Vendredi, 31 mai 2013 - 151/2013 - Rencontre imprévue...
Ben, je dois dire que Pascal ne me déçoit pas, question persévérance. Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit aussi tenace. Malgré la manière que je l'ai traîté hier soir, il n'a pas cessé de m'envoyer messages sur messages, même s'il se doutait maintenant, que je l'évitais et que je ne voulais pas répondre à ses appels.
Ce qui me fait me poser des questions tout de même; si je veux que les choses s'arrangent, ne faudrait-il pas que je lui parle? Ou au moins, répondre à ses appels ou, au minimum à ses appels? Parce que, ça ne nous avancera à rien de ne pas se parler! Mais voilà, pour dire quoi? Lui prendre la tête avec mes déceptions? Lui faire une bonne vieille scène? Pfff, oui, il faudrait que j'arrête de fuir et lui faire face. Mais pas aujourd'hui, j'ai encore besoin de temps pour me calmer.
Pascal me manquait, mais je n'avais pas envie de le voir... Va comprendre!
Disons que je me connais, et je finirais vite par lui lancer des vacheries à la tête. Pas qu'il ne les mérite pas, mais, c'est pas comme ça qu'on fait quant on veut que les choses évoluent dans le bon sens.
Thomas m'avait invitée à aller au ciné avec lui ce soir. Je sais bien qu'il espérait m'attirer après en soirée. Mais, je ne suis pas encore prête à re-croiser Pascal. Et l'idée qu'il se balade encore avec Elodie me met dans tous mes états. Je passe de la déprime, à la folie, en passant par une rage aveugle. Ca me donne envie de lui cracher à la gueule. J'ai envie de lui, mais en même temps, je pense à lui et Elodie, et ça me dégoûte d'en avoir envie. Et je le déteste encore plus. Ca me tourne l'estomac et me donne envie de faire des choses qui le rendrait furax.
J'ai accepté d'aller au ciné avec Thomas, mais en arrivant sur les lieux, en retard bien sûr, j'ai vu que Pascal était là aussi. Ils étaient tous les deux debout à l'entrée et m'attendait. Thomas semblait calme et Pascal faisait des aller retour nerveux. Alors, Thomas aurait organisé le ciné pour qu'on se voit? Je me suis sentie trahie. J'ai fait demi tour et je suis partie sans demander mon reste. Désolée Pascal, ce ne sera pas pour ce soir!
Cachée dans mon coin, j'ai envoyé un message à Thomas. Je devais lui dire que j'avais vu qu'il avait emmené Pascal avec lui, alors je rentrais. Je n'étais pas encore prête pour ça, et que j'aurai préféré qu'il me consulte avant. Hihihi, je l'ai vu sourire à moitié. J'ai su après qu'il avait été content de savoir que je n'avais pas accepté son invitation, seulement pour revoir Pascal. Donc, c'était pour être avec lui, et ça, ça lui avait fait plaisir.
Pascal par contre a semblé s'effondrer... Il pensait que sa seule présence aurait suffit à me faire sortir du bois? Gonflé!
J'aurai peut-être dû rajouter dans mon message qu'il n'avait qu'à retourner roucouler dans le cou de sa Elodie! Non, non. S'il n'y pensait pas, j'allais pas encore lui donner de mauvaises idées. Je me suis demandée ce qu'il allait faire ce soir? Alors, j'ai décidé d'essayer de le suivre discrètement. Mais, ça me posait un gros problème, il connaissait ma voiture! Et ce soir, je n'avais pas l'aide de Caroline.
Il ne m'a pas fallu 5mn pour le perdre dans la circulation. Peut-être que je faisait trop attention? Peut-être que j'avais trop peur que Thomas passe et reconnaisse lui aussi ma voiture. J'ai failli abandonner. J'ai pensé aller voir et attendre chez Elodie, mais j'ai bien fait de passer par le bleu d'abord. Je n'ai pas osé sortir de ma voiture, ni trop approcher.
J'ai alors pensé appeler Caro, après lui avoir envoyé un message. Elle était bien là-bas, et elle m'a dit que Pascal venait d'arriver. Un peu moins réjouissant était d'apprendre qu'Elodie, toute pimpante était là aussi. J'en voulais à mort à Pascal de l'avoir imposée à toute l'équipe. C'était ma place, pas la sienne.
