Je me suis donnée la peine de descendre déjeûner pour Pascal. Si ça ne tenait qu'à moi, je serais restée au lit. Je préfère dormir que manger de toute façon! Par ma faute, il était déjà assez enfermé comme ça. Arf, j'avais envie de trouver un coin tranquille pour avaler mon café, mais, je pouvais pas, il aurait été obligé de venir aussi. Bon ok, heureusement que ça ne dure que 2 jours, d'ailleurs ce soir, je vais devoir le rendre à sa femme, snif. Alors j'attendais avec impatience qu'ils partent tous sur les pistes. Je n'avais qu'une envie, c'était d'être tranquille et de dormir, j'étais raide. On ne dormait pas beaucoup, pas seulement parce que... mais les sorties, les soirées qui se prolongent une fois rentré... J'étais naze!
J'étais toute seule en train d'avaler mon café accoudée au bar de la cuisine quant Jess s'est pointée. Je me sentais coincée comme un insecte pris dans la lumière. J'avais envie de prendre mes jambes à mon cou et de partir. Je me suis concentrée sur mon café, en espérant être invisible. Malgré mes efforts, je ne l'étais pas. Pourtant, il y avait juste une 10zaine de pas jusqu'à la salle à manger, j'aurai voulu pouvoir les faire sans avoir l'air de fuir. Crap. Et Jess avait envie de bavarder.
Elle avait soit-disant fait ce jeu des 48h principalement pour Pascal. Je ne savais pas exactement ce qu'elle voulait dire par là, mais je me trouvais mal placée pour commencer à lui demander des détails. Sa remarque suivante m'a laissée un peu perplexe, est-ce qu'elle savait que j'étais au courant qu'elle savait tout? Je ne saurais le dire. Tout en est-il qu'elle a utilisé le terme amitié, pour qualifier notre relation ou celle que Pascal entretien avec Caroline.
Prise au piège dans une conversation que je ne voulais pas avoir avec elle, je lançais des regards désespéré vers la salle à manger où j'aurai dû rester. Mais qu'est-ce qui m'a pris d'en sortir?!? Ma gêne l'amusait beaucoup, alors elle a remi une couche, elle m'a carrément demandée si j'étais amoureuse de Pascal? Là, j'allais pas jouer la timide, je lui ai dit que c'était difficile de ne pas l'être. Ca l'a fait rire. Puis elle m'a avouée qu'elle avait aussi eu envie de passer du temps avec Ethan, mais elle me demandait de n'en parler à personne.
Facile, je me voyais mal en parler à Pascal sans avoir l'air d'essayer de la dénigrer. Je n'avais pas envie d'avoir cette conversation là, surtout pas avec Jess pour l'amour du ciel.
- T'inquiète... J'ai vu la manière que tu avais de le regarder. Par contre... enfin, tu sais, je le connais bien, très bien même et depuis des années, c'est quelqu'un de très actif et il risque de vite s'ennuyer à rester enfermé au chalet comme ça!! Clairement, tu n'es pas sportive, vous n'avez pas grand chose en commun en fait. Pour en revenir au jeu, j'avais envie de passer du temps avec Ethan, et difficile avec "mon" mari dans les pattes pas vrai? J'espère que tu garderas ça pour toi, je préfère éviter les histoires entre Pascal et Ethan..
Et elle a rigolé. Pourquoi me racontait-elle tout ça? Est-ce qu'elle espérait, au contraire justement que j'en parle à Pascal? Essayait-elle de provoquer sa jalousie? Glups. Non, je n'en parlerais pas à Pascal, ça c'était sûr.
Ouf. Pascal avait vu mon regard paniqué et il est immédiatement venu à mon secours. Ce qu'elle avait dit pourtant continuait à me trotter dans la tête; "Rien en commun? Enfermé au chalet?". Arf, j'étais naze, et il faisait si froid, mais apparemment pas en hauteur, qu'il faisait plus chaud qu'en station. Jess avait sans doute raison, et pour cette dernière journée ensemble, je pouvais au moins faire un effort pour faire plaisir à Pascal. J'aimais faire du snowboard en plus, suis pas terrible, mais j'aime bien. Suis pas nulle nulle, si je ne tombe pas dans la 1ère descente, je me débrouille plutôt bien, mais si je tombe, c'était fini, je perdais tous mes moyens.
J'ai prétendu avoir une furieuse envie d'aller faire du snowboard. Mouais, rien que ça!
