208.3 - samedi

Publié le par JaneDo

Pascal, le bras autour des épaules de Caroline s'est éloigné du groupe vers la berge. Ils avaient l’air d’un couple d’amoureux. Ça me rendait malade. Sur la plage, ils se ronronnaient des trucs à l’oreille. Pascal riait. Il la tenait par la taille devant lui et elle avait enroulé ses bras autour de son cou et moi j’avais le coeur écrabouillé. S’il l’embrasse, je m’évanoui. Puis il lui a enlevé les bras pour lui prendre les mains. Ils ont encore parlés un petit moment et ils sont revenu au barbecue.

Tendue comme une hélice, j ai aidé Thomas à prendre les sauces que sa maman avait préparé pour le barbecue et on est descendu. Ça ne m’arrangeait pas du tout, je voyais bien depuis son appart. Je ne me suis pas forcée à saluer qui que ce soit. Après tout, cela se ferait tout seul.

Et damnation, ils ne se sont pas dirigés vers le groupe mais à l’appartement de Pascal. J’avais les boules. Je tremblais comme une feuille. Je ne me sentais pas très très bien. Paul et Thomas avaient préparés des cocktails qu’ils ont baptisé “Sex on the Beach”. Bon ou pas, j’ai avalé un verre “cul sec”.

Je savais que j’étais sur le point de faire une bêtise. Tendue comme une arbalète, j’étais carrément à cran. Je ne pouvais plus les voir chez Pascal, et je voulais savoir ce qu’ils y faisaient. Je savais que je ne devrais pas les suivre, mais impossible de m’en empêcher. Et Paul a décidé d’aller chercher des bières chez Pascal, je l’ai suivi pour soi-disant l’aider.

A peine entrée, j’ai dépassé Paul, qui devait sûrement se poser des colles. Mais rien à cirer. Ils n’étaient pas dans la cuisine. J’allais filé vers le salon, mais il y avait de la lumière sous la porte de la chambre à Pascal. Alors je me suis dirigée, comme un spoutnik, vers la chambre. J’étais hystérique et en chaleur.

Certaines choses se passent en 30 secondes, mais sur le moment, on a l’impression que ça dure une éternité! J'ai tendu la main, hésité une petite seconde, me préparant  à encaisser un spectacle que je ne voulais pas voir. J’ai inspiré un grand coup. Paul était sur mes talons, mais, je ne m’en rendais pas compte. J’ai tourné la poignée de la porte, et ils étaient là. Pascal, la chemise à moitié enlevée, a levé les yeux et il m’a vue... Je ne l’ai pas regardée, elle. Je le regardait, lui.

Je crois que, j’avais certainement eu l’intention de lui faire une scène, je ne sais pas, mais je tremblais tellement que je ne pouvais même pas parler. Il a essayé de remettre sa chemise en prononçant mon nom... je n’avais plus envie de faire une scène, et sûrement pas devant la miss. Alors je suis partie.

Je l’ai entendu m’appeler. J’ai dû regarder en arrière parce que j’ai vu Paul se faire bousculer par Pascal qui m’a attrapé par le bras. Jai dû essayé de lui arracher mon bras, puis, en levant les yeux, j’ai vu Thomas qui venait de passer la porte d’entrée. Paul sourcils levés, regardait tout-à-tour, moi, mon bras, Pascal. La pouff est sortie de la chambre et s’est approchée de Pascal en marmonnant je ne sais quoi. Le sang tapait tellement fort dans mes oreilles, j’étais devenue sourde. Je l’ai juste entendu lui dire sèchement de s’en aller. Pascal a soudain vu Thomas alors il a lâché mon bras, et je suis sortie en passant à côté d’un Thomas un peu éberlué.

Je me suis cachée dans le noir derrière les arbustes à côté de la terrasse. Je les voyais, eux ne me voyait pas. Je fulminais, je pleurais aussi, j’avais mal, c’était insupportable. Pascal m’avait remplacée. Effacée. Tout ce que je voulais, était de filer chez moi penser mes blessures et tirer un trait. Je n’aime pas avoir mal, et je ne voulais pas avoir mal. Une relation qui fait mal n’en vaut pas la peine, et j’étais loin d’avoir l’âme d’une martyre.

Thomas a demandé ce qui se passait. Aucune réponse à part des haussements d’épaules, des regards fuyants. Thomas a froncés les sourcils et est reparti, sûrement à ma recherche. Pascal secouait la tête en se passant la main sur la figure, marmonant; "chit chit chit..." Pour le coup, il avait un peu l’air secoué. Il me cherchait du regard dans la foule.

Paul qui observait Pascal est venu s’accouder à côté de lui sur la rambarde de la terrasse en lançant; “Pascal, mon vieux, t’es pas dans la merde toi...”  Il avait pas l’air bien, même un peu en colère. Je ne voyais pas pourquoi, la seule personne qui avait le droit d’être en colère, c’était moi! Pascal s’est passé une main nerveuse dans ses cheveux courts, et je l’ai entendu dire dans un souffle; “Je l’ai dans la peau” . Et  il l’a répété sur un ton fataliste en secouant la tête; “Je l’ai dans la peau". Gros soupir; “Mais, elle a couché avec Thomas. Je peux pas la regarder sans les imaginer en train d...” Petit rire triste; "Ouais... je crois que je suis dans la merde” .

Ciel, horreur!!!! Il parlait de qui? de Caroline ou moi?? Aoutch, j’avais mal au coeur, je me sentais super malade. De Caroline, sûrement, parce que moi, je n’avais jamais couché avec Thomas. Mais alors? J’étais une distraction pour lui faire passer la pilule Caroline? Je ne m’étais même pas rendue compte que j’avais porté la main à ma gorge. Je n’arrivais plus à respirer, qu’est-ce que j’avais mal. Pascal a soupiré.

  • Oups, voilà un autre problème qui arrive...  (Paul)

Pascal a suivi le regard de Paul, et miss Caroline revenait vers eux. Ma boule à l’estomac était devenue un peu plus lourde. De l’avoir entendu dire qu’il l’avait dans la peau me faisait super super mal. Je ne me sentais pas bien du tout.
 

Je ne pensais pas pouvoir supporter de les voir ensemble, alors j’ai fermé les yeux. Je ne voulais pas voir ça, j’en avais assez. Je n’aurai pas dû sortir après tout, c’était bien fait pour moi. J’aurai dû rester à la maison à me bercer d’illusions. La réalité arrive toujours assez vite, pas besoin de courir après!

Pour la 1ère fois de la soirée, j’ai réalisé qu’il y avait de la musique. Comme la musique arrivait jusqu’à nous, je pouvais essayer de me tirer en faisant attention de ne pas faire de bruits.

Je suis rentrée me terrer chez moi.
 

Publicité

Publié dans diary, journal

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article