-----------------------------------------------------------------------------------------------------
Dim -15 Nov.2020 - Et il s'en va
Pascal est parti courir ce matin. Je suis restée au lit. Aller courir le matin, au saut du lit, non merci. On peut dire que je ne suis pas sportive pour un clou. Je ne me suis pas demandée si Caro allait le rejoindre. Elle est capable de s'imposer des contraintes pour faire plaisir, que moi je ne ferais jamais.
Si j'étais encore au lit, Pascal me réveillerait à l'arrivée de Caro.
Caro est arrivée vers les 9h, et je dormais encore. J'ai pensé que Thomas viendrait déjeuner avec nous, mais j'avais oublié qu'il était à Gstaad.
Le petit déjeuner avec Caro était un peu tendu. Pascal évitait de la regarder. Elle, elle essayait de faire la conversation, de le faire participer, mais Pascal restait distant.
C'était un peu gênant. Mais, après réflexion, ça sonnait plutôt... faux. Pourtant, Pascal reste vraiment tout adorable avec moi.
Pourquoi? Parce qu'ils faisaient tous les 2 parties d'un voyage d'étude, et je savais qu'ils passaient beaucoup de temps ensemble. Ils formaient un binôme, ils ont choisi d'être ensemble. Alors, je ne comprenais pas ce cinoche. Ou peut-être que Pascal essayait de me faire avaler qu'il gardait ses distances?
Ça m'a rendue méfiante, avant de me rappeler la conversation surprise vendredi.
Après le déjeuner, j'ai senti que Caro ne savait pas si elle devait s'enfuir ou rester. Je l'ai invitée à prendre le café autour de la table du salon. Après un rapide coup d’œil en direction de Pascal, elle m'a suivie. Je me suis demandée si Pascal se sentait agacé ou pas. Ce qui m’inquiétait, c'est que je savais qu'il ne dirait rien.
Pascal est resté à l'écart au début, puis, il est venu s'assoir vers moi.
Pascal et Caro ont discuté pour s'organiser pour ce soir, puisqu'ils partaient pour Munich. Pascal prenait sa voiture, comme d'habitude, donc Caro venait ici, et ils partiraient ensemble pour l'aéroport.
Caro a retrouvé son sourire et son entrain. Pascal a poussé un soupir quant elle est partie.
Je me suis demandée ce que c'était tout ce cinéma. Est-ce que Pascal pensait vraiment que je croyais à tout ce cirque? Je savais qu'ils allaient passer une semaine ensemble.
Ils avaient eux-même choisi leur binôme. Ils avaient choisi d'être ensemble. Alors pourquoi faire semblant de ne plus être proche?? Pour moi? Mais dans quel but? Ça m'énerve!
Bon, je ne devais pas lui montrer que j'étais sceptique. Pas le moment.
Ciel, le temps passe vite... Avant d'avoir le temps de dire ouf, c'était le moment pour Pascal de se préparer à partir. Je me suis couchée sur le lit pour lui tenir compagnie, pendant qu'il faisait son sac. J'étais un peu chamboulée. Je le trouvais mignon, j'avais envie encore d'être dans ses bras.
Je babillais pour camoufler mon angoisse. Est-ce que Pascal me cache quelque chose?
Ça m'a déchiré le coeur de le voir partir encore. On s'est fait signe jusqu'à ce que la voiture disparaisse. Malgré le froid, je suis restée longuement à la même place. Comme si la voiture allait revenir. Je sais que, quelque part, je l'espérais, mais je savais bien que c'était impossible.
De retour à l'intérieur, je me suis sentie seule. L'appartement semblait vide. Vidée de vie, silencieuse. Trop grand. Ça m'a donné froid. J'ai eu envie de rentrer chez moi, à ma maison.
J'ai réalisé que ça ne changerait rien. Pascal était loin maintenant, et être chez moi n'y changerait rien.
Pour ne pas trop penser, je me suis noyée dans la télé. Même le coup de fils de Pascal avant de prendre l'avion n'a pas réussi à faire taire mon angoisse.
Pascal voulait me rappeler en arrivant. Euh... peut-être pas...
Je lui ai dis qu'il me manquait déjà, et s'il me rappelle, je ne pourrais pas dormir, parce qu'il me manquerait encore plus. Donc, on s'appelle demain. Je ne lui ai pas menti, il me manquait beaucoup. La maison semblait si vide sans lui. Je me sentais perdue, désœuvrée, seule... Pascal me manquait.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------