91/2013 - Verbier - Poisson d'Avril - Partie!
Lundi, 1er avril 2013 - 91/2013 - Verbier - Poisson d’Avril - Partie...
Je ne voulais pas faire tapisserie dans un endroit aussi fermé qu’un chalet, me sentant légèrement de trop. Je savais que chaque mouvement de Pascal m’obsèderait. Je risquais de le regarder un peu trop, tirer la gueule s’il ne faisait pas attention à moi. Puis, il y avait Caro. Je savais que je pouvais lui faire confiance pour lui coller aux fesses, et l’empêcher de faire des bêtises. Puis, j’étais un peu cuite. Je me suis donc éclipsée discrètement, avant qu’ils ne quittent la boîte, pour filer dormir à l’hôtel que j’avais réservé.
Ma disparition n’avait pas été sans être remarquée. J’avais filé en douce sans saluer personne.
Au chalet, Pascal, Thomas et Caro ont essayés de m’appeler, de me laisser des messages. Un des messages de Thomas m’a fait rire; “Hey girl, where r u hanging again? Lost? Call me asap k!” (Dis, où est-ce que tu traîne encore? Perdue? Appelle-moi illico d’ac!”. Mais, j’ai préféré faire la sourde oreille. Et le plus important, c’était Pascal. Il a essayé de m’appeler à plusieurs reprises, puis, ayant peur que je sois restée plantée dans la boîte, il est retourné là-bas pour me chercher. Iaaah, j’étais contente. Il s’inquiétait quand même un peu pour moi. Ça me faisait trop plaisir.
J’avais bien fait de ne pas répondre, sinon, il ne se serait pas déplacé, et je n’aurai pas su ce qu’il ressentait.
J’ai attendu une petite heure avant de répondre à Thomas. Il m’a dit que Pascal a cru que j’étais peut-être aux toilettes ou autres, que je ne les avais peut-être pas vu partir.
Donc, Pascal a pensé que j’étais partie fâchée en me retrouvant toute seule là-bas. J’avais vu son message où Pascal me disait de ne pas bouger, de l’attendre au bar. Ils savaient que je n’avais aucune idée où se trouvait le chalet. J’ai insisté que j’étais déjà partie avant. Je ne voulais pas qu’il s’imagine que j’étais partie, en pensant avoir été abandonnée.
L’empêche, ils ne s’étaient même pas rendu compte que je ne suivais pas? Ça, ça me faisait un peu de peine. Après, j’ai un peu regretté d’avoir appelé. J’aurai dû les laisser s’inquiéter toute la nuit! C’est fou, je n’ai pas osé appelé Pascal au lieu de Thomas. Pourtant, s’il y avait bien quelqu’un que j’aurai aimé entendre c’était bien lui… Thomas m’a dit que Pascal était inquiet de ne pas savoir où j’étais, et qu’il me cherchait toujours à travers la station. J’avais vu qu’il essayait encore de me joindre! Donc, Thomas l’a appelé pour lui dire de rentrer.
Snif, si seulement je pouvais l’apercevoir! Mais, j’avais pris un hôtel invisible depuis le bar, pour pas qu’on sache où j’étais.
Pascal m’a appelé après avoir parlé à Thomas. C’était sûrement pour vérifier si je n’étais pas fâchée. Par contre lui, il l’était. Il m’a dit que j’aurai pu avertir, ou au minimum, dire au revoir. On ne part pas comme ça sans avertir, s’il m’était arrivé quelque chose, comment est-ce qu’ils auraient pu m’aider. Waouh, Pascal était franchement en colère. Après m’avoir engueulée au téléphone, il m’a demandé où j’étais, si c’était vrai que j’étais rentrée? Puis, il m’a dit que ce n’était pas très malin, j’avais bu, je n’aurai pas dû prendre le volant.
