18/2014 - Petit retour au paradis...
Samedi, 18 janvier 2014 -- 18/2014 - Petit retour au paradis...
J’avais pensé sortir, finalement, c’est non. Je voulais que ce soit Pascal qui vienne à moi, et non moi qui me met devant son nez. Trop facile. Alors, j’ai décidé de rester chez moi, ou sortir avec Layne et ses potes. C’est vrai que je ne pensais qu’à Pascal. Une horreur. Pourquoi est-ce que j’étais retombée aussi facilement???
Layne et ses copains étaient au bowling. J’aime bien jouer au bowling. Je ne suis pas une championne, mais j’ai de bons coups de hasard. J’étais dans l’équipe à Jean-Luc, donc j’étais l’adversaire de mon petit Layne. Hihihi. On a gagné. On n’a même pas pu faire une revanche digne de ce nom, le bowling fermait. Ils ont voulu aller en boîte. Hum, je craignais de croiser Pascal. En même temps, ma tête formatait des tonnes de plans sur la comète pour le voir.
Toujours les mêmes… aller poireauter chez lui! ou solution de facilité, aller en boîte et le croiser! Nul. Trop nul.
J’ai choisi celle qui me mettait le moins en risque; l’attendre chez lui. J’ai donc prétexté être fatiguée et que je rentrais. Layne m’a demandé de passer chez lui après. J’ai accepté au cas où ça se passait mal avec Pascal, ça me changera les idées. Pendant le bowling, j’ai au moins pu mettre Pascal de côté un petit peu. Je me sentais effondrée d’être toujours si amoureuse de Pascal.
J’étais persuadée que Pascal était sorti, donc, je n’ai pas pris de précaution spéciale en me rendant chez lui. Je suis passée par le jardin, au lieu de rentrer du côté de la route. Comme il m’avait envoyé des tonnes de messages demandant à me voir, une fois installée sur son canapé, je lui ai envoyé un message pour lui dire que je l’attendrais chez lui.
Maintenant qu’on était plus ensemble, j’avais peur que Pascal ne cherche à récupérer sa clé, alors j’ai été attendre sur la terrasse. Je pouvais toujours prétendre ne pas avoir la clé sur moi. Merde, il faisait tellement froid. J’espère qu’il verra mon message avant que je ne me transforme en bloc de glace. Peut-être que je pourrais attendre chez Pascal?
Non. J’aurai dû venir jusque devant la maison en voiture, et j’aurai pu attendre dedans. Non, Thomas aurait su que j’étais là. Non, il ne savait pas que j’avais changé de voiture. Et Pascal ne connaissait pas encore ma voiture, alors je voulais garder le secret encore un peu. Seul Layne était au courant.
Je ne savais pas quoi faire, ni quelle serait la meilleure stratégie! Et il faisait sacrément froid. Je me suis mise à marcher pour me réchauffer, et calmer mon angoisse. Je ne voulais pas qu’il me croise sur le bord de la route, errant comme une âme en peine, alors je restait discrète. Je me suis installée dans ma voiture. Je n’ai pas eu le temps d’allumer une cigarette que j’ai vu la voiture à Pascal déboucher dans l’avenue qui menait chez lui. Hahh, mon coeur a lâché.
Il était là. Il était venu aussitôt mon message reçu. Des papillons voltigeait dans ma tête, dans ma poitrine, mais le trac aussi avait repris ses droits. J'avais un trac monstre.
Les jambes tremblotantes, j’ai fait le chemin inverse pour courir chez lui. Courir vers Pascal. Ne me voyant nul part, je ne voulais pas qu’il reparte. Je me suis arrêtée aux abords de la maison pour reprendre mon souffle. A la vue de la lumière chez lui, mon coeur s’est affolé. Ciel, j’allais le voir, seul à seul. Rien que tous les deux. Mon coeur s’emballais, j’espérais qu’il se passe plus, que simplement les retrouvailles de vieux amis. Je fantasmais à l’idée qu’on pourrait faire l’amour, j’en avais envie.
Je donnerais n’importe quoi pour un petit tour dans ses bras, pour faire l’amour avec lui. Rien qu’une fois encore…
Toujours le souffle court, la main hésitante, j’ai sonné… Je me suis faite violence pour ne pas jeter un oeil à la fenêtre avant. La sensation de me retrouver devant lui est indescriptible. Il était là, debout devant moi, son petit sourire en coin. Trop mignon. Il portait une chemise ouverte sur un débardeur chiné à dominance verte, comme ses yeux. Les battements de mon coeur se sont emballés, j’avais à nouveau le souffle court. J’espère que Pascal ne remarquait pas mon trouble.
Il me souriait. Son sourire était tendre, peut-être un peu amusé, ou c’est seulement dans ma tête! Nos regards se parlaient, parce que j’étais dans l’incapacité de prononcer un mot. Peut-être que Pascal a simplement deviné, ou a-t-il suivi ses propres désirs? Je n’en saurais rien. Pascal a simplement tendu la main pour me prendre par la main et m’inviter à entrer. L’autre main, chaude, tellement chaude s’est glissée derrière ma nuque pour me coller tout contre lui, me faisant instantanément perdre mes moyens.
