346 -- Coquin de Layne
Coquin de Layne
346..1 - (11 déc 08 -jeu)
Layne savait que je n’avais pas envie de sortir ce soir, il est tout de même passé à la maison à l'improviste, comme d'habitude. Il trouvait qu’on ne se voyait pas assez depuis qu’on sortait ensemble. Que je n’avais pratiquement plus jamais envie de sortir. Il proposait qu’on se fasse un ciné ou prendre un verre avec les copains et qu’on finisse la soirée chez lui. J’ai fait la moue parce que j’allais le décevoir, mais je n’avais vraiment pas envie de mettre le nez dehors.
-Tu sais, à force de se sentir délaissé, ça finirait peut-être par me donner envi d’aller voir ailleurs...- -Oh? Peut-être? C’est pour ça qu’un mec fini par tromper sa nana?
- -Ben... ça peut-être une des raisons?
J’étais curieuse d’enregistrer la tête qu’il ferait en me racontant des cracks.
- -Raisons? Plutôt l’excuse... Et toi?
- -Come on Jane... Tu ne t’attends pas à ce que je te le dise si c’était le cas, non?
Il ne me regardait pas en disant ça. Hum... donc il préférait ne pas montrer ses yeux quant il a quelque chose à cacher. Noté.
J’ai continué à boutiquer, les menaces n’allaient pas me faire changer d’avis. Je souriais intérieurement en me demandant si après ces remarques brûlantes, il allait oser...
- -T’es quand même bizarre comme fille...
- -Ha? Pourquoi?
- -Ben... D’habitude... enfin, les filles rajoutent toujours après des menaces du genre; "si tu me trompe ce sera fini entre nous, je t’averti". Enfin, quelque chose dans cette sauce là. Ce qu’elles n’ont même pas le courage de faire. Toi, rien...
Intrigué, il m’observait, mais je ne pense pas qu’il pouvait lire mes pensées... J’avais peut-être l’intention d’utiliser Alexia pour rompre avec lui... L’attraper la main dans le sac, faire une grosse crise de larmes, etc. La routine quoi. C’était mon côté lâche, j’allais lui faire porter le chapeau de la séparation.
Personne ne me connaît assez pour savoir que quant je souffre vraiment, je ne pleure pas, je ne fais pas de crise de nerfs, rien. Je me retranche dans ma coquille. Parfois, il me faut plusieurs jours, semaines, voir mois avant de verser une larme sur ce qui aurait pu être. De toute façon, je me cache toujours pour pleurer. Souvent, ces larmes arrivent quant j’ai rencontré quelqu’un d’autre et que je m’apprête à tourner la page une fois pour toute. Et ce ne sont souvent que des larmes de regrets. Regrets d’avoir partager des choses, des secrets ou d’avoir dévoiler une partie de moi à quelqu’un qui n’en valait pas la peine.
J’ai dû flanquer Layne à la porte. Son natel avait sonné à plusieurs reprises, il a juste regardé de qui venait les appels, mais n’a pas répondu. Je devinais que ça devait être la miss.
Thomas était assez déçu que je n’accepte pas de faire au moins un saut à sa petite verrée. Il avait pensé que c’était plus sympa de tous prendre un verre dans un endroit plus cool, avant de sortir et avait prévu ça chez lui. Mais je lui ai expliqué que j’étais dans une période où je n’avais pas envie de bouger même si ça m’aurait fait plaisir de le voir. Lui aussi avait des reproches, grrrr, depuis que je sortais avec Layne, on avait pas passé plus d’une soirée ensemble que les 2, en tête-à-tête. on ne se voyait presque plus, que les 2. Est-ce qu’on était toujours amis?
Arf... je sentais que j’allais avoir la même réaction de la part de mes potes... quelle poisse... Je savais que je devrais me secouer un peu, mais c’était vraiment... pénible.
J’ai alors fini par accepter, parce que Thomas n’avait pas tout tord. Maintenant il fallait que m’organise pour voir tout le monde, un petit peu. Ce sera fait, et je serais tranquille pour le week-end et je pourrais boucler l’entrée de ma taverne!
