En quittant le bateau, Pascal avait rallumé son natel et évidemment; bip-bip, bip-bip... Des tonnes de messages de Caroline! Comment est-ce qu'elle osait l’appeler comme ça s’il ne lui répondait pas? Apparemment, aucun messages importants, Pascal l’a remis sur silence. De toute manière, elle avait peut-être raison de le faire, parce que Pascal était perturbé. Je lui ai demandé s’il voulait la rappeler, mais il a secoué la tête pour dire non.
Hélas, je savais que Pascal était un sentimental, c’était une des choses que j’adorais tellement chez lui, donc, je savais que les appels de Caroline ne le laissaient pas indifférent.
A peine avoir passé la porte de son appart, on a fondu dans les bras l'un de l'autre, ou plutôt, j'ai fondu dans ses bras. On avait attendu ce moment toute la journée. Thomas nous a interrompu pour savoir si Pascal allait les rejoindre. Niet, il n’en avait pas envi. Coool. Je l'avais à moi pour le reste de la soirée, et tout le reste du dimanche ;))) Youpiiii.
Entre 2 bisous-câlins, Pascal m'a raconté les grands moments de la journée sur le bateau, moments que j'avais raté. Puis, j’ai fini par avoir le courage de lui dire ce qui me tracassait; Qu’est-ce qu’il avait l’intention de faire? Que peut-être qu’il devrait la rappeler et comme ça ce serait fait? Je ne comprenais pas pourquoi il avait allumé son natel, il devinait bien que Caroline l’avait appelé et que ça allait le perturber? Hum... évidemment, je n’avais pas pensé qu’il n’y avait pas que Caroline qui pouvait l’appeler!
Pascal l’a donc rappelée. Ils n'ont pas discuté très longtemps. Après on a eu la paix.
Pascal était tendre et chou comme d’habitude. Ha lala, je l’aime. J’aime lui... Encore des bisous, et encore, et j’en veux toujours plus, des tonnes. Jamais assez d’être dans ses bras... Hahhh Pascal... Je l’adore à mort.
Je me suis réveillée peut-être 1h après qu’on se soit couché. Je n’arrivais pas à dormir, il faisait chaud. J’ai été m’installer au salon avec mon ordinateur. Posé sur la table du salon, le natel à Pascal me narguait en s’illuminant sans cesse.
La curiosité à été la plus forte. J’ai pourtant hésité encore une petite seconde avant de lire ses messages. Une fois qu’on a enfilé un pieds dans l'engrenage, difficile de reculer. Pour ça, il ne faudrait jamais se laisser tenter. Après, j’ai aussi écouté les messages vocaux. Je n’aurai jamais dû...
J’étais partagée entre la jalousie mortelle de savoir qu’une autre à part moi, connaissait le bonheur de ses bras, de savoir qu’une autre pouvait prétendre l’aimer... J’avais l’impression d’être en quelque sorte dépossédée d’une partie de quelque chose d’intime... et en même temps, j’étais triste. Triste parce que sa peine transparaissait dans sa voix et m’avait transpercé le coeur.
Je ne pouvais pas me résoudre à le laisser aller la retrouver, mais je n’aurai pas le coeur de l’en empêcher non plus. Je me sentais plutôt mal... Je ne savais pas quoi faire... Pourquoi est-ce que je n’arrivais pas à être aussi froide que les autres? Pourquoi est-ce que je devrais me sentir concernée par le chagrin de quelqu’un d’autre?
Pascal s'était réveillé et m'a retrouvée au salon, son natel encore dans les mains, les yeux tous rouges. Bravo! J’étais au bord des larmes. Il a deviné que j’avais dû lire et probablement aussi écouter ses messages vocaux...
Pascal n’avait pas écouté ses messages vocaux, il allait sans doute le faire maintenant et il irait sûrement la consoler. Iak, ça me faisait mal au ventre. Il me fallait partir pour continuer à me faire des illusions et imaginer qu'il n’avait pas été la retrouver. Bannir le mot “consoler” de mon esprit, parce que cela impliquait des sentiments, notamment d’affections, voir d’amour... et ça...!
"Caroline lui disait combien ça lui avait fait de la peine qu’il ne l’invite pas sur le bateau samedi après-midi, qu’il lui manquait, qu’elle voulait le voir, même 5mn, qu’elle ne savait pas comment arriver à trouver le sommeil, que c’était trop dur de ne pas le voir, ni l'entendre, que s’il ne pouvait pas passer, qu’il l’appelle au moins, que ça lui faisait mal qu’il l’ignore comme ça, qu’est-ce qu’elle avait fait pour mériter ça, qu’elle l’aimait, qu’elle l’aimait tellement que ça lui faisait mal..."
