33 -- Carlos sort du coma
Ça allait être difficile de voir Pascal cette semaine. De toute façon, je n’avais pas vraiment le coeur à ça. Je ne pouvais pas trouver le plaisir d’être dans les bras de Pascal pendant que Layne souffrait. Ciel, je devais être complètement idiote, je suis presque sûre que dans le cas contraire, il en aurait rien à fiche. Afff, ma foi... on se refait pas!
J’ai quand même fini par accepté d’aller manger avec lui à midi. On a pas eu beaucoup de temps parce que Caroline et d’autres collègues à lui sont venus scouater à la table. C’était pas génial parce que je ne pouvais pas participer à la plupart de la conversation qui concernant le boulot ou des collègues à eux. Je me sentais légèrement mis à l’écart. Comme on s’était mis face à face pour manger en tête à tête, j’ai eu une crampe en voyant Caroline s’asseoir à côté de lui. Et vas y que je te touche le bras, et hop l’épaule, et que je m’appuie... Peste. Elle le faisait exprès. Pascal m’a ensuite raccompagnée à ma voiture. On a pas discuté longtemps parce qu’il faisait bien trop froid et moche et ses collègues n’étaient pas loin.
Je savais qu’après son travail, Layne voudrait sûrement passer à l’hôpital, ensuite on irait dormir chez lui. Il n’avait pas trop envi de se taper Patricia ce soir, elle parle tout le temps et ça le saoûlait un peu! Layne avait besoin de moi, apparemment ma présence, même silencieuse, le rassurait et ça, ça m'a fait plaisir de l'entendre.
Son copain est toujours dans le coma et Layne restait assis près de lui sans rien dire.
Je me demandais ce qu'il pouvait bien penser dans ses moments là. C'était drôle de le voir se faire tellement de soucis pour quelqu'un. Est-ce qu'ils étaient si proches? Je ne l'avais jamais rencontré avant, c'était bizarre.
Les seuls moments où Layne quittait la chambre était lorsque les parents à Carlos étaient là. Je pensais que ce serait bien qu’il lui parle, même s’il ne l’entendait pas tout le temps, les quelques mots qu’il entendrait au passage serait bénéfique à son rétablissement. Ça c’était mon avis. Layne n’était pas sûr que quant quelqu’un était dans le coma, il puisse entendre quoi que ce soit.
On en savait encore rien avec certitude, même aujourd’hui au 21ème siècle. Mais à mon avis, par moment, la personne capte ce qui se passe autour de lui. Pour moi, c’est comme quant on dort. Il se peut qu’on ait pas l’impression d’entendre, mais parfois, ça nous suit en rêve, ou encore, on capte un bout et on transforme ça en quelque chose, peut-être en souvenir? J’étais occupée à lui expliquer ça et Layne a eu l’impression que Carlos avait bougé les doigts. En tous cas, son scanner cérébrale sur le moniteur a fait des sauts.
Évidemment, l’infirmière lui dira que c’est que normal, mais je crois que, soit il nous entendait, soit il est parti en rêve en ayant capté quelques mots et notre présence.
De toutes façons, il a capté nos voix. Comme quant un bébé est en gestation, l’embryon reconnaît l’intonation de la voix de ses parents et de ses proches. Donc qu’on ne vienne pas me dire qu’une personne dans le coma n’entend rien. Ça, je ne le croirais jamais.
Je restais à observer son copain et j’étais presque sûre que ses sens de l’odorat pourraient l’aider et le stimuler. Je m’étais renseignée sur ses plats préférés, s’il avait une copine; le parfum de sa copine. Des renseignements utiles pour mettre à exécution une petite idée qui me trottait dans la tête pour le sortir de son coma. De plus, je ne sentais plus de petit nuage noir flotter autour de lui, alors ça me donnait le courage d'essayer quelque chose.
J’ai cru remarqué, les fois où j’avais croisé sa mère, qu’elle mettait toujours le même parfum. Layne m’avait dit qu’ils étaient très proche. Alors, en la croisant, je l’ai reniflée. Ensuite, j’ai fait confiance à mon odorat. J’ai passé toute l’après-midi à renifler des tonnes de parfums. Et j’ai trouvé.
J’ai demandé à Layne de descendre me chercher un café et j’ai mis mon plan à exécution.
J’ai arrangé les coussins derrière sa tête question de pouvoir me pencher sur lui et lui faire respirer mon odeur.
Au cas où les infirmières surveillaient, pas que je paraisse trop bizarre. Je ne le connais pas, mais il fût un temps où j’avais voulu devenir infirmière, mais la vue du sang, iak... mais je pouvais apporter un brin de soutien. Si ça ne marchait pas, ben, personne ne le saurait et de toute façon, ça ne pouvait pas faire de mal.
Son bidule électrique a commencé à faire des soubresauts chaque fois que j'effleurais son visage. J’ai même cru voir ses paupières bouger, alors j’ai recommencé. Layne a surpris mon petit manège, mais il n’a pas eu le temps de dire quelque chose, une des infirmières est entrée pour contrôler le moniteur et prendre sa tension. Elle nous a demandé de bien vouloir sortir et a appelé le médecin. J’ai eu une petite minute de frayeur en me disant que c’était peut-être pas très bon signe, mais j’ai vite compris qu’il se réveillait.
YES! Ça avait marché, trop cool. Merci à la télévision, aux films hollywoodiens, à internet, à ce qu’on veut, parce que j’avais dû voir ça quelque part, ou sinon, c’était une simple intuition. Je me demande pourquoi on en parle pas plus souvent, pourquoi les médecins et hôpitaux n’utilisent pas de simples procédés reliés à nos 5 sens???
Ses parents ont été appelés et se sont précipités dans la chambre. Sa maman pleurait de joie. Il y en avait un qui était aussi soulagé; Layne. Je crois que la visite pour nous était terminé. Carlos n’aurait sûrement que le droit de voir ses parents, ensuite, l’hôpital le mettrait sûrement au repos.
Layne lui a fait signe par la vitre et on est parti.
Peut-être l’après coup, le contre-choc ou un truc du style, mais Layne n’a pas fait long feu. Il était tellement crevé qu’il s’est aussitôt endormi sur le canapé. Le pauvre, il devait vraiment être raide.
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Carlos est sorti du coma (33/2009 - 2fev.09 -lun)