Mercredi, 1er janvier 2014 - 01/2014 - Nouveau départ... (2)
Je n’ai juste pas dit que je pensais disparaître avant. Thomas voulait savoir où j’en étais, si je pensais toujours autant à Pascal. Il pensait qu’il était temps que je laisse tomber. Que je me fasse une raison. Thom pensait qu’il était temps que je prenne de nouvelles résolutions pour l’année à venir. C'est bon, il me l'a déjà dit et répété je ne sais combien de fois. En ce moment précis, Thomas me prenait la tête.
Je ne voulais rien lui dire, mais ce n’aurait pas été très correct, alors j’ai averti Thomas que je partais avant le coup minuit. Je ne voulais pas être là pour ce moment mythique, je ne me sentais pas à ma place. Il a perdu le sourire. Pour le faire changer d’humeur, et montrer que je pensais ce que je disais, je l’ai invité à danser.
Sur la piste, il faisait des efforts pour retrouver sa bonne humeur. Et comme je ne restais pas pour le compte à rebours de minuit, il a voulu savoir s’il osait m’embrasser. Il a tenu à me dire que Pascal nous observait. J’ai dit que je m’en fichais, c’était fini entre nous, c’était lui qui l’avait voulu.
Avec douceur, il a mis mes bras autour de son coup. J’avoue que mon coeur se déchirait, je savais ce qui allait arriver, mais je ne me voyais pas le repousser. Son baiser était doux, ses lèvres légèrement salés.
C’était tendre, doux d’abord, puis s’est transformé en baiser passionné. Ça m’a fait mal aussi. Mal, parce que je savais que Pascal nous avait sans doute vu, et que pour lui, ça signait la fin totale d’une éventuelle réconciliation. Je n’ai pas osé regarder dans la direction du bar où Pascal et sa femme se tenaient. J’ai concentré mon attention sur Thomas.
C’était un premier baiser, suivi par un autre, et un autre… J’ai quand même rappelé à Thomas qu’on était pas pour autant ensemble. En blaguant, il a répondu que ça allait sans le dire, “pas besoin de me le rappeler sans arrêt, j'ai compris”. Malgré ça, il a continué à m’embrasser pendant tout le temps qu’on dansait. Gênant, parce que tous savaient qu’il avait une copine!
D’ailleurs, que faisait donc Pascal? S’il tenait un tant soit peu à moi, il aurait déjà trouver le moyen de me le faire savoir! Qu’est-ce qu’il attendait? Minuit? Ben, ce sera trop tard. C’était déjà trop tard. J’avais un pavé sur le coeur, c’était lourd, mais je crois que j’avais pris la bonne décision. A force d’entendre tous ceux qui nous connaissaient me répéter encore et encore, que je devrais laisser tomber, ça a fini par arriver jusqu’à mon cerveau.
Je sais qu’on fatigue souvent nos amies en répétant toujours les mêmes histoires, à leurs rabâcher les oreilles avec les mêmes doutes, mêmes chagrins, et qu’au bout d’un moment, ils en ont plein le cul, en ont marre de nous répéter les mêmes choses, mais c’est le seul moyen pour enfin arriver à décrocher. A force d’entendre tout le monde te répéter de bâcher, tu finis par trouver la force de bâcher. Ou peut-être parce que tu n’oses plus prononcer le fameux nom qu’ils ne veulent plus entendre; Pascal!!!
Thomas m’a demandé encore si j’avais renoncé à Pascal… Hum… Pour couper court à cette discussion que je ne voulais pas avoir, j’ai répliqué, que j’étais libre et que je n’avais de compte à rendre à personne. Que j’avais déjà pris la résolution de laisser tomber mes illusions concernant Pascal. Thomas a semblé heureux de l’entendre… Il s’est penché pour m’embrasser à nouveau.
Oups, je ne sais pas comment ces paroles ont atterri dans ma bouche, mais une fois dit, j’ai réalisé que c’était exactement ce que je devais faire. Thomas avait tellement raison. Je me fanais, me consumais à espérer quelque chose qui a longtemps disparu. Je l’avais perdu au cours de cette année, je m’en rendais bien compte. Il était temps que mon coeur et moi mettions les voiles.
Je venais à peine de me dire ça, de me donner du courage de lâcher enfin prise que j’ai aperçu Layne entrer dans mon champ de vision. Le diable avait des antennes, c’est sûr!
Avec son sourire de playboy, ses cheveux bouclés tombant devant les yeux, il a traversé la foule en saluant ses copains au passage, sans me quitter des yeux. Sans gêne, il a demandé à Thomas s’il pouvait m’emprunter pour danser. J’ai consulter Thomas des yeux. Il n’était pas content, mais il ne pouvait qu’accepter.
Après quelques pas, Layne a proposé qu’on se tire de là. Il savait que Pascal et Jess voulaient sauver leur mariage, qu’ils faisaient tous deux des efforts pour ça. Layne savait tout. Ça tombait bien, j’avais prévu de partir. Layne ne dormait pas au chalet. Ça l’ennuyait de se les contraintes de la cohabitation pendant les fêtes,tout le bruit et la foule. De ne pas pouvoir se reposer le matin.
