Vendredi - 17 juillet 2015 - 198/2015 - RV avec Manuella dans mon dos!
Comme je l’avais prévu, j’ai appelé Pascal en fin de matinée pour lui dire que j’avais quelque chose en début de soirée, et que si je passais plus tard, je l’appellerai pour voir s’il était à la maison. Pascal a dit qu’il ne bougeait pas, donc il serait à la maison, qu’il espérait que je passe. Toute la semaine, on avait cherché à se voir sans réussir, alors une petite soirée tout à nous, ce serait super. Il voulait me parler des vacances.
Argh, les vacances? Je n’avais aucune envie de bouger cet été. J’avais pensé aller en Angleterre chez Dani, mais depuis que j’ai cassé mon téléphone et perdu tous les numéros, je n’ai plus de news. Elle doit sans doute être en plein déménagement. Je ne suis pas terrible avec les noms de famille, et je n’arrive pas à me rappeler celui de ses parents pour leur demander son numéro. C’est nul. Ruben, Rauman, Baumann???
Habillée et prête, 22h j’étais chez Pascal. Zut, il n’était pas à la maison! Il avait dû sortir avec Thomas finalement. Zut et zut. Pascal avait dit qu’il ne sortait pas, qu’il attendrait mon appel. Re-zut. J’ai été voir chez Caro et elle n’était pas chez elle. Ce qui ne m’étonnait pas du tout. Elle était probablement avec Pascal dans un bar en ville. En attendant, j’ai couru voir chez Manuella; rien.
En revenant chez lui, j’ai réalisé que sa voiture était dans la file devant moi. 2 voitures nous séparaient. Je l’ai tranquillement suivi, je savais où il allait. J’ai vite remarqué qu’il y avait une voiture qui le suivait aussi; Elodie! Qu’est-ce qu’elle faisait à nouveau dans son sillage? Au lieu d’aller chez lui, j’ai choisi mon parking.
Pascal a mis un moment avant d’apparaître dans son appartement. Seul. Il avait dû se débarrasser d’Elodie alors? Etrange. Pascal s’est précipité pour prendre une douche et se changer avant de s’installer au salon. Son natel qu’il avait jeté sur le canapé avait sonné à plusieurs reprises. Une fois installé, il a regardé ses messages. Il n’y en avait aucun de ma part.
Il a composé un numéro et j’ai regardé si mon natel s’allumait, hélas, ce n’était pas moi qu’il appelait. C’était Thomas. Il a voulu savoir où ils étaient, parce qu’il pensait les rejoindre si je ne venais pas. Il attendrait jusqu’à minuit, s’il n’avait pas de nouvelles, c’est que je ne venais pas.
Pendant sa conversation avec Thomas, il a éloigné son natel des oreilles, il avait un double appel. Il a donc raccroché avec Thomas pour répondre à Manuella. Il lui a répété la même chose; il m’attendait, si à minuit il n’avait pas de nouvelles, alors il sortirait pour aller rejoindre Thomas au Time-Out. Grrrh. Au fils de leurs conversations, j’ai compris que Manuella lui proposait un autre programme, qui semblait beaucoup plus l’intéresser.
Pascal a dit à Manuella qu’elle pouvait venir, mais pas avant minuit, minuit et demi, qu’elle ne devait pas mettre sa voiture devant la maison. Lui, il fallait que sa voiture soit devant là, au cas où je passais vérifier. Ils ont ensuite discuter des scénarios; je pouvais passer sans l’avertir, mais il en doutait. Par contre, passer voir si sa voiture était là, même si je ne venais pas, ça c’était possible.
Pascal pensait que je ne viendrais probablement pas, mais il pensait que, suivant l’heure, si c’était 3h du matin peut-être, je pourrais passer juste pour m’assurer qu’il était chez lui. Il était persuadé que je l’appellerai avant de débarquer chez lui. Je l’avais toujours fait. Il ne voulait pas que je passe et ne trouve pas sa voiture. Manuella a dû proposer de passer le chercher, ce qui l’a fait rire, et il lui a dit qu’il voulait avoir sa voiture sous la main. Puis, ils ont conclu que si je venais entre temps, il lui enverrait un message pour l’avertir.
