53/14 - Je prends des risques!! (2)

Publié le par JaneDo


Samedi, 22 février 2014 - 53/14 - Je prends des risques!! (2)

Mince, j’étais vraiment une nana coincée. Pourtant, je faisais des efforts pour rester ouverte à tout. Apprendre à camoufler ce qui me surprend ou me choque devant les autres étaient important pour moi. Je ne voulais pas qu’on pense que j’étais vieux jeux, hors du coup, ou trop vieille pour apprécier comment vive les jeunes d’aujourd’hui.

Triste de me réveiller et de constater que Pascal n’était pas à mes côtés. Il était parti.

Je suis restée longtemps à réfléchir sur ce que je ressentais, ce que j’étais sensé faire. Je voulais toujours faire partie de sa vie. Je le voulais lui, et personne d’autre. Je n’acceptais pas de le perdre. Que ce soit une autre qui profite de ses câlins, de sa présence, de ses rires, ses sourires, je ne pouvais pas m’y faire. Pascal avait probablement besoin d’un peu de temps, d’espace, de sa liberté, je le comprenais. Non, je ne comprenais pas. Je ne voulais pas le comprendre.

Alors que faire? Au moins rester à ses côtés en tant qu’amie? C’était toujours mieux que rien non? Et-ce que je supporterais? Bon, au moins, j’avais moi aussi ma liberté, je peux en profiter?

Et pourquoi pas! Et à y réfléchir, oui, je crois que je veux bien que Pascal me raconte. Je pourrais mesurer son évolution, sa nouvelle manière de voir les choses, comment il les vit, ce qu’il cherche. Oui, finalement, la place d’amie n’était pas si mal, comparé à rien du tout! C’était un risque à prendre. Il est tellement adorable. Adorable avec moi.

Pffouh, ça va être dur!!! Peut-être seulement au début. Faudra s’habituer. Ahhhh, ça ne va pas être facile… J’en souffre déjà… Pfffh, un petit coup de respiration. Je suis forte, je peux le faire.

Pascal était à la cuisine. Pffouh, coup au coeur. Chaque fois que je le vois, quelque chose déborde en moi. J’ai cru que j’allais exploser. C’est qui elle? Pas celle avec qui il était hier soir en tous cas! Courage, prends sur toi ma fille. Souris.

La miss était en face de lui, déjà en habit de ski, mais ouvert jusqu’au nombril. Une pouffe quoi. Elle se penchait à souhait pour lui montrer ses nibards! J’ai souris intérieurement; elle avait des airbags. C’était de faux seins, gonflés à l’hélium. Dans ma tête, je me suis dis; “aucune chance ma pauvre”. Mais quoi que. Pascal souriait, on dirait qu’il s’amusait.

Il m’a lancé un de ses sourires à faire fondre les glaces du Pôle Nord, en me faisant signe de venir m’asseoir à côté de lui. J’ai cru décelé un petit regard ironique dans l’oeil de Paul.

Pascal m’a demandé comment je me sentais. J’ai dit que ça allait nettement mieux. Je l’ai remercié en lui faisant un petit bisou. La façon qu’il m’a regardée m’a fait penser qu’il était surpris, mais ravi. D’ailleurs, il m’a rendu mon bisou. Un peu rouge, il m’a préparé encore un thé et m’a forcée à reprendre un Panadol, pour éviter le retour de la fièvre.

En fait, j’étais encore un peu fébrile, mais je ne voulais pas le montrer.

L’oreille aux aguets, j’écoutais le piaillements de la miss, ses miaulements. Du coin de l’oeil, j’observais ses mimiques. Incroyable tous les mouvements de bouche; et que je te fais la bouche en coeur, que je me mordille la lèvre. Bref, elle avait tout un chapelet de moues sensé être sexy. A la manière dont les autres mecs la regardait, ils devaient la trouver “bonne”. Ce qui m’a fait la détester direct.

La miss, Muriel, proposait un nouveau jeu pour les soirées; un remake du *Bachelor*. Elle a demandé à Pascal s’il connaissait. Elle venait à peine d'arriver dans le groupe, qu'elle proposait des jeux, elle? Gonflée!

  • Bachelor? Non je connais pas trop. Je n'ai jamais vu un épisode entier. Par contre, je sais que ma femme regarde ce genre de truc. Elle aime bien.
  • Ta… femme?
  • Oui, ma femme.