Donc, en début de soirée, j’ai été prendre le café avec mes potes avant de filer chez Thomas. Je retrouverais sans doute mes potes après, ils ne bougeraient pas de là. Layne n’avait pas l’air de sauter de joie. Ça m’a fait sourire. Avait-il déjà fait d’autres plans pour la soirée?
Avant même de franchir l’entrée du salon, j’avais déjà vue la silhouette de Pascal à travers la baie vitrée. Il souriait et tenait Jess, appuyée contre lui, par la taille. Ciel, même après tous ces mois, il arrivait encore à me faire avoir une crise de chaleur et faire battre mon coeur comme si c’était un 1er rendez-vous. iiiak. Quant est-ce que j’aurai à nouveau le contrôle sur cet organe débile!!!
Ce n’était pas étonnant de constater que Layne et Pascal était chacun dans un coin éloigné l’un de l’autre, pourtant Pascal avait promis de faire des efforts... Bah... peut-être que ce n’était plus trop nécessaire! Layne discutait, comme de bien entendu, avec Caroline et Alexia. Dès qu’il m’a aperçue, il est venu me rejoindre. J’étais vers Thomas. C’était déjà tard et on est pas resté très longtemps chez Thomas. J’avais quand pu passer 2mn à discuter avec Pascal. C’était pas grand chose et on était pas seuls. C’était bizarre.
On s’est donc tous donné rendez-vous au Tiger.
J’ai tout de suite regretter d’avoir prise ma voiture quant j’ai vu la Alexia grimper avec Layne. J’ai donc décidé d’accepter la proposition de Layne et laisser ma voiture chez Thomas pour ne prendre qu’une seule voiture. Ils étaient parti tellement vite, que j’ai dû rappeler Layne sur son natel pour qu’il fasse demi-tour. J’suis chiante! J’avais refusé l’offre de Thomas de m’emmener, je ne supportais pas l’idée que l’autre pouffe s’assaye à ma place dans la voiture de mon mec!
Au Tiger, je n’ai pas fait long feu.
Comme toujours, on s’était un peu dispersé au début, le temps d’aller saluer les connaissances d’un coin à l’autre. Dès que tout le monde s’était regroupé, je les ai salué et Layne m’a raccompagnée chez moi pour retourner ensuite au Tiger.
Pour moi, c’était la course, vite aller rechercher ma voiture et filer me mettre en observation. J’ai bien fait...
Quant je suis arrivée, Layne s’apprêtait à partir... mais pas avec Alexia... Il était avec la petite miss du tennis et une autre fille!!! Alexia la regardé partir l’air un peu dépitée. Bien fait. Elle et ses copines lui ont emboîté le pas, mais il ne faisait pas attention à elles. Layne a fait grimper la mistinguette du tennis dans sa voiture et il est parti. Moi, droit derrière.
Même si je devais griller quelques feux rouges, je n’avais pas l’intention de le perdre de vue cette fois!!
Ce soir... ça allait barder!
346..2 - (11 déc 08 -jeudi)
Dans ma poursuite, j’ai grillé 1 feu rouge, grillé 2 stop et remercié le ciel qu’il n’y ait, ni voitures de police et vraiment peu de voitures sur les routes, mais juste assez pour que je puisse la moitié du temps me cacher derrière. Bonne chose, maintenant, je savais où habitait la miss du tennis. Ils sont restés un petit moment à discuter, d’après ce que je pouvais voir, rien de plus. Ils se sont fait la bise et Layne est reparti.
En rentrant, Layne a essayé de me joindre, sans doute pour faire un crochet chez moi. Ne réussissant pas à me joindre, il s’est pointé. Comme je n’y étais pas, difficile de lui répondre, n’est-ce-pas?
Pauvre chou, je suis une atroce petite amie!
