts se sont posés sur moi. Il souriait.

  • Mais, je n’ai pas ressenti cette chaleur, ce sentiment de perdre pieds, d’avoir absolument envi de me rapprocher de quelqu’un comme quant je t’ai vu dans ce bar rempli de monde, de fumée, et de soulards. Je ne savais pas ce que c’était, je savais juste que j’avais envi de te connaître, d’entendre ce rire et de voir ce visage s’illuminer de plus près. Non, j’ai jamais éprouvé ça pour personne avant.
  • Mais alors, pourquoi tu as accepté, pourquoi est-ce que… Rhhh, je sais pas comment dire…
  • En vrac, ça me va.

Il riait. J'adorais l'entendre rire. Voir son visage s'illuminer, espiègle. Mais pas ce soir. J'espère qu'il ne me raconte pas de blagues, qu'il ne me ment pas.

  • Comme tu en as l’habitude.
  • Qu’est-ce que tu as ressenti quant tu as rencontré Caro?
  • Tu m'as déjà posé ces questions des milliers de fois... Ca m'embête qu'on se prenne la tête pour ça!
  • On ne se prend pas la tête. Je... Dis le moi encore...
  • Je te l’ai dit, rien de spécial. C’était une jolie fille. Je la trouvais plutôt mignonne. J’avais compris qu’elle me courait après, c’était flatteur, mais j’étais fiancé à Jess.
  • Oui, mais tu l’a laissé te draguotter, tu l’encourageais même je trouve.
  • Non, je dirais que je n’y faisais pas très attention. Ma route était déjà toute tracée.
  • Mais pendant la fête de halloween quant je vous ai trouvé dans ta chambre, tu sais? Quant elle te soignait de je ne sais quoi, tu avais un air coupable je trouve.
  • Wahhh, c’était, y a des lustres de ça!
  • Est-ce qu’elle.. Je… Je sais pas comment le dire, mais est-ce que tu avais une idée derrière la tête, est-ce qu’elle t’avait fait du rentre dedans? Pourquoi c’était justement elle qui était avec toi? Et pourquoi tu as fini par accepté de coucher avec elle si elle ne te disait rien?
  • J’ai pas dit ça, j’ai juste dit que je ne faisais pas très attention. Je savais qu’elle m’aimais bien, elle avait fini par me le dire quant elle a réalisé qu’il se passait quelque chose entre toi et moi. Avant, elle n’osait pas, elle savait pour Jess.
  • Ouais… Il n’y avait que moi qui ne savait rien!

Pascal s’est relevé pour me prendre dans ses bras. Je ne sais pas si je me sentais soulagée, heureuse, ou si son contact me brûlait!?! En tous cas, j’avais chaud. Je sentais que je commençais à lui taper sur les nerfs. Il était tard.

  • T’es nulle… J’étais déjà amoureux de toi, Caro ne comptait pas.
  • Alors, mais… Non, c’est pas vrai. Tu m’avais dis qu’elle te plaisait bien.
  • Elle me plaisait bien oui, mais c’est tout. J’ai toujours pensé que l’amour se conjuguait à deux, alors si on m’aurait dit que je sortirais avec 2 ou même 3 filles en même temps!
  • Alors pourquoi tu avais l’air coupable ce jour-là?
  • Heu… Ben, elle m’a dit qu'elle était amoureuse de moi… J’étais juste embarrassé c’est tout.
  • Est-ce que Jess et toi…? Est-ce que tu couches toujours avec Jess?
  • Ce que t’es curieuse!!! Je t’ai déjà dit que non. Mais, c’était arrivé quelques fois, je dirais par accident.
  • Par accident on cul!
  • Jane? Waouh! Depuis quant tu parles comme ça toi!

Je boudais. J’étais énervée contre moi-même de l’emmerder, de lui poser toutes ces questions comme une jalouse hystérique.

  • C’est… ça arrive parfois. Là, je n’ai aucune excuse, je n’ai pas d’explications rationnelles. C’est arrivé.

Est-ce que j’étais en train de lui faire une crise? J’allais finir par l’ennuyer. Ou pire, il croirait que j’étais jalouse. Je finirais par avoir l’air d’une chieuse; je le laisse faire et ensuite je fais la gueule. Je l’emmerde. Et ça, je ne voulais pas. Dans ma tête en fusion, je cherchais comment lui faire comprendre que je voulais juste; “comprendre”. Avant même que j’aie trouvé une idée lumineuse, il m’a sauvée de l’embarras.

  • C’est à cause de ce week-end hein?
  • Non, du tout.

J’avais utilisé la même réponse que lui. Enjouée, à coup de sourires, comme si je ne l’avais pas emmerdé pendant plus de 2h avec mes histoires, j’ai essayé d’avoir l’air convaincante.

  • Tu sais bien que j’adore Caro. Rien à voir. Je me posais des questions c’est tout. Et aussi, je voulais profiter du fait qu’on soit seul, rien que les 2 pour parler. Ta femme sera bientôt de retour, alors ce sera foutu pour discuter.
  • Alors, tu n’es pas fâchée?
  • Non! Quelle idée! Je voulais juste comprendre des trucs. Waf, on peut en parler une autre fois.

Alors, peut-être rassuré ou pour me tester, Pascal m’a fait signe de venir à côté de lui.

Sauvée, soulagée et bientôt la tête vide, toute mielleuse d’amour au contact de sa peau. Les yeux perdus dans les siens, j’ai oublié mon nom, mes réserves, questions, et tout ce qui n’était pas lui.

Il était tard, trop tard pour s’éterniser sur des sujets épineux. Je reviendrais sur le sujet, jusqu’à ce que je puisse me sentir rassurée, balayé mes doutes et mes peurs. Une fois de plus, je n'avais pas réussi à aller au bout de mes questions. C'était nul de revenir sans arrêt sur le sujet. Mais, je ne voulais pas l'énerver. Surtout pas.


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