106/15 - Entre femmes et rivales
Vendredi 16 avril 2015 - 106/15 - Entre femmes et rivales
Arfff, rendez-vous avec Jess. Pas envie. J’ai cherché une grosse excuse pour annuler. Pas trouvé. Et franchement, je n’osais pas trop non plus. Je voulais arriver après elle, mais, j’étais là la première. Son entrée n’a pas manqué de tourner toutes les têtes. Surtout les hommes d’ailleurs. Le serveur s’est précipité comme s’il avait peur qu’on lui pique la place! Débile. Avant de s’asseoir, elle s’est penchée par dessus la table pour me faire la bise, ce qui m’a obligée à un semblant de levée de chaise. Les regards des messieurs aux alentours ont caressés ses courbes parfaites et ses longs cheveux qui se sont étalés sur la table.
Après les quelques mots d’intro; tu vas bien, etc, elle a attaqué direct.
- J’avais cru comprendre que tu ne cherchais pas à te marier, ni rien... et on avait commencé à être amies, mais ces derniers temps je me suis posée beaucoup de questions... je voulais savoir si c’était toi qui poussait Pascal à demander le divorce? Qu’est-ce qui a changé?
- Ha non, ce n’est certainement pas moi qui pousse Pascal... Vraiment pas!
- Tu peux me le dire, de toute façon, ça ne changera rien...
Jess ne semblait pas me croire quant je lui disais ne rien à voir avec la décision de Pascal.
Il a fallu du temps pour que j’aie l’impression qu’elle commençait à comprendre que je n’y étais pour rien. Que je n’avais appris que tout dernièrement qu’il avait demandé le divorce. Je lui ai ouvert mon coeur.
Je lui ai expliqué que Pascal avait commencé à me faire du chantage pour qu’on vive ensemble, qu’elle savait surement que j’étais assez réticente, c’est pour ça qu’il m’en a parlé. Pascal pensait peut-être que c’était ce qu’il fallait pour me faire sauter le pas! Malgré tout, j’ai encore tenté de lui expliquer que ce n’était pas le cas.
Jess m’a demandé si je pensais qu’il y avait quelqu’un d’autre qui le poussait discrètement. Pfff, je ne le pense pas. Pascal est un grand garçon, il prend ses décisions tout seul. Je pense pas que qui que ce soit réussirait à le manipuler de la sorte.
Pascal est même le seul homme que je connais qui fait ce qu’il veut sans que l’opinion des autres l’influence. C’est d’ailleurs une des qualités principales qui me plait tellement chez lui. Qualité que j’essaie d’imiter.
Si je n’avais pas mis si longtemps à répondre à son invitation, Jess serait déjà rentrée aux Etats-Unis. Glups.
Caroline a appelé alors qu’on était encore au restaurant. J’ai consulté Jess du regard avant de lui proposer de venir nous rejoindre, mais Caro ne semblait pas avoir la forme et ça ne lui disait rien d’être entourée de monde. Par Jess, j’ai appris que Pascal était en voyage pour le boulot. Hum, j’aurai peut-être dû écouter mes messages vocaux! Je n’en savais rien, j’avais été tellement occupée ces derniers jours.
Moi qui pensait sillonner les bars avec Caro pour le retrouver... Je n’avais plus qu’à rentrer chez moi.
On a traîné jusqu’à la fermeture. Je crois que s’il y avait pas eu Pascal entre nous, on serait amie. J’aime bien son côté « destroy », complètement à la masse et sous ses airs « classe » son côté « trash » (une petite touche de vulgarité). Disons c’était plutôt sa franchise, elle était plutôt directe. Jess avait beaucoup de charme, et elle aimait séduire tous les mâles qui avaient le malheurs de passer dans son champ. C’était facile de deviner pourquoi Pascal était tombé amoureux d’elle.
Fatiguée d’être seule et enfermée chez elle, Caroline a décidé de se joindre à nous. Comme le restaurant fermait, on a été l’attendre au White. Oui, je l’aime bien finalement, et j’ai un peu mal au coeur d’avoir le sentiment d’y être pour quelque chose dans son éloignement d’avec Pascal. Pourtant, j’imagine que si ça n’avait pas été moi, c’aurait été une autre, donc ce n’était pas de ma faute. Et on a vraiment passé une bonne soirée toutes les 3. On a beaucoup rigolé. On a aussi bien sûr parlé de Pascal de ses petits défauts (que je ne vois pas); il est méticuleux, trop sérieux et ne comprend pas toujours quant on lui fait des blagues. Mais c’est aussi cette innocente qui me plaît tellement.
On a vite changé de sujet pour ne pas déprimé de savoir qu’aucune de nous, qu’aucune de nous trois ne le possédait vraiment complètement.
Elle est partie en début d'après-midi. Comme j'étais folle de joie, je ne voulais pas manquer une miette de mon temps, et j'avais l'intention de me coucher le plus tard possible.



A mon retour, en fin d’après-midi, 

Au lieu de m’appeler pour insister sur le contraire, ce qui m’aurait rassurée, il m’a juste envoyé un message pour dire; « Tu me manques, mais ça me fait plaisir d’être avec ma famille aussi... Bisous ».