Faut que je me bouge
(26 sept 08 - vendr)
Thomas est parti au matin. Rhhhh... j'ai même pas eu l'idée de lui proposer un café, suis trop nulle. Suis complètement à côté de la plaque. Il a passé toute la soirée avec moi au lieu d'aller rejoindre ses potes. Bon,c'est vrai, je sais bien qu'il a une idée derrière la tête et que ce n'était pas par bonté d'âme... arf, suis méchante, peut-être que c'était par pure amitié... hum, quoique je n'y crois pas. Il voulait rester dormir là, mais je préfèrais pas.
Mon angoisse prémonitoire ne me quitte pas, au contraire, c'est encore plus virulent et ça me rend à cran.
Cloîtrée à la maison, je ne répondais à aucun appel. J'ai attentivement lu les emails de Pascal, lu entre les lignes, au-dessus et tout. J'ai fait un décryptage complet. Rien. Il me demandait comment j'allais, qu'il regrettait que j'ai été obligée de subir ce qui était arrivé à notre retour, que pendant quelques temps, il fallait qu'il évite de suivre ses impulsions. Par contre, le "il faut qu'on parle" me laissait un peu frileuse. On sait tous ce que ça veut dire; "Il faut quon parle", traduction; c'est over = je te largue = du balais! Pourquoi dire qu'il faut se parler, se parler pour se dire quoi? Ou c'est plutôt; je veux voir ta tête quant je te blesse? Non, suis pas juste, c'est vrai que c'est mieux face à face que par sms ou post-it... quoique...
Le soir, j'ai décidé de me bouger un peu, sans avoir répondu aux emails ou aux messages de Pascal. Je ne savais pas bien quoi répondre.
J'avais un petit espoir, c'était de le croiser en ville et même si j'étais un peu fébrile à l'idée, j'étais aussi assez impatiente.
J'ai mis du temps à me préparer. Il me fallait la petite touche qui ferait tomber les chaussettes à Pascal. Décolleté mais pas trop, juste au corps, des couleurs qui m'allait spécialement bien, mais aussi, spécial sortie soirée. J'ai opté pour un mélange de blanc cassé, avec de petites touches turquoise, bleu et rose fuchsia. Avec ma couleur de peau, je peux carrément tout mettre, mais ce soir, je ne voulais pas être dans le tas. J'étais parée. Les cheveux serrés dans un bandeau, j'étais prête. Pas question de passer inaperçu. J'avais RV chez Thomas. Comme à son habitude, Thomas avait organisé un petit verrée chez lui avant d'aller en boîte.
J'avais des palpitations à l'approche de leur maison; j'allais voir Pascal. En prenant le chemin qui menait à la villa des garçons, je me suis demandée ce que je fichais là. J'allais être sous la loupe de ceux qui étaient au courant, Thomas et Paul. La honte. Tout à coup, je me sentais légèrement moins sûre de moi. J'ai pris une grande bouffée d'air, redressé les épaules et je suis rentrée dans l'arrène. Pour écraser la trouille, une petite dose de rage. La chasse était ouverte.
Exprès, j'ai évité de chercher la silhouette à Pascal, même si mon oeil avait immédiatement repéré sa position. J'ai remarqué qu'il s'était retourné à mon arrivée. Hum! Thomas est venu tout de suite jouer son rôle d'hôte. Je lui avais préparé mon plus beau et doux sourire. Je suis sûre qu'il devait se poser des questions et se demander si c'était la même fille déprimée du soir d'avant?
Le sourire accroché, je participais aux discussions et j'évitais soigneusement tout ce qui pouvait ressembler à Pascal. Je jouais le rôle que j'avais choisi de jouer ce soir. A l'aise blaise. Comme si de rien n'était, j'ai parlé avec presque tout le monde, même Jess. Sauf Pascal. Je sentais son regard, mais j'évitais soigneusement de regarder dans sa direction. Je ne voulais pas être obligée de le saluer de loin, je préfèrais le laisser se débrouiller. Après tout, ça aurait l'air plutôt bizarre qu'on ne se parlait pas. Thomas ne me quittait pas d'une semelle, et ce soir, j'avoue que ça ne me dérangeait pas.
Avant même qu'il me parle ou qu'il me touche, j'avais senti la présence de Pascal. J'avais tous les poils au garde à vous. Il avait choisi un moment où Thomas s'était éloigné. On s'est un peu mis à l'écart. Ou est-ce lui qui m'a emmené à l'écart? Pascal m'a demandé si j'avais reçu ses messages? Bien sûr, il savait que je les avais reçu. Pour ne pas répondre, je lui ai demandé comment il allait. Il a répondu par une autre question; il voulait savoir s'il avait fait quelque chose de mal, si j'étais fâchée? On aurait pu continuer comme ça un moment, mais je crois que le passage d'armes m'ennuyais, alors j'ai arrêté.
