365/2012 - Réveillon (env. 6h du matin à 18h)
Lundi - 31 Décembre 2012 - (365/2012) - Env. 6h du matin à 18h… (2)
J’étais perturbée par les sentiments ambivalents ; J’aime que Pascal se sente libre, assez libre pour être lui même. J’aimais le regarder s’amuser, discuter, faire le clown par moment, partager des gros rires avec ses amis. Est-ce que j’aurai voulu le laisser libre pour que justement qu'au contraire, il soit à mes pieds comme un toutou? Non. Il manquerait ce petit piquant qui me garde en alerte, qui me fait continuer à me réinventer. Ça fait vibrer tous mes sens. Et je sais que s’il n’y avait pas de challenge, je me lasserais.
Pascal discutait avec une fille, qui posait la main sur son torse en lui parlant. Parfois, il se penchait pour l’entendre, et partait dans un fou rire. Elle lui faisait du charme. Ils ne se connaissaient pas il y a 1h, qu’est-ce qu’elle pouvait bien avoir à lui raconter? Surtout pour le faire rire autant? J’aurai aimé être à sa place, voir ses yeux briller, ses sourires, le faire rire. Il devait sûrement la trouver spirituelle, intéressante, attrayante, et drôle. Flûte.
Qu’est-ce que j’aurai pu lui raconter qui le fasse rire? On se connaît trop, depuis trop longtemps! C’est plus comme au début où on apprenait à se connaître. C’est vrai que quant on est tous les deux, ça nous arrive de beaucoup rire. Mais là tout de suite, j’avais beau me creuser la tête, je n’arrivais pas à trouver quelque chose à aller lui raconter, pour recevoir la même attention et la même réaction. Minable. Je me sentais minable.
Je me suis levée pour aller fumer dehors. Fallait que j’arrête de le manger des yeux. Ça devait se voir. Emmitouflée dans ma veste, mon écharpe enroulée autour de mon cou, j’avais enfilé même mes gants. J’allais fumer clopes sur clopes jusqu’à ce que je regagne un peu d’assurance avant de rentrer.
J’ai marché le long de la terrasse pour ne pas me mettre à geler. Je suis arrivée aux fenêtre qui longeaient le corridor qui menait à la cuisine, et là, je l’ai attrapé en train d’embrasser Caroline. C’était un bisou rapide, en passant. Ça m’a froissée, blessée. Avec moi, il fait tellement attention que personne ne nous voit, et là, dans un lieu de passage, le voilà qui embrasse Caro? Là où l’on pouvait les voir? Qu’est-ce qu’elle avait fait ou dit pour qu’il agisse sous l’impulsion?
Merde, vilaine jalousie. Je me suis cachée dans l’ombre. Je n’allais rien dire, rien montrer. Au moins maintenant, je sais que je n’ai pas à me casser le cul pour ne pas le mettre en danger. Déçue, mais remontée, je suis retournée à l’intérieur. Bien décidée à ne pas me laisser faire.
Pascal est venu s’écrouler dans le canapé à côté de moi, et je cherchais toujours quoi dire pour lui décrocher un rire. Mince, j’aurai dû aller le chercher, enfiler mon bras sous le sien, et l’autre aurait arrêter de le draguer, gênée par ma présence. Mais voilà, complètement coincée moi! Faut vraiment que j’arrête les cauchemars dans ma tête.
Pascal m’a dit que j’étais drôlement silencieuse. Et voilà, encore une discussion trop sérieuse, rien qui peut amener un éclat de rire. Alors, j’ai jouer la carte de la franchise et à l’oreille, je lui ai chuchoté que “j’étais une nana vachement coincée, que je me sens coincée”. Il a levé les yeux pour me regarder et il a rit en me voyant faire la grimace. Son visage s’était éclairé. Waouh, alors j’étais peut-être pas si nulle? J’arrivais encore à le faire rire.
Pascal m’a emmené danser. Malgré la musique danse, il me serrait contre lui. J’en ai profité pour me calfeutrer entre ses bras. Son menton posé sur ma tête, sa main caressait ma nuque. Il m’a fait un petit bisou sur la tête. Son autre main autour de la taille, je le sentais me serrer encore un peu plus fort. Puis, oubliant sa réserve, il a passé son doigt sur mon menton pour lever mon visage vers lui et m’a embrassée. Je me suis enflammée aussitôt. Je lui ai rendu son baiser. Libérée par son geste, j’ai passé mes bras autour de son cou.
