270/2015 - Amoureux d?Olivia!
Dimanche - 27 septembre 2015 - 270/2015 - Amoureux d’Olivia!
Toute pimpante, le sourire dans la tête, je suis arrivée chez lui vers 22h, heureuse de pouvoir le voir. Mon coeur a serré comme un boulon quant je n’ai pas trouvé la clé. Aurait-il fait exprès de ne pas la mettre? Devant l’endroit où il était sensé me laisser sa clé, j’ai pris comme un douche froide. Envolée la bonne humeur, envolée le bonheur, envolée mon assurance. Tétanisée, je suis restée quelques minutes la tête plongée dans le néant à farfouiller dans le vide.
Pascal ne m’avait pas laissé la clé! Alors? Pourquoi? Il n’avait peut-être pas envi de me voir en fin de compte? J’avoue que j’étais désespérée, sonnée. Je ne savais pas quoi faire. Rentrer sans rien dire; pas de messages avec des questions inutiles, auxquelles il ne répondrait probablement pas. Ne pas me plaindre et faire la morte. Le message semblait clair, limpide même.
J’avais la chair de poule et des larmes plein les yeux. Je me sentais... jetée.
J’ai été m’asseoir un moment dans la balancelle sur sa terrasse pour retrouver mes esprits et réfléchir à ce que je devais faire. Je me suis sentie prise en faute, prise au piège, honteuse d’être encore là quant j’ai entendu la voiture à Thomas. Pas le temps de courir me planquer, je savais que j’en aurais pas le temps. J’aurai l’air encore plus conne si j’étais prise à fuir. Mais je me sentais tout aussi conne de devoir faire fasse à Thomas, qui savait probablement tout déjà.
Quant Thomas m’a vue, il est resté un moment hésitant, le geste de fermer sa portière en suspens. Il m’a regardé, puis son regard s’est perdu dans le vague. Pas de sourire? Son visage est resté fermé.
- Pascal ne rentrera probablement pas ce soir si jamais.
- Ça j’avais compris. Il m’avait dit qu’il laisserait sa clé, mais y avait rien.
- Tu montes prendre un café?
- Bah non, veux pas te déranger.
- Je te le proposerais pas si ça me dérangeait. Il fait pas chaud alors décide toi.
- Non, je crois que je vais rentré. Tu as l’air de mauvaise humeur.
- Bon. Rapplique. Je n’ai aucune envie de rester planter dehors, je ne suis pas un arbre.
Jeez, d’où ça venait ça! Clairement Thomas n’était pas de bonne humeur. Je n’ai pas osé lui demander s’il sortait. Vu son humeur, il ferait mieux de rester dans son coin. S’il ne m’avait pas prise le bras pour me traîner derrière lui, je serais partie en courant. Ou du moins aussi vite que possible.
- Jess a débarqué à Genève, Pascal a été la voir. Elle n’avait pas l’air d’être dans son assiette. D’après ce que j’ai compris, Pascal restera là-bas ce soir. Il ne voulait pas la ramener ici. Rahhh, je commence à en avoir marre de leurs histoires. Et je suis pris entre leurs tirs croisés en plus. Je ne veux pas choisir de camp, mais en même temps... Pfffouh. J’en ai marre. Il faut qu’ils se décident une fois pour toute, dans un sens ou dans l’autre et qu’ils me laissent en dehors.
On aurait dit qu’il se parlait à lui-même. Etant donné la situation, j’avais meilleur temps de me la coincer. Thomas m’a regardé comme s’il attendait mon opinion, mais que dire. Il était entre le marteau et l’enclume. J’ai baissé la tête. Il ne devait rien attendre de moi, je voulais Pascal moi. De mon point de vue, Jess n’est qu’un dommage collatéral, c’est tout.
Après avoir laissé Thomas épanché son trop plein, je suis rentrée. Déçue et fatiguée, la tête comme dans un étau, je me suis mise à attendre des nouvelles. Pascal avait trop l’habitude de considérer ma compréhension comme acquise, du coup, il ne me disait jamais rien, assumant que je comprendrais. J’étais la bonne poire de service.