Bref, il ne pensait pas venir à Gstaad pour le Nouvel An, mais quant il a entendu les nouvelles à propos de Pascal et moi, il a pensé que j’aurai besoin de lui pour me sauver. Il a prononcé les derniers mots en rigolant. Et ça m’a fait rire. En fait, Layne tombait plutôt bien. Je n’aurais pas imaginé le voir. D’ailleurs ces derniers temps, je n’avais pas de nouvelles, ne pensait pas à lui, et n’avais certainement pas pensé le retrouver ici à Gstaad.
On s’est réfugié dans sa voiture, parquée près de la boîte. Plus près que la mienne en tous cas. Layne m’a proposé de passer un moment chez lui, quant il a su que j’étais venue avec ma voiture; “à moins que tu préfères quand même passer la nuit au chalet?”. Heu, sûrement pas!
Minuit approchait, alors ce n’était pas le moment d’être chacun sur la route dans des voitures séparées. Il a allumé la radio pour qu’on puisse entendre le décompte de minuit. Après quelques minutes, il m’a fait un signe de la tête; “Tiens, regarde… On dirait qu’on te cherche…”.
Thomas d’abord, puis Pascal semblaient chercher quelqu’un. Ils n’étaient certainement pas sorti fumer. Ils n’avaient même pas enfiler leurs vestes. Il neigeait, ils devaient mourir de froid! Thomas était le premier dehors à fouiller la rue du regard, puis Pascal est sorti et tous les deux scrutaient les alentours de la sortie.
C’était minuit moins 5, et je n’étais pas visible… Plus là… Bonne Année Pascal mon amour… Bonne Année Thomas!
Après le bisous de minuit, Layne m’a déposé devant ma voiture. Je l’ai suivi jusque chez lui. Dès qu’on a passé la porte, sous prétexte de m’aider à me débarrasser de ma veste, il a voulu m’entraîner direct dans sa chambre. Je préférais boire quelque chose avant. J’avais surtout le coeur en miette. Il me fallait juste quelques minutes pour rassembler les morceaux.
Faire l’amour, ça fait oublier. Au début, on se sent coupable d’avoir du plaisir. Puis, très vite, on oublie tout. Ce moment de bonheur dans les bras de quelqu’un qu’on aime bien fait beaucoup pour le moral. J’ai ravalé mes larmes. Encore plus surprenant, j’ai ri. Layne m’a fait rire. Beaucoup rire. J’ai passé quelques heures sublimes en sa compagnie.
Je me sentait légère, presque heureuse en rentrant vers les 4h du matin. Presque comme si j’étais soulagée d’avoir rompu le lien qui me retenait à Pascal.
Je me suis réveillée tard. J’ai lu les voeux que j’avais reçu du monde entier, de Pascal (avec un petit pincement au coeur), et de Thomas. Thomas me cherchait et avait compris que j’avais filé en douce avec Layne. Il semblait peiné. Quelques heures après, il m’envoyait un message pour me faire savoir qu’il comprenait, qu’il ne m’en voulait pas.
Je lui ai répondu que j’étais à la maison. Que j’avais pris un verre avec Layne, et que j’étais rentrée après. Laissant de côté les détails. J’ai préféré éviter de lui dire que je mangeais avec Layne ce soir chez lui. Il cuisinait. Thomas l’apprendrait de toute façon, parce que Layne avait invité quelques amis.
J’avais prétendu avoir une copine à voir dans la soirée. C’était faux. Je voulais juste pouvoir me tirer à un moment donné. Juste rentrer chez moi, dans ma maison. J’avais promis de passer après, après le départ de ses invités. J’ai inventé avoir mes bringues pour ne pas passer à la casserole. Deux nuits d’affilés de sexe sauvage, brutal et endiablé, c’était juste pas possible. J’avais déjà mal partout, et j’étais crevée.
J’aime faire l’amour avec Layne, même être un peu brutalisée. Même avoir l’impression d’être un simple objet sexuel. Mais, ça, c’était hier, parce que j’avais besoin d’avoir mal ailleurs qu’au coeur. Je ne voulais plus sentir cette brûlure dans ma poitrine. L’idée c’était de remplacer une douleur par une autre. Ça a plutôt bien marché.
Layne m’a avertie vers 22h que ses invités venaient de passer la porte. Alors j’ai enfilé le training que j’ai reçu pour Noël de ma frangine, et je me suis pointée à sa porte. On a passé la fin de soirée à s’embrasser, à flirter. Tout ce qu’il voulait, c’était me grimper dessus. Chaque fois que sa main descendait un peu trop, je le stoppais. Pas qu’il découvre que je n’avais pas mes règles.
Pour que personne ne découvre que j’étais sortie, je suis rentrée chez moi, jeudi matin vers les 6h du mat, sur la pointe des pieds.