73/15 - Journées pastelles....
Samedi 14 mars 2015 - 73/15 - Journées pastelles....
- Pourquoi est-ce que tu es si coincée? On est ensemble, week-end en amoureux, et pas un geste de tendresse, rien! On dirait même que tu essaies de fuir? Explique? Tu ne pourrais pas te laisser aller un peu?
- Tu veux dire... comme Caro?
- Disons que ça me plairait bien que tu sois un peu plus comme Caro ce soir.
Mon regard a évidemment balayé la pièce pour se poser sur la demoiselle en question. C’est vrai que j’étais coincée, je n’aimais pas beaucoup les démonstrations publiques d’amour. Je trouvais ça déplacé. Si on a envie de passer la soirée à se lécher la gueule, autant rester seuls dans son coin. Mais quant on est avec des copains, par respect, on se tient comme il faut.
Peut-être que Pascal avait raison, je pourrais me laisser aller de temps en temps quand même. Et j’avais drôlement envie de le toucher, d’être en lui, d’être sa peau, la chemise qui caressait ses épaules, le pantalon qui se frottait à ses jambes.
Hum, je dois être dingue de ne pas en profiter. Alors au diable les autres.
Sans que je m’en rende compte, mes mains avaient suivi mes pensées, mes doigts, mes mains se sont retrouvés dans ses cheveux, mes lèvres contre les siennes. Pascal venait de prendre d’une main 2 verres pour nous préparer à boire, mon geste l’a surpris. Une demi seconde en suspension, son bras valide m’a attirée contre lui d’une force. Il a lâché les verres. Lovés l’un contre l’autre, l’espace d’un instant on a oublié la terre entière.
Nos lèvres ne voulaient pas se séparer, nos corps scotchés ne le voulaient pas non plus. Mais il fallait bien reprendre son souffle à un moment où un autre. Nos visages en feu étaient à peine à un centimètre, nos souffles se mêlaient et l’envie de se jeter à nouveau l’un sur l’autre était plus fort que tout.
La main de Thomas devant nos yeux a stoppé notre élan; “Get a room!” (Prenez une chambre!). Pascal les sourcils froncés a repoussé cette main et l’a dévisagé avant de lui dire d’aller se faire voir. Son ton m’a fait sourire.
Thomas a dit qu’on gênait tout le monde, qu’il avait l’impression d’avoir débarqué dans notre chambre alors qu’on s’apprêtait à “copuler”. Copuler, quel drôle de mot. Je me rappelle avoir pensé que le mot était moche pour quelque chose d’aussi beau. Le regard de Pascal continuait à naviguer de mes yeux à ma bouche, et me donnait envie de l’embrasser encore.
J’ai croisé le regard de Caro qui s’est détournée aussitôt. J’ai eu le temps de voir qu’elle avait rougi.
On était retourné s’asseoir sur le coin du canapé, j’étais sur les genoux à Pascal. Sa main se promenait dans mon dos. De temps en temps il me demandait dans un murmure si je ne voulais pas monter, ce qui me faisait sourire. Non, je ne voulais pas; le plaisir était aussi dans l’attente.
Quant on est monté approximativement 1h plus tard, du moment qu’on passé la porte de sa chambre, mes pieds n’ont pas touchés terre jusqu’au lit. Samedi matin, je me suis réveillée en entendant la porte se refermer. J’étais rompue, mais le coeur rempli d’amour. J’avais encore envie de ses bras, encore envie d’amour. En fait, c’est le vide laissé par son absence qui m’avait réveillé.
Pascal m’avait laissé un mot, demandant que je l’appelle dès que je me réveille pour qu’il m’apporte le déjeuner au lit. Je savais qu’il voulait aller skier, mais pour moi, il avait l’intention de passer son tour aujourd’hui. Et ça, je ne le voulais pas. Je me suis donc précipitée en bas.