J'ai fait demi tour pour rentrer. Il ne valait pas la peine que je verse une seule goutte de larmes pour lui...
Mais bon, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. Les yeux remplis de larmes, la gorge serrée, je pleurais comme une madeleine en rentrant. J'avais trop mal au coeur en pensant qu'il allait vite oublier sa déconvenue de tout à l'heure et aussi vite se consoler dans les bras de l'autre pouffe. Je l'imaginais déjà... Riant à gorge déployé, alors que j'avais de la peine à respirer et voir la route, regardant l'autre miss avec des étoiles pleins les yeux... Je le haïssais de me faire autant de peine, de m'oublier aussi vite.
Je n'ai presque pas entendu mon natel sonner. Caro m'apprenait que Pascal était passé en coup de vent. Elodie lui avait proposé d'aller chez elle, ou de rentrer avec lui. Pascal avait prétendu être crevé. Caroline avait alors pensé pouvoir se faire inviter à sa place, mais Pascal avait aussi décliné, et il avait filé après être passé à peine 10mn sur place.

Les larmes ont cessés... Ah oui? Pourquoi? Est-ce que par hasard je lui manquais?
Caro allait encore passer chez lui. Elle voulait tenté encore sa chance. Je l'ai prévenue que j'irai voir, mais ça ne l'a pas gênée, ça l'a plutôt fait rigoler. J'ai foncé à mon tour sur place. Caro était déjà là. Etonnament, Pascal ne l'a pas fait entrer. Il pleuvait à verse, mais ils restaient sur le pas de la porte. J'étais aussi en train de me prendre une bonne douche. Puis, Elodie est arrivée.
Oh là, mon sang n'a fait qu'un tour! Pascal avait certainement été au Pub pour la voir et ils se sont donné rendez-vous chez lui. Le rat. J'avais envie de foncer dans le tas. De le mordre, de lui lancer des tas d'insultes à la gueule. De la gifler, la pousser par terre dans la pluie. Puis non. Ce serait le pire des comportements.
Apparemment, la présence de Caro a jeté un froid. Le coeur écrasé par les battements brouillon de mon sang dans mes oreilles, j'attendais, tendue. Si Pascal la faisait entrer, c'est qu'ils avaient bidulé ce rendez-vous. Il avait intérêt de ne pas me décevoir. Les minutes qu'ils ont passés sur le pas de la porte tous les 3 m'ont semblés durer un siècle.
Puis, Elodie est remontée en voiture et est partie sur les chapeaux de roues. Puis, c'était au tour de Caroline. Je l'ai attendue. Je voulais savoir ce qu'ils se sont dit. D'ici qu'elle arrive en courant dans ma direction, j'ai décidé de ne rien demander. Si elle voulait me raconter, elle le fera d'elle même, j'en étais sûre.
Chez elle, on s'est séché, puis on s'est installé à même le sol devant un chocolat chaud. On tremblait de froid. J'étais trempe jusqu'à l'os. Tétanisée aussi. Peut-être qu'on aurait dû attendre encore un peu, Elodie reviendrait peut-être. Elle n'était partie que pour donner le change? Puis zut, je préférais ne pas le savoir. Ca ne ferait que me faire souffrir.
Ca faisait une petite demi heure qu'on papotait toutes les 2 quant Pascal s'est pointé... Glups!
Le temps avait passé si vite... M'enfuir du cinéma, tourner en rond avec l'espoir d'apercevoir Pascal, parler au téléphone avec Caro, poiroter sous la pluie, et c'était déjà passé minuit! Et voilà que Pascal se tenait sur le pas de la porte chez Caroline!
Mince, attend... Pascal était venu chez Caroline? Au lieu de chercher à me trouver? Après avoir laissé partir Elodie? Il avait décidé ça comme ça? Pourquoi Caroline? Quelque chose m'échappait grace!
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Je ne sais pas pourquoi, mais j'étais sûr de te trouver ici...
Pascal s'adressait à moi. Il avait l'air satisfait de sa trouvaille. Je me sentais prise au piège. Un peu bête aussi. Il a demandé à Caroline si elle pouvait nous laisser discuter 2mn. Ca c'était bizarre. Ou voulait-il qu'elle aille? En plus, elle était chez elle. Gentille, Caro s'est retirée dans sa chambre. Mais, je savais qu'elle écouterait à la porte. Et moi, j'avais envie de fuir.