Puis, il a fait un truc qui m’a retourné, brouillé l’estomac; Pascal s’est justifié pour le début de soirée; il avait rendez-vous avec Elodie pour manger...! Comme s’il lui devait des comptes? Comme s’ils sortaient ensemble? J’ai appris que c’était déjà fini avec son nouveau copain. Ça m’a fait monter la moutarde au nez, de l’entendre lui raconter des trucs qu’il avait discuté avec Elodie.
Ça m’a un petit peu énervé de les entendre faire des plans dans mon dos. C’était moche, je ne sais pas pourquoi, mais là, je me sentais trahie, trompée. Il complotait contre moi dans mon dos. J’avais dis à Pascal que je ne supportais pas ça, alors pourquoi le faisait-il quand même?
J’ai essayé de le justifier, le défendre, d’être compréhensive, de me dire que parfois, on ne pouvait pas faire autrement, que c’était les circonstances, etc., mais je n’ai pas réussi à me débarrasser des sentiments de frustrations. Ma tête et mon coeur n’arrivaient pas à comprendre. Je ne pouvais pas attendre minuit pour l’avertir de mon passage, il avertirait aussitôt Manuella. Ça, ça m’énervait grave. C’était grave. Que faire pour qu’il m’en parle et que cela me semble moins grave?
J’ai donc attendu, le coeur en vrac. Je pourrais l’appeler et le garder en ligne jusqu’à ce que j’arrive chez lui? Il ne pourra donc pas avertir l’autre? Mais 15 minutes au téléphone? Qu’est-ce que je pourrais bien raconter?
Et si je me fais arrêter avec mon téléphone à l’oreille, c’est sûr que ça lui laissera largement le temps de couvrir ses arrières. Zut. De toute façon, si elle était là quant j’arrive, il la fera sortir par l’autre entrée. C’était râpé. A mois que... A moins que je place Caroline à l’autre entrée??? Argh, si je mêle Caroline dans l’histoire, après on devra se la farcir tout le reste de la soirée! Non, trop chiant.
Après minuit, Pascal et Manuella ont parlé au téléphone; il lui disait qu’il était pratiquement sûr que je ne viendrais pas. Il n’avait pas eu de mes nouvelles.
D’après ce que j’ai cru comprendre, Manuella était en route. Elle serait chez lui dans les prochaines 10 minutes. Je me suis mise à l’attendre à un endroit qu’elle serait obligée d’emprunter. Je voulais être sur ses talons. Ils ont raccrochés, et Pascal s’est mis à ranger, préparer une bouteille de vin pour Madame, qu’il a emmené dans la chambre, descendre les stores sans teint et allumer les lumières extérieurs de veille.
Je l’ai appelé... hihihi... Pour être surpris, Pascal l’était, et encore plus quant je lui ai dis que j’étais en route. Que je serais chez lui dans les 10 minutes. Je voulais arriver en même temps que Manuella. J’ai commencé à babiller pour lui raconter ma soirée avec Vania, qui a eu lieu il y a plus d’une semaine. Pascal a cherché à me faire raccrocher. Je pense qu’il était pressé d’avertir Manuella.
Mon ordi était sur le siège passager, et je l’ai vu remonter les stores et regarder à l’extérieur, cherchant à apercevoir Manuella. Pour l’emmerder, je lui ai demandé ce qu’il avait, il avait l’air stressé. Il a dit que non, et s’est passé la main dans les cheveux. J’imagine qu’il devait avoir chaud tout à coup!
J’ai vu Manuella passer devant mon nez, parquer sa voiture et suivre le trottoir pour arriver devant l’entrée qui donnait dans la rue. Je l’ai regardée tourné au coin et avant qu’il ne puisse lui faire signe, je me suis parquée devant, alors qu’elle montait les marches et que j’avais toujours Pascal en ligne.
On aurait dit qu’il portait un masque... Il avait changé de couleur direct... Evidemment, je lui avais dis que j’arrivais devant, et il est sorti sur le pas de la porte... de l’autre côté. Il s’attendait à me voir arriver, comme d’hab. par le jardin. Et il a choisi de sortir de l’autre côté pour elle! La haine m’a traversée de part en part, mais j’ai produit un masque souriant, innocent, ingénue.
Je suis montée en courant en passant près de Manuella. Pascal avait son natel suspendu près de ses oreilles, il était pâle, comme terrifié. J’ai fait celle qui remarquait sa présence une fois que j’avais fait quelques pas devant elle et je me suis retournée. Elle aussi avait changé de couleur; de pâle à plus pâle encore. La surprise et l’incompréhension se lisait sur son visage.
