328/2012 - Il aime la consoler!!! - (2)

Publié le par JaneDo


Samedi - 24 novembre 2012 - (328/2012) - Pascal aimait consoler Caro!!!  (2)



Cachée en haut de l’attique, dans la mezzanine, je lisais tranquillement avec la lumière de chevet. Je ne voulais pas qu’on me trouve. Un petit moment de paix, ma tête plongée dans l’intrigue de mon livre, j’étais à l’abris du désespoir. Mais, hélas, je ne pouvais pas plus mal choisir ma cachette!!!

Quant j’ai entendu du bruit en bas. La porte venait de s'ouvrir. J’ai aussitôt éteint. J’ai pensé que c’était peut-être Pascal qui me cherchait. C’était bien Pascal, mais il ne me cherchait pas! Pascal était avec Caro. Ils cherchaient seulement un endroit où partager un moment d’intimité. Mon coeur a plongé au fond de mes pompes. J’étais pourtant allongée, mais je me suis sentie tomber.

Sans bruit, je me suis glissée jusqu’aux rideaux qui protégeaient ma retraite pour guigner. Ouais, il ne me cherchait pas du tout.

Plaquée contre le mur aussitôt la porte fermée, Pascal a fait passé son petit top par dessus sa tête, la couvrant de baisers passionnés. Avec cette expression que j’avais eu l’occasion de voir sur son visage, dans ses yeux, seulement pour moi. Ça m’a blessé, bouleversé. Il l’aimait donc vraiment? Plus que je ne l’avais imaginé en tous cas. Ou peut-être que je n’avais pas voulu le voir, le comprendre?

Je ne voulais pas voir la suite. J’ai préféré fermer les yeux et me boucher les oreilles. Puis, la peur m’a fait les écouter. L’écouter, lui. Je priais qu’il ne lui murmure pas les mots qu’il m’a murmuré si souvent quant on faisait l’amour. Ne dit pas que tu l’aimes, ne le dis pas. La peur avait exploser dans ma tête, elle me glaçait le sang qui me tapait dans l’oreille. De la tête aux pieds.

La jalousie me terrassait, me paralysait. C’était un concert de soupirs, de petits cris, de râles de plaisir. Douloureux à entendre. Différents de ceux que j’avais pu entendre quant j’étais présente.

Ça m’a ramenée à ceux que j’avais eu entendu quant il ne le savaient pas; chez elle par exemple. Je pense que j’avais voulu ignoré cette différence. Ignorante idiote.

J’essayais de me rassurer, me trouvant des excuses bien lourdes. En me disant que c’était normal, ils étaient plus à l’aise. Mais, même ça n’arrivait pas à calmer mon estomac, ni les battements désordonnés de mon coeur. Ça a duré longtemps -plus longtemps qu’avec moi? Je ne saurais le dire-.
Ça m’a paru long.

Mon coeur a failli éclater en morceaux quant je l’ai entendu prononcer les mots d’amour tant redouté. J’aurai dû m’y attendre. Alors pourquoi je me sentais si mal? Petit soulagement quand même, il ne m’a pas semblé aussi profond et passionné que quant il me les chuchotait à l’oreille.

Caro était enroulée à lui, les bras accrochés autour de son cou, les jambes autour de sa taille. En souriant, il l’a fait lâcher prise et lui déposait de petits bisous sur le ventre, alors que sa main caressait ses jambes pour remonter jusqu’à sa poitrine en même tant que ses lèvres. Ces lèvres que je croyais miennes. Toujours en souriant, ses lèvres ont emprisonnés les siennes. A nouveau collés l’un à l’autre. J’avais envie de vomir tant la jalousie me tordait le ventre. Ça me brûlait de l’intérieur. Je frissonnais à l’idée qu’ils allaient se lancer dans un autre round, qu’ils allaient me torturer encore.

Et cette fois, je ne suis pas sûre de pouvoir retenir mon envie de rejeter tout mon dîner illico. Mais non. Heureusement pour moi.

Je les entendais se parler avec tendresses, se confier l’un à l’autre. Caroline lui demander; “Tu passeras mardi soir après l’entraînement?” et Pascal lui répondre qu’il verrait s’il pouvait s’échapper un moment. D’une voix suave, Caro lui a dit que ce serait tellement long d’attendre jusqu’au mardi. Pascal a rigolé en la prenant dans ses bras, en lui promettant de faire un saut en rentrant.

J’étais mortifiée. Pourquoi je me sentais si jalouse? C’est pas comme si je ne savais pas qu’ils tenaient l’un à l’autre? Alors pourquoi ça me rend si malade? J’ai même pensé aller les rejoindre pour briser le charme de leurs étreintes. Mais, c’était stupide. Ma cachette aurait été dévoilée, et la prochaine fois, ils vérifieraient. Je n’aurai plus d’endroits où me cacher après ça.

Alors qu’ils s’habillaient pour quitter la chambre, j’ai dû souffrir de voir celui que j’aime la ramener à lui, l’embrasser encore, l’empêchant de finir de s’habiller, comme s’il ne pouvait supporter de la voir s’éloigner de lui. Aussitôt, elle a jeter ses bras autour de ses larges épaules, toute amoureuse. C’était comme si je recevais une bonne centaine de flèches dans le coeur.

Non, je n’allais pas lui faire de reproches. Je n’allais même pas en parler. Je n’en parlerais jamais. Comme si je n’avais rien vu, rien entendu. C’était mieux comme ça.