J’avais un peu mal au coeur de le laisser si souvent tout seul. Ce n’était pas vraiment très cool de ma part. Je décidais, comme il était tout sage ce soir, de lui faire la surprise de passer chez lui, mais pas à l’improviste, puisque que je détestais ça. En arrivant chez lui, j’ai parqué et me suis glissée dans le jardin. Je l’ai vu se préparé du café puis grimper à l’étage, probablement se changer. J’en ai profité pour lui laisser un message sur sa combox (sa boîte vocale), après avoir écouté son message sur la mienne.
Je faisais le tour pour aller sonner quant j’ai vu miss tennis devant sa porte. Hein???? Je n’avais pas la berlue, je l’avais vu la déposer? J’avais le coeur qui battait à mord. Je n’avais pas pensé à celui-là; le coup du déposer pour ensuite se retrouver... Mince alors...
Du coup, je me trouvais bête d’avoir eu pitié de lui tiens!
J’avais sous-estimé mes adversaires, trop nul, pourtant je suis une très bonne joueuse d’échec. J’arrive presque toujours, connaissant mes adversaires et en me basant sur leurs caractères, à deviner et prévoir presque tous les coups... Trop trop nulle.
J’hésitais à retourner dans le jardin ou rentrer. Je ne pensais pas qu’il se passerait quoique ce soit de toute manière avec la miss tennis ce soir. Elle avait l’air du genre à vouloir conclure que quant on lui fait des promesses de lendemains, pas comme Alexia. Je me demandais laquelle était la plus dangereuse finalement? Mais, je lui avais laissé un message, il trouverait bizarre que je ne me pointe pas! Arf... Ce n’était pas le bon moment pour faire une entrée de cirque, ça fichait en l’air mes plans!
Layne s’était assis sur sa table du salon face à elle. Ouais, elle était peut-être plus à craindre qu’Alexia! Parce que s’il voulait la coucher, il lui fallait des tas de soirées “ciné-bouffe” et un semblant de “on est ensemble”. Ça ne valait pas la peine que je passe ce soir chez lui, je décidais de l’appeler sur son combox pour annuler quant ça a sonné à la porte. Glups... c’est la gare chez lui!!! Bouche ouverte, mon doigt est resté suspendu au-dessus de mon natel. Pour couronner la soirée, Alexia venait d’arriver à son tour. Ça, c’était la meilleure! Grrr. Tous les chemins mènent chez lui ou quoi??? Crrre!
Layne discutait avec Alexia à la porte quant miss tennis s’est levée pour s’approcher, style “je suis sa nana, et je suis dans la place”. Culot celle-là! Alexia en a profité pour se glisser à l'intérieur et restait debout malgré un geste de Layne l’invitant à s’asseoir. D’après sa tête, Layne n’avait pas l’air très content.
Même si je ne le dis pas, je souffrais le martyre. J'avais dans la tête des millions de petits bonhommes qui se tapaient dessus courant dans tous les sens, certains jouant de la timbale. Je n'arrivais pas vraiment à réfléchir correctement. J'avais les larmes au bord des yeux, mais je ne pouvais pas me permettre de pleurer.
Je me demandais ce que Layne ferait si j’arrivais aussi sur le tas?
346..3 - (11 déc 08 -jeudi)
Non, je n’allais pas faire ça, il y avait pas de quoi faire une jolie scène. C’est vrai que même dans des moments où je devrais être en train de pleurer toutes les larmes de mon corps, j’arrive encore à trouver de la dérision dans des situations terriblement douloureuses.
C’est que je ne suis tout simplement pas prête à me laisser couler au fond du gouffre. Ce n’est que seule, dans ma tannière, en ayant ménager du temps pour ça que je peux me laisser aller. Souvent, même pas, ça arrive tout seul, le moment où je suis prête à tourner la page, que je laisse place au déluge. C’est toujours triste de penser qu’une page est finie, au “ce qui aurait pu être”!
Finalement, miss tennis s’est levée pour partir, en demandant à Layne de l’accompagner à sa voiture et Alexia est restée seule chez lui. Elle a demandé “c’était ta petite amie?”. Il lui a répondu que non. Elle a demandé à Layne de l’appeler le lendemain, ils se sont fait la bise et elle est partie. Donc, il avait son numéro. Petit coquin!
