Samedi, 1er Novembre 2014 - 305/14 - Après le Bal
Dans le taxi qui me ramenait chez moi, j’aurai juste voulu que ma tête se calme et arrêter de penser à Pascal. Il m’avait trop déçue. Tant que j’étais à la soirée, après notre courte discussion sur la terrasse, je l’avais rayé. Oublié. J’avais fermé mon coeur et mon esprit. Je ne voulais que m’amuser et faire plaisir à ceux à qui ma présence faisait plaisir.
Peu après le message de Caro, Pascal a tenté de m’appeler. J’ai vu l'appel, mais je n’avais aucune envie de parler à Pascal. Et aucune envie de le voir non plus. En tous cas, pendant quelques temps. Heureusement que Thomas avait déjà payé mon taxi avec sa carte de crédit, parce que ça m’aurait coûté la peau des fesses!
Steven m’a appelée, et à lui, j’ai répondu. On était aux environs de Gland, j’ai demandé au taxi de me déposer. Steven est passé me prendre et on a été chez lui. On a bu encore un verre. On a aussi un peu flirté. Fallait que je rentre, sinon, j’allais faire une bêtise. S’il se passe quelque chose, je voulais que ce soit pour les bonnes raisons, et pas parce que je voulais me venger de Pascal.
Devant ma maison, j’ai ressenti un gros vide; je n’avais pas envie de rentrer. Pas encore. J’ai pris ma voiture pour faire un tour. J’aime conduire pour m’aéré la tête, mais je n’étais tout de même pas en état de conduire; j’avais trop bu ce soir.
Je me demande si mon envie de me balader n’était pas dans l’idée de passer chez Pascal? Non. Non, sûrement pas. Inutile. Il n’avait qu’à aller chez Elodie, ou même l’emmener chez lui, je m’en tape le coquillage par terre. Dans l’entrée de l’immeuble, j’ai enlevé mes chaussures pour monter les escaliers, inutile d’alerter toute la maison avec mes talons.
J’ai ensuite allumé, et là, j’ai vu Pascal, appuyé contre le mur près des escaliers.. Glups, le dernier homme sur terre que j’avais envie de voir en ce moment.
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On peut savoir où tu étais?
Hééé? Il est sérieux là? C’est lui qui me demande où j’étais??? Je n’en croyais pas mes oreilles. J’étais pompette, mais pas au point de ne plus voir mes mains. Ma tête fonctionnait très bien aussi.
Bon, même si je n’avais pas eu envie de le voir, il faut lui laisser le mérite d’être là. D’avoir eu le courage de venir jusqu’ici, quant il pouvait très bien imaginer que je pourrais l’envoyer sur les roses.
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Hééé, qu’est-ce que tu fais là?
J’ai passé mes bras autour de son cou, dandinant un peu, faisant croire que j’étais cuite.
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Et dire que t’as pris ta voiture dans cet état! Donne moi tes clés.
Hihihi, il semblait un poil énervé, mais il était là, ça, ça fait plaisir. Il m’a attrapée par la main pour me faire entrer. Comme je ne semblait pas tenir sur mes jambes, il m’a enlevée dans ses bras pour monter les escaliers.
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Pfff, j’y crois pas! T’étais où, ça fait plus d’1h que j’attends devant ton immeuble?
Hum, aucune envie de lui répondre. En entrant, j’ai titubé gracieusement jusqu’au canapé et je me suis laissée tombée.
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Tu as perdu Elodie ou elle t’attend dans la voiture?
Pascal a tiqué.
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Qu’est-ce qu’Elodie vient faire là-dedans?
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Oh? T’étais avec Elodie, non?
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Tu cherches à m’énerver, hein? Pour que je m’en aille, et après tu me le reprocheras… Ben, pas de chance. Je n’ai pas l’intention de te laisser faire ça.
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T’énerver? Pourquoi ça?
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Rhhh Jane, bois ça… Allé…
Harrrh, il m’avait préparé un café serré. Aucune envie d’avaler ça maintenant, ça risquait de me tourner l‘estomac.
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Pascal, qu’est-ce que tu fais ici? T’as caché où ton Elodie?
Mince, je ne devais pas parler d’une autre fille. Mauvaise tactique.
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Je l’ai ramenée et je suis venu ici. J’ai bien vu que tu étais fâchée, il fallait qu’on parle.
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Arh, ce soir? Oublie moi, j’ai pas envie de parler.
Je voulais m’allonger dans le canapé, Pascal m’en a empêché et m’a forcée à avaler quelques gorgées de café. Beurk, c’était immonde!
C’est à ce moment là que ça a sonné à ma porte. Je savais que c’était Steven. Alors que je rentrais, Steven m’avait rappelée, pour dire qu’il aurait voulu que je reste chez lui cette nuit, qu’il ne voulait pas que la soirée se termine déjà. C’était chou. Il voulait que je fasse demi tour, comme j’étais déjà presque qu’à la maison, Steven a dit que c’était lui qui viendrait alors.
Hum, donc je savais que c’était Steven, j’ai voulu me lever pour aller répondre, mais Pascal a été plus rapide. Pascal ne lui a pas laissé le temps d’en placer une, il lui a dit d’entrée de “dégager”, et il a voulu lui rabattre la porte sur le nez, mais Steven l’a bloquée du pied.
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Wow… Du calmos vieux… Jane?
