Samedi, 28 juillet 2012 - (209/2012) - Besoin de le voir...
-
Pascal? J’ai besoin de te voir… Je ne tiens pas. Je sais que tu es là, que tu es chez toi, j’étais chez Thomas plus tôt… Tu m’avais dit que t’avais un truc, en fait, tu n’avais rien, tu étais là… Zut, je me répète! Je t’en prie, j’ai besoin de te voir, stp? Est-ce que tu pourrais pas passer un petit moment? Ou, je peux venir? STP, ne me dit pas non?? Sweet sweet please??
Rhhh, Pascal ne disait rien, il avait l’air embarrassé, avant même qu’il ne parle, j’avais deviné ce que masquait son silence; il cherchait une bonne excuse et comment me faire avaler qu’il ne pourrait pas , pas ce soir. Hum, il paraît qu’il ne pouvait pas se tirer comme ça. Et il a fallu qu’il parle de sa femme. J’ai insisté en vain, il continuait à me dire qu’il ne pouvait pas.
Pfff, avant même de l’appeler, je savais qu’il allait m’envoyer balader, mais je n’ai pas pu me retenir de l’appeler. Sans surprise, il n’a pas répondu, alors je l’ai bombardé de messages désespérés, et il m’a rappelée. Il avait surement dû sortir pour m’appeler en cachette, et malgré ça, il chuchotait. Mais, j’avais vraiment vraiment envie de le voir, je n’arrivais pas à me contenter de ses excuses.
Ça n’a servi à rien, il maintenait qu’il ne pouvait pas s’absenter de la maison, pas ce soir…
Pas ce soir? Mais alors quant? Quel soir? Quant? Je me sentais vidée, seule, tellement besoin qu’il me prenne dans ses bras, même 5mn, mais j’avais juste besoin de sentir sa présence, de sentir qu’il était là. Comme j'en avais marre d'être toujours la dernière priorité de sa liste!!! L’idée de passer encore une semaine sans le voir me rendait folle. Et de ne pas le voir ce week-end, de ne pas le voir du week-end entier me rendait encore plus folle. Le sentiment de solitude et de désespoir me torturait. J’avais envie de cesser d’exister illico, je ne voulais pas vivre encore une seule seconde sans savoir que je le verrais.
Mais, j’ai dû. Il ne pouvait pas ou ne voulait pas, pour moi, ça revenait au même. On a dû raccrocher, et même raccrocher c’était dur. J’aurai voulu l’entendre encore puisqu’on ne pouvait pas se voir. Pascal a promis d’essayer de s’arranger demain, qu’il m’appellerait… Pfff, demain c’est trop loin! Comment tenir jusqu’à demain? Pourquoi ne le comprenait-il pas?
Je me suis effondrée en larmes, pour moi, il n’avait pas envie de me voir, c’était sûr, sinon, il serait venu, femme ou pas femme, il ne m’aurait pas laissé comme ça.
Apparemment, il n’en avait rien à foutre. Si ça avait été Caro, il aurait tout laissé en plan pour courir la consoler, mais pour moi que dalle, ben je le déteste. Demain? Je m’en fou de demain, c’est maintenant que je voulais le voir, pas demain ou après-demain! Demain, il pourra aller se faire foutre, je ne lui répondrais pas. Je suis sûr qu’il n’appellera même pas, il a juste dit ça pour se débarrasser de moi.
Je me suis enfoncé la tête dans l’oreiller pour ne pas faire de bruits, je ne veux pas qu’on puisse m’entendre pleurer! Moi qui ait toujours le sourire, qui fait toujours semblant que tout va bien, ce serait le comble. Et ce stupide natel qui n’arrête pas de sonner! Qui avait le culot de m’appeler à des heures pareilles un samedi soir? Ils n’ont donc rien d’autre à faire que d’emmerder les gens? Et je ne peux pas répondre, on saurait immédiatement que je suis en train de pleurer.
Pascal? Pourquoi rappelait-il? Il a senti qu’il avait été trop loin? Aff, je ne peux pas lui répondre! Puis, qu’est-ce qu’il pouvait bien avoir à dire à part; “Ça va?”. Pfff, non, je ne répondrais pas. S’il avait autre chose à dire, il n’avait qu’à le faire avant. Je ne vais pas le laisser me blesser plus. Il voulait sûrement juste voir si j'encaissais bien c'est tout.
Mais il insistait, à tel point que mes larmes ont cessés et étonnée, je me suis mise à observer mon natel sonner, puis à attendre le prochain essaie de sa part, et encore, et encore… Puis, la peur que ça cesse tout à coup, et aussi parce qu’il avait l’air de vraiment insister beaucoup, j’ai répondu d’une petit voix incertaine.
-
J’arrive! Je voulais juste t’avertir, je pars maintenant ok. Pourquoi tu ne répondais pas?
-
Non, ne fait pas ça, ça va aller.