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Pace, je n'ai aucune envie de parler... Pas ce soir. Je...
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Pas ce soir, pas demain? Alors quand? Je peux savoir pendant combien de temps tu penses encore me faire la gueule?
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Waouh, exactement le genre de sujet que je préfère éviter.
Je me suis levée pour ramasser mes affaires et me diriger vers la porte. Tant pis, j'enverrai un message à Caro pour m'excuser d'être partie comme ça. Mais, Pascal m'a retenue.
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Tu ne va pas t'enfuir encore. On va tirer ces malentendus au clair tout de suite. J'étais sûr que si j'avais le malheur de ne pas être sagement chez moi, tu allais me faire la tête au carré. J'ai pensé que c'était un piège quant Caro s'est pointée chez moi. Et bizarrement, elle n'a pas autant insisté que les autres fois!
Moi contre lui? Lui faire la tête au carré? Rien que ça? Il rigole?
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Ce n'était pas du tout un piège. Rien n'était prévu entre Caro et moi.
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Tu parles! Alors comment ça se fait que je te retrouve ici, alors que tu as passé la semaine à me fuit comme la peste?
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Je l'ai appelée, et je savais qu'elle allait chez toi, quant elle m'a dit qu'elle rentrait, je suis venue. J'avais envie de la voir.
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Mouais à d'autres!
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Pascal, je n'ai pas envie de te parler... J'ai besoin de temps. Laisse moi partir.
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Mais bordel Jane, tu ne pourrais pas juste balancer ce que tu as à me dire, m'insulter si ça te soulage, mais parle bon dieu. A quoi ça sert de traîner des grudge pendant des semaines. Tu ne penses pas qu'on pourrait pour une fois parler et régler les choses?
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Laisse-moi! Mais... C'est vrai que j'aurai été très déçue que tu traînes avec une nana à faire la fête, alors que tu m'as laissé aussi facilement tomber le week-end passé. Puis, je suis sûre que c'est ce que tu as fait de toute façon, alors pour l'instant, rien que de te voir me fout des boutons.
Wahhh, j'ai regratté d'avoir dit ça en voyant son visage se décomposer. Non, je l'aimais tellement, mais parfois, quant je ne les contrôle pas, les mots s'échappent de ma bouche souvent, sans que je puisse les retenir.
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Pfff, je ne sais pas ce que je dis... Tu vois, c'est juste pas le moment, je suis trop fatiguée, trop tout pour faire face à tout ça, même pour en parler. Je ne sais pas encore ce que j'en pense. Je n'ai pas eu le temps d'y penser (rhohhh le gros mensonge!). Tout ce qui sortirait de ma bouche ne serait que des trucs en l'air, juste parce que je ne veux pas en parler. Alors, par pitié, laisse-moi.
Je serrais ma veste contre moi comme bouclier. J'avais reculé jusqu'à la porte sans m'en rendre compte. Je ne pouvais vraiment pas lui parler pour l'instant. Il me fallait y réfléchir calmement avant et m'y préparer. Comme ça, ça va pas. Je risquerais de dire des choses que je regretterais ensuite.
Pascal a encore tenté de me retenir par le bras. Je le lui ai arraché et j'ai regretté aussitôt mon geste brusque. Je ne voulais pas qu'il pense qu'il me dégoûtait. Même si quelque part, c'était le cas, mais je l'aimais aussi tout autant. Et c'est ce qui me perturbe.
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Viens au moins à la maison... On pourra parler ou non... Comme tu veux... Tu pourrais prendre tout ton temps, mais ne pars pas, s'il-te-plaît?
J'ai fait non de la tête et j'ai pris mes jambes à mon cou, comme si tous les diables de l'enfer étaient à mes trousses. J'ai jeté un dernier coup d'oeil en arrière, et je l'ai vu debout dans l'embrasure de la porte. Il semblait si seul, ça m'a fait mal au coeur. C'était idiot, parce que je suis sûre qu'il se fera consoler par Caroline!
Caroline qui se fera un plaisir de me remplacer, de lui remonter le moral et l'aider à m'oublier. Mais, il avait l'air si seul...