Je lui ai dit que, franchement, je ne savais pas très bien ce que je ressentais, c'était confu. Je ne savais pas comment interprêter ce qui s'était passé au retour, alors... Que je n'avais pas répondu, parce que je n'avais aucune idée quoi répondre. Dans ses messages, il m'avait demandé si j'allais bien... Si j'allais bien? aucune idée! Je ne savais pas comment j'allais. Je voyais sa machoîre se contracter, et je me suis dite que ça ne présageait rien de bon. J'avais la trouille qu'il m'ait attiré à l'écart pour me flinguer le moral, suite au "il faut qu'on se parle", qu'il vienne me larguer là, tout de suite!!! Alors, ça m'a soulagée et fait sourire quant il a dit qu'il me trouvait absolument.. renversante. C'était le but que j'avais recherché. Avec un petit sourire, il a ajouté que ça devait être interdit de sortir comme ça. Ciel, j'avais envie de lui sauter dessus. A la place, je lui ai fais un petit bisous sur la joue pour le remercier du compliment. C'était drôle, mais quant je me suis approchée pour l'embrasser, il n'a pas sursauté, ni eu un mouvement de recul. Pourtant... il devrait se méfier! Hahh Pascal... Il était un peu trop gentil avec moi.
Jess est venue reprendre possession de son homme, Thomas était aussitôt à côté de moi. J'étais un peu triste de le voir s'éloigner, mais j'ai masqué ça avec un grand sourire.
Lane était arrivé en milieu de soirée, et avec Thomas, ils jouaient aux chevaliers servants. C'était assez amusant parce que je savais que cela énervait Pascal. Il ne nous quittait pas des yeux. Quant je discutais avec Pascal, Lane était passé dire bonjour. Dès qu'il avait tourné les talons, Pascal m'a posé des questions, puis il m'a avoué ne pas beaucoup l'apprécier, qu'il était poli parce que c'était un pote à Thomas. Pascal nous observait, et je n'ai pas cherché à fuir Lane.
Lane me proposait de filer à l'anglaise, mais je ne pouvais pas faire ça sans blesser Thomas. Alors je ne voulais pas. Lane n'y allait pas par 4 chemins, il m'a demandé, sans détour, si je sortais avec Thomas et si on avait couché ensemble. La réponse aux 2 questions, était non. Il m'a donc aussi, sans détour, proposé de filer à l'anglaise. Ses intentions étaient des plus claires. Ca me faisait sourire.
J'avais rarement rencontré quelqu'un qui avait le culot de me faire des propositions aussi directes. J'étais partagée... J'avais envie d'accepter, parce que je savais que ça ferait dresser les cheveux sur la tête à Pascal. Mais d'un autre côté, sachant qu'il ne l'aimait pas beaucoup, se serait un peu dégueu. La prochaine fois, il ne me parlerait pas aussi ouvertement de ses sentiments, si après coup, je m'amusais à marcher dessus.
Je n'avais pas l'intention d'aller en boîte, mais plutôt d'aller rejoindre mes potes ou rentrer. J'espèrais que Pascal aille en boîte et qu'il s'ennuie à mort de mon absence. Arf, j'suis une peste. Après le coup du long week-end, c'était pas vraiment le moment de lui faire faire encore une connerie...
Pascal m'aurait bien kidnappée ce soir, mais, il devait éviter de faire des bêtises pour le moment. En disant ça, il a jeté un coup d'oeil en direction de Jess qui, s'amusait à faire avaler des petits fours à Ethan. Après la 1ère seconde où j'ai trouvé ça mignon, l'image de Pascal prenant Jess dans ses bras avec tendresse est venu assombrir le tableau. J'ai quand même souri, mais j'avais envi de lui arracher les yeux.
C'était pénible par moment de le voir avec Jess. Ils étaient collés ensemble presque tout le temps. Ce qui me faisait tiquer, c'est de le voir lui passer tout naturellement les bras autour de la taille ou des épaules quant elle s'approchait de lui, tout en continuant à discuter avec ses copains. De le voir lui sourire ou encore lui faire des bisous, même si c'était distraitement, mais c'était tout aussi naturellement et tendrement. C'était comme des milliers de petits coups de poignard.
Parfois nos regards se croisaient et il me souriait ou me faisait des clins d'oeil. Ca me faisait mal au coeur. Je n'avais que des sourires et des clins d'oeil, Jess elle avait droit à son touché, à ses bisous. Arf... fallait que j'arrête ça, je débloquais!!!
J'ai navigué encore un peu avant de filer avec Lane. Je ne voulais pas filer à l'anglaise, je voulais que Pascal nous voit partir. Evidemment, il nous a vu partir, j'avais juste oublié de penser à Thomas... On a été rejoindre mes potes.
Normalement, je ne laisse jamais un outsider m'accompagner dans mes soirées avec mes copains, mais ce soir c'était différent. Lane insistait pour m'emmener chez lui, mais ça c'était exclu. Mais, il ne fallait pas que Lane aille rejoindre Pascal et les autres, Pascal saurait qu'il ne se passait rien et ne s'inquièterait pas. Donc, je m'arrangeais pour qu'il reste avec moi, ce qui ne semblait pas lui poser de problème. Tandis que là, ne voyant pas Lane de la soirée, son imagination pouvait s'en donner à coeur joie. D'ailleurs, mon natel n'arrêtait pas de s'agîter, c'était Pascal et quelques fois Thomas.
On est sorti sur Genève, et j'ai passé une soirée super sympa. Bien sûr, Pascal ne quittait pas mes pensées. J'ai fini par lire ses messages et par lui répondre, parce qu'il menaçait de débarquer chez moi si je ne lui répondait pas. Je me suis sentie coupable d'avoir voulu lui faire mal et le faire sortir de ses gongs. C'était pas vraiment très cool de ma part.
Alors, j'ai rassuré Pascal en lui disant qu'on avait été rejoindre mes potes.