Quant ses lèvres se sont posées sur les miennes, j’ai perdu la tête. Peut-être parce que c’était comme un rêve qui se réalise. Je le connais, je connais son regard, et je savais qu’il avait envie de la même chose que moi. Inutile de se perdre en mots. On n’a rien perdu de notre complicité, de nos silences qui en disent longs. J’aime cette complicité, j’aime ses silences, j’aime sa proximité… je l’adore.
Sans un mot, il m’a prise dans ses bras et m’a portée jusqu’à sa chambre. Je n’ai pas résisté, mais je l’embrassais à la folie. J’étais aux anges, folle de joie. Sa bouche était si douce, ses mains si tendres et chaudes… Je l’ai laissé m’emporter au paradis des sens, heureuse de lui appartenir à nouveau, corps et âmes. Je nageais dans le bonheur.
Je savais déjà que je partirais dès qu’il se sera endormi pour ne pas avoir à faire face à la gêne du lendemain matin…
On a bavardé un peu entre deux. On a soigneusement éviter tous les sujets qui pouvaient nous plonger dans le regret, réanimé nos doutes, ou les sujets qui fâchent. Donc pas un mot à propos de sa femme, de Layne. On a parlé de ce qu’on avait fait ces derniers temps, sans mentionner avec qui. Je sentais bien qu’il mourrait d’envie de me demander si je voyais quelqu’un, mais il n’a pas osé. Pascal m’a juste dit qu’il avait espéré me croiser les week-ends, qu’il m’avait trouvée très jolie hier soir. Enfin, plus que jolie, Pascal a dit que j’étais rayonnante. Evidemment, il n’a pas mentionné Layne.
On était passé maître dans l’art de la langue de bois… Il n’a pas été question non plus de préservatifs, donc je pouvais en déduire que Pascal n’avait pas été traîner sans protection “en terre inconnue”. Il pensait avec raison que, si ça avait été mon cas, j’aurai mentionné quelque chose.
A vrai dire, je n’en sais rien… ça aurait pu tout gâcher… mais, il avait raison, je ne suis pas folle, je me protège. Caroline, Pascal et moi avions fait nos tests ensembles, on ne risquait rien entre nous.
La seule mention que Pascal ait faite sur des “sujets” qu’on évitait, c’était juste avant de s’endormir, il m’a dit que je pouvais dormir là, sa femme ne rentrait pas avant dimanche soir. Il allait la chercher à l’aéroport.
Afff, c’était le paradis, j’étais dans ses bras, je sentais sa peau contre la mienne. Ce purement l’extase. Je sentais les mouvements se son corps, sa chaleur. Comme j’aurai voulu avoir le pouvoir de stopper le temps et rester comme ça à jamais. Pascal me murmurait de petits secrets à l’oreille; que ça lui avait manqué, etc, et moi je souriais bêtement en me serrant encore plus contre lui. Je sentais son membre se durcir quant je lui susurrais que ça m’avait manqué aussi. Ses mains se faisaient baladeuses, ses baisers cherchaient ma bouche et je m’abandonnais encore une fois à la passion.
Sur la pointe des pieds, au levé du jour, j’ai filé en lui laissant un petit mot près de la machine à café; “Je t’aime à la folie… ça tu le sais déjà… J’ai préféré partir avant ton réveil. Je ne veux pas voir d’éventuels regrets sur ton visage… ça m’aurait fait trop mal. Love you more than words can ever explain…”.
Vers midi, Pascal a appelé pour m’inviter à déjeuner. Ce qui signifiait qu’il n’avait pas de regrets, qu’il ne cherchait pas à m’éviter… Gênée, je n’ai pas osé dire oui tout de suite. J’ai promis de le rappeler. “Heu, peut-être avant que les restos ferment les cuisines?”. Rire. “Autrement, je veux bien qu’on se fasse un petit truc à la maison, faut juste que j’aille faire quelques courses… Tu veux?”. Il me connaissait si bien. Il a deviné que j’avais besoin de temps.
Je savais que si on se revoyait, il finirait par me poser des questions à propos de Layne, peut-être même à propos de Thomas. concernant Thomas, je savais que je pouvais lui mentir. Ni Thomas, ni moi, n’avions envie que Pascal sache ce qu’il a ou non eu. Je n’avais pas trop envie de passer au tourniquet… Trop de choses à me reprocher… et des tas de choses le concerant, que je ne voulais pas savoir…

Je me demande comment cela se passerait… S’il me parlerait… Ou s’il m’ignorera…
Kaya avait des devoirs, et un livre avec résumé à faire pour l’école, ben, c’était foutu. Ma soeur m’a proposé de manger avec elles ce soir, alors, après avoir couru à travers la ville, j’ai planté ma lessive pendant que la petite faisait une sieste, elle avait mal à la tête. Ma soeur est rentrée vers 18h10, juste au moment où je réveillais Kaya.

Dimanche, 12 janvier 2014
C’est bizarre, Pascal a voulu qu’on se sépare, parce qu’il avait promis à Jess de donner une chance à leur mariage, et pourtant, il semblerait bien que je lui manque; Pascal a demandé à Caroline de m’appeler pour me proposer de passer chez elle. Là non plus, je n’ai pas répondu. Elle m’a laissé un message vocal.