Alexia s’était mise à fumer, Layne a donc ouvert les portes-fenêtres donnant sur la terrasse. Parfait, je pouvais les entendre. Alexia s’était mise à lui faire des reproches à propos de miss tennis qu’elle appelait; “elle” ou “celle-là”. Layne s’était écroulé dans le canapé et la regardait s’exiter. Elle lui reprochait aussi de l’avoir ignorée toute la soirée. Gonglée la miss. Elle lui faisait une scène comme si elle était sa nana, non mais! Si j’étais un mec, avec elle, se serait terminé. Trop encombrante, pas assez discrète et en plus, trop prise de tête.
Comment est-ce que j’allais pouvoir me pointer pour les prendre en flag? C’était pas évident, à moins de rentrer direct par la terrasse? Mais, ce serait la 1ère et la dernière. Layne ne se ferait plus prendre comme ça. Non, il fallait que ce soit plus... fin. Mais c’était presque 2h du matin, et il n’était pas surpris que je ne sois pas encore chez lui?
Je lui ferait le coup du regard blessé et du silence, le regarder bien en face et me tirer. S’il ne prenait pas la peine de me suivre pour rester auprès d’elle, c’était fini. Si au contraire, il me suivait pour s’expliquer, même s’il n’y avait pas grand chose à rajouter, il avait une chance que je passe l’éponge après quelque temps suivant sa persévérance. Tout dépendrait de ses réactions...
Au bout d’un moment, après avoir écouté ses récriminations, Layne lui a dit qu’il avait déjà une petite amie, qui elle, ne lui faisait pas de scènes, qu’il n’avait pas besoin de ça. Layne est retourné à la cuisine faire du café, Alexia est restée les bras ballants au milieu du salon sans rien trouver à dire. Il s'était apuyé contre le bar avec un petit air dédaigneux? moqueur? Je ne connaissais pas ce regard là. Alexia s’est vexée.
- -T’as raison... je m’en vais...
Si elle s’attendait à ce que Layne l’a poursuive ou fasse un geste pour la retenir, il n’en était rien. Il a juste répondu; “OK”. Elle a fait un pas en direction de la porte et s’était arrêtée pour le regarder. Layne n’avait pas bougé. Il la regardait en souriant. Le monstre, le raton laveur! Moi, je serais partie s’est sûr. Il était un peu cruel quand même, mais c’était bien fait pour elle. Ciel, que je suis méchante!
Alexia a baissé la tête;
- -Tu ne me demande même pas de rester? Tu pourrais au moins essayer de me retenir.
- -Tu veux t’en aller, pourquoi tu voudrais que je t’en empêche?
Puis il s’est décollé du bar et a été lui ouvrir la porte. Une fois à la porte, ils se sont regardé, puis elle lui a demandé si elle pouvait rester. Layne a poussé la porte du pied et ils se sont embrassés. Crrrr-eh, coup de poignard mortel dans le coeur, parce que je trouvais ça, malgré la situation, je trouvais ça mignon. Aoutch, qu’est-ce que ça fait mal ça. Y a des trucs qu’il vaudrait mieux ne pas voir, ça, ça en faisait partie. Je ne pensais pas que c’était possible, mais ça me faisait quand même quelque chose.
Ils se sont mis dans le canapé, Alexia à califourchon sur lui, et ils s’embrassaient, je trouve avec beaucoup de passion. C’était toujours elle qui prenait les initiatives, comme s’il se laissait faire, contrairement à nous. Quel flèche. C’était toujours lui qui prenait les choses en main, ce n’était jamais moi qui prenait les initiatives.
J’avais le coeur dans la bouche. Je détestais ce que je voyais, il avait l’air d’y prendre plaisir. Je n’arrivais pas à regarder, alors j’ai détourné les yeux. J’allais attendre qu’ils soient plus ou moins déshabillés ou à l’étage, c’est-à-dire, dans une situation qui ne laissait pas place au doute. La porte d’entrée n’était pas fermée à clef, donc, j’entrerais par là. J’avais les boules. Mon coeur battait à 200 à l’heure, je tremblais de partout. Il fallait vraiment que je me calme.