J’ai failli lui dire Poisson d’Avril et lui donner rendez-vous, mais, vu son humeur, il n’aurait pas trouvé ça drôle. Ou peut-être que ça lui faisait franchement chier d’avoir perdu plus d’une heure à tourner en rond en ville? Comme je ne disais rien, il s’est calmé, mais il était toujours en rogne. Après avoir dit qu’il était rassuré que je sois bien rentrée, il m’a demandé de ne plus refaire un truc pareil. Que tout le monde avait été inquiet. Mon oeil! Les autres, et même lui n’ont rien remarqué avant d’être bien au chaud!
C’était un peu difficile quant il a raccroché. J’ai ressenti un gros vide. Je me sentais seule et triste.
Je les imaginais en train de s’amuser, de passer une bonne soirée, et j’enviais Caroline. J’aurai voulu être là-bas. Pourquoi j’ai eu l’idée stupide de m’enfermer toute seule dans un hôtel, alors que je pouvais passer la soirée dans la même bulle que Pascal? Je suis vraiment louche comme fille. Mince, Pascal me manquait. Comment pouvait-il s’amuser alors que je n’étais pas là? Comment pouvait-il avoir envi même de rire? Pourquoi est-ce que je ne lui manque pas autant qu’il me manque lui?
L’envie de savoir ce qu’il faisait m’a fait appeler Caro. Elle aussi m’a reprochée de ne rien avoir dit, que j’aurai au moins pu lui glisser un mot. Apparemment, Pascal et Thomas avaient flippé grave. Puis Thomas, moins émotif que Pascal, avait pensé que je les aurais appelé. J’avais mon natel après tout. Mais Pascal n’avait pas été convaincu par ses arguments, et il a fini par communiquer ses angoisses aux 2 autres. Et si j’avais eu des ennuis, ou évanouie dans un coin, trop saoul pour appeler à l’aide, etc. Ça m’a fait sourire. Je trouvais ça adorable. Mais aussi, heureusement qu’il y avait Pascal, parce que j’aurai pu effectivement être en difficulté.
Pascal était de retour, et c’était comme s’il ne s’était rien passé. Il m’avait déjà zappée! Ou est-ce que Caro mentait?
Thomas avait voulu lui faire un poisson d’avril macabre en lui disant qu’il n’avait pas voulu l’inquiéter, mais j’étais à l’hôpital. D’ailleurs, il enfilait sa veste, faisant semblant d’être sur le point de partir et tout. Mais, Pascal n’a pas marché. Il l’a laissé faire sa comédie jusqu’au bout, puis il lui a platement dit qu’il m’avait parlé; j’étais rentrée. Thomas a éclaté de rire devant la grimace et le visage ironique de son ami.
Caroline me disait qu’il était trop chou, avec les mains dans les poches, les sourcils froncés à écouter Thomas lui débiter son histoire. Elle, elle y avait cru jusqu’à ce que Pascal, lui lance un regard soupçonneux, comme un vers luisant, puis calmement il lui a balancé qu'il m’avait eu en ligne. Elle m’a décrite sa grimace, c’était comme s’il avait mâché quelque chose de dègue. Hihihi.
Je serais bien restée toute la nuit au téléphone avec elle jusqu’à ce qu’ils aillent se coucher, pour savoir tout ce qui se passait. Mais, c’était pas possible. Là aussi, il a fallu raccrocher. Snif.
Au saut du lit, j’ai aussitôt remballé mes affaires et j’ai filé. Je ne pouvais pas prendre le risque de traîner, au risque de croiser quelqu’un, ou que Pascal, Thomas ou Caro reconnaissent ma voiture. Tout le reste de la journée, je me suis traînée comme une morte vivante. Je n’étais bonne à rien. Je m’ennuyais ferme, me faisant des films sur ce qui s’était passé au chalet. J’aurai bien voulu pouvoir me transformer en mouche et traîner là-bas toute la soirée. Pfff, poisse. C’est chiant de n’avoir aucun pouvoir de magie. Dommage que ça n’existe pas.
Oups! Si j’avais pu me changer en mouche, mince, quelqu’un m’aurait peut-être écrasée??? C’en aurait été fini de moi??? Ou, peut-être pas, si j’étais restée bien à distance sans bouger, genre dans un coin sombre d’un meuble? Waouh, j’suis grave!