90 - Dad's Birthday ;)
Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de mon papa chéri, le meilleur papa du monde. Connaissant mes frères et soeurs, je leurs ai envoyé un petit message pour qu’ils n’oublient pas d’appeler papa pour lui souhaiter bonne fête.
J’avais aussi la satané réunion des copropriétaires ce soir, ça me gavait et me stressait déjà! Des discussions sans fins à tourner autour du poteau... Zut!
Pascal m’a envoyé in message me disant qu’il imaginait que je lui en voulait pour ce week-end et que j’étais probablement fâchée, raison pour laquelle je ne répondait pas à ses appels ou ses messages (funny face triste) mais que je ne devais pas. Ce n’était pas parce qu’il n’avait pas eu envi de me voir bien au contraire. Il n’avait juste pas voulu jouer au petit matcho et me faire poireauter (hum... j’aime bien ce mot, j’imagine tout à fait un poireau planté au milieu du salon avec des yeux) à l’attendre tout le week-end. Est-ce que j’aurai préféré qu’il me fasse ça? Est-ce que j’aurai préféré qu’il soit un mec de base de ce genre? Si oui, il ferait l’effort... Il n’avait pas voulu me raconter certaines choses qui risquaient d’être désagréable à entendre ou m’inquièterait, et surtout, il n’avait pas envie de me mettre en boule contre lui, mais... finalement, c’était le même résultat... Rhhhh Jane, répond à ton fichu natel... (ça, ça m’a fait rire).Il ne savait pas si je recevrais ce message ou les autres, il savait pertinament que quant j’étais en boule, j’effacais les messages indésirables sans les lire. Si jamais, il devinait que je n’avais pas oublié mon natel ou que ce soit... puisque depuis... je ne répondais toujours pas!
Il espérait tout de même que je n’avais pas fini par me consoler dans les bras de Layne pour le punir, il risquait de le prendre mal (là... j’ai changé de couleur de base et j’ai viré au vert).
Grrr... je n’aurai pas dû lire son message. J’aurai dû suivre mes vieilles habitudes et effacer. Du coup, j’avais les palpitations. Je ne pense pas que Layne garderait pour lui le fait qu’on ait passé le week-end ensemble, j’allais devoir me mettre à table pour cracher le morçeau. Je ne me sentais pas très fute-fute et du coup, je n’étais plus très fâchée ou plutôt, je n’arrivais plus à ressentir la même hargne qu’avant de le lire... Poisse suprême!
Résolution... Ne plus y penser, sinon j’allais finir par me ronger les ongles!
J’avais acheté un petit cadeau pour paps hier, donc, j’ai décidé de faire un saut chez lui pour luifaire un becos pour son anniversaire. Inutile de demander à ma fraterie de m’accompagner, ils n’arriveront sûrement pas à trouver un trou dans leur emploi du temps! En arrivant chez paps, il y ait son frère aîné, mon oncle et ma tante et un ami de mon papa. Je ne m’y attendais pas. Mon oncle et ma tante parraissait fou de joie de me voir. Je me demande bien pourquoi. Cela faisait 5ans qu’on ne s’était pas revu. Depuis le dernier anniversaire de mon papa qu’on avait fêté dans un refuge en fait.
Je ne sais pas pourquoi ils m’aiment tellement en fait, je ne fais jamais l’effort de les voir.
Petite, pendant les 4 dernières années d’école, ma soeur et moi avions vécu chez ma grand-mère, donc pratiquement avec cet oncle et tante là, qui vivait dans le même village à 2 pâtés de maisons et s’occupaient de la ferme. Mon grand-père était fermier, à sa mort, l’aîné de ses fils, donc mon oncle avait tout simplement repris la responsabilité de la ferme.
J’avais coupé les ponts avec eux, parce qu'ils avaient fait du mal à ma mom. Ma mère était venu vivre quelques temps en Suisse, alors que mon père restait en Afrique pour son travail. Ça avait très dur pour mom, ne parlant pas le français, étant de couleur, pas habituée au froid, aucun ami sur place. Elle avait quand même pris sur elle pour venir s’occuper de nous, étant donné que ma petite soeur avait le mal du pays et souffrait d’être séparée des parents. Dinine avait laissé entendre à mes parents que ça n’allait pas chez la grand-mère. Moi, même si parfois c’était pas terrible, pour ne pas inquiéter mes parents, je leur disais que tout allait bien, c’était super et tout.
Je n’avais pas suivi de cours d'anglais, mais j’avais appris toute seule, donc, c’était toujours moi qui écrivait au parents, après 4ans, comme j’avais commencé mon apprentissage, ma soeur a dû se résoudre à écrire, et aussi parce qu'elle voulait se plaindre. Donc, ils sont rentrés et ma maman est restée... Mon père a 5 frères et soeurs quand même, mais ma mère n’a reçu aucun soutien de leur part, ils étaient les seules personnes qu’elle connaissait en Suisse en plus. Ça l’avait fait énormément souffrir, malgré le sourire qu’elle affichait, je l’avais entendu pleurer silencieusement et ça m’avait brisé le coeur. Elle ne l’a jamais su. Je l’avais aussi entendu parler avec papa, et elle aussi lui racontait des histoires en prétendant que tout allait bien.
Ma maman n’avait jamais fait son permis de conduire, donc elle était restée confinée dans un petit village de paysans pendant presque une année. Les seules grandes sorties étaient dans le plus gros village, ou plutôt, bourgade de 300 habitants à 5 km du bled où on vivait. Autant dire que pour une personne active, habituée à une vie sociale animée, c’était l’enfer. Pourtant, maman comprenait le français, mais ne le parlait juste pas.Faut dire que c’est très francophone de rire des fautes ou accents de ceux qui font l’effort de parler le français. Ce qui est rare chez les anglophones, qui eux respectent l’effort. Ou est-ce aussi “paysan” question de masquer leur côté inculte? Sûrement aussi. Tout en est-il que ma mère entendait bien leurs moqueries et leurs blagues sur les africains et autres, mais elle ne leur en a jamais fait savoir qu'elle comprenait. Du coup, elle n’a jamais essayé de parler le français, préférant leur laisser croire qu’elle ne comprenait pas.
Bref, la famille à mon père l’avait fait souffrir. J’avais noté tout ça, et en quittant la région, je les ai rayé de ma vie. Je ne tolère pas qu’on fasse souffrir quelqu’un que j’aime, d’autant plus l’auteur incontesté de ma venue au monde. Toutes leurs tentatives de rapprochements ou leurs démonstrations d’affections glissaient sur moi. Je ne pardonne pas, le temps n'y changera rien.
Je ne le leur ai jamais pardonné, et ne leur pardonnerait jamais d’avoir fait souffrir ma mère. Aucune chance de me faire croire qu’ils puissent m’aimer sans aimer celle qui m’a mise au monde... pour moi, c’est inconcevable. Mais par respect pour mon père, je leur parle quant je leur tombe dessus; par exemple chez mon père. Si je les croise et que mon père n’est pas présent, je fais semblant de ne pas les avoir vu tout simplement. Faut croire que j'ai la hargne tenace!!!
Ce qui est drôle chez l’être humain, c’est qu’il a tendance à aimer ceux qui les repoussent. Plus on repousse quelqu’un, plus il essaie de se rapprocher, plus il nous aime... ça je les appris, grâce à eux, à 16ans... Mes soeurs leurs ont rendu visite, ont passés chez eux avec leurs enfants. Moi, niet, jamais.
Les seuls occasions qu’ils ont eu de poser les yeux sur moi, c’était quant j’étais avec paps et qu’il décidait de passer chez son frère ou sa mère (ma grand-mêre). Et pourtant, ils continuent à m’idolâtrer, à être leur petite préférée, et ça, ça me dépasse!!! Ils ne cessent de demander de mes nouvelles; la seule qu’ils ne voient jamais. Pourtant, je n’éprouve que du dédain. Ils ne sont qu’une bande d’étranger qui porte des titres de tantes et oncles. L’être humain est bizarre!
C’est vrai que j’ai toujours été très affectueuse avec ma famille; grand-mère, oncles, tantes, cousins, cousines, mais dès que j’ai senti et vu la souffrance de maman, j’ai coupé le robinet du jour au lendemain. C’était fini pour moi.
Ma grand-mère, avait passé ses dernières heures, à l’hôpital, dans des souffrances atroces d’après ce que m’en avait dit mes soeurs. Elles s’étaient données la peine d’aller la voir, et m’avait cassé les pieds pour que j’y aille aussi. La grand-mère avait inlassablement demandé de mes nouvelles et voulait me voir. Que dalle oui! Il était pas question que je me force et je n’avais aucune envie de lui donner ce plaisir.
Mon père souffrait bien trop et ne se doutait pas de ce qui se trâmait, ni de la petite gué-guerre que mes frangines menaient pour me faire aller à l’hôpital et aussi après, à son enterrement. C’est clair que si papa m’avait demandé, je serais allée pour lui. Mes oncles et tantes ont même eu l’indélicatesse de reprocher à mes frangins mon absence pour l’enterrement étant donné que ma grand-mère m’avait réclamée apparemment jusqu’à la dernière minute. Mais depuis longtemps, elle n’existait pas pour moi, un voisin aurait plus compter qu’eux.
Tout en est-il qu’aujourd’hui, mon papa était heureux et très fier de me voir arriver chez lui pour son anniversaire. Je suis toujours la seule qui fait le déplacement d’ailleurs. Mon père n’est pas immortel, hélas, alors je profite de tout ce que je peux. Je ne voudrais pas avoir à regretter quoi que ce soit plus tard. Il a toujours été un sacré bon papa et je suis fière de lui. Ca a toujours été le meilleur papa du monde, comme maman a toujours été la meilleure maman du monde. Depuis longtemps, j’ai été consciente de l’énorme chance qu’on avait eu d’avoir des parents aussi formidable.Depuis hier mon frère essayait de me filer mon petit bout de chou, petit Marc, son fils qui apparemment demande après sa tati. Mais j’étais un peu stress aujourd’hui.
Toutefois, sachant que bébé rentrait de l’école à 15h30, en rentrant, j’ai fini par appelé mon frère, et j’aurai pu le prendre en passant, mais cela voulait dire qu’il resterait chez moi jusque vers les 21h, et ça ne jouait pas.
Donc en rentrant, je me suis transformée en fée du logis, parce que la réunion des copropriétaires avait en plus lieu chez moi... Le temps de vite sortir mon bébé Maxou, ne pas répondre aux messages adorables de Pascal, j’étais prête à 19h, pour recevoir tout ce petit monde.
Rhhhhh... Ils étaient en avance en plus!Evidemment, Marie avait fait à manger, et tenait à ce qu’on mange ensemble. Evidemment la discussion a tourné en rond et je devais sans arrêt les remettre dans la ligne de l’ordre du jour... J’avais pas que ça à faire. Evidemment que je ne voulais pas manger chez Marie, j’avais rendez-vous mais je n’ai pas pu y échapper. évidemment ça a duré jusqu’à passé 23h. Evidemment, j’étais grinche après.
Marie s’est emportée avec l’autre copropriétaire, Lutumba, un abruti de 1ère. Avant son arrivée dans l’immeuble, c’était moi qui finissait par avoir les nerfs en pelote avec ce son, mais depuis, c’était Marie. Ca n’a pas arrangé les choses, parce que l’autre con s’est tiré pendant la réunion! Ce qui fait que le chmilinblik n’avance toujours pas!
Si je ne voulais pas me faire coincer encore jusqu’à passé minuit, fallait que je trouve une excuse pour filer; l’urgence de sortir mon chien. Je n’en pouvais plus, j’en avais plein la tête.
Je n’ai même pas parler à Pascal de la journée. Snif. J’aurai aimé entendre sa voix...
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Dad's Birthday (90-mar-31mars09)