J’ai commencé à répéter mentalement comment j’allais jouer les scènes suivantes question de me calmer. De temps en temps, je jetais un oeil pour savoir où ils en étaient. C’était horrible et je me sentais malade.
Rien qu’à cause de ce que je ressentais, je me rendais compte qu’il me faudrait prendre une décision bientôt. Je ne pouvais pas laisser quelqu’un d’autre vivre ça, en pensant à Jess... Si Jess nous surprenait ou apprenait ma liaison avec Pascal, elle risquait de se sentir aussi mal que moi en ce moment. Idem pour Layne. Et c’était vraiment atroce. Mais comment rompre avec Pascal? j’en avais pas la force, j’en crèverais...
Voilà, ils n’avaient plus grand chose sur le dos. Elle était pratiquement à poil, et lui presque aussi. Il était temps de faire mon entrée en scène... Grosse expiration, pffouuuu... J’y avais!
346..4 - (11 déc 08 -jeudi)
J’ai composé son numéro de natel. Son natel sonnait, il lui a fallu une petite seconde pour réagir. Il a voulu le prendre et Alexia l’a poussée en lui demandant de ne pas répondre. Mais Layne l’a repoussée gentiment pour voir qui l’appelait, en voyant mon nom, il a fait la grimace et a hésité. Dans ma tête, je lui demandais de ne pas répondre, ce serait le mieux et me traitait d’idiote de n’avoir pas plutôt appelé directement sa boîte vocale. J’ai vite raccroché, il n’a pas eu le temps de répondre. Layne était perturbé, il a dit ->à elle<- que je n’appelais presque jamais et certainement jamais à des heures pareilles. Il voulait vérifier ses messages mais Alexia le tirait vers le canapé. Ils se sont remis à s’embrasser et à se chercher.
J’ai fait le tour, repris mon souffle, affiché un grand sourire d’amour, et j’ai poussé la porte...
Ils étaient debout vers le canapé, assez occupé. Je ne pouvais pas repartir sans être sûr qu’il m’avait vu. J’avais un sourire jaune sur la figure, quant Layne m’a aperçue. Il a juste dit; “Chit” en repoussant Alexia, mais j’avais tourné les talons. J’ai juste entendu encore; “Qu’est-ce que tu fais?" - "Laisse la partir” et j’ai filé à ma voiture.
Layne m’a poursuivi en essayant de boutonner sa chemise. Il m’a attrapée par le bras devant ma voiture. J’avais une boule à la gorge alors je ne pouvais pas parler, sinon je lui aurait dit de me laisser et de retourner à ce qu’il faisait. Les larmes coulaient toutes seules. Suis bonne, mais pas à ce point, j’avais vraiment mal.
Layne a réussi à m’arracher mes clefs des mains et voulaient me ramener chez lui. Il rêve ou quoi? Pour aller faire quoi? Une petite discussion à 3? Pas question. J’ai essayé de lui reprendre mes clés.
- -Jane... Je t’en prie, viens. On va en parler calmement ok. Allé viens... On va finir par allerter le voisinage.
Je ne disais rien, ne le regardais pas non plus, je tendais juste la main pour mes clés. Il a essayé de me prendre dans ses bras, pffff. Je l’ai repoussé assez brusquement. Non mais? Il fabule là? Après ce que j'avais vu, sur quelle planète pensait-il avoir une chance que je veuille qu'il me touche!!! Dingue ça!
- -Je t’en prie Jane.... s’il-te-plaît... viens... Je t’en prie, Jane... stp...
- -Layne, donne moi mes clés stp.
- -Pas sans que tu m’écoute.
- -Rend moi mes clés.
- -Si tu veux tes clés, viens les chercher.
Il est reparti chez lui. Je savais que j’aurai pu appeler un taxi et partir. Je me demande s’il me suivrait? Mais, j’étais curieuse de savoir ce qu’il allait faire avec Alexia et moi. Je me suis essuyé les yeux et je suis allée à sa porte encore entre-ouverte. Il demandait à Alexia de s’en aller. Bon point pour lui. Alexia s’était rhabillée et ne voulait pas partir, elle lui disait que c’était peut-être une bonne chose.