Oublié de l’avoir aperçu en train d’embrasser Caro, oublié qu’il m’avait presque laissée toute seule toute la soirée...
Je sentais son corps se tendre, se durcir. Il me pressait encore plus fort contre lui. C’était passé 6h du matin, j’aurai voulu lui proposé de rentrer se coucher, mais personne ne semblait vouloir mettre un frein à la soirée. Je ne voulais pas être rabat-joie. Ça m’a fait sourire de voir que Pascal avait eu la même idée. Il cherchait à me faire comprendre son envie sans avoir besoin de le dire.
Pascal sait que j’avais compris, mais il continuait à me taquiner. De plus en plus câlin, Pascal restait collé à moi comme un amoureux transis, me trainant par la main avec lui. Avec ses copains, je sentais enfin bien près de lui. Son bras tendrement autour de mes épaules, je l'écoutais papoter et rigoler, avec un petit sourire heureux. Je n'avais pas besoin de parler. Pascal me faisant de temps en temps des bisous sur la joue, dans le cou. Il évitait de m’embrasser ostensiblement devant leurs amis.
Quelqu’un a proposé de faire des spaghettis. Pas envie moi. Je sentais que Pascal non plus. Je devinais son envie de rentrer se coucher. De me faire l’amour. Je le sentais dans ses gestes, ses câlins, ses petits sourires, ou la lueur dans ses yeux verts que j’aimais tant.
On a bu un café avec les autres pendant qu’ils préparaient la bouffe. Pascal avait envie de rentrer, il me l’a dit avec un petit bisou au coin des lèvres alors qu’on se rendait dans la cuisine. Savoir qu’on allait rentrer lui mettait du rose aux joues. Il était impatient. Mais l’attente aussi avait du bon. Pascal me couvait d’un regard caressant, doux. Ses yeux s’attardaient sur ma poitrine, sur ma bouche. Il se mordillait la lèvre inférieur d’anticipation.
Beaucoup ont commencé à immigrer en direction de la cuisine. Ils étaient surexcités, semblant vouloir continuer la fête jusque tard dans la matinée.
J’ai glissé ma main dans celle de Pascal, lui faisant comprendre que j’étais prête à rentrer.
J’ai cherché Caroline des yeux sans la trouver. Je voulais voir où Pascal avait l’intention de dormir; dans ma chambre? Avec Caro dans les pattes? Ou dans le secret de sa chambre? Jess n'était pas là. J’espérais qu’il choisisse la 2ème option. Pour moi, ça signifiera qu’il voulait m’avoir pour lui tout seul. L’autre option me décevra, parce que je penserai qu’il espère nous avoir toutes les 2!
Test. Epreuve réussie… Il a choisi sa chambre.
Caroline était déjà dans notre chambre. Il y avait de la lumière sous la porte. Je ne sais pas si Pascal l’avait remarqué aussi.
Au matin (milieu de l’après-midi), j’étais morte. Mal partout. Il ne m’avait laissé aucun répit. Gourmand, insatiable, il m’avait enveloppée d’amour. Me donnant l’impression qu’il avait attendu ce moment toute la soirée. Sous mes doigts, je sentais les muscles de son dos se nouer sous mes doigts, j’aimais m’accrocher à lui, à cette force qui écrasait, consumait tout sur son passage. Je fondais dans ses bras. J’étais heureuse. Enfin.
Les garçons avaient eu envi d’aller faire un tour à la patinoire. mais… j’ai réussi à garder Pascal au lit, jusqu’en fin d’après-midi. Ça faisait trop du bien de se larver, de se retrouver, se murmurer des mots d’amours, de se sentir proche à nouveau.
Caroline, ne nous voyant pas descendre, est venue frapper à la porte vers 18h. Alors on est descendu un moment juste grignoter un truc, parce qu’on avait des réservations au restaurant dans 2h. On n’avait rien manger à midi, ni les spaghettis du matin. Puis, fallait ensuite aller se préparer avant le dîner du réveillon.