Pttts, elle savait pas que Pascal était marié. Elle a eu un petit mouvement de recul. Regard d’écureuil égaré, elle a regardé si les autres avaient entendu. Apparemment oui. Pascal semblait amusé. Il a rigolé. Pas trop effarouchée, la miss s’est empressé de lui expliquer de quoi il s’agissait. Après sa longue explication, Pascal lui a dit que ce n’était pas à lui qu’il fallait parler de ça, mais à Thomas.

Muriel proposait que le vendredi soir en arrivant, ou peut-être le samedi matin, qu’il y ait une sorte de cérémonie de la rose. Que les garçons offrent 1 rose aux 2 filles qu’ils avaient envi de mieux connaître. La première, avec qui ils feraient une sortie dans la journée, et la 2ème, un dîner en début de soirée, et vers la fin de la soirée, ils choisiraient entre les deux, celle avec laquelle ils aimeraient passer la nuit.

Coup de chaud dans mon crâne. Elle blague là? Mais, je suis pas d’accord. Heu… j’avais rien à dire!

Comme elle ne semblait pas savoir qui était son hôte, Pascal lui a montré où et qui était Thomas. Elle a voulu savoir si Thomas était d’accord, s’il jouerait le jeu. La réponse était simple; “bien sûr qu’il jouerait”. Bien sûr qu’il jouera. Pascal avait fait partie d’une fraternité à l’université, et c’était clair qu’il avait l’habitude de participer, quel que soit le jeu. Ça faisait partie des obligations des membres d’une fraternité.

Muriel voulait qu’il lui raconte certaines de ses frasques; s’il avait dû se baigner dans un lac gelé, tout nu, etc. Glups, dire que je n’avais même jamais pensé à connaître son passé. Qu’est-ce que je suis… nulle. Caroline aussi était du genre curieuse, et je suis sûre qu’elle sait tout de ses années universitaires, moi, que dalle.

Paul a pris la parole pour confirmer qu’effectivement, il y avait le “bizutage”. Parfois, ça allait un peu loin, mais ils n’avaient pas trop le choix. Soit tu restes dans ton coin, soit tu fais partie d’une confrérie. Et oui, ça fait partie de leurs éducations de participer pour participer.

La miss n’était pas encore au point avec les règles du jeu, elle a décidé d’en discuter avec Thomas et les autres filles. Moi, je ne voyais pas pourquoi c’était toujours aux garçons d’avoir le choix. Pourquoi pas les filles pour une fois??? Mais bon, je n’ai rien dis. Je ne voulais pas faire connaissance, ni discuter avec elle.

Il y a eu comme un branle-bas de combat; il était temps de partir pour aller skier…

J’ai passé l’après-midi presque seule au chalet, à lire, dormir. Bref, me reposer pour être en forme ce soir. Je ne voulais pas encore passer la soirée au lit avec de la fièvre. Thomas m’avait donné des instructions et des médicaments pour la journée. La discrète gouvernante m’a apporté un énorme Thermos. C’était à la demande de Thomas. Il y avait déjà un feu qui crépitait dans la cheminée, j’ai rajouté une bûche et je me suis allongée sur le canapé pour lire.

J’ai aussi beaucoup pensé au jeu que proposait Muriel… Un remarke du *Bachelor*… ???

Caro avait été chargée de m’appeler, parce qu’après le ski, ils avaient décidé de manger dehors. J’ai été déçue. J'aurai peut-être dû aller sur les pistes avec eux, quitte à faire du "ski-bar".

J’avais passé la journée à les attendre, et j’espérais les voir arriver d’un moment à l’autre. Puis non, ils étaient à la pizzeria. Zut. Je n’ai pas eu envie de les rejoindre. Boule à l’estomac. Je me voyais déjà assise en bout de table, sur la seule chaise libre, ou qu’on aurait coincé vite fait entre 2 personnes que je connaissais pas. Bof.

Je n’avais pas envie de manger non plus avec les 3 personnes restées au chalet, alors j’ai pris mon assiette dans ma chambre. La cuisinière avait préparé du boeuf au vin rouge, avec de petites pommes au four, et des carottes. C’était extra bon, alors je n’ai pas regretté. Sauf que j’aurai bien aimé de la compagnie!

J’ai demandé à Caro de venir me secouer à leurs retours. De toute façon, s’ils sortaient après, ils viendront se changer!


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