-Alexia, arrête avec tes conneries. Je n’ai pas envi de changer de petite amie. J’aime être avec elle. Alors arrête avec ses conneries. - -C’est le destin...
- -Arrête, il n’y a strictement rien entre nous. Va-t-en...
Layne est venu à la porte, qu’il a ouverte pour lui demander de "dégager". Je restais juste debout là en me demandant ce que j’allais faire. Discuter avec lui? Non, ce serait trop facile.
- -Elle peut rester, donne moi juste mes clés stp...
Layne a attrapé mon bras pour me tirer dedans mais j’ai réussi à lui arracher mon bras. Finalement, je me suis décidée à prendre un taxi. S’il tenait à moi, il me suivrait. Pas dans 1h ou 2h, tout de suite. Il essayerait de rattraper les choses tout de suite, pas le lendemain, pas dans plusieurs heures...
S’il n’agissait pas de suite, c’était terminé, fini, ça... il ne le savait pas !
Layne a pris Alexia par le bras et l’a poussée hors de chez lui avant de me poursuivre vers ma voiture où j’avais l’intention d’attendre mon taxi. Il me parlait mais je ne l’écoutais pas. Je lui tournais le dos. Je n’avais pas l’intention de passer l’éponge ce soir, les images étaient encore trop vivaces dans ma tête, et de toute manière ç’aurait été trop facile et cela ne lui donnerait certainement pas une bonne leçon. Il prendrait les choses à la légère, donc même si j’en aurais pas eu envie, il me fallait lui faire la tête, c’était comme ça!
Alexia restait à l’écart et nous observait. Elle devait être contente d’elle même ce qui augmentait ma colère. Elle pensait sans doute pouvoir le récupérer au vol. Si cela arrivait, alors c’était mieux maintenant que plus tard. Layne me disait que la rue n’était pas vraiment l’endroit idéal pour discuter, que je pouvais au moins venir chez lui et qu’on parlerait. Mais il devait rêver! Sur quelle planète, il avait vu ça lui? Je me demandais combien de temps il lui faudrait pour agir comme un mec basic et essayer de mettre la faute sur moi. Normalement, c’était toujours la 2ème phrase??!!
Le taxi est arrivé, Layne ne voulait pas me laisser monter, et le chauffeur s’impatientait. Alexia attendait toujours dans son coin. Layne a payé le taxi et ce gros nul est reparti. Il m’a alors rendu mes clés. J’ai sauté dans ma voiture et je suis partie.
Je ne voulais pas rentrer tout de suite chez moi. J’avais besoin de vider mon sac de larmes, alors j’ai cherché un endroit isolé... et j’ai pleuré. Qu'est-ce que ça fait du bien. Je n’arrivais plus à arrêter le flot. J’avais oublié de penser à après... J’allais faire quoi? Il avait été à la hauteur jusqu'à maintenant. Il avait tout fait pour ne pas me laisser partir, même à se geler dehors sans chemise. Si par hasard il allait chez moi, comme je n’y étais pas, je ne le saurais pas... mais après tout à lui de se débrouiller. S’il avait été mâlin, il m’aurait retrouvée ici dans les bois. J’étais tellement mal que je crois bien que je l’aurai laissé me prendre dans ses bras cette fois-ci! Mais il n’avait pas été malin...
Une heure plus tard, les yeux comme des boules de billards rouges, je suis enfin rentrée.
Layne était assis sur les escaliers devant ma porte. Il n’avait pas l’air très fier, encore moins fier que tout à l’heure. Je ne pouvais pas rentrer chez moi sans lui passer à côté, alors il en a profité pour entrer de force. Je lui ai demandé de partir, mais rien à faire. J’ai décidé de l’ignorer. Je ne voulais pas lui parler, mais intérieurement, je saluais son effort.
- -Jane... Parle moi, crie, fait moi une scène, ce que tu veux, mais ne m'ignore pas... stp...