J’ai lancé; « Mais... qu’est-ce qu’elle fait ici celle-là? ». Et j’ai regardé Pascal l’air de lui poser la question. Il m’a regardée, et a secoué la tête en haussant les épaules. Manuella était restée bloquée à l’endroit où je l’avais dépassée. Je me suis mise sur la pointe des pieds et tendu mes lèvres à Pascal le coeur battant à tout rompre, terrifiée à l’idée qu’il pourrait ignorer mon geste... pour elle!
Trop surpris sans doute, il m’a embrassée, et ensuite, on a regardé tous les deux Manuella. Puis, j’ai réalisé qu’il pouvait lui faire des signes, alors je suis descendue me placer à côté d’elle, et je lui ai demandé ce qu’elle foutait chez nous, tout en surveillant Pascal. Elle, j’en avais rien à cirer. Elle était muette.
J’ai donc demandé à Pascal s’il pouvait lui demander ce qu’elle faisait là? Est-ce qu’il lui avait demandé de venir? Il a répondu aussitôt que non. J’ai vite lancé un regard à Manuella, qui a dégluti en faisant une grimace, comme si ça avait du mal à descendre. Sans répondre, elle a tourné les talons et est partie. Intérieurement, je souriais. Pascal était peut-être mal à l’aise, mais il n’avait qu’à pas faire des trucs pareils derrière mon dos.
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Tu ne lui aurais pas donné rendez-vous par hasard? Je pense que oui, mais, j’ai apprécié que tu le nies devant elle. Je l’ai pas tout de suite reconnue, juste surprise de voir quelqu’un monter chez toi, alors qu’on avait rendez-vous! Manuella, encore elle.
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C’est vrai, on avait prévu de se voir. Je pensais que tu ne viendrais pas, alors...
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Alors... tu me remplaçais au pied levé?
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C’est pas ça, c’est juste que...
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C’est juste que?
Pascal ne savait pas quoi dire. Il avait préparé du vin pour la miss dans sa chambre, et ça aussi, je voulais le lui jeter à la figure. Alors, je suis allée dans sa chambre pour poser mes affaires et me changer. Pascal avait complètement oublié, alors quant j’ai sorti la tête pour lui demander si le vin c’était pour elle, parce qu’il savait pertinemment que je ne buvais pas de vin, il a écarquillé les yeux en cherchant ses mots.
On a passé le reste de la soirée à parler de ça. J’ai voulu savoir s’il était amoureux d’elle. Il a dit qu’il ne croyait pas. Je lui ai dis qu’il mentait, je le savais; on ne prépare pas de vin quant on ne se croit pas amoureux! Pascal a dit que ce n’était pas ça être amoureux.
Bref, j’ai voulu qu’il commence par le début, je voulais tout savoir. Savoir comment ça se fait qu’elle soit venue là. Alors il m’a parlé de son coup de fils. Mais il a oublié de mentionner Elodie. Alors j’ai demandé s’il n’oubliait rien? S’il n’y avait pas des choses qu’il aurait ou devrait me dire, à moi sa copine, alors qu’il passe son temps à le faire avec ces autres nanas à la con. J’ai bien dit « A La Con ». Pascal n’a pas tiqué.
Manuella cherchait à lui parler, alors je lui ai demandé la permission de lui répondre.
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Allô? Pascal?
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Manuella? Encore? Tu n’as pas encore...
Elle m’a raccroché au nez. Apparemment, elle ne voulait pas me parler. Elle lui a alors laissé un message vocal qu’on a écouté ensemble. Elle pleurait dessus. Pfff, comme si ça allait m’atteindre. J’ai bien observé Pascal pour décrypter sa réaction. Il était trop sous le choc pour réagir. J’ai rappelé la miss sur sa messagerie. Un truc que je connais bien; et je lui ai dis qu’on avait entendu ses pleurs, rien à foutre. Je lui ai demandé ensuite d’arrêter de harceler mon mec. Et j’ai raccroché. Elle n’a plus rien tenté de la soirée. Au moins, ça c’était fait.
