195 - Dimanche en enfer..
Un dimanche en enfer...
Pour le coup mon envie de savoir... bofff. Le moral dans les basquettes. Je n'avais envie de voir personne. BK, une bonne copine, a essayé de m'appeler plusieurs fois, je n'ai pas répondu. J'ai sillonné mon appart comme une lionnne en cage.
Pas de chance. J'aurai franchement dû deviner ou au moins soupçonné quelque chose du genre... J'aurai vraiment dû m'en douter. Je n'avais même pas envie de regarder la télé mais plutôt envie de dormir pour oublier, mais je n'arrivais pas à fermer l'oeil. Me suis faite un café, même pas soif... J'étais crevée.
J'ai lu les quelques messages de Thomas, sans beaucoup d'entrain. Pas répondu à mes potes F/G qui ont essayé de m'appeler. J'avais vraiment le moral au plus bas. Je n'arrivais pas à secouer l'anxiété qui m'avait gagnée. Le pire était mon envie de le voir quand même. Mais ça, je ne devais pas. J'avais les yeux enflés d'avoir trop pleuré, je ne pouvais vraiment voir personne. Il fallait que je sorte Maxou. Je l'ai sorti avec des lunettes de soleil. La journée ressemblait à mon humeur mi-figue, mi-raisins.
Je suis quand même rarement aussi down. Même quant je l'ai été, je choisissais de ne pas. J'ai toujours cru qu'on avait le choix de se laisser sombrer ou pas. Je me jette alors dans un de mes loisirs préférés, le travail, le sport et hop, j'allais mieux. Rien que de penser à quelque chose qui me faisait plaisir, me remontait illico le moral. Là, je n'arrivais même pas à avoir envie d'avoir envi.
Pascal m'avait envoyé 2 messages. Je n'avais pas le courage de les lire, qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir à dire? J'hésitais à les effacer sans les lire. Tant que j'étais indécise, je les laisserai sur mon portable. Je ne les survolais même pas avec curiosité. J'étais vraiment down.
Peut-être parce que c'était dans ma nature, je me laissai gentiment couler en étudiant les étapes de ma descente aux enfers.
J'avais envie de le voir et ça me donnait la nausée. J'essayais de penser à ses défauts... je n'en connaissais pas. J'avais le coeur qui battait trop fort. J'enviais sa femme... Jess. Et je ne l'enviais pas. C'est pas le pied de sortir avec un mec trop mignon, les autres nanas passent leurs temps à essayer de vous le piquer. J'étais dégoûtée. Hélas, maintenant je faisais partie de ces garces. Pouahhh, je me déteste.
Mince, je me sentais mal. Je lui en voulais et non, c'est à moi que j'en voulais. Je m'en voulais d'avoir quand même envie de le voir. Je n'avais pas faim. J'avais mal partout jusqu'à fleur de peau et mal aux cheveux.
C'était de ma faute.
Je l'avais harcelé, poursuivi, traqué... J'aurai vraiment dû y penser, j'aurai dû le savoir. A passer 30ans, il y 80% de chance que les adultes qu'on rencontre soient en couple ou mariés. J'avais aussi envie de vomir. Vomir parce que j'avais envie d'être avec le mec d'une autre, que j'avais malgré tout envie de l'appeler, d'entendre le son de sa voix, mais son coeur appartenait à quelqu'un d'autre.
Ma ligne de téléphone n'arrêtait pas non plus de sonner, quelle barbe. Ca ne pouvait être que ma famille, mais je n'avais envie de parler à personne. J'étais pas trop d'humeur. Il fallait que je me laisse un peu de temps. Ce matin, j'ai dû rouler en mode automatique. Ma voiture connaissait bien la route. Mon cerveau anesthésié aussi...
Je n'avais répondu à aucun des messages de Thomas, qui me disait que je LEUR avait manqué. Je savais bien qu'il voulait dire à lui, mais bon. Ca ne me faisait même pas sourir. J'avais froid. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire... Je ne pouvais pas, même si j'étais assez ouverte, je ne pouvais pas être "sa maîtresse"... quelle poisse. Pas à lui, n'importe quel autre mec, mais pas lui...
Ma tête allait exploser!