J'ai haussé le sourcil. Non mais... C'est peut-être à lui de parler non? Il faisait quoi sur mes escaliers autrement? Il attendait que JE PARLE? J'y crois pas. J'ai continué à vaquer à mes occupation, évidemment en repensant à Alexia dans ses bras, les larmes se mettaient à couler toutes seules. Layne s'est assis dans le fauteuil l'air éffondré.
- -Je suis désolé... C'est tout ce que je trouve à dire. J'ai jamais prétendu être le meilleur des petits amis, ni le plus fidèles des mecs. C'est un peu nul de dire ça en plus, surtout maintenant. Je regrette que tu aies vu ça. J'aimerai deviner ce qu'il faudrait dire pour ne pas... tout cassé entre nous!
Entre nous? Wow... Je n'avais pas l'intention de lui parler, alors j'ai fermé ma bouche et continué à l'ignorer. Ma tête tournait à 100 à l'heure. Il fallait bien que je finisse par lui parler, mais peut-être pas tout de suite. Il était clair que j'étais obligée après ça de décider d'avoir de l'espace pour réfléchir, et je déciderais si c'était fini ou pas!
- -Layne?
- -Aïe... Oui?
Il faisait la grimace. Il devait avoir peur des paroles suivantes qui risquaient de sortir de ma bouche. Je ne voulais pas être méchante, c'était chouette et vraiment bien qu'il soit là et essaie de se défendre. Même s'il s'y prenait mal, c'était honorable.
-La ferme. Je n'ai pas envie de te parler, et à vrai dire... Je n'ai pas envie de te voir en ce moment non plus... alors t'as meilleur temps de la fermer. Sinon franchement... Je préfère que tu t'en aille!
- -Je... Est-ce que je peux rester? Je peux dormir là stp? Même si tu dis non, je ne partirais pas. J'ai peur qu'en passant cette porte que ce soit fini. Alors jusqu'à ce que tu accepte de me parler, je resterais là. Demande moi ce que tu veux, je le ferais... Euhm... je ne suis pas sûr de savoir rester... fidèle, mais j'essayerais. J'aurais pu te mentir et te dire, te promettre que je serais fidèle, mais ce serait sûrement un gros mensonge. Aïe... je devrais peut-être la fermer.
J'avais enfilé un training et je me suis mise devant la télé. Impossible de me laisser aller à broyer du noir ou à ruminer, je n'étais pas seule. Pourtant, je me torturais la tête à savoir ce que j'allais faire. C'était bien tentant de profiter de la situation pour le plaquer. C'était ce que j'avais prévu initialement mais... il m'avait surprise. Il avait évité les erreurs de base que font la plupart des mecs dans une situation pareille, et il se donnait bien du mal pour ne pas se faire jeter. J'avoue que ça m'en bouchait un coin. Si seulement il avait été nul, ça m'aurait facilité la tâche... J'avais un petit ami de trop! Mais là... je trouvais normal d'encourager un mec qui avait l'intelligence d'agir comme un mec doit le faire, même s'il avait été pris en mauvaise posture! Arf... quelle poisse, je ne savais plus quoi faire.
Layne était sur l'autre canapé et je sentais qu'il m'observait. Moi, j'évitais de faire attention à lui.
- -Je sais que tu es... fâchée... Que j'ai peut-être tout fichu en l'air, mais est-ce que pour ce soir seulement, je pourrais venir près de toi? Est-ce que je peux venir m'assoir vers toi et te prendre dans mes bras? Même si tu me déteste en ce moment, tu pourra continuer à être fâchée demain, tu veux bien?
- -Je ne te déteste pas...
Il a compris que je ne lui interdisait pas de me prendre dans ses bras, alors il s'est empressé de venir se coller à moi. J'essayais de ne pas laisser les images de tout à l'heure se matérialiser devant mes yeux. De le sentir là, si tendre et... c'était rassurant. Et... je me rendais compte que j'avais envie aussi d'être dans ses bras pour ce soir.
Il avait raison, je pourrais toujours continuer à être fâchée demain !