Dimanche, 24 Novembre 2013 - 328/2013 - Donner une chance à leur mariage!!!
Rien de plus humiliant que de se trouver, presque à poil, nez à nez avec la bonne femme de ton mec. Premier moment de surprise passé, Pascal lui a demandé ce qu’elle faisait là. Puis, il m’a demandé de les laisser un moment. Comme un zombie, je suis montée pour aller m’habiller dans notre chambre.
Jess a voulu encore savoir s’il m’avait parlé, ce qu'il m'avait dit. En haut des escaliers, j’ai pu enfin me laisser aller. En effet, qu’est-ce qu’elle est venue faire là? Me parler? De quoi donc? Etait-elle enceinte ou un truc du genre? Encore? Est-ce que c’était de ça que Caro avait voulu parler? Encore une fois, Caro était au courant avant moi. Les larmes m’ont brouillés les yeux. Puis, j’ai réalisé que je les entendais.
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Alors?
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Et tu es venue ici pourquoi’ Pour te moquer? Pour la prendre de haut? Je ne te laisserai pas faire. Je t’ai dis que j’avais besoin de temps. Rentre. Tu n’aurais pas dû venir.
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Pourquoi? Pour te laisser passer un week-end à t’envoyer en l’air avec elle? Tu te moques de moi? Tu devais lui parler cette semaine, tu me l’avais promis. Tu avais toute la semaine pour le faire. Au lieu de ça, tu attends le week-end, et tu viens t’enfermer ici avec elle. Et qu’est-ce que je constate quant…
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Jess arrête!
Pascal lui a fait baissé le ton. Ils se sont mis à chuchoter. Donc, il devait me parler de quelque chose d’important. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu froid. Je crois que j’avais aussi un peu les boules. Mon estomac était tout retourné. Tout remontait et j’ai dû courir vomir dans la salle de bains. Je crois qu’inconsciemment, je savais que quelque chose n’allait pas. Je l’avais pressenti. Pascal était vraiment trop adorable. Quelque chose clochait vachement. C’était comme s’il me faisait passé un bon moment avant de me mener à l’abattoir.
Normalement, Pascal aurait dû voir Caro aussi ce week-end, mais j’avais pensé qu’il avait plus envi de me voir qu’elle. Et ça avait fait mon bonheur. Zut, je voulais que mes doutes s’en aillent. Qu’on en vienne direct à ce qu’il avait à me dire et que mon malaise s’en aille.
J’ai voulu regagné le salon et j’ai entendu Pascal lui demander encore de s’en aller. Mais Jess n’en avait aucune intention. Elle voulait rester, et voulait qu’il me parle ce soir. Ils se sont tus en me voyant en haut des escaliers. J’étais habillée, mon sac prêt. Prête à m’en aller si elle restait.
Jess m’a croisé dans les escaliers pour monter aux étages, sans un regard, sans un mot. En bas, Pascal se frottait le front, les yeux clos. Il semblait ennuyé. Ou était-ce ma présence qui l’ennuyait? J’ai attendu qu’il parle en premier. J’ai remarqué l’expression fugace d’embarras dans ses yeux. Une fraction de seconde d’hésitation. Il cherchait sûrement quoi dire, comment commencer une phrase. Mais il m’a seulement tendu la main. On s’est assis sur le canapé. De longues secondes. Une éternité qui nous séparait aussi surement que la distance. Pascal aurait aussi bien pu être à l’autre bout du monde. C’était un grand moment de solitude.
Jess est redescendu pour dire qu’elle voulait que j’enlève mes affaires de leur chambre. Glups. Alors elle restait? Peut-être que je devrais faire comme j’avais pensé; partir. Mais je suis restée. Je voulais rester. Je voulais être à ses côtés, qu’il me parle, qu’on en finisse avec les mystères. Pascal a fait la grimace, une petite grimace qui me montrait qu’il ne savait vraiment pas quoi faire. Il ne s’attendait sûrement pas à se retrouver dans cette situation. Moi non plus. La poisse.
On a laissé Jess au salon pour s’évader d’abord au salon d’hiver. Mais Jess était trop près, alors on s’est réfugié à la piscine. Pascal ne semblait toujours pas prêt à parler. Il restait murer dans un silence qui commençait à me terrifier. Je lui ai pris la main, il a tourné la tête vers moi avec un sourire torturé; “tu cherches comment me plaquer, c’est ça”. Il a froncé les sourcils en baissant la tête.