-
Quoi? Qu’est-ce que tu racontes?
Nooon!!! Mais qu’est-ce que je raconte moi? Je me suis entendue en train de lui dire de ne pas venir??? Je suis siphonnée au quoi!
-
Je veux dire que… Oh, je sais pas ce que je veux dire…
-
J’ai compris, tu veux juste un petit câlin? Qu’on se voit 2mn, c’est ça?
La honte… Lui avoir fait tout un caca nerveux pour pas grand chose! Maintenant qu’il le disait à haute voix, je me sentais stupide. J’avais flippé, je ne pensais pas pouvoir tenir toute une soirée sans le voir, je pensais en mourir, et voilà que le fait qu’il me dise qu’il venait, je me sentais plus sereine? Je devais être folle dingue! Ou était-ce parce que j’avais évacué mon angoisse dans les larmes et que le fait de l’avoir vu se donner autant de mal pour me joindre m’a tout à coup calmée???
-
Babe? Tu veux que je vienne? Ou... tu veux passer? Tu peux passer à la maison tu sais, Jess ne nous dérangera pas…
Quoi? Qu’est-ce qu’il dit? Pourquoi? Wah, qu’est-ce qu’il avait encore fait? Glups, je n’osais pas le lui demander, je crois que je me sentais responsable et largement coupable. Tout était monté en flèche dans ma tête, et maintenant, c’était le calme complet. Je ne savais pas si j’aurai le culot de me pointer chez lui, mais c’était clair que pour 2mn, c’était salaud de le faire venir jusqu’ici? Pour finir, c’est même lui qui s’est mis à insister pour que je passer chez lui, alors j’ai accepté.
Jess était déjà couchée? Ou si elle ne l’était pas, elle restait hors de vue. J’entendais la télé dans la chambre, donc à mon avis, elle ne devait pas dormir.
Pascal m’attendait sur le pas de la porte, puis il m’a invitée à entrer. A l’intérieur, j’ai eu le cafard. Il y a pas si longtemps, je me sentais chez moi ici, maintenant, elle, elle était revenue, et je n’étais plus la bienvenue. Je me souvenais aussi qu’il m’avait dit qu’il ne s’était jamais senti à l’aise de m’avoir à la maison. L’air de rien, ce petit aveux de sa part m’avait vachement blessée. J’avais toujours pensé qu’il était heureux de m’avoir à la maison, ça a brisé mes illusions. Je préférais qu’on reste dehors, je ne voulais pas empiéter sur le territoire de quelqu’un d’autre.
On s’est assis sur la terrasse et je voulais être dans ses bras, mais il ne semblait pas faire de tentative ou chercher le contact. Est-ce que je devais moi faire le 1er pas? Timidement je me suis approchée pour me serrer contre lui et il a mis le bras autour de moi. Est-ce qu’il était mal à l’aise?
Jess a passé la tête par la porte pour nous demander d’aller à l’intérieur, c’était préférable de ne pas traîner dehors. Elle m’a saluée, puis, avant de disparaître dans sa chambre en nous laissant tous les 2, elle a passé la main dans les cheveux de son homme en lui faisant un bisou sur la bouche avant de disparaître dans sa chambre.
Pascal m’a prise dans ses bras, sans rien de pervers, il me serrait juste contre lui. On est resté comme ça sur le canapé un moment sans rien dire, avant de discuter de choses et d’autres en chuchotant. D’abord, on a évité de parler de mon coup de fils d’avant, et du fait qu’on ne se voyait pas des masses, mais forcément, on a fini par venir sur le sujet. Je sais bien que ce n’était pas l’endroit, ni le bon moment, avec sa femme dans la pièce d’à côté, mais il fallait bien qu’on en parle!
Bien sûr, je lui ai demandé comment ça se faisait qu’il ait proposé que je vienne chez lui, c’était plutôt embarrassant. Donc, Pascal m’a expliqué qu’après mon coup de fils, il ne s’était pas senti soulagé du tout, il avait senti que je n’allais pas bien, sinon jamais j’aurai autant insisté. Alors, il a prévenu sa femme qu’il allait s’absenter un moment, qu’il sentait que je n’allais pas bien. Il a essayé de me joindre sans succès, puis Jess a été contente d’apprendre que Pascal m’avait invitée à passer à la maison, chez eux.
Jess était persuadée qu’on ne se voyait plus, que c’était terminée depuis quelques temps, alors de savoir que je venais chez eux était, en quelque sorte, une confirmation. Sa femme se sentais soulagée.
Moi aussi… J’avais passé un petit moment avec Pascal, serrée dans ses bras, contre lui… Je me sentais mieux. Ma peine et mon angoisse avait disparu. Pascal avait promis qu’on se verrait ce soir, et pour ça aussi, je me sentais soulagée et beaucoup plus heureuse que quelques heures plus tôt.