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Oui, je suis là… ent…
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Je ne suis pas ton vieux, va-t-en, sinon je t’en colle une.
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Je n’ai pas envi de me battre…
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Moi si, alors dégage.
Pascal lui a fermé la porte sur la figure sans attendre de réponse. J’ai voulu ouvrir pour dire 2 mots à Steven, mais Pascal m’en a empêché. Oups, il n’avait pas l’air commode, alors j’ai préféré retourner sur mon canapé. Intérieurement, je rigolais; le timing de Steven avait été parfait, Pascal fulminait de rage.
De le voir faire son possible pour paraître calme, alors qu’il bouillonnait de rage avait l’avantage de calmer mes nerfs. Il goûtait un peu au plaisir que j’ai ressenti de le voir avec Elodie ce soir. Le seul dommage, c’est qu’il n’a pas pu l’apprécier aussi longtemps que moi.
Pascal m’a demandé de prendre mes affaires pour aller chez lui. Je ne voulais pas, mais ses sourcils froncés et sa mine renfrognée n’augurait rien de bon. Il était furax contre moi, mais étant donné qu’il pensait que j’étais cuite, il se retenait de me gueuler dessus. Quoique, Pascal ne gueule jamais, c’est plutôt son calme qui me faisait dresser les poils sur le dos.
Il a dit que si Steven ou quelqu’un d’autre venait sonner, il n’est pas sûr de ne pas le cogner.
Il avait gâché mon Halloween, été au bal avec une autre fille, alors je n’avais aucune envie de le voir, encore moins d’aller chez lui. Après avoir quitté la fête, je l’avais exclus de mon système. Mais, ça me faisait très plaisir qu’il soit venu jusqu’ici. Il était à moitié pardonné.
Mais, je ne voulais toujours pas aller chez lui. J’ai refusé, prétextant la fatigue, l’envie de dormir dans mon lit, d’avoir un truc demain matin très tôt. Rien n’y a fait.
Pascal n’a pas ouvert la bouche pendant tout le trajet, et on était presque chez lui. Je me demande alors pourquoi il tenait à m’emmener chez lui. En repensant à la soirée merdique que j’avais passé à cause de lui, la moutarde me montait au nez. Et j’étais extrêmement mécontente de ne pas avoir ma voiture, de ne pas pouvoir m’en aller quant je le voudrais. Surtout s’il continuait à être aussi bavard!
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Laisse moi descendre.
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Non.
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Je veux rentrer chez moi.
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Arrête de faire l’enfant. Il est pas question que je te laisse descendre ici.
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Alors je saute. Je veux rentrer chez moi. On n’a qu’à se voir demain si tu veux, mais là, je veux juste être chez moi.
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Pour Steven?
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Et pourquoi pas. Tu étais bien avec Elodie.
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Nous y revoilà…
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Mouais… Laisse moi rentrer. Ramène moi. Je suis fatiguée, je n’ai pas la tête à discuter ce soir.
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On discutera demain.
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Ramène moi.
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Non.
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Fais chier.
Hum, j’avais juré! Même si j’aurai préféré rester chez moi, et si je faisais ma mauvaise tête, j’étais contente d’être avec Pascal. Va comprendre!
Pascal a entrepris de me faire une tisane, dès qu’on a passé la porte. Hum, l’image de lui et Elodie en train de s’embrasser contre la porte m’a traversé l’esprit. Je n’avais pas besoin de café pour avoir l’estomac à l’envers. Mais c’est aussitôt passé en pensant qu’il était quand même venu jusque chez moi ce soir.
Je ne lui en voulais pas tant que ça finalement. Je me serais giflée de penser comme ça.
Pascal m’a forcée à avaler quelques gorgée de la mixture qu’il avait préparé. Il m’a aussi fait des pâtes pour que j’aie quelque chose dans l’estomac, ensuite il m’a recommandée d’aller prendre une douche.
Hum, la situation me plaisait assez; Pascal me donnait des ordres, me rudoyait un peu, ne faisait pas cas de mes rouspétances. J’aimais bien. D’habitude, je n’aime pas trop qu’on me commande, mais par moment, comme maintenant, je trouve ça assez reposant. Hihihi, j’suis dingue, mais tellement heureuse en fait. La vie est belle.
Une fois couché, Pascal m’a tourné le dos. A part les ordres, il n’avait pas été autrement bavard. Ça fumait certainement dans sa tête, en comparaison, la mienne était vide. Puis, il s’est tourné sur le dos, le bras sur le front. Grâce à la veilleuse, j’ai remarqué qu’il ne dormait pas, il regardait le plafond.
J’ai fermé les yeux, je me sentais tout à coup assez fatiguée. Pascal restait à distance, il ne semblait pas vouloir me toucher. Hum, peut-être pas le moment de discuter…
Après quelques minutes, Pascal m’a tirée vers lui en passant son bras autour de mes épaules. Il m’a serrée contre lui, et a passé l’autre main derrière ma nuque, comme il le faisait souvent quant on dormait ensemble. J’ai nettement senti son petit bisou sur mon front.
Iaaaahh, je l’adore. Flûte, je l’adore. Comment être fâchée après ça? Comment lui en vouloir? Je l’avais rayé de mon système et voilà qu’en moins d’une minute, il avait fait tomber le mur que j’avais construis autour de mon coeur. Pfff, je suis foutue, je l’adore…