Alors c’était ça!!! Menteur. Pourquoi me faire croire le contraire? Pourquoi ce week-end? C’était monstrueux.
J’avais envie de lui gueuler dessus, mais quant il a plongé son regard dans les miens, j’ai remarqué sa souffrance. Pascal était au bord des larmes. Je n’avais plus envie de gueuler. Pascal ne savait pas quoi dire, ne savait pas quoi faire. Il se sentait piégé. Je ne pouvais pas l’accabler encore plus.
Jess a tenté de rentrer dans la piscine. C’était fermé à clé. Je ne m’étais pas aperçu que Pascal avait tout bouclé. D’une presque éteinte, il m’a dit qu’il ne se sentait pas la force de parler ce soir, mais qu’effectivement, il fallait qu’on parle; “Est-ce que tu veux qu’on s’en aille d’ici? Jess ne veut pas..”. Oui, je sais, elle ne voulait pas partir. En jetant un regard à la petit fenêtre derrière laquelle Jess était toujours, il m’a dit que ce serait peut-être mieux si on allait ailleurs pour discuter.
Je voulais aussi être seule avec lui, ne pas avoir Jess sur les talons. Dès qu’on a passé la porte, Jess nous a talonné jusqu’au salon. Pascal avait l’air abattu. Ça me faisait mal au coeur. Je l’avais rarement vu dans cet état. Jess s’est plantée devant moi, à quelques centimètres de mon visage; "Pascal et moi avons décidé de donner une chance à notre mariage. Et pour ça, il doit mettre un terme à votre petite…".
“Jess ça suffit. Arrête.” Sa voix était basse, mais son ton était tranchant. Pascal s’est mis entre nous faisant face à sa femme. Imperceptiblement, il m’avait fait passer derrière lui. Il lui a demandé de nous laisser, qu’elle en avait assez dit. Essayant de capter mon regard, Jess continuait à lui dire d’en terminer, qu’il le lui avait promis. Les choses s’envenimaient, alors j’ai pensé que je devais dire quelque chose pour désamorcer la situation. Clamer les choses; “Je crois que je ferais mieux de rentrer”.
Pascal ne voulait pas. Je me suis faufilée pour monter prendre mes affaires. Pas question qu’elle me fasse dormir dans une autre chambre à me morfondre toute la nuit. Je savais que c’était lâche et que je ne cherchais qu’à fuir l’évidence.
Je suis restée bloquée en haut, dans le coin de l’escalier. Mon coeur battait trop fort, d’entendre sa voix me troublait. Mais je n’étais pas très à l’aise d’entendre la colère dans la voix de Jess. Je me sentais coupable et remplie de pitié en même temps que Pascal ait à subir tout ça par ma faute.
Jess lui rappelait sa promesse lors de leur week-end en Corse. Pascal lui disait rappelait qu’il lui avait demandé un peu de temps. Mon coeur l’aimait tant de l’entendre lui dire qu’ils parlaient de moi, et qu’il tenait à moi. Pascal lui a rappelé aussi qu’on avait passé des années ensemble. Malgré mon désarroi, ça m’a fait sourire. On ne peut pas appeler 5ans des années. Il avait passé plus de temps avec sa femme qu’avec moi. C’était étrange d’entendre ça.
Ok, assez. J’ai déboulé dans les escaliers. Pascal s’est retourné, Jess a souri. Mince, c’était ce qu’elle espérait? Me voir fuir? Zut, je jouais dans son jeu? Zut, je ne voulais pas que ce soit Pascal qui soit blessé! Ni moi non plus! Pascal s’est précipité pour me prendre mon sac des mains. Il voulait que je reste, ou qu’on aille ailleurs pour discuter tranquillement. Ses yeux me suppliaient. Jess s’est alors interposée. Elle m’a tendu les clés de sa voiture.
Elle avait deviné qu’on était venu ensemble. Ben non, il fallait que je reste. Mais comment faire sans avoir l’air idiote maintenant.
J’ai laissé Pascal me soulager de mon sac. Les bras ballants, j’attendais la suite. Pascal a demandé à Jess de ne pas nous attendre, on sortait parler. Elle a voulu nous suivre. Comme une bille, je suivais le mouvement sans réagir. Pascal m’a tendu ses clés et m’a demandé d’attendre dans la voiture. Il a assuré à Jess qu’on allait juste au village. Qu’il rentrerait dormir. Il l’a promis.