Après leurs départs, je suis restée longtemps étendue, les bras en croix, regardant le plafond sans le voir. Avant de sortir de la chambre, il l’avait encore serrée contre lui, encore un baiser passionné avant de la lâcher et quitter la chambre main dans la main. Elle rayonnait de bonheur. Je comprenais pourquoi. Je croyais être la seule qu’il regardait de cette manière, la seule avec qui il agissait avec autant d’amour et de dévotion. Ben non, je me suis trompée! Je me demande du coup s’il était pareil avec sa femme? Avec les autres?

En secouant la tête violemment, je me suis débarrassée de toutes ses questions et images qui menaçaient de me faire fondre en larmes et de descendre avec les yeux rougis et bouffis. Je ne voulais pas qu’il puisse se douter une seule seconde que je puisse les avoirs vus ou entendus. “Je t’aime toi… J’aime faire l’amour avec toi… Ta peau est si douce…”. Suivi d'une tonne de "Je T'aime" de Caroline et de tas d'autres mots que je préfère oublier.

Aïe! Ses mots me poursuivent. J’espère être assez forte pour les scellés à jamais dans un coin perdus de ma tête. Surtout ne rien dire. Jamais.

En arrivant dans la salle, je les ai vu, éloignés l’un de l’autre, chacun dans un coin de la pièce. Je me suis même demandée si je n’avais pas tout imaginé! A les voir, qui pourrait s’en douter? Personne, c’est sûr. En me voyant pointer le bout de mon nez, Pascal m’a lancé un sourire et j’ai répondu avec le même sourire. Comme de rien. Finalement, ce n’était pas si dur. Par contre, quant Caro est venue se coller à moi, j’ai eu toutes les peines du monde à ne pas la repousser. A ne pas montrer mon agressivité.

Je ne me suis pas rendue compte que je gardais mes distances, essayant même d’éviter le contact. Pour finir, Pascal m’a prise par la main, et on est remonté dans le jardin d’hiver fumer. Je faisais l’effort de ne pas me montrer triste, mais au contraire, enjouée, heureuse. Mais je ne devais pas très bien faire illusion, parce qu’il m’a demandé pourquoi j’avais l’air triste ou si j’étais fatiguée? J’ai choisi de dire que j’étais crevée.

Pour changer de sujet, je me suis plongée moi-même dans un bain bouillant. Je lui ai demandé comment on allait s’arranger pour dormir ce soir. Il a eu l’air de réfléchir, puis il m’a dit que normalement, que ce serait préférable qu’il reste avec sa femme. Glups. Grosse déception. Mais aussi, gros soulagement. C’était en effet préférable. Puis, hésitant, il m’a demandé si je voulais qu’il vienne dormir avec moi, malgré Caroline?

Malin… Si je ne les avais pas vu, j’aurai presque pu croire que la présence de Caro le dérangeait!!!

Mon côté frondeur a tout à coup pris le dessus. Vu qu’il me mentait, j’ai eu envie de le mettre à l’épreuve, le tester, le mettre mal à l’aise. Peut-être aussi le punir. Punir aussi Caroline. Je me sentais méchante. C’était moche. Rien ne pouvait m’empêcher de chercher à me soulager en étant la plus vicieusement méchante.

D’une voix suave et tendre, je lui ai fait croire que rien ne me ferait plus plaisir que de dormir dans ses bras. Que tant pis, Caroline devait s’habituer. Que je ne pensais pas que ça l’a dérangerait. Elle en avait l’habitude. Une seconde fugace, j’ai vu l’embarras traversé son regard. Il a dit qu’il essayerait. Ça risquait seulement de le mettre mal à l’aise et de blesser sa dulcinée, alors, j’étais sûre qu’il n’en fera rien. Le connaissant, je savais qu’il ne voulait blesser personne, alors l’idée devait l’embarrasser, le déranger.

C’est Jess, elle-même qui lui a tendu la perche. Pour son malheur. Caro et moi étions juste à côté quant Jess est passée lui dire qu’elle allait se coucher. Et pas toute seule. Elle lui a fait comprendre qu’il devait dormir ailleurs. Pascal s’est décomposé sur place. Il était pris au piège. Je suis sûre qu’il ne lui avait rien demandé.

Il y avait 2 grands lits dans notre chambre, Caro m’avait laissé le lit prêt de la fenêtre. Elle savait que j’aimais dormir avec la fenêtre ouverte. Pensant me préserver, pensant que j’étais complètement innocente, Pascal n’a pas eu le choix, il dormait avec moi, laissant Caroline toute seule dans son grand lit. Malgré tout, j’avais le coeur trop lourd pour avoir envie de faire l’amour avec lui.

Ça n’aurait fait que me renvoyer leurs images. Je ne pouvais pas. De plus, avec angoisse, je me suis rappelée qu’il aimait la consoler, donc… après ça, il s’y serait employé avec entrain! Alors non. Aucune libido de mon côté. Il avait beau essayé, mais rien à faire. J’étais aussi froide qu’un bout de bois crevé.

Pour la faire souffrir, j’ai fini par céder… Je me suis laissée emporter dans ses bras. Je n’ai pas retenu mes explosions de plaisir. J’aurai pu rester discrète, mais j’avais envie qu’elle souffre, comme j’avais souffert quelques heures plus tôt. Je me laissais aller exprès, sans aucune retenue. J’imagine comme elle devait ravaler son envie de pleurer.

Samedi, je ne le lâcherais pas d’une semelle toute la journée… Je m’en suis fait la promesse!


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