Mar - 31 août 2021 - Mal planifié
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Mar - 31 août 2021 - Mal planifié
Pascal avait rendez-vous à partir de midi, avec des collègues, au chinois au bord du lac. C'est une des plus belle terrasse. Sachant ça, j'avais aussitôt appelé Jonas, mon collègue beau gosse. Wah, il ne pouvait pas, il avait déjà quelque chose. Il a dû sentir mon désespoir, alors il m'a dit qu'il s'arrangerait.
Je rigole, parce que Jonas me fait assez penser à Thomas, avec son côté tape à l’œil. Il aime qu'on remarque sa présence.
Exprès, il a parqué sa voiture pratiquement devant l'entrée, et avait payé le gars pour qu'il garde un œil sur sa voiture. Évidemment, j'ai voulu lui rembourser ça, mais il n'a pas voulu. Au portier, il a prétexté qu'il y avait des objets de valeur dans sa voiture, et que de la laisser là, en évidence, ça éviterait que qui que ce soit essaie de toucher à sa voiture.
Donc, en arrivant, Pascal et les autres tomberaient sur sa voiture. Je crois que Pascal se rappellera l'avoir vue l'autre fois.
J'avais espéré que Pascal finirait par se lamenter de ne pas me voir. Mais que dalle. Il n'avait pas l'air de dépérir, ni de mettre un frein à ses frasques. Là où j'aurai été effondrée, au fond du bac, lui, il s’épanouit, brille. Arhhh. Donc, sachant par hasard, où il se trouverait aujourd'hui, j'ai voulu lui donner une petite leçon.
Exprès, je l'ai appelé pour juste blablater. Il a voulu qu'on mange ensemble à midi. Il a dit avoir un truc, mais il s'en foutait, il pouvait déplacer ou annuler. Il ne m'avait pas vue du week-end. Il a voulu savoir comment j'allais, et tout.
Au téléphone, j'étais jovial. Ça tombait pile poil qu'il m'invite. J'ai prétendu que je ne bougeais pas de la maison. Je devais travailler.
J'ai insisté sur le fait que j'avais du boulot. Des tas de trucs à faire pour la rentrée, et que je n'avais pas le temps pour aller traîner dehors, pour qui que ce soit, même pour manger. Que j'avais bossé tout le week-end. Que si je n'avais pas autant de boulot, j'aurai fait l'effort, parce que j'avais envie de le voir, qu'il me manquait.
J'ai remarqué la table réservée pour un groupe, et j'ai pensé que c'était eux. J'avais raison. Donc, on s'est mis de manière à ce qu'il ne me loupe pas. J'étais excitée à l'idée qu'il me voit, dehors, en bonne compagnie, souriante et tout. Samedi, j'avais été me faire couper les cheveux, donc mon brushing était parfait.
Préparée avec soin, une jupe portefeuille vert olive pastel, et un top coloré, qui rappelait la jupe. Le sourire accroché à mon visage, j'attendais avec impatience son arrivée pour jouer ma scène. J'avais prévu de rire aux éclats. J'avais averti Jonas. Il devait penser que j'étais un peu sonnée! Mais il a jouer le jeu.
Jonas devait de temps en temps essayer de me prendre les mains, que je retirerais... Bref, le scénario était en place.
Pas question de regarder en direction de leur table. Jonas m'a avertie quant il a vu que Pascal était arrivé, quant il a fait signe à la serveuse. Pascal nous avait vu. Il était focalisé sur notre table. Sur moi. Du coup, je me suis faite un devoir de rire aux éclats de tout, de sourire à Jonas. Je ne regardais que lui.
Au cas où Pascal ne m'avait pas vue, il reconnaîtra mon rire...
Pour qu'il puisse voir à quel point j'étais mignonne, j'ai traversé la terrasse pour aller aux toilettes. J'avais juste peur qu'il tente de me suivre. J'avais pris les clés de la voiture à Jonas, pour aller chercher des cigarettes, que j'avais laissé dans la portière.
Jonas m'a vite appelée pour me dire que Pascal m'avait suivi.
Donc, j'ai filé direct dehors. Pas question que je lui parle en cachette. Il n'avait qu'à faire son cirque devant ses collègues. C'aurait été trop facile de me faire son cinéma, en catimini. J'avais été tellement à cran, que je n'avais pas avalé grand chose. Pourtant, j'adore la cuisine asiatique. Pascal a dû me voir passer, et m'a prise en chasse.
Pascal m'a rattrapée par le bras vers la porte. J'ai joué la surprise totale; grands yeux, culpabilité, bégaiement et tout.
J'ai joué la fille gênée n'osant pas regarder en direction de Jonas. Lui s'était levé pour regarder dans ma direction, ne sachant pas s'il devait intervenir ou pas. Ce qui fait que, toute la tablée de Pascal a regardé dans notre direction. En fait, pratiquement toute la terrasse. Pascal a voulu me ramener à l'intérieur, probablement embarrassé par l'attention qu'on avait provoqué.
