Dim 22 Sept 2024 - Coups de massue
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Dim 22 Sept 2024 - Coups de massue
Je pense que je me suis assez ridiculisée en contactant Pascal, lui disant qu'il me manquait et tout. Il n'a pas daigné me rappeler. Pourtant, il avait tout le temps du monde pour le faire. Mais, je pense qu'il y avait bien d'autres choses plus amusantes, plus importantes que moi soir. J'avais trop honte de moi pour le rappeler encore...
Je surveillais les alentours de ma maison, au cas où Pascal aurait pitié de moi, et viendrait. Mais rien. La souffrance n'a pas de mesure, c'était des coups de poings dans le ventre, incroyablement douloureux. Je crois qu'on appelle ça, languir.
Mais, le mot n'est pas assez puissant pour décrire ces longues heures à attendre, espérer. Ces longs moments où l'espoir et les prières ne servent à rien. Ces moments où le désespoir brûlant remplace le sang dans les veines. C'est moments où l'on se risque à faire des pactes avec le Diable. Pacte qui ne servent à rien non plus, parce que personne ne peut rien faire pour changer le désespoir en bonheur. Quelque chose qui puisse soulager ma peine. Je crève à petit feu.
J'attends. Mon natel me brûlait les doigts, je n'osais pas encore le relancer. Je voudrais qu'il soit là. Puis, grâce au ciel, la colère, la fierté fait une petite percée. La folie s'éloigne, et je relève la tête. Puis, je repense aux longues minutes, heures, jours à passer sans lui, et je craque. Comment a-t-il pu m'effacer aussi facilement de sa vie? Il m'ignore.
J'avais trop pleuré, trop souffert. Le dimanche touchait à sa fin, et je ne l'avais pas vu du week-end. Il avait ignoré mes appels, ignoré mes messages. Je lui en voulais et en même temps, j'avais trop peur de le perdre. J'avais trop envie de le voir. Alors, j'ai fait ce que je ne devais pas faire. De le voir si à l'aise chez lui, se préparant à aller se coucher... J'ai craqué.
Pascal venait de parler avec une Louise au téléphone. Elle avait dû lui demander si elle pouvait passer chez lui, parce qu'il souriait si fort, sa voix était devenue toute mielleuse quand il a dit qu'elle pouvait venir. Mon sang n'avait fait qu'un tour avant de déserté mon corps. J'ai eu des frissons d'horreurs jusqu'aux pointes des cheveux.
Je lui ai envoyé un message pour; le remercier d'avoir ignoré mes appels, que comme il pouvait s'en douter, ça m'avait fait mal. C'était tout. Pas de bisous, de tu me manques, pas de je t'aime non plus. Après tout, je suis persuadée maintenant qu'il s'en fiche pas mal de moi. Et avant que j'aie pu éteindre mon natel, il a appelé.
J'étais tellement surprise de voir apparaître son nom, que j'ai failli lâcher mon natel. Quoi? Il va m'engueuler? Pourquoi est-ce qu'il appelle tout à coup? Mon message a dû l'énerver.
Mes mains tremblaient. J'ai hésité à répondre. D'un autre côté, j'étais contente qu'il appelle. Si je ne réponds pas, peut-être qu'il ne rappellera pas...
- Je viens de recevoir ton message... On se voit?
- Heu, c'est pas pour ça que je t'ai écris.
- Je sais. Mais, c'est mieux de se voir que de parler au téléphone. Non?
Je ne savais pas quoi dire. Je réfléchissais. Avec la tête que j'ai, les yeux bouffis et tout, est-ce que je peux le voir comme ça?
- Tu ne dis rien? Ah, je devine... tu vas encore dire non.
Il a eu un petit rire désabusé.
- On devait se voir vendredi... et...
- C'est vrai, je ne t'es pas appelée... Je ne voulais pas t'appeler... C'est exactement pour ça; tu aurai encore dis non. Ou est-ce que je cherche à me justifier. Je ne sais pas. Mais, je ne voulais pas appeler.
Il a fait une pause. Zzzzzz, silence à l'autre bout. Je ne disais toujours rien. J'étais à 2 doigts de me mettre à pleurnicher encore. Il a poussé un gros soupir sonore, avant de reprendre.
- On n'avait pas fini de discuter l'autre jour, et tu es partie en courant dès que quelqu'un s'est pointé. Wah, pourquoi est-ce que j'ai l'impression de me trouver des excuses pour avoir mal agit? Mais bon. Je t'ai rattrapée, demandé de rester, et j'ai essuyé un non. Encore un non. Avec toi, c'est toujours non. J'aurai voulu qu'on finisse notre discussion, qu'on passe là dessus, et que tu restes. Mais... Je savais que quoi que je dise, quoi que je fasse, tu ne resterais pas de toute façon... Aaaaahhhh, je sais que ça s'entend, mais ça m'énerve un peu...
