207.1 - vendredi
Toujours pas de nouvelles de Pascal
Ma journée du vendredi n'a été qu'une suite de choses à faire pour ne pas penser. Je me traînais.
Tout m'excédait, m'ennuyait. Je ne voulais que me retrouver seule chez moi, mais chez moi, il y avait ma copine et ses problèmes. Et je n'avais pas envie de faire l'effort de sourire, pas envie de parler non plus. Mes muscles faciaux étaient crevés.. Mais seule voulait aussi dire penser, et penser, je voulais pas.
Des tonnes d'images défilaient dans ma tête depuis hier soir. Toutes des coups de poignards en plein cœur ou le muscle qui servait à ça. Il fallait que je stop la machine et pour ça, j'ai été me défouler dans un jogging infernal. Même en courant, les images me poursuivaient. Crevée, j'avais de la peine à reprendre mon souffle. Une grosse boule occupait la place des poumons. L'enfer. Et ce n'était que le début. Ça n’allait être que pire quant elle, Jess, sera là. J'en avais conscience et pourtant...
Envie de le voir mais en même temps, peur atroce et viscéral de voir quelque chose que je ne voulais pas voir, ou d'être carrément ignorée.
Il fallait que je lui parle et je n'avais pas osé lui envoyé de messages. Il n'avait pas répondu à mon message d'il y a 3 jours. Alors lui envoyer un autre message auquel il ne répondra pas... no way. Et pourtant, IL FAUT que je lui parle. Pourquoi n'avait-il pas répondu? Il m'avait rayé de la carte? Dire que ça prend juste une fraction de seconde. Mince, j'étais super mal. j'avais un œuf dans la gorge.
Ciel, je perds les pédales !
Par Thomas, je savais ce que faisait son groupe. J'étais toujours sans nouvelles de Pascal. J'avais peur du rejet. Mais zut. Je ne devrais pas sortir. Le laisser faire ce qu'il avait à faire. Si ça devait se terminer comme ça, autant que ce soit fait. Si, non, alors il se débrouillera pour trouver le moyen de me contacter. Mais faiblasse, je crois que tout au fond de moi, j'avais trop envie de le voir, ne serait-ce que l’apercevoir... J'ai décidé de sortir.
J'avais de la peine à me mettre dans l'ambiance. Il le fallait, sinon les autres allaient forcément se rendre compte de quelque chose et j'en prendrais pour mon grade. Sur le qui-vive, comme un animal aux abois, je scrutais les horizons dans l'espoir d'apercevoir la silhouette athlétique de tous mes désirs (ridicule dit comme ça). En même temps, j'espérais ne pas le voir. Mais bon, retour au "mode-débile", si je ne le voyais pas, j'allais commencer à imaginer x-milles scénarios des plus romantiques où je ne serais hélas pas l'héroïne. Donc malgré mon angoisse, pourvu que je le croise. Tout à coup, grosse décharge électrique dans tout le corps. J'ai aperçu sa silhouette. Ils étaient là, surtout, IL était là............ Pascal était là.
Le souffle coupé, J'étais électrocutée, complètement ankylosée. Évidemment, mon cœur sans contrôle, était en train de batifoler et cogner contre les parois de ma poitrine et dans ma tête. Les jambes en coton, j'étais adossée au bar, heureusement, donc à part moi, j’espérais que personne ne pouvait s'en rende compte. J’ai fait semblant de ne pas les avoir vu. Dans les vitres autour du bar, je pouvais suivre discrètement l'évolution du groupe qui me mettait dans tous mes états. Pascal m'avait vue presqu'immédiatement. Je l'ai vu m'observer puis baisser la tête. Pourquoi? Ravi de me voir? Soulagé? Ou pas content? ARFFF STO-OOO-P.
Je n'arrivais pas à contrôler les battements de mon cœur, mais j’étais électrisée, heureuse, terrifiée, excitée, etc etc... Dans la vitre, j’ai vu Thomas arriver derrière moi. Il m’a prise par la taille. Pascal a froncé les sourcils et serré les dents. Normalement, j’aurais passé le bras autour de son cou pour dire bonjour à Thomas, mais là, je me sentais un peu coincée, avec les mitraillettes vertes de Pascal sur nous. Donc, j’ai seulement tendu la joue en lui décrochant mon sourire Hollywood. Du coin de l'oeil, je voyais Pascal saluer quelques personnes, et enfin, il est venu me dire bonjour. Il était froid, distant, mais il était là en chair et en os.
Électrocutée par son contact, il n'a pourtant dit qu'un bonjour des plus banal; "Hey" en me faisant la bise sans vraiment me regarder, comme si on ne se connaissait pas plus que ça. Et il s’est éloigné presqu'aussitôt.
...Ça commençait mal...