J’ai demandé à Pascal d’arrêter d’avoir l’air si « coincé », si hors champ, il me le devait bien. Je suis cool, j’accepte beaucoup de choses, mais de le voir agir comme si j’avais gâché sa soirée, comme s’il regrettait d’être là avec moi, ça avait le don de m’énerver. Si j’ai demandé à Manuella d’arrêter de le harceler, c’était juste que ça faisait partie de ce que je devais faire. Je ne lui interdisais pas « encore » de la voir.
Il a dit que ce n’était pas ça, c’était juste qu’il se sentait un peu à l’étroit dans ses pompes, comme pris la main dans le sac, alors que je ne voulais rien savoir. Qu’il était sensé être plus discret que ça et pas se faire prendre. Il savait bien que je ne lui avais pas interdit de la voir, mais il savait aussi que je la détestais. Je lui ai rappelé que je voulais, que j’espérais qu’on soit, les deux, plus complice que ça. Je ne supporterais pas qu’il soit plus complice avec des filles, qu’il dit ne pas compter pour lui.
Je voulais être sa partenaire, sa complice, entièrement, et pas être obligée de lui tirer les vers du nez, ou apprendre les choses par quelqu’un d’autre et de devoir le questionner pour me rendre compte qu’il m’avait menti. Parce que, si quelqu’un d’autre peut me le rapporter, c’est que je passe pour la conne à qui il ment.
On a alors repris où on en était... Pascal s’est détendu. Il m’a alors raconté qu’il était sorti et qu’il avait mangé avec Elodie en début de soirée, et m’a raconté ce qui se passait. Elle n’était plus avec son copain. Elle n’était sortie avec lui que pour le rendre jaloux. Ça ne collait pas entre eux. Elle voulait savoir s’il ressentait toujours quelque chose pour elle. Il a dit qu’il n’avait pas répondu.
J’ai donc voulu savoir ce qu’il ressentait... Il a dit qu’il l’aimait bien. Qu’elle avait compté d’une certaine manière. Il aimait bien ses grands yeux amoureux, sa fragilité. Un peu comme moi. Hum, j’ai pas trop apprécié qu’il la compare à moi! Qu’Elodie était tendre et discrète, plus discrète que Manuella. Puis, il a avoué qu'il avait été très attaché à elle, qu'il ressentait quelque chose.
J’ai voulu savoir s’il comptait la revoir, ou recommencer avec elle. Il n’en savait rien. Mais, c’était l’une ou l’autre. Manuella ou Elodie. Il n’avait pas l’intention de se retrouver avec les 2 sur les bras. Je lui ai dis que, s’il savait faire en sorte que ce ne soit que des sex-friends, ça pourrait marcher, pas autrement. Il avait trop tendance à se laisser déborder et se sentir obligé de les voir 1x par semaine au moins! Ça, ça n’allait pas.
Il avait pensé ne rien me dire, donc quant il est rentré, il s’est vite changé. Il avait ensuite pensé que si je passais, il le saurait avant minuit, donc, quant Manuella l’a appelé, ils ont convenu de se voir s’il ne me voyait pas ce soir. C’est vrai qu’il avait envi de la voir, et qu’elle l’attirait beaucoup, mais ça, il sait que je le sais.
Pascal s’est alors rappelé avoir dit à Thomas qu’il les rejoindrait, alors il lui a envoyé un message pour dire qu’il ne viendrait finalement pas.
Je lui ai demandé si quelqu’un était au courant qu'il voyait Elodie ce soir? S’il en avait parlé à quelqu’un? Thomas peut-être? Là, il a rougi, et il m’a dit qu’il en avait parlé avec Manuella. Je voulais savoir pourquoi? Est-ce qu’il se rendait compte que ça l’a laissait penser qu’elle était plus qu’une aventure? Il devait lui rendre des comptes? Il a avoué avoir fait une connerie. Encore. Pascal s’est excusé. Il aurait dû avoir plus confiance en moi.
Hum... j’avais un peu peur qu’il pense ça... peur qu’il se croit obligé de me raconter tout et n’importe quoi... Je refuse qu’il me raconte absolument tout ce qu’il ressent... Non non non! Mais bon, ce n’était pas le moment de le lui dire, sinon, il allait tout mélanger!
Une fois Manuella et Elodie débarrassées de la table, on a pu profiter un petit moment de la soirée, d’être ensemble avant de se décider à dormir. Hum, dormir... c’est pas un truc qu’on sait faire sans... et on avait des choses à fêter... être ensemble, et avoir parlé...