Jess s’est précipitée dehors se jeter sur le siège arrière de la voiture. Tout ça commençait à tourner au ridicule. Pascal est resté devant la voiture, ne sachant pas quoi faire. Il ne pouvait pas arracher sa femme de la voiture, ç’aurait été humiliant devant moi. Et il ne pouvait pas la prendre avec non plus. Je l’ai compris tout de suite, alors je suis descendue pour retourner dans le chalet. Pascal lui faisait remarquer que mes affaires et les siennes étaient au chalet, qu’est-ce qu’elle imaginait? Qu’on allait prendre la fuite? Pour aller où? C’était clair qu’on reviendrai au chalet, alors pourquoi faisait-elle ça?
Butée, les bras croisés, elle restait plantée sur le siège sans bouger. Après une minute, Pascal a ouvert la portière et lui a tendu la main. Elle avait les yeux rouges. Les larmes ont commencés à couler et Pascal l’a prise dans ses bras. En haut des marches du porches, je le regardais la consoler.
Je n’avais rien à faire là. C’était mieux que je m’en aille. Dans ma précipitation tout à l’heure, j’avais oublié que je n’avais pas ma voiture. Si Pascal m’avait laissé partir, j’aurai eu l’air fine une fois dehors! Je n’avais même pas pensé appeler un taxi. Je ne sais pas ce que j’aurai fait.
En ce moment, je me sentais si mal. Je voudrais disparaître d’ici. Je ne voulais pas savoir ce que Pascal avait à me dire. Pas entendre toutes les excuses et les raisons qu’il s’apprêtait à m’abreuver. L’empêche, mon coeur saignait pour lui. Il devait se sentir si mal.
Quoique… Je me faisais peut-être des illusions… C’était peut-être du cinoche? Il en avait peut-être rien à foutre de moi en fait? Il était peut-être seulement embarrasser de se retrouver acculé? Mais, c’était de sa faute aussi. Il avait laissé Jess lui bourrer la tête. Quel manque de caractère. Puis non, il ne pouvait pas être aussi machiavélique?
J’ai essayé de suggérer à Pascal qu’on pouvait parler une autre fois, un autre jour, qu’il était préférable que je rentre. Cette fois, il n’a pas insisté. Je crois qu’il était épuisé. Pascal avait l’air triste, déprimé… Il a pensé que c’était peut-être préférable qu’on rentre tous.
Mais voilà, Jess rechignait à nous laisser rouler ensemble, et il n’était pas question que je monte dans sa voiture! Alors on fait comment. Nerveusement, Pascal s’est passé les mains dans les cheveux, s’est frotté les yeux. Il était à bout, je connaissais les signes. Jess était pâle elle aussi. On était tous les 3 épuisés. Elle s’est mise à pleurer quant Pascal à suggérer de me ramener, ce qui nous permettrait de parler sur la route. Elle ne voulait pas.
J’ai appelé un taxi pendant qu’ils préparaient leurs affaires. Pascal a tenu à régler le taxi. Chacun dans une voiture différente, on a pris la route. Je voyais bien que le chauffeur m’observait. Il devait se demander ce qui se passait, et franchement, je le comprenais. 2 voitures, et chacun part avec une. Jess suivait la voiture à Pascal, et nous, on était derrière. Le taxi ne roulait pas très vite, alors on a très vite été distancé.
Pascal a essayé de m’appeler, mais aussitôt, Jess l’a appelé sur l’autre ligne. De toute façon, avec ce chauffeur curieux, je n’aurai pas pu parler. J’ai même été soulagée d’être obligée de raccrocher. Pascal a proposé qu’on se voit dimanche en fin de journée, j’ai accepté. Je crois que je n’arriverais pas à me reposer tant que je ne l’aurais pas vu. Tant qu’on aura pas crever l’abcès. De toute façon, maintenant, je sais de quoi il voulait me parler, mais je voulais l’entendre de sa bouche.
Et savoir pourquoi! Après toutes ces années à s’accrocher, comment avait-il pu vouloir redonner une seconde chance à son mariage? C’était horrible de penser que je m’étais laissée bercer d’illusions… A quoi je m’attendais de la part d’un homme marié! J’avais la détestable impression de m’être faite roulée… D’avoir servi de colle entre sa femme et lui...