Pour lui faire plaisir, je l’ai accompagné sur les pistes. Pascal a laissé de côté le snowboard pour skier avec moi. Trop chou. J’ai passé une journée merveilleuse, avec lui qui jouait les profs par moment, il m’attendait, ou me suivait et quant il voyait que j’avais de la peine, me prenait entre ses jambes, me donnait des conseils pour mieux faire mes virages, ou pour serrer mes skis.
Bon, après 3h sur les pistes, j’étais épuisée, lessivée, si ça ne lui aurait pas gâcher sa journée, j’aurai voulu rentrer. Mais je ne pouvais pas lui faire ça, alors j’ai continué encore une petite heure. Pascal a remarqué que je n’avais plus de force dans les jambes et que mes skis partaient dans tous les sens. J’ai alors pu tranquillement aller lire au restaurant e attendant la fin de la journée de ski.
Toute l’équipe dont Pascal ont continué la glisse jusqu’à la station, moi je suis descendue avec l’oeuf. Ouais, j’suis pas une skieuse émérite, donc si les pistes ne sont pas top de chez top, ou glacée, je risquais de me faire mal. On a été prendre une bière dans le pub près des remontées mécaniques.
Un truc m’a fait un peu… j’ai surpris un regard entre Pascal et une des filles qui était là, et mon ventre s’est mis en programme lessive. Je crois au 6ème sens, et au fait que les femmes ont tendances à capter des choses qu’on ne s’expliquent pas. Mais je me suis dis que je me faisais des idées. Que c’était mon manque de confiance en moi qui me jouait des tours.
Pourtant, Pascal était adorable, toujours à me cajoler d’une façon ou d’une autre, me posant des petits baisers dans la paume, ce qui me faisait frissonner et rougir de bonheur. Pascal était parfait, le petit ami idéal; attentif, câlin à mort, me lançant des regards qui semblaient dire qu’il m’adorait. Toujours à rechercher le contact physique. Je me laissais aller aussi à me coller à lui, à passer mon bras autour de lui, ce qui le faisait sourire, et me valait des tonnes de bisous en récompense.
Bien sûr Thomas et Paul nous gavaient de leurs petits commentaires, de petites remarques, mais on faisait semblant de ne rien entendre, ou on en riait.
Mais… c’était ce petit regard qui se voulait discret, cet imperceptible sourire, des têtes qui se détournent un peu trop vite… et l’angoisse qui me bouffe de l’intérieur. Qui était donc cette nana? J’ai l’impression que Pascal et elle communique par code! Wahhh, je dois être folle!
Il y avait bien eu une des filles qui avait demandé à Pascal de lui apprendre quelques trucs, mais il lui avait demandé de voir avec Paul ou Jonas, qu’il s’occupait de sa copine (moi) et qu’il ne pouvait pas. Mais rien dans son comportement ne m’avait alerté comme ce discret échange avec cette fille.
Du coup, je me suis mise à l’observer. Et plus je l’observais, plus l’angoisse me coupait le moral et me faisait délirer. Je la trouvais belle, plus belle que moi, ça c’est sûr. Spéciale. Je remarquais qu’elle n’était pas avec qui que ce soit. Alors comment était-elle arrivée là.
Bah, je me suis faite violence, il fallait que j’arrête ça, sinon j’allais carrément tout gâcher. S’il n’y avait rien, alors ce serait vraiment dommage, et s’il y avait quelque chose, alors je ne ferais que l’encourager à me fuir.
En arrivant au chalet, Pascal s’est jeté dans la cuisine pour réchauffer et préparer une salade pour accompagner les plats qu’avaient préparer la Gouvernante. Il y avait du gratin, miam, j’adore. Il y en avait quelques uns qui voulaient aller manger au resto, mais nous, on a mangé au chalet.
Pascal n’avait pas spécialement envi d’aller traîner en boîte, donc on a traîné avec les autres jusqu’au moment où ils sont sortis pour aller faire la fête dans les gargotes du coin. On s’est enfermé dans la chambre, soit-disant pour regarder des films… :) Je ne m’en rappelle aucun.
Je me suis dis que je m’étais faite des idées… des idées qui auraient pu flingué notre petite soirée en amoureux...