Samedi matin, on s’était fait servir le petit déjeuner au lit. Quant Pascal est descendu, j'ai encore traîné au lit à lire. Je l’ai vu de la fenêtre partir faire un jogging avec Caroline et Paul. Jeeez, comment est-ce que Caroline avait réussi un tour pareil? Elle attendait planquée qu’il se lève ou quoi? Et aller faire du jogging sous la pluie, fallait vraiment être mordue? Euhm, mouais... je l’étais aussi!!!
La maman à Pascal a passé une grande partie de la journée occupée à superviser la préparation de la dinde et des festivités de la soirée. J’ai automatiquement proposé mon aide mais sa maman a gentiment refusé. Normal, avec la panoplie de domestiques, mon aide aurait été superflu. J’avais noté un subtil changement dans le comportement de ses parents, ils essayaient de rester poliment courtois.
J’essayais de rester la plus discrète possible, donc le plus possible dans mon coin.
Jess m’avait demandé de ne pas la mettre dans l’embarras, de faire en sorte de ne pas faire étalage de la nature de nos relations sous le nez de tout le monde. Ça allait sans dire, elle n’avait pas besoin de me le rappeler. Pascal et moi avons passé la journée à éviter de faire quoi que soit qui puisse mettre ses parents ou Jess dans l’embarras.
Pendant que Pascal et quelques cops jouaient au billard, j’ai lu dans un coin de la pièce, près du feu de cheminée. Je me sentais quand même mal à l’aise, c’était pénible d’être au chalet, j’aurai vraiment dû rester chez moi. Mais en regardant Pascal, non, j’aimais être là où il était.
Dans l’après-midi, soudainement, Pascal a décidé qu’il devait aller en ville pour un truc, et il m’a embarquée avec lui. Il avait simplement envie qu’on s’éloigne de toute la bande pour se retrouver un moment rien que les 2. J’aurai dû le deviner à son petit sourire coquin. On a traîné dans le village, pour ensuite se trouver un petit coin en amoureux dans le pub du centre et s’embrasser en paix. C’était chouette, ça m'a fait du bien.
Layne était arrivé entre temps avec Miss Tennis, et ma foi, j’étais drôlement contente de le voir. Brigitte? Je n’arrive pas à me rappeler son nom!
Le dîner de Thanksgiving s’est plus ou moins bien passé. On était environs une trentaine de personnes. Incroyable. La maison était rempli de quelques voisins et amis des parents. C’était une énorme tablée et je comprenais mieux pourquoi ses parents avaient embarqués leurs employés de maison. Les places à table étaient définies, mais Pascal m’a placée à côté de lui, et non à l’autre bout de la table entre Layne et Thomas, comme cela avait été prévu. Ouf. C’était délicieux. La dinde était juteuse à souhait et la purée j’adore, mais j’avais les oreilles en feu, j’étais extrêmement mal à l’aise, ce qui fait que je n’avais pas très faim.
Au cours de la soirée, Pascal gardait toujours un oeil sur moi près de lui. Alors, j’ai fait l’effort, pour lui, d’avoir l’air de m’amuser et de ne pas avoir besoin qu’il passe son temps à surveiller. Je voulais qu’il s’amuse, qu’il passe un chouette Thanksgiving et ne s’occupe pas de moi. J’espérais surtout qu’il ne garde pas, de ce jour, un souvenir de malaise et de tension. Je crois que j’ai assez bien réussi.
Caroline collait Pascal, comme d’habitude, mais de manière discrète et amicale. Toujours présente dans son cercle et des trucs du genre. Elle n’était pas la seule, Jess était presque tout le temps à ses côtés. Au bras de Pascal, Jess et lui ont fait le tour des invités des parents, tout comme Thomas. Ils se devaient de dire quelques mots à chacun des amis de la famille, et apparemment, ils en avaient l’habitude. Jess était dans son élément en tous cas.
Peu avant le dîner, le père à Pascal m’avait fait appelé dans le bureau. Il voulait me parler. C’était clair, même sans le dire, que pour lui, ce n’était qu’une aventure. Ce n’était pas faux, je ne pensais pas passer le reste de ma vie avec Pascal. Si je tenais un temps soit peu à Pascal, je mettrais un terme à cette relation qui n’avait aucune chance de durer. De plus, si je n’étais pas égoïste, je penserais d'abord à Pascal et à son bonheur. Son père s’était assuré que je connaissais la nature des relations de son fils et Jess et les clauses de leurs unions. Sur ce, il m’a fait comprendre qu’à cause de moi, Pascal risquait, si par hasard il n’y tenait pas, de devoir quand même prolonger ce mariage. Donc, je risquais de gâcher sa vie, et surtout, son avenir.
Heureusement que Pascal avait remarqué mon absence et m’a retrouvée avant que je n’ai à répondre de mes actes. Mes oreilles étaient violettes et Pascal devinait que ce n’était pas une discussion amicale ou pour faire connaissance. Même si je l’aurai voulu, il m'était difficile d’ignorer ce que son père m’avait dit. Contrairement à ce que j’avais pensé, il n’a pas été vindicatif et insultant, il avait juste l’air d’un père concerné.
Mon coeur était déchiré; je ne me voyais pas plaquer Pascal et l’idée de ne plus pouvoir me réfugier dans ses bras était une vrai torture mentale. Je me voyais aussi très mal en train de tout faire pour qu’il me déteste et finisse par me plaquer? Afff. Je me suis promise d’y réfléchir après le week-end, là c’était pas possible. Mais, je me suis surprise à passer mon temps à l’observer et à penser à comment survivre sans lui... Intérieurement, je suis tombée dans une sorte de tendre mélancolie, à l’extérieur, je gardais un visage calme et le sourire.
L’atmosphère, pour moi en tous cas, s’est énormément allégée quant ses parents se sont retirés... On s’est bien amusé tout en gardant nos distances. Pascal et le gros de l’équipe se sont retrouvés dans la piscine, alors que je jouais au Billard ou au Frisbee avec Layne, Miss Tennis et Fred. Je dois dire que je suis assez mauvaise, mais c’était amusant. Hum, Miss Tennis est un peu renfermée et distante, un peu comme moi, je crois que ça doit être de la timidité.
Quant je me suis enfin retrouvée seule avec Pascal, j’ai réalisé que je gravais toute sa tendresse dans ma mémoire, comme chaque geste, chaque parole, comme si c’était la dernière fois. Pour finir, je me suis réfugiée un moment dans la salle de bains pour me soulager en pleurant un bon coup. J’étais trop triste.
Pascal n’a rien remarqué, il dormait... comme il est chou quant il dort... J’ai passé un long moment à le regarder dormir et à “LE” graver dans ma mémoire; le petit sourire qui se dessine au coin de ses lèvres, sa respiration calme et sereine, comme sa mèche qui tombe sur ses yeux, la manière que sa main cherche ma présence, sa caresse le long de mon corps, puis rassuré, il pose sa main contre ma peau. Miam, j’avais envie de le manger tout cru. Quant il s’est tourné pour me prendre dans ses bras, je me suis enfin couchée enroulée contre lui.
Finalement, les choses s’étaient mieux passé que je ne l’avais espéré. Pfffouuu, plus qu’un jour! Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour celui qu’on aime!!
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------ Thanksgiving - (332) - (sam.28.nov.09) ------