Samedi matin, encore un peu dans les choux, fatiguée, je l’ai regardé sortir tout nu de la douche en se séchant les cheveux. Miam, il est à croquer. Il souriait et j’avais envie de manger son sourire. Il avait déjà préparé son sac de sport et s’habillait. J’ai filé à la salle de bain me laver les dents à toute vitesse. Il était presque complètement habillé quant je suis ressorti, mais je m’en fichais, je lui ai sauté dessus. J’avais besoin d’une petite dose supplémentaire de câlins.
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Hah, Jane, je peux pas... Je vais être en retard...
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Si j’étais toi, j’en profiterais. Tu sais que je ne suis pas du matin!
Ça l’a fait rire. Je sais que je l’ai déjà que trop dit, mais j’adore son rire. J’aime comme ses yeux se plissent, et la courbe de ses lèvres. Il se défendait sans trop de conviction. Pascal a fini par capituler et par être super en retard.
Le pauvre, pendant qu’il sera en train de se dépenser encore sur le terrain, moi j’allais pouvoir dormir encore, comme une petite marmotte, larvée dans les couvertures. Je pouvais encore sentir sa chaleur et son odeur partout. Trop bon. Avant de m’endormir, j’ai mis l’alarme de mon natel. Je voulais être partie avant qu’il ne rentre.
Je me demandais bien comment ça allait se passer maintenant???
J’avais oublié de penser à des détails, moi qui suit tout pour les détails; la gêne de Pascal vis-à-vis de Layne, surtout depuis qu’ils avaient rétabli un semblant de relation amicale. Aïe! On avait l’art de se mettre dans des situations de merde ou quoi? J’avais un peu le même dilemme avec Jess. Qu’est-ce qui m’avait pris de la consoler? Pourquoi je n’avais pas filé de la cuisine comme si je n’avais rien remarqué moi?
Mouais... et pourtant moi aussi, je voulais être là quant Pascal mettrait les points sur les “i” avec la Caroline. Il fallait que je le dise à Pascal avant qu’il ne fasse quoi que ce soit. Pourquoi je n’y avais pas pensé hier soir? C’était une manière de la faire avaler ses paroles, ses regards désobligeants, ses petits sourires de chatte lubrique. Bref, de lui en coler une à ma façon.
De plus, calamité, si Caroline venait à savoir, ben ça ira direct à Alexia, et d’Alexia à Layne... Pas très bon. Dire que moi, j’avais pu oublier de penser à des détails pareils!!!
Comment faire? Je voulais que Pascal se débarrasse d’elle. Bon, il devait ressentir la même chose concernant Layne. Je le comprenais mieux! Ça avait eu l’air facile, dans ma tête avant, mais à la lueur du jour, pas aussi simple que ça! Je ne pouvais pas lui demander une chose pareille, pourtant, j’aurai du mal à supporter de le voir avec elle.
En mettant l’alarme de mon natel, j’ai entendu les bips de messages entrant, mais j’avais été un peu trop crevée pour les lire. Elles étaient presque toutes de Layne. En gros, il espérait que je passais une bonne soirée avec mes copines, et qu’après, je passerais dormir chez lui, que j’appelle en rentrant pour qu’on se retrouve à la maison. Il m’avait laissé une clé au cas où j’arrivais avant lui. Vers les 3-4h du matin, les messages avaient un peu changés en; “T’es où? Tu rentres bientôt? Je t’attends?”.
Arhhh, stupide moi, j’arrive encore à me sentir coupable... Vraiment trop bête.
Le soir, on devait rejoindre les potes à Layne pour une partie de bowling avant d’aller rejoindre d’autres potes. J’étais naze, et j’avais envie de rester bien sagement à la maison. Hum par contre... si Pascal me l’avait proposé, j’aurai été le rejoindre...
A la fin de son match, Pascal m’a envoyé un petit message qui m’a décroché un sourire béat qui ne m’a plus quitté de la journée; “Sounds stupid, but.. I’m happy! Love u”. (ça à l’air stupide, mais... J’suis heureux! T’aime). Ca m'a fait flotté sur un petit nuage mauve, je me sentais si bien........
Le soir, pas question que j’aille me torturer à voir Pascal avec Caroline qui lui papillonnait autour, et je voulais laisser un peu de lest à Layne. Après avoir insisté sans succès et compris que j’avais envie de rester seule, Layne est sorti en proposant qