200.4
Pascal expliquait ses hésitations la 1ère fois, la nuit où je me suis pointée chez lui. Que ce qui était arrivé n’aurait jamais dû se produire. Qu’il se croyait au-dessus des tentations. Il n'imaginait sûrement pas tout le mic-mac que j’avais fait pour ça! Ciel, heureusement qu’il ne m’avait pas repoussée! S’il m’avait jetée, j’aurai souffert le martyre. Pascal m'expliquait qu’il aurait dû avoir le courage de me dire de rentrer chez moi.
- Aoutch...
- Cest ce que j’aurai dû faire... Jane, c’aurait été mieux pour tous les 2.
Il a fait la grimace tout en parlant. Il m’expliquait son calvaire, mais qu’il n’a pu que me dire que je ne devrait pas être là, qu’il n’avait pas pu me laisser partir, qu’à ce moment là, les choses ont dépâpées. Que même une fois qu’il m’avait attirée à l’intérieur, il avait encore hésité.
Il était nerveux, emprunté, gêné et c’était tellement sexy. J’aurai aussi pu abrégger son calvaire mais, je n’allais pas le laisser s’en tirer aussi facilement, même s’il m’avait déjà eu avec son message. Si les hommes pouvaient seulement savoir comme c’était sexy la candeur et pas Jo-La-Fronde! Il n’osait pas me regarder, ce qui me donnait tout le loisir de le regarder, l’observer, le manger des yeux.
Après ça, il s’était, encore une fois, promis que ça ne se reproduira plus...
- Je savais que j’allais faire une connerie. C'était une bêtise. Dire que je m’étais promis de garder mes distances, de te parler, de tout te dire... Il a secoué la tête. Je ne savais pas qu'il étais aussi facile de devenir un tricheur! Et aujourd'hui, je ne suis juste qu'un sâle type de plus, qui en plus, essaie de se trouver des excuses... Tu dois terriblement m’en vouloir
Je l’écoutais s’expliquer sans vraiment savoir ce que j’aurai bien pu dire. Il se passait de temps en temps nerveusement la main dans ses cheveux courts. Tout ce que je savais, c'est que j'avais envie d'être dans ses bras. Alors j'ai glissé ma main dans la sienne sans rien dire. Il a regardé nos mains un moment un peu surpris. Je suis sûre qu’il se demandait ce qu’il devait faire. Pourtant, il n’a pas bougé sa main, ni fait mine de l’enlever au contraire, il a serré ma main dans la sienne. C’était le petit encouragement que j’attendais.
Avant qu’il ne dise quoi que ce soit, J’ai couvert sa bouche de ma main et je l’ai embrassé juste en dessous de l’oreille. Je l’ai senti frissonner. Dans ma tête, je lui disais que j’allais le manger tout cru, mais il ne le savais pas encore.
Mais, avant que j’aie pu lui passer les bras autour du cou, il a attrappé mes mains...
- Attends Jane, STP... Il faut que je te dise encore quelque chose... et crois moi, je n’en ai aucune envi, mais aucune envi du tout. Je suis déjà en train de me dire de la fermer et je cherche déjà des excuses pour ne rien dire... Alors si je ne le fais pas maintenant, je ne trouverais plus le courage de dire quoi que ce soit...
J’allais parler, mais il a été plus rapide que moi.
- Jane, il faut que tu saches que j'aime Jess... je l’aime aussi...
GLUPS. Evidemment, j’ai retiré mes mains. AOUTCH. Si je ne savais pas quoi dire avant, maintenant c’était encore pire. Mais alors... il l’aime... et moi je fais quoi? L’enfer. J’avais mal au coeur.
- Je n’ai pas envi qu’elle apprenne ce qui s’est passé. Je n’ai pas le coeur de lui en parler. Je... et je ne veux pas que Thomas apprenne quoi que ce soit non plus... on est ami depuis toujours, on a grandi ensemble. Et Jess fait partie de ma vie, je ne peux pas l’effacer...
RE-GLUPS. J’avais l’impression de tomber. C’était l’enfer mais j’avais froid. On restait assis là en silence et on n’osait même pas se regarder.
Je savais très bien que j’avais de la peine à lutter contre ce que je ressentais pour lui. Mais après ce qu’il venait de dire, j’avais envi de disparaître, là, tout de suite. Je ne savais pas où ça allait nous mener, mais j’étais prête à me faire toute petite pour avoir une petite place dans sa vie! Pourtant, Je savais aussi que j’aurai dû prendre mes jambes à mon coup et partir en courant.
- Jane, je...
On se faisait face assis sur le petit muret au bord du lac. Je ne voulais pas savoir pour Jess. Je ne la connais pas. Je ne voulais pas entendre de Jess. J’ai effacé Jess. Je ne voulais rien entendre. J’ai glissé ma main sous la sienne et il a levé ses magnifiques yeux verts étonnés... Les mots sont restés suspendus un moment sur ses lèvres. Je voyais l’incrudilité, l’étonnement, l’hésitation passé tour à tour dans son regard. A ce moment précis, j’aurai voulu lui dire que j’étais raide dingue de lui, que tout le reste je m’en fichais totalement...
Mais, je n’ai rien dit.
Je ne suis rendue compte que j’avais des larmes pleins les yeux quant il les a essuyé de la main. Ca m’a mise horriblement mal à l’aise. ARFFF. Il s’est mordu la lèvre inférieure et m’a prise dans ses bras... Il n’aurait pas dû, mais j’étais tout à coup super bien, même si j’avais encore mal au coeur. C'était pas facile, j’étais heureuse et malheureuse.
- Je pense à toi juste tout le temps, c'est à en devenir fou. Je t’en prie, ne pleure pas...
Surprise qu’il ait osé dire ça, je me suis sentie un peu mieux, mais pas pour longtemps. Pascal a décidé que c’était mieux de me ramener chez moi.
Devant la maison, j’ai senti qu’il avait envi de fuir vite, mais en même temps non, parce qu’il ne me lâchait pas la main. Puis la bise s’est transformée en petits baisers puis en longs baisers et DESOLATION SUPREME, il y a mis le ho-la. Cette fois, Pascal s’est dépêcher de vite filer.
Heureusement que je m’étais débarrassée de tout scouateur pour avoir une soirée un peu tranquille!!! J’allais pouvoir me laisser aller et pleurer comme une madeleine. Je ne supportais pas l’idée de ne plus le voir et j’avais peur qu’il finisse par décider de carrément mettre les distances.
Le coeur baignant dans la semoule, j’étais down de chez down. Ca faisait à peu près 10mn que j’étais rentrée, quant j’ai entendu frappé à la porte. C’était Pascal... j’étais cuite.
Il a eu un grand soupir; “Please ask me to leave”... il voulait que je lui demande de partir? Sûrement pas! Alors il est resté...