Puis fatiguée d'être fatiguée, je décidais de me secouer un peu. J'allais accepter d'aller prendre un verre avec Thomas. Quelque part, je me demandais si ce n'était pas une manière quand même de m'approcher de la bulle de Pascal? De toucher à son environnement? D'être dans son sillage, sans pour autant avoir le courage d'aller plus près?
Bahhh, oooowh stop la défoule mentale...
Un petit verre pour la route!
Thomas tout heureux est passé me prendre à la maison. Normalement, je prends toujours ma voiture. J'aime mon indépendance et surtout avoir la possibilité de décamper dès que la soirée me saoule. Mais là, je n'avais pas le courage de conduire.
ahhh Thomas ! Quelques uns de ces potes étaient là... Je suis sûre qu'il a fait exprès. Il n'a pas pu s'en empêcher, fallait qu'il parrade. Incroyable. Mais bon. C'était quand même sympa. Il est amusant et très intéressant comme mec. Son seul défaux, c'est son changement de comportement dès que ces copains sont dans le coin. C'était agréable et ça m'a changé les idées.
Il m'a raconté ses études, ses bêtises, un peu sa famille. J'ai TilT-é intérieurement, quant il a parlé de sa soeur... Je n'ai posé aucune question. J'avais peur qu'il remarque un intérêt quelconque, mais j'étais évidemment très curieuse. Par contre, il a parlé de Pascal. Mon coeur flottait dans de l'huile et pesait une tonne et demi.
En mâle qui protège son territoire, il m'a bien fait comprendre que Pascal n'était pas libre, en insistant lourdement. Qu'il avait remarqué mon intérêt. Pascal n'a jamais été un fanfaron, mais Thomas le trouvait plus renfermé que d'habitude.
Une petite décharge électrique me traversait le corps chaque fois que le nom de Pascal était mentionné ARFF. Quant les copains à Thomas sont passés à la table et ont demandés où était Pascal... GLUPS, ou quant ils ont mentionnés le fait qu'il n'était pas sorti les rejoindre hier soir...
Puis Thomas m'a demandé si ça me dirait d'aller prendre un dernier verre chez lui... Chez lui... OUPS, juste au-dessus de l'appart à Pascal???!!!
Dilemme... Oui, j'en avais envie... Même si c'est juste de savoir qu'il est en-dessous, juste d'apercevoir sa silhouette pendant une fraction de secondes... Oui... j'en avais envie... Mais! Mais, je ne voulais pas encore le voir en vrai, je ne voulais pas lui parler, ni avoir à le voir en chair et en os.. L'apercevoir, oui, le voir vraiment... non!
Et en faible chiffe molle, j'ai accepté... Nullasse!
Pascal partait sans doute pour un jogging quant on est arrivé devant chez eux. Il était à torse nu, son t-shirt sur un genoux alors qu'il laçait ses basquettes. Poisse, qu'est-ce qu'il est... mignon. Il a à peine levé les yeux tout en faisant un signe de la tête dans notre direction. Il ne m'a pas vue. J'aurai espérer qu'on s'engouffre rapidement dans les escaliers pour monter chez Thomas mais il s'est arrêté pour bavarder avec Pascal. Mon coeur me faisait des siennes.
A quoi je m'attendais de toute façon? J'espérais le voir, ben, c'était gagné! Fallait que j'arrête de me raconter des histoires. J'avais pris le risque de venir chez eux, alors fallait bien m'attendre à le voir d'une façon ou d'une autre. J'aurais donc dû m'y préparer au lieu de laisser ma tête nager dans le vide. Mes neurones s'amusaient à penser à des trucs débiles, carrément rien à voir, au lieu de rapidement chercher comment réagir. Une vraie tâche. Pascal a finalement levé la tête à notre approche. J'avais envie d'être invisible. J'avais envie de me planquer derrière Thomas aussi, mais, ohfff, j'aurai eu l'air idiote. Je me sentais malade. Pascal a fronçé les sourcils, aucune idée ce qu'il allait dire parce que les mots sont restés coincés au fond de sa gorge. Son regard voilée par une légère expression d'incompréhension m'a cogné de plein fouet. Thomas était content. Ouais, il était.. content.
J'ai remarqué les contractions de la machoîre à Pascal, ce qui lui arrivait quant il était nerveux, ennuyé, en colère ou quant il se retenait de dire quelque chose. Ses yeux m'ont transperçés une fraction de seconde...