Pascal m'a demandé ; "c'était ça ton "trop de boulot"?". Il a voulu savoir si c'était simplement parce que je ne voulais pas le voir? Est-ce que je lui en voulais encore? Pourquoi? J'ai joué mon rôle en disant qu'on en parlera plus tard. Que c'était gênant, tout le monde nous regarde, j'aimerai autant éviter une scène.
Jonas s'est dépêché de régler avec le 1er serveur qui passait, et est venu me sauver des mains de Pascal.
Wah, il n'a pas du tout apprécié. Il a dit à Jonas de ne pas se mêler, mais Jonas m'a prise par la main, et a dit qu'on avait peut-être meilleur temps de partir. Pascal ne m'a pas lâchée, il me tenait toujours par le poignet. Mais Jonas lui a dit que toute sa table était en train de nous regarder, que ce n'était pas le bon moment pour faire des histoires.
Pascal a regardé en direction de sa table et a constaté qu'effectivement, tout le monde nous regardait. J'ai fait celle qui ne voulait pas vraiment partir. Mais, je n'avais qu'une envie; fuir, partir en courant. J'avais fait mon cinoche, c'était bon.
Je savais que si c'était l'inverse, je ne supporterais pas de le voir foutre le camp avec l'autre nana en me plantant là. Donc, je devais faire semblant de ne pas vouloir partir.
Jonas m'a passé le bras autour de la taille pour m'emmener à la voiture. Pascal m'avait lâchée après son coup d’œil en direction de ses collègues. Il ne me restait plus qu'à partir avec Jonas. Pas le choix, ouf. Je l'ai regardé avec des regrets pleins les yeux, désolée, étonnée. Même le culpabilisant d'avoir lâché ma main.
Plus tard, quant Pascal a eu fini de manger avec ses collègues, il est passé chez moi. J'avais pensé qu'il risquait de faire ça, mais n'osais y croire vraiment. J'étais contente de le voir que j'avais eu raison, en le voyant devant ma porte. J'avais entendu sa voiture, l'ai vu repartir déçu, croyant que je n'étais pas encore rentrée.
J'avais oublié de penser à la suite; que répondre à Pascal, quelle excuse lui envoyer dans la figure... Lui répondre ou pas?
Avec tous ses appels en absence, je n'avais pas le courage de le rappeler. J'ai toujours été un peu lâche. Finalement, j'ai répondu à son appel. Évidemment, il voulait qu'on se voit. Hum, pas trop envie de me retrouver face à lui, mais bon. J'avais joué et obtenu le résultat escompté, maintenant, je devais voir comment il encaissant le coup.
Pascal m'attendait à la porte, comme souvent... mon coeur a joué aux claquettes dès que j'ai posé les yeux sur lui...
Face à Pascal, j'ai baissé les yeux. Je l'ai laissé parlé, me faire des reproches, posé des questions auxquelles je ne répondais pas. Je faisais comme il m'avait fait des tonnes de fois. Rien à dire. Pascal était dévasté. Il me reprochait de lui avoir menti en prétendant avoir du boulot, qu'en fait, c'était pour aller me balader avec quelqu'un d'autre, etc...
Quant j'ai ouvert la bouche, j'ai dis que je ne voyais pas le mal d'aller manger avec un copain...
Ahhh, j'ai dû me louper quelque part. Je ne sais pas où, mais... voilà. Pascal est resté un moment silencieux, Marché de long en large dans son salon. Calmé, il s'est assis face à moi, et a dit qu'il avait peut-être exagéré. Que j'avais raison, j'avais le droit de manger avec un copain. Mais, il ne comprenait pas pourquoi je ne lui l'avais pas simplement dit.
C'était comme s'il y avait autre chose, comme si je lui cachais quelque chose. Pascal m'a rappelée qu'il était jaloux et ne supportait pas de me voir avec un autre. Mais, il fera un effort. Contrairement à moi, il ne voulait pas de jolis mensonges, mais la vérité.
Il préférait que je dise franchement si je sors manger, prendre un verre ou autre avec quelqu'un. Si je lui raconte des cracs, ça le rendrais fou. Parce qu'il s'imaginerait qu'il y a un truc derrière...
C'est là que j'ai compris que j'avais peut-être merdé... Mais où et quant? Je n'aurai peut-être dû rien dire. Peut-être ne pas dire qu'il n'y avait rien de mal à aller manger avec un copain.
Zut. Jusque là, mon plan avait bien marché. Mince, j'aurai dû le laisser mariner dans son jus. J'ai dû le rassurer quelque part...
Mon petit stratagème avait tellement bien fonctionné jusque là, mais à cause de quelque chose que j'avais fait ou dis, rien ne va changer. Pascal avait dû comprendre qu'il n'avait rien à craindre.
Il pouvait continuer sa petite vie de débauche. Je suis vraiment conne pour ne pas avoir réussi à mener mon plan jusqu'au bout!
Le soir même, Pascal a découché. Après des heures à scruter mon écran, j'ai été voir. Sa voiture était là, lui non. Donc, il avait sans doute été chez Caroline. J'avais des frissons, même s'il faisait chaud. J'avais raté le coche quelque part, c'était clair. Moi qui pensait le voir planter à la maison, à essayer de me joindre, ou me voir. Je me suis plantée.
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