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Lun - 15 juin 2020 - Jour J-4...
Pascal m'a demandé de rester. De rester toute la semaine, ou il pouvait venir chez moi si je préférais. Il avait l'air tellement désespéré de me faire accepter, ça m'a touché. Je sais bien qu'il a du shampoing, des tonnes de produits de douche, mais il y a des choses pour lesquelles j'aime mieux être chez moi, en toute intimité.
Rester le week-end, ça commence à ne me poser aucun problème, mais je ne suis pas installée chez lui, alors il me manque toujours mes petites affaires. Oui, je sais, je suis bourrée de manies. Par exemple, me laver les cheveux et faire mon brushing, je préfère chez moi.
Chez moi, je peux me balader à poils d'une pièce à l'autre, sans gêne. Son foehn n'est pas aussi performant que le mien, c'est juste un sèche-cheveux, moi il m'en faut un qui discipline mes cheveux frisés. Je rapporte toujours mon linge sale chez moi. Hors de question que je les laisse traîner chez lui pour sa femme de ménage.
Puis, il y a l'épilation, la chasse aux poils indésirables, soins des pieds, et touti quanti, que je ne ferai jamais chez lui. Autant qu'il garde l'illusion que je suis presque parfaite naturellement. C'est beaucoup de travail en arrière plan qu'il n'a pas à découvrir. Une des raison qui fait que je ne veux pas vivre avec un mec, quel qu'il soit.
Mettre tout ça sous le nez de son partenaire c'est tout gâché, c'est détruire le mystère, c'est, en tous cas pour moi, un tue-l'amour terrible. Et dire que certains pensent qu'on peut sans autre se faire les boutons devant son partenaire, beurk beurk beurk. Iark. Sans compter les mimiques qui vont avec!!!
C'est des choses que je n'ai pas à savoir de mon partenaire. C'est peut-être pour ça que j'adore tellement Pascal... Je ne l'ai jamais vu faire des trucs qui me dégoûteraient...
Quand même la boule au ventre à me rappeler qu'il part ce week-end, alors j'ai promis de m'arranger pour retourner chez lui ce soir. Et c'est ce que j'ai fais. Caro n'était pas très contente, mais bon. Il ne reste que quelques jours avant de le voir s'envoler pour New-York. Et moi aussi je veux profiter de passer le max de temps avec lui.
Cette semaine va être un peu lourde, dans le sens que Caro aussi est là tous les soirs... Elle commence à déprimer, et ça se voit. J'espère que j'arrive mieux à le cacher qu'elle. Ou... peut-être que je devrais me laisser aller un peu plus??? Après tout, ça m'angoisse qu'il s'en aille, alors pourquoi faire autant d'effort pour le cacher.
L'empêche, ça doit être pénible pour lui... On a mangé presque en silence, son voyage jetait une ombre de tristesse entre nous. Oui, ça commence à faire peur, les jours passent trop vite. En allant nous coucher, j'ai pas pu m'empêcher de faire le compte; il reste 4 jours... 4 foutus petits jours. Boule à l'estomac.
Je me suis reprogrammée pour être la plus gentille, douce possible, pour que quant il pense à moi là-bas, il se remémore ces derniers jours; mon sourire, mes petits gestes de tendresses, mes bisous, les rires, mes yeux qui le couvent d'amour, et lui dire que je l'aime autant que possible...
Lui laisser un paquet de bons souvenirs, qui l'encouragent à revenir aussi sec vers moi... vers nous...
Soyons sérieux, je ne pourrais jamais tenir plus d'une semaine à faire la gentille... S'il ne partait pas ce week-end, j'aurai râler sur Caro. Ou peut-être que je l'aurai renvoyer chez elle.
Mais "façade" oblige, j'ai gardé le sourire, ignoré les moments où elle se jetait sur Pascal, parfois la larme à l’œil.
Je dois avouer qu'elle était mignonne et attendrissante. On pouvait lire dans ses yeux sa détresse et à quel point elle l'aime. Au point même ou ça me rendait un poil jalouse. J'aurai voulu pouvoir être aussi attendrissante et chou. Je ne pense pas que c'était de la comédie.
Pour la consoler, Pascal lui faisait des bisous et lui rappelait qu'il ne partait pas pour toujours. Elle lui répondait toujours "même". Même ses "même" était mignon.
Quant je la vois faire, je me dis que je suis plutôt coincée et raide. A cause d'elle, de sa présence, je n'ose pas me laisser aller à être aussi libre, ni à le coller comme une limace.
Mais il faut que je me démarque, sinon Pascal ne se rappellera que d'elle... et pas de moi... J'ai le cœur lourd... Je crois que Pascal commence, lui aussi, à sentir la pression. Thomas lui, au contraire, semble très heureux. Ce foutu virus ,'a lâchement laisser tomber! Ils n'auraient pas pu partir sinon... et ça m'aurait plut.
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