Pascal a légèrement fronçé les sourcils en souriant. Mais Pascal m'a assurée que ça ne lui manquait pas et qu'il n'y tenait pas. Il pensait aussi que je ne devrais pas prendre de risque en faisant des exercices aussi radicales que le ski ou snowboard à cause de mon dos. Je ne voulais pas qu'il se prive pour moi et j'ai promis de faire attention. Après avoir réussi à me convaincre qu'il ne s'ennuyait pas, qu'il préfèrait qu'on reste que les 2 pour les quelques heures qui nous restait, je me suis détendue.
On était pas les seuls à rester au chalet, alors on a passé un petit moment au salon avec 2 autres couples, dont Mickael et Barbie. Je n'avais pas tellement envie de rester là et Pascal non plus. On a prétexté vouloir aller en ville se balader, mais Mickael a sauté sur l'occas pour nous accompagner avec Barbie, alors Pascal l'a pris de côté pour lui parler. Je devine; on n'avait pas vraiment dans l'idée d'aller en ville du tout, on avait juste envi d'être seuls, c'était tout.
J'avais tord de me laisser torturer la tête, Pascal n'avait pas eu envi d'aller sur les pistes, n'avaient pas envi de compagnie, mais juste envi qu'on puisse profite des dernières heures qu'on pouvait passer ensemble. On ne voulait pas sortir manger avec les autres non plus. Pour éviter de les avoir sur le dos, on a prétendu qu'on irait les rejoindre, mais on est resté au chalet.
Plus les heures passaient, plus je devenais mélancolique. Je n'avais pas faim. Pascal avait beau essayé de me faire voir le bon côté des choses et qu'on avait quand même pu passer 2 jours ensemble, et que c'était bête de gâcher les dernières heures à être triste. Mais rien n'y faisait. Malgré mon sourire, j'étais triste quand même.
Jess serait sûrement furieuse, parce qu'on avait pas l'intention d'aller les rejoindre en boîte. Quant les 48h ont pris fin, on s'est installé au salon devant un feu de cheminée. On était plutôt silencieux. Tant qu'il n'y avait personne, je pouvais encore profiter d'être dans ses bras.
Et bien sûr, il fallait que je gâche tout... baaaaahhh.
Non, non et non, je devrais me faire piquer. Je ne devais pas revenir sur le sujet de Caroline. Je le sais, je sais que c'est une grosse grosse connerie. Tout ce que je pouvais y gagner, c'est de le faire penser à elle. Grosse bêtise qu'il ne faut jamais commettre. Mais ma connerie étant sponsorisé par ma curiosité, pffff... je l'ai fait. Et vas y que je te pompe l'air avec du Caroline par-ci et du Caroline par-là. Que la foudre me frappe. Mouais, j'aurai dû m'arracher la langue!
En fait, je pense que comme n'importe quelle fille, inconsciemment, on aimerait pouvoir ou avoir été dans leur peau dans ses moments là pour savoir exactement ce qu'ils pensaient, ce qu'ils ressentaient, mais comme c'est pas possible... ben on leurs cassent les pieds pour savoir des détails qu'on devrait ne pas chercher à connaître.
Je voulais savoir ce qu'il pensait, si elle embrassait bien? En fait, je voulais savoir si elle embrassait mieux, mieux que moi, mais je suis restée au bien. grrrr.
J'aurai dû m'arracher la langue. J'aurai dû remarquer son petit froncement de sourcils, mais j'étais déjà embarquée sur le train que rien n'arrête, même pas un peu de raisonnement. Je savais bien, quant je ne fonctionnais pas en "mode-débile" que je le faisais revenir à ces moments où il était avec elle, essayé de se rappeler des choses qu'il avait peut-être oublié. Du coup, il devait se rappeler son parfum, le goût de ses lèvres. Iiiiiak. Couchée à essayer de dormir, je me suis revenu un peu à la raison et je me serais tapée tellement j'avais été stUpide. Pffff. C'était fait, je pouvais plus revenir en arrière. Erk, il a dû se dire que j'étais jalouse en plus. En plus, c'est vrai, j'étais jalouse, pas d'elle, mais des moments où elle était dans ses bras et pas moi
Dire que je lui ai fait repenser à ses baisers... Oui, alors oui, il trouve qu'elle embrasse bien. Cauchemar... je la revoyais dans ses bras, et son sourire quant il la regardait. Horrible cauchemar. Et il a fallu que je revienne sur le fait qu'il m'avait dit qu'elle lui plaisait. Ho-la-la, peut-être que j'avais espéré que la réponse change? Ridicule.
Oui, c'est vrai elle me plaît beaucoup, je ne vais pas te mentir. Elle est gentille, et elle est vraiment très chou.