Pascal m’a enlevé son natel des mains pour le reposer sur la table et voulait qu'on retourne se coucher, mais, je voulais rentrer. Je n’étais pas fâchée rien, mais, je préférais... prendre la fuite, détaller à toute jambe ou disparaître. Pascal était tout adorable et ça me rendait encore plus triste. Je ne voulais pas l’encourager à aller la voir, je ne le souhaitais pas, mais s’il partait, je ne voulais juste pas le savoir. C'était mieux si je n’étais pas là.
Idiote à mort, j'ai baragouiné un truc du genre; qu'il devrait écouter ses messages... Non mais, que le ciel me tombe sur la tête! Je suis vraiment trop idiote... Super réveil! Pascal s’est passé nerveusement les mains sur la tête, puis il a pris son natel pour écouter ses messages. Alors j’ai voulu partir. Je ne voulais pas voir son visage quant il les entendra, ni sentir qu'il était tiraillé entre Caroline et moi. Iaak. Pascal m’a empêché de partir. Il n’a écouté qu’un ou deux messages... Hélas, j’étais là. Hélas, je voyais que ça l’avait touché.
Les yeux dans le vague, après un silence lourd, pesant et long, Pascal s’est tourné vers moi pour demander ce qu’il devait faire..
Je ne le pensais pas, mais je ne pouvais pas lui dire le contraire sinon, je n’aurai qu’à m’en prendre à moi s’il y allait. Il a alors reposé son natel sur la table.
- Ok. Alors, on peut aller se coucher maintenant?
Non, non, non, fallait pas me demander ça! Ce n'était pas à moi de dire quoi que ce soit. Non mais, maintenant, c’est moi qui allait me sentir coupable. Vraiment, j’avais envie de rentrer, je ne voulais pas lui donner d’ordres et ne voulais pas qu’il reste là parce que je le lui demandais; je voulais qu'il reste seulement parce qu'il en avait envi! Va comprendre pourquoi je suis si contradictoire, je ne le comprenais pas moi-même. Je voulais vraiment disparaître d’ici... rentrer. Et ce n’était pas de sa faute, c’était la faute à pas de chance!
Je veux rentrer, je dois rentrer... Il faut que je rentre...
Ça y est j’étais passé en mode-bêtises. Je me répétais et je bafouillais lamentablement.
- Reste, je ne veux pas que tu rentre... Reste...
Quoi faire? Non, il fallait que je me sauve, que je sauve de mes propres angoisses et insécurités. Non, il allait falloir que j'aie le courage de les affronter... et confronter Pascal... Il fallait que je sache... Pourtant, quant je le regardais... ses beaux yeux verts, son sourire qui me fait tomber les chaussettes... je me sentais flancher... Mes jambes? Elles ne me portaient plus... J'ai dû m'asseoir!
- Avec qui est-ce que tu as vraiment envi d’être; Jess? Caroline? Ou moi?
- T'es sérieuse? Est-ce que j’ai vraiment besoin de répondre à cette question?
- Répond moi, sincèrement. Je ne t’en voudrais pas quoi que tu dises, tant que tu me laisses une petite place dans ta vie... Répond.
- Hey, regarde moi...
Non, je pouvais pas. Je tremblais de partout... J’avais peur de sa réponse. Il y a des moments comme ça où on demande une réponse en pensant très fort "surtout pas un mot, ou répond pas, ou encore; ment moi please!"
- Je t’aime à la folie, Jane. Tu le sais bien voyons. Tu ne devrais pas avoir à me poser la question.
- Tu me le jure?
- Je te le jure sur ma tête et de tout mon coeur.
Pascal s'interrogeait et pensait être responsable de mes doutes. Il pensait que si je pouvais douter, c'est qu'il avait dû faire ou dire quelque chose pour les provoquer, ou qu'il n'était pas clair...
- Tu n’es pas amoureux de Caroline? Même un tout petit peu? Evidemment, je ne voudrais pas que tu le sois, mais si tu l'es, je préférerais un bon gros mensonge là direct, ça me rassurerait.
On dirait que je lui disais tout ça pour être sûr qu’il me dise ce que je voulais entendre parce que le reste aurait été trop dur à entendre.
- Je ne suis pas amoureux de Caroline. Je n'ai jamais été amoureux de Caroline. Ça, tu le sais aussi. Je l’aime bien, mais suis pas amoureux d’elle. Tu sais bien que l'amour est quelque chose d’irrationel et qu’on ne peut pas contrôler.
- Tu sais...
Mon Dieu, coupez moi la langue, s’il-vous-plaît... mais non, personne pour faire le boulot, alors les conneries sont sortis tout seul.!
- Tu sais, si tu continuais à la voir, puisque tu m’assures que tu m’aime, je pourrais le comprendre, mais... et ça, ça peut paraître bizarre... je ne voudrais pas le savoir. Je ne voudrais même pas pouvoir m’en douter. Que personne ne le sache, parce que sinon, je finirais par le savoir...
