239 - Me faire avoir en beauté !
Pascal m’a demandé pourquoi je faisais toujours ça; sauter à des conclusions et faire la tête. Si je lui avais laissé le temps de parler ou si j’avais lu ses messages, j’aurai su que Caroline n’avait pas dormi chez lui. J’avais encore imaginé des choses et flingué tout le week-end. Bravo ma fille!
Les 2 voitures étaient là parce qu’elle était passé chez lui, de même que Paul et Alexia. Il n’avait pas trop envi de sortir, mais Paul avait eu besoin de lui à cause d’Alexia. Ensuite, ils avaient pris qu’une voiture tous les 4, celle de Paul. Il s’était retrouvé coincé et devait attendre le bon vouloir de son pote pour rentrer. Mais comme je n’étais pas là alors rien ne pressait.
Pascal avait supplié Thomas de m’inviter à prendre un verre chez lui ou ailleurs. Petit malin, je ne me suis doutée de rien. j’ai accepté quant Thomas a lâché dans la conversation, l’air de rien, que Pascal ne serait pas là, qu’il avait un truc après l’entraînement et qu’il avait l’impression que cela faisait un siècle qu’il ne m’avait pas vue. Je me suis faite avoir comme un bleu.
Je n’étais pas trop prête pour affronter Pascal. Mais c’était peine perdu.
Un peu inquiète pour mon bébé que j’avais laissé à la maison avec Patricia, je ne pensais pas faire tard, juste le temps d’un petit bonjour à mes potes, prendre un verre avec tout le monde et basta, retour à la casa.
Mais l’ambiance était sympa, je me sentais détendue et j’avais totalement avalé la couleuvre que Thomas m’avait servie. Jess était là à notre arrivée et on a même fait les fofolles ensemble. Elle n’était restée que le temps d’une chanson qu’on a massacrée en improvisant un karaoké de style. Thomas ne me quittait pas d’une semelle. Après le départ de Jess, j’ai pris le temps de bavarder un peu avec mes potes, sans pour autant laissé Thomas de côté.
Puis, sueur froide, chair de poule et petits tremblements... Pascal avait passé la porte et j’avais les poils au garde à vous. Mon cerveau s’est un peu bloqué. J’avais envie de disparaître, creuser un trou et m’enterrer dedans, fuir comme une dératée. Tout en même temps, mais, je suis restée tétanisée en le regardant s’avancer vers nous en saluant ses potes au passage. La direction de la sortie avait l’air étroit et impossible de prendre la fuite en gardant la tête haute et toute ma dignité.
Pascal ne me quittait pas des yeux depuis son entrée. A croire que j’avais un gros panneau avec “tentative de fuite” marqué dessus. Il était presque sur nous quant j’ai remarqué la présence de Caroline. Elle s’est précipitée vers Pascal. Je ne l’avais pas remarquée assise, avec ses copines, dans un coin près du bar. Après 2-3 mots avec Caroline, Pascal s’est tourné vers Thomas pour le remercier d’avoir réussi à me faire venir. En me prenant fermement par la main, Pascal m’a emmenée hors du bar. Il ne m’avait pas fait la bise rien, juste demandé de prendre mes affaires. Son geste pouvait difficilement passer inaperçu. Pascal m’a gentiment reproché d’avoir l’art de lui faire faire des bêtises. Il avait été obligé de dire à Thomas qu’il avait envi qu’on se remette ensemble, qu’on avait recommencé à se voir, mais qu’on avait des moments difficiles... comme celui-ci! Thomas s’en doutait déjà!
Caroline l’a appelé 5mn après notre départ pour lui demander s’il allait revenir? Pascal allait encore devoir s’expliquer avec Caroline, qui n’avait pas aimé voir son petit copain se tirer sans explications avec une autre nana, la laissant en plan!
C’était jeudi et le vendredi, il travaillait, alors il n’avait pas eu envi de traîner dans les bars. Il en avait eu marre de m’appeler dans le vide, alors il avait demandé l’aide de Thomas pour me faire sortir de ma retraite. C’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour me voir et avoir un face à face. Ha! Je m’étais faite avoir en beauté.
Comme d’habitude, ma mauvaise humeur fond comme neige au soleil quant je le vois, et j’étais incapable de retrouver la vigueur de ma fureur du vendredi soir. Je me sentais toute minuscule, désolée d’avoir foutu en l’air tout le week-end, à me torturer toute seule.
Il était trop chou même s’il n’était pas très content de moi. Ses sourcils froncés et ses yeux orageux n’auguraient rien de bon. Il conduisait lentement tout en parlant, de temps en temps, il se passait nerveusement une main dans ses cheveux court. Ouahhh, je n’avais envie que d’une chose; l’embrasser. Je regardais ses lèvres bouger et je n’écoutais pas grand chose. Je l’adorais trop fort.
J’essayais mentalement de me boucher les oreilles pour ne pas l’entendre me demander encore une fois, si je pensais jouer à ça tous les week-end. Iaaak, j’étais pas trop fière de moi. J’étais rassurée qu’il ne le fasse pas, même si je pouvais lire dans ses yeux qu’il se posait sérieusement la question. J’étais soulagée quant il m’a demandé s’il pouvait me prendre dans ses bras ou si je voulais encore être fâchée. Hé, je ne voulais pas être fâchée...
Pascal m’avait emmenée chez lui, et je pensais à des tas d’autres choses, mais passer la soirée à discuter n’en faisait pas partie. J’ai enfilé ma main dans la sienne et il a compris que je ne voulais pas parler. Il a voulu dire encore quelque chose, mais, il s’est abstenu pour m’embrasser.
Je suis irrésistiblement attirée vers lui et je vais finir par rester sur le carreau 1 de ces 4. Mon coeur bat bien trop fort, quant il ne s’arrête pas carrément. Pascal m’a proposé de passer la nuit chez lui. Je me suis abstenu de lui demander s’il ne devait pas rentrer à l’autre maison.
Quant Pascal s’est endormi, j’ai filé sur la pointe des pieds, en laissant un petit mot à côté de la machine à café; “je l’aimais à l’infini et encore plus que ça”.
On se retrouvera ce week-end et Pascal espérait que cette fois, je ne pèterais pas un câble avant et qu’il passe le week-end à me pourchasser. Hihihi, moi j’aimais bien qu’il me pourchasse, mais bon d’accord, il commence à en avoir marre!
* * * * * *
Me faire avoir en beauté! - (239-jeu-27aout09)