332/2012 -(mercredi)- Juste fatiguée!
Mercredi - 28 novembre 2012 - (332/2012) - Juste fatiguée!
Pascal pensait que je l’évitais, que j’étais peut-être fâchée. Mais, je l’ai rassuré; ni l’un, ni l’autre. Par contre, j’étais fatiguée. J’ai refusé son invitation à dîner. Trop court. 1h ou 2 autour d’une table à midi, avec des tonnes d’oreilles partout. Non. Ça ne me disait rien. Et avec le temps merdique, de la neige partout, je n’avais pas trop envie de bouger de chez moi. Plutôt de passer la journée à peindre, à côté de mon petit feu de cheminée.
Surtout, j’avais besoin de savoir d’abord s’il avait vu Caro hier soir.
- Pourquoi tu demandes ça?
- Ben, je sais pas, Pascal veut me voir et je sais pas… J’ai eu l’impression qu’il voulait quelque chose. Tu l’as trouvé comment? Tu sais ce qu’il me veut? Est-ce qu’il t’a dit quelque chose?
- Heu… Non pas vraiment! Ben, je crois qu’il pense que tu l’évite! Il m’a aussi demandé si on s’était parlé et tout.
Ha! Trop facile. Caroline ne s’est pas méfiée. Donc, ils s’étaient bien vu.
-
Je ne l’évite pas! Qu’est-ce qu’il raconte! Je suis juste fatiguée, pas envie de bouger. Et j’avoue, pas trop le moral. - T’as pas le moral? Mais pourquoi?
- Je ne sais pas moi-même. Je me sens mal dans ma peau. J’sais pas!
- T’es sûre qu’il y a pas autre chose?
- Comme quoi?
- Je sais pas, à toi de me dire?
- Ça t’embête que Pascal soit passé hier soir?
- Non… Je crois pas. Pourquoi?
- C’est Pascal qui t’as dit qu’il viendrait?
- Non, mais je ne savais pas que ça devait être un secret? C’était un secret?
- Heu… Non, je crois pas.
- Donc, tu ne sais pas pourquoi il veut me voir?
- Comme s’il avait besoin d’une raison! Tu ne veux pas le voir?
- C’est pas ça…
Bref, je savais ce que je voulais savoir. J’ai accepté de le voir ce soir. Il m’a donné rendez-vous en ville. Je n’avais pas envie de passer chez lui. J’ai prétendu que je ne pouvais pas. J’avais un peu les boules........
Comme d’hab., je suis arrivée en retard à notre rendez-vous. Pascal m’attendait dehors. Il fait froid, et déjà nuit. Debout, campé sur ses jambes légèrement écartée, il fumait en regardant les voitures passer. Mon coeur s’est jeté en bas de la tour Eiffel. Dieu qu’il est beau. Dire que c’est moi qu’il attend, je n’en revenais pas. Les filles lui lançait des oeillades en passant, les mecs, des regards d’envies ou se redressaient, comme s’ils voulaient se mesurer. Dès qu’il m’a vue, il a jeté sa cigarettes et me souriait. Il me souriait à moi. C'est de la folie, je me sens toujours en encore intimidée. Et tellement fière.
- Désolée d'être en retard.
- M’en fou. J’aime bien t’attendre. Ça me rappelle des tonnes de merveilleux souvenirs.
J’avoue que moi aussi. Je n’arrivais pas à parler. J’ai failli me mettre à bégayer. Carrément sous influence. Il m’a laissé entrer en 1er. On s’est installé au bar. J’avais la gorge nouée, et la furieuse envie de prendre la fuite. Pascal n’a pas tourné autour du pot bien longtemps. Après avoir exprimé son plaisir qu’on se soit retrouvé comme ça après son boulot, d’être seuls tous les deux, il a prit ma main et son contact m’a fichu un gros coup de chaleur. Je crois bien que j’ai rougi.
Mais, j’ai retiré ma main. On avait pas le droit de se toucher de cette manière en publique. Mauvais. Pascal s’est immédiatement mis à m’interroger. Il voulait savoir ce qu’il y avait, si j’étais fâchée et pourquoi. J’avais beau lui dire que je n’étais vraiment, aucunement fâchée. Que je n’avais aucune raison, que je ne comprenais pas pourquoi il le pensait.
J’ai failli ruer dans les brancards et lui dire que je savais qu’il était passé chez Caro, donc, il pouvait en faire autant avec moi. Que je ne viendrais pas chez lui en attendant. Mais, je me suis retenue.
- Tu n’es pas venu hier soir. Tu n’as pas appelé.
- Tu voulais que je passe hier? Je ne savais pas quant tu rentrais. Tu es rentré à quelle heure?
- Oh, je sais pas, vers 22h je crois.
- Tu vois. Ça ne servait à rien que je passe. Mais… Tu as fini l‘entraînement vers 21h, non?
J’ai failli donc lui demander où il était avant. Mais j’ai préféré lui dire que… Si j’avais été chez lui, j’aurai passé la soirée à poireauter. J’étais certaine qu’il était rentré plus tard, et si je lui avais posé la question directement, il ne m’aurait pas menti. Mais, est-ce que j’avais vraiment envie de le mettre mal à l’aise. De le torturer un peu? Oh oui… Mais non. Non.
C’est tellement chouette de le retrouver comme ça, loin des pressions habituelles. J’avais presque oublié comme c’était agréable de chercher à se prendre la main sous la table. A l’abri des regards. De se sourires, sans avoir besoin de parler. De se noyer dans les yeux l’un de l’autre. Que j’avais presque oublié mes objectifs. Je l’ai même laissé me prendre les mains sur la table, oubliant toute prudence. Même me faire un petit bisou sur les lèvres.
- Pourquoi tu ne viendrais pas à la maison…
- Non. J’ai des trucs à faire. Je dois rentrer.
Puis, Pascal m’a parlé des projets de sa femme. On allait peut-être pas pouvoir se voir ce week-end. Il allait essayer, mais… Ça m’a fichu le moral en berne. Grosse déprime immédiate, et retour de l’estomac noué et de l’anxiété. J’ai préféré filer tant que je pouvais encore me maitriser. Je ne pouvais pas lui en vouloir, c’est normal qu’ils aient des trucs à faire qui n’ont rien à voir avec moi.
On était en fin d’année, il y avait les nombreuses fêtes de bureaux, de soirées du personnel et le reste… C’est sa femme qui l’accompagne bien entendu! C’est sa place à ses côtés, pas la mienne.