308 - Un père tyrannique!
Le rendez-vous à mon agence m’a causé un petit choc aujourd’hui. Je ne m’attendais pas à ça. J’avais une petite idée du genre de famille de Pascal, je savais que je ne faisais pas partie de son cercle, ni des projets de sa famille, mais je ne m’imaginais pas devoir un jour faire face au mur géant!
Un gros client avait contacté mon agence pour un projet, un gros contrat qui pouvait leur rapporter plusieurs millions. Mon agence n’était pas au courant des détails, seulement que le client exigeait que je sois la seule à travailler sur le projet. Assez déroutant et bizarre.
Bref, c'était simple; je devais accepter d’arrêter de voir Pascal, ou du moins, jusqu'à la rupture, ne plus m’afficher en public avec lui, parce que bien entendu, ce n’était qu’une aventure, mais ça pouvait nuire à son image et à son avenir. Jeeez!
Avec un sourire poli et légèrement méprisant, monsieur le secrétaire, m’a fait comprendre que notre aventure n’avait aucune chance de durer, leur but était de limiter les dégâts. Tsss! Si je tenais un temps soit peu à Pascal, je devais arrêter de le voir. Dans ce cas, ma boîte décrocherait un contrat de plusieurs millions, et comme dédommagement, on m’offrait également un chèque d’un quart de million. Dans le cas contraire, il se pourrait que je réalise assez rapidement la difficulté que j’aurai à trouver du travail.
Le père à Pascal n’avait même pas eu la décence de se présenter en personne, non, j’ai eu droit au secrétaire particulier! J’étais tellement sous le choc que je n’ai rien trouvé à dire. Totalement muette.
On m'autorisait quelques jours de réflexions pour prendre une décision et réaliser que c’était une très bonne proposition.
Je n’en revenais pas! Je n’arrivais pas à croire que le père à Pascal avait osé me faire une telle proposition, ni me manquer de respect en ayant le culot de m’envoyer son secrétaire. Je n’arrivais pas à croire non plus qu’il puisse imaginer, une seule seconde, que je puisse accepter une proposition pareille. Quel affront! J'avais été traitée comme un bug, une nuisance... Si je refusais, au niveau de mon agence, aïe, je pourrais tirer une croix sur notre collaboration, ils n’auront pas le contrat, et je serais dans la merde.
Pascal n’était pas au courant de cette sordide transaction et franchement, je ne pouvais pas lui en parler. Ça le fera entrer en conflit direct avec son père. Si j’étais amenée à les fréquenter dans le futur, ce sera un faux pas qu’on ne me pardonnera jamais. Je me demandais si Jess était derrière tout ça? Et Thomas, était-il au courant? Ne plus voir Pascal? D’accord, je savais bien que ça ne durerait pas toujours entre nous, et si j’étais intelligente, je devrais accepter le chèque. Mais je ne pouvais pas. L’idée de ne plus voir Pascal m’était insupportable.
J’avais une grosse boule à l’estomac, je me sentais même un peu vaseuse et j’avais l’impression qu’un gros nuage noir avait élu domicile au-dessus de ma tête. N’empêche que je ne pouvais pas en parler à Pascal. Puisque de toute manière ça ne durerait pas, pourquoi ne nous foutaient-ils pas la paix? Est-ce que si je l’aimais vraiment, je devrais accepter de le quitter? Était-ce égoïste de m’accrocher? Je ne savais pas encore ce que j’allais faire...
Si j’acceptais le chèque, je savais bien sûr que Pascal l’apprendrait et je n'avais aucune peine à imaginer sa déception. Si je refusais, personne n’en saura rien, par contre, je pouvais faire une croix sur l'agence et dire adieu à un travail que j’adore.
J’avais drôlement envie de voir Pascal, de me serrer dans ses bras pour me rassurer... J’avais un peu peur. C’était quand même assez grave qu’ils aient osé aller aussi loin. J’avais l’impression d’avoir été quelque peu menacée, et je ne pouvais en parler à personne. Je comprenais mieux ce que Pascal voulait dire par un père tyrannique, qui voulait toujours tout contrôler... Iaak!
Chez moi, j’ai tourné en rond le reste de la journée. Impossible de me sentir bien, impossible de mettre de l’ordre dans mes idées, ni de décider objectivement de ce que j’allais faire.
Il n’y avait pas si longtemps, je pensais qu’il me fallait régler certaines choses avec Pascal concernant Caroline, Jess... mais maintenant, là de suite, j’avais l’impression que ma tête sonnait creux et que je n’arrivais même pas à fonctionner. Heureusement qu’il y avait Maxou pour me ramener sur terre et me rappeler les gestes du quotidien.
Dans ma tête, je voyais par moment les visages enchantés de mes boss à l’idée du contrat faramineux qui tombait à pique en ces temps de crise, la minute d’après mon coeur se tordait douloureusement à l’évocation du sourire de Pascal, de son parfum, de sa présence, de ses yeux verts.... Ah non, impossible de ne plus pouvoir poser les yeux sur ce visage qui savait afficher les plus beaux sourires du monde.
Tard, trop tard peut-être, j’ai eu le besoin irressitible de respirer son existence, alors j’ai débarqué chez Pascal... Afff, pas trop aimé y trouver Jess, mais en voyant ma tête, Pascal lui a demandé de nous laisser. Il a essayé de me faire parler, savoir pourquoi j’étais au bord des larmes, mais je n’avais pas envie de blablater, juste me serrer contre lui.
Il m’a simplement prise dans ses bras sans plus essayer de me tirer les vers du nez. Sa main qui effleurait ma nuque ou me caressait la tête était rassurante, chaude, ça me calmait. Je me suis endormie chez lui. J’aurai peut-être dû prendre ma touffe de poil...
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------ Un père tyrannique! - (308-mer.04.nov.09) ------

Le soir Max a eu un épisode... Il n’arrivait plus à marcher. Jeeez, ça me fait toujours tellement peur. Pauvre pauvre bébé. J’ai dû le forcer à monter les quelques marchent jusqu’à l’appart. Après ça, 