296.1 - Je dois être mazôt
Je dois être mazôt
(22oct08-mer)
RV avec notaire en fin de journée annulée, tant mieux! J’ai passé la journée à régler les trucs de ma frangine, qui se trouve sur une plage dans les caraïbes, en train de se bronzer le dos! Elle m’a envoyé des sms pour me demander d’annuler tel RV, chercher tel numéro, etc. Non mais! C’est quand même dingue, sous prétexte qu’on peut me faire confiance, je me tape ce genre de conneries! Entre les enfants, les corvées pendant qu’on se bronze le derrière, aller les chercher à l’aéroport... GRRRR marre de chez marre-land. C’est décidé, je vais devenir la personne sur qui on ne peut plus compter, c’est décidé! Euhm... Comment faire pour les enfants? Je n’aurais jamais le coeur de les décevoir? Et pas aller les chercher à l’aéroport? iiiiih... Ouais!!! Y a du boulot!
Et puis... puis.... snif... La date du mariage de Pascal approche... Ça me rend folle à lier... !
Je ne veux pas y penser, et je ne pense à rien d’autre. La boule au fond de l’estomac grandi et... Bahhh, j’veux pas en parler. De toute façon, je n’ai personne avec qui parler... ou peut-être... Folle d’angoisse, je suis allée faire un de mes jogging d’enfer.
Je ne sentais même la douleur de la course. 15 jours, rhahhh, si je pouvais tomber dans le coma jusqu’à l’année prochaine... Si j’avais les larmes aux yeux, ce n’était pas d’avoir couru, mais ça pouvait passer pour ça. Faudrait inventer des salles capitonnées et insonorisées pour qu’on puisse se faire des séances de défonces! J’avais envie de hurler. Même si j’étais presque sûre d’être seule dans cette forêt, s’il y avait une mini malchance que quelqu’un m’entende... je n’ai pas pu! Et mon chien aurait pensé que je le grondais... quoique... les chiens sont pas si bêtes, ils deviennent tout.
Complètement à la masse, vu la visite surprise de Jess, j’avais une bonne excuse sans excuses pour contacter Pascal. God, j’avais envie de le voir, ça me rongeait à l’intérieur. Je le lui ai dit. Il n’a pas dit oui, mais il n’a pas dit non non plus. Je pensais qu’il m’avait demandé ce que je faisais pour qu’on se voit, mais il n’a rien proposé. Ça m’a déprimée encore plus.
Pascal m’attendait près de ma voiture. J'ai remercié le ciel de n’avoir pas mis un de mes training de foire!!! Même là, en pleine nature, j'arrivais encore à frissonner de le voir, après avoir presque cracher mes poumons, d’avoir pratiquement fait exploser mon coeur.
J’étais toute transpirante, pas vraiment coiffée, pas maquillée, rien. Il m’a prise dans ses bras sans un mot. J’aurai pu y passer l’hiver, j’aurai voulu rester comme ça serrée contre lui pour toujours.
Pascal était venu parce que je lui l’avais presque demandé. Par contre, il n’avait pas besoin de me le dire pour que je devine qu’il n’était pas disposé à parler. Il semblait garder ses distances, ça me rendait un peu nerveuse. Il m’a serré dans ses bras mais même là, il restait distant. J’avais peur qu’il se dise qu’après ça, qu’il pouvait se passer de me voir, parce qu’il n’éprouvait plus la même chose. Mais il me serrait de plus en plus fort, et je ne sais pas pourquoi, ça me rassurait.
Quant il a brisé le charme pour murmurer qu’il devait partir, je crois que j’avais envie de pleurer, mais j’ai affiché un sourire et essayé de montrer que ça allait bien. En me prenant le menton pour sonder mon regard, il souriait. J’ai fermé les yeux.
Je ne voulais pas voir ses yeux sinon j’allais faire la bêtise de lui demander de rester. Arhhh. Ça, ce serait idiot.
Après son départ, j’ai laissé libre court à mes stupides larmes. C’était mieux ici au milieu de nulle part, que de rentrer les yeux rouges, avec le risque de croiser des voisins.
On ne s’était pas embrassé, c’était la 1ère fois et ça me crevait le coeur. Après tout, je n’avais que ce je méritais non? J’ai senti qu’il n’était pas à l’aise les quelques minutes qu’il venait de passer avec moi. Et je crois aussi que j’espérais qu’il revienne... Qu’il revienne me prendre dans ses bras. Mais il ne revenait pas... Il n’est pas revenu...
En rentrant, j’avais toujours le moral dans les basquets. Layne devait passer plus tard et j’avoue, que ce soir, j’avais envie de rester seule et de me rouler dans mon chagrin. Mais je n’avais pas de chance aujourd’hui, Jess attendait devant ma porte. Vraiment, c’était pas le jour. Je n’avais vraiment, mais alors vraiment pas envie de me lancer dans une bataille navale mentale avec elle. Mais elle s’est cramponnée...
J’allais devoir me la farcir!



