Je suis
dingue de ce mec... PFFFF. Je n'avais pas encore lu ces 2 messages, mais ça, il ne le savait pas. J'étais plombée sur place. J'ai dû lui faire la bise... LA BISE... Rien que sa main sur ma taille quant il s'est penché pour me faire cette bise m'a fait flipper. Il a évité de me regarder et je ne connaissais pas l'expression de son visage; colère? rien à foutre? Aucune idée. Je me sentais toute petite déjà que je n'étais pas très grande... Si j'avais osé j'aurai couru en hauts des marches chez Thomas, mais au lieu de ça, je restais debout comme une cruche en regardant Thomas parler. J'étais sourde, je n'entendais pas un mot, probablement la tornade qui s'abattait contre les parois de mon cerveau. Mais je souriais stupidement comme si je savais de quoi il parlait... NUL.
Ensuite, j'ai suivi Thomas chez lui sur mes guiboles en papier. Pascal nous regardait monter les escaliers, les sourcils fronçés et a détourné le regard quant je me suis retournée.
Ce n'était pas une bonne idée de venir prendre un verre chez Thomas!!!
On discutait tranquillement et il me montrait sa collection de DVDs quant Pascal a frappé et est entré. Même si ça me rendait mal à l'aise, j'étais aussi quelque part heureuse. Il n'avait pas été faire son jogging finalement, ce que Thomas n'a pas manqué de remarqué. Pascal a juste lancé un "Plus envi" et demandé s'il pouvait "m'emprunter" une minute. La boule a l'estomac, je l'ai suivi. Thomas la bouche encore ouverte, Pascal m'a prise par le bras et traîner gentiment mais fermement dehors.
Pascal voulait juste savoir ce qui se passait. Thomas nous observait alors, on prenait des mines de "ouais? ha cool... ha ouais!". Je lui ai juste dit que j'avais eu envie de prendre l'air et Thomas m'a appelé à ce moment là et j'ai dit oui. Rien d'autre.
-Est-ce qu'il y a..
-Rien du tout.
-Okay...
Thomas s'était remis de la scène bizzare et venait nous rechercher. Pascal s'est tourné pour ouvrir la porte-fenêtre pour me laisser retourner à l'intérieur en ajoutant;
-Tant mieux.
Tant mieux??? Pourquoi tant mieux? Qu'est-ce que ça pouvait vouloir dire? Bon, fallait que j'arrête d'essayer d'analyser chaque parole, chaque geste, ça me donnait mal à la tête. C'était plus facile à dire qu'à faire.
Pascal a proposé une grillade mais j'ai dit que je voulais rentrer j'avais du monde qui allait passer chez moi dans moins d'1 heure. Les 2 garçons se sont renvoyés la balle un moment pour décider qui allait me ramener. J'aurais dû prendre ma voiture!!!! Finalement Pascal a abandonné la partie quant Thomas lui a rappelé que c'est lui qui m'avait invitée!
En chemin, Thomas a essayé de savoir ce que Pascal me voulait. Il m'a cuisiné avec et sans détours. J'ai dit que c'était un truc à propos d'un de mes potes, et j'ai essayé d'éluder ses questions. J'aurai dû rentrer en taxi. Ma tête me faisait un mal de chien.
En rentrant, j'ai remarqué que Pascal m'avait envoyé encore un message. Je n'allais pas le lire. Assez pour ce soir! Et je n'avais personne qui passait à la maison, j'avais juste eu envie de rentrer pour ne pas me retrouver en sandwich entre les 2 garçons. C'était pas très agréable.
Je crois que si j'ai été chez Thomas c'était juste pour apercevoir Pascal, le visionner, me rincer l'oeil dessus juste un petit instant. Je voulais savoir comment je me sentirais. Une fois que c'était fait, j'ai voulu rentrer.
Comment je me sens?... Pas terrible!











c'était tellement ridicule que j'en rit encore. 







Plus de scouateurs!

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Je le love




J'ai éteint mon natel.
bien sûr. Il faisait très chaud, diaboliquement chaud. Bien sûr une partie du groupe est restée sur place.