En attendant, j’étais au fond du gouffre, la peau gelée malgré la chaleur dans mon appart. J’attendais. Et j’ai attendu pour rien, il n’a pas jugé utile de m’appeler. Il n’est pas au fin fond du Sahara, dans tous les hôtels du monde, il y a des téléphones.
Dimanche, pas de nouvelles de toute la journée. Il était un peu plus de 23h quant Pascal est rentré chez lui ce soir-là. Je sais parce que j’étais ordi au point en train de me geler les miches dans un parking près de chez lui. Thomas est tout de suite descendu pour venir aux nouvelles.
Pascal avait une expression amère. Les choses n’ont pas dû bien se passer avec Jess. D’ailleurs, il se frottait la nuque et a secoué la tête à la première question de Thomas; « Alors? ». Après avoir jeté ses affaires sur son lit, il s’est préparé un thé, toujours plongé dans un mutisme boudeur.
Jess ne voulait pas entendre parler du divorce. Elle avait reçu des papiers et elle avait perdu les pédales. Elle avait sauté dans le 1er avion. Ça n’avait rien changé, ils n’arrivaient pas à avancer. Thomas lui a quand même reposé la question, à savoir s’il tenait vraiment à divorcer. Il se demandait pourquoi, parce que ça ne changerait pas grand chose. Si cela pouvait calmer Jess, peut-être devrait-il envisagé de laisser les choses tels quels.
Thomas a voulu savoir s’il avait des projets qui incluaient qu’il divorce? Apparemment pas. Pascal disait en avoir juste marre d’avoir des chaînes aux pieds, qu’il voulait juste retrouver sa liberté, se sentir LIBRE à nouveau.
Curieux Thomas lui a demandé si c’était à propos d’Olivia. Ooooo-liiii-viiiiiia???? C’est qui ça? Comment ça à propos d’Olivia? Thomas lui a alors dit que j’étais là quant il est arrivé à la maison. Que j’étais dans la balançoire, que j’avais l’air un peu paumée, et triste. Je ne crois pas avoir montré que j’étais triste! A moins que ça me sort par les oreilles!
Petits moments de silence. Moi, je voulais savoir qui était cette Olivia, et pourquoi Thomas lui parlait d’elle. Pourquoi sa demande de divorce pouvait être en rapport avec elle?
J’ai vite compris; Olivia est la fameuse cousine à Manuella. Celle que j’ai vue chez lui l’autre soir. Celle qu’il a enlacé, qui lui parlait de mettre les choses au clair avec Manuella, Caro ou moi! Celle à qui il avait menti en prétendant qu’il ne s’était rien passé avec Manuella!!!!
Tout en parlant avec Thomas, Pascal a en quelque sorte dit qu’il se sentait très amoureux d’elle, mais ce n’était pas la raison qui le poussait à divorcer. Bien sûr, l’idée d’un divorce le traumatisait un peu. Apparemment, Jess le chargeait à mort et voulait tout lui prendre s’il persistait. Pascal semblait confiant de pouvoir raisonner avec elle.
D’entendre Pascal dire qu’il était amoureux de cette Olivia m’a quelque peu traumatisée de mon côté. J’étais au bord des larmes, et étais prise de tremblements. Terrifiée à l’idée de le perdre pour une bonne femme qui venait de faire son apparition dans sa vie. J’avais les boules.
Ça m’a légèrement remontée le moral quant il a reconnu ne pas vouloir casser avec moi quand même. Thomas a secoué la tête en lui faisant signe qu’il devait être fou. Il lui a dit que c’était impossible d’avoir l’argent et l’argent du beurre.
Il tenait toujours à moi, ça me suffisait. J’ai éteint mon ordi et je suis rentrée. Si je restais là, je risquais d’avoir envie d’aller le voir. Ce ne serait pas une bonne idée. Et je ne voulais pas en entendre plus; genre quelque chose qui risquait de me plonger sérieusement dans la déprime.
Il avait dit qu’il ne voulait pas me quitter... je préférais rester sur cette note positive. Je ne voulais rien savoir de pire. Je préférais jouer à l’Autruche. Va falloir que je fasse des efforts...