- Et si tu arrêtais de dire des bêtises plus grosses que toi? Allé, viens là.... Et surtout... Tais toi.!
Je me suis sentie rassurée et moins angoissée, parce qu'il me couvrait de bisous et aussi d’être enfermé dans ses bras. Je pouvais entendre le battement de son coeur et ça calmait les battements disjonctés et nerveux du mien. Le combat d'éléphants dans ma tête se calmait peu à peu. Je frémissais de la tête aux pieds sous ses caresses.
- Si je me souviens bien, c’était bien toi qui disait ne pas vouloir me partager avec personne?
Il me taquinait en souriant, c’est que tout allait bien, je pouvais me laisser aller. Ça m’a fait sourire. Oui, je ne voulais pas le partager.
Après être redescendue sur terre, je réalisais que quant il écouterait ses messages, il allait se sentir mal de ne pas l’avoir rappelée au moins. Alors je décidais de rentrer et qu’on se verrait le lendemain., mais Pascal ne voulait rien savoir.
- Tu devrais écouter tes messages, je t’assure.
- Rhhhhah! Tu va pas recommencer!
J'ai insisté. Pascal a fait une petit grimace, puis il a pris son natel. J’ai vu ses yeux changer de couleur. Après les avoir écouté, il est resté un moment silencieux. Je suis sure qu’il se demandait comment me dire qu’il allait partir la rejoindre. J’aurai préféré être partie que d’entendre un seul mot dans ce sens. J’allais probablement même lui en vouloir! Finalement, il est sorti de son silence.
- Tu sais quoi? Même si j’ai dû mal à lui faire de la peine, il n’en reste pas moins que c’est toi que j’aime et je ne veux être avec personne d’autre. Je te le jure. Je m’en veux de nous avoir mis dans cette situation. C’est vraiment trop bête, comme si on n’avait pas déjà assez de problèmes comme ça. Tu sais, tu avais raison l’autre jour... je n’y avais pas pensé du tout... mais si je devrais choisir à qui je ne voudrais sûrement pas faire de peine; c’est bien à toi.
Il s’était levé pour me serrer dans ses bras.
- Et ce soir, malgré que tu puisses faire semblant d’avoir du courage, ou d’être rassurée, je sais que tu aura de la peine, et ça, je ne le veux pas... Maintenant, tu veux bien venir te coucher?
J’ai voulu parler, mais il m’a fait taire. Heureusement! J’allais encore dire des bêtises. Mais, oui-oui, c’est vrai, j’aurai eu de la peine. Et plus tard, délirante de chagrin, je me serais dit qu’il avait choisi de ne pas lui faire de peine à elle et à moi, oui... J’étais un peu plus rassurée, même si... j’avais quand même, même, si je ne l’aimais pas beaucoup, et même, si elle n’aurait pas eu de scrupules vis-à-vis de moi... j’avais quand même beaucoup de peine pour Caroline.
A moitié endormie, j’ai senti Pascal se relever. Avant de plonger dans le coma bénéfique du sommeil profond, je crois l’avoir entendu au téléphone. Ce devait être avec Caroline. Le jour se levait. Il n’était pas parti la rejoindre, s’il lui parlait au téléphone, qu’importe! Il n'était pas de marbre après tout et il était là, avec moi, c’était tout ce qui comptait.
Pascal dormait encore quant je me suis réveillée. Discrètement, j’ai filé pour rentrer chez moi. Je lui ai laissé un mot pour lui dire que j’avais des trucs à faire et qu’on pouvait se voir en fin de journée et passer la soirée ensemble... éventuellement?
Je pensais le laisser profiter d’aller voir Caroline s’il en ressentait le besoin, je ne voulais juste pas être là et je ne voulais pas le savoir. Pascal n’a pas été chez elle. Il est venu me récupérer à la maison. Pascal n’avait pas envi de passer la journée à jouer au chassé-croisé.
On s'est larvé d'amour toute la sainte journée. Ça a passé trop vite. On aurait dit que le temps était notre complice; un gros orage a éclaté en milieu d’après-midi.
Durant une petite alcalmie, j’ai vite été donner à manger aux amsters et chats à Froideville et Pascal a sorti Maxou en vitesse avant de nous préparer à manger. Quant je suis rentrée, j'ai été touchée par les bougies, le feu de cheminée et la petite rose dans mon assiette. Vraiment trop trop chou.
Normalement, c'est au début d'une relation, qu'on passe les journées entières à faire l'amour et ne quitter les draps que pour manger et boire, mais avec Pascal après plus d'une année... waouh! Il me fait toujours autant d'effet, et je n'en ai toujours pas assez ;) En général, on passe les week-end quant on se voit comme ça. Il faudrait pourtant bientôt redescendre sur terre mais... peut-être pas aujourd'hui!
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Caroline ou moi? - (228-dim-16aout09)