Je m'étais mise à trembler un peu. J'espère que ça ne s'entendait pas dans ma voix. En fait, il m'énervais là. Il ne savait pas tout ce que je savais. Donc, il ne pouvait pas me comprendre. et là, j'avais drôlement envie de lui raccrocher au nez, de l'envoyer balader. Même s'il m'avait manqué à en mourir, l'entendre mettre la faute sur moi m'énervait.
J'étais sur le banc de l'accusée. J'étais aussi énervée, parce que, si je refusais de le voir, ça allait confirmer tout ce qu'il venait de dire. Encore un non, et je resterais; "Madame NON NON".
Comment j'allais faire? J'avais beau mettre des compresses sur les yeux, ils ne dégonflaient pas. J'avais une sale tête, c'était moche.
Avec tout ce qu'il venait de dire, je ne pouvais pas lui raccrocher au nez, je ne pouvais pas dire non non plus. Que faire bordel.
J'étais si contente qu'il appelle, et maintenant, je le regrettais. Merde, je dois dire quelque chose. Il était au bout du fil et attendait que je parle, que je dise quelque chose. J'étais nerveuse.
Si je lui dis encore non, c'en serait fini de moi. Il ne ferait plus d'efforts et m'ignorera. Si je voulais avoir une chance, une toute petite chance de rester dans sa vie, je devais accepter de le voir. J'avais trop honte, mais je devais. Comment caché mes yeux bouffi, voilà ce à quoi je pensais, tout en cherchant quoi dire, quoi répondre...
- Très bien, d'accord, on peut se voir puisque tu préfères qu'on se voit au lieu de discuter au téléphone. On peut se retrouver au Pub pour grignoter un truc ensemble et parler. Celui de la gare, il n'y aura pas trop de monde à 19h. Ça te va?
- Je pensais à ce soir, maintenant, là, tout de suite...
- Mais, demain tu bosses? Et c'est déjà passé minuit?
- Et alors?
- C'est un peu tard, non?
- Je m'en fout.
- Ou tu veux aller à cette heure-ci? Tout est fermé, ou va fermer?
- Je viens te chercher si tu veux? Ou tu viens chez moi?
Il a rigolé. Mais ce n'était pas un rire, rire, c'était plutôt ironique, ça m'a foutu les jetons. Heureusement qu'il fait nuit. Je ne pense pas que j'arriverais à éviter la confrontation ce soir. Mince, quand il verra ma tête, c'est sûr que ça va le refroidir direct!
- Tu ne veux pas venir ici j'imagine. Parce que tu as peur que je te demande de rester, c'est ça?
Pascal avait raison, je ne voudrais pas rester... J'ai peur de ne pas être en état de lui faire face en pleine lumière. Avec la lumière chez lui, il verra mes yeux.
Demain, je pouvais espérer que mes foutus yeux dégonflent. Je pouvais espérer d'avoir une tête normale. Déjà que je manque de confiance ces temps... Il a soupiré l'air excédé.
- Alors, je ne peux pas venir chez toi, tu ne veux pas venir chez moi, les bistrots ferment... Mais je veux te voir, je veux qu'on discute, qu'on arrête de tourner autour du pot. Tu ne veux pas venir ici, c'est ça?
- Tu as toujours du monde qui débarque chez toi...
- Aussi une des raison pour laquelle je n'ai pas appelé. Tu ne veux pas qu'on sache qu'on se voit... Ouais!
Mon Dieu, c'est donc comme ça qu'il me voit, qu'il voyait les choses? Je n'avais pas pensé à comment il pouvait ressentir les choses. Je crois que je ne voyais qu'à travers mon prisme. Et à l'entendre, je me sentais en tord. Coupable. Chaque chose qu'il me sortait était vrai, et vu de son côté, de l'autre côté du miroir, c'était... Arh, il n'avait pas tout tord!
- Tu dis rien? Bon, je passe te chercher et on discute dans la voiture, alors?
- T'es sûr que tu veux pas qu'on se voit demain? Tu bosses demain! Ça doit absolument être ce soir?
- Oui. Ça doit être ce soir. J'ai traîné ça tout le week-end... Je veux tourner la page.
Aïch, rien à faire. Je n'arrive pas à éviter le face à face. Zut. C'est vrai que j'avais cherché une façon de refuser de le voir ce soir. Foutu. Et il veut dire quoi par tourner la page? Est-c... Est-ce qu'il veut tourner la page sur moi? Rompre une bonne fois pour toute, face à face... Mon cœur s'est mis à battre à un rythme effréné. J'avais la trouille.
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Il voulait que je te fasse venir coûte que coûte.