Ciel, mais oui, j'aurai voulu que tu me ments et avec conviction en plus tiens! Arf... Non, je ne voulais pas qu'il me ment. Tartufle que je suis, pourquoi lui demander ça. Et, pire, je n'arrivais pas à arrêter. Il a fallu que je lui demande si ça lui avait fait quelque chose de l'embrasser.
- Aïe, Jane... Je t'en prie, si on parlait d'autre chose? Je ne suis pas avec elle là, et j'ai pas spécialement envi d'y penser.
Et j'ai insisté. Je n'aurai pas dû, mais qu'il ait essayé d'éluder la question, me faisais idiotement insister de plus belle. Et oui, j'avais envi d'entendre que ça ne lui avait rien fait, mais je l'aurai pas cru et j'aurai continué d'insister. Et pourtant dans mon manuel, des choses à ne jamais faire, ça, ça figurait en 1ère position. Arf, damnation, bêtise quant tu nous tiens! Il a poussé un gros soupir;
- Jane...Tu veux pas vraiment que je réponde à ça, si? (ben, oui je voulais...). Bien sûr que j'ai ressenti des choses, suis pas en pierre quand même.
Arf, ça fait mal aux oreilles et ailleurs aussi.
- Est-ce que... est-ce que vous...
- Arrête. Ecoute, ça va nous mener nulle part, à part nous faire du mal. Tu crois que je ne vous imagine pas, Layne et toi? Tu ne crois pas que les images qui se bousculent dans ma tête ne sont pas pire? En plus, tu sais que c'est l'ex à Jess, alors imagine un peu... Je sais pas mal de détails à son sujet, notamment que c'est un obsédé, drogué du sex, alors à ton avis... Tu crois que quant je pense à toi, je pense à quoi? Je pourrais aussi te demander tiens, est-ce que tu aimes faire l'amour avec lui? Est-ce que tu ressens des choses? Est-ce que c'est mieux, dis moi? Est-ce que tu l'aimes?
Heum... Oui... Non... Pas envie de répondre à ces questions. C'était trop gênant, intrusif. Sacré douche froide.
- Et Thomas, hein? C'était comment? Il embrasse bien? Tu as ressenti quoi? Ca t'as fait quelque chose? Tu sais qu'il est toujours amoureux de toi...
Pascal s'était levé, il ne tenait plus en place. Il avait plongé ses beaux yeux verts dans les miennes, et je sentais mes oreilles prendre feu. Il avait raison, c'était pas top.
- Tu crois pas que ça m'obsède de t'imaginer avec lui, jour et nuit? Ca me rend fou de savoir que t'es avec lui. Alors dis moi? Avec Layne... c'est mieux? Oh puis non, ne me répond pas. Je ne veux pas le savoir.
J'étais d'accord de changer de sujets, même si une saleté de petite diablesse continuait de susurer à mon oreille. Pascal a prétexté aller nous chercher à boire pour quitter la chambre. Arf, je crois que je l'avais mis en boule.
C'était bien vu, vers les minuit, Jess est venue se changer parce qu'elle s'était renversé de la sauce dessus. Layne et Thomas l'accompagnait. On a dû les suivre en boîte. Pas le choix, si je restais, Layne restait. Je n'étais pas d'humeur pour une prise de tête ou, connaissant Layne, à passer à la casserole.
Voilà, on était séparé. Pas très loin l'un de l'autre, mais séparé quand même.
Tout le reste de la soirée, depuis qu'il était à nouveau avec Jess, Pascal avait évité de croiser mon regard. On aurait jamais dit qu'on venait de passer 48h collé comme des siamois. Je n'arrivais pas à mettre les 2 images de lui ensemble.Celui qui me disait des mots doux, qui me serrait dans ses bras comme si ça vie en dépendait et ce type distant, voir froid.
J'avais l'impression de ne pas le connaître si bien que ça ou de m'être fait des films. J'avais même l'impression de ne plus exister pour lui, jusqu'à ce qu'il attrape ma main sous la table. Pascal regardait les gens danser, et écoutait distraitement Paul qui lui parlait à l'oreille. Si ça n'avait pas été pour mes doigts presque broyés sous la pression, j'aurai pu croire que je l'avais imaginé. Ca n'avait duré que quelques secondes.
Layne m'attendait au contour. Il ne m'a pratiquement pas quittée de la soirée, multipliant les gestes de tendresses et d'affections. L'empêche que c'était chou, parce que je sentais que derrière son sourire, il était furieux. Pourtant, même s'il m'a juste fait une petite remarque, il n'avait pas voulu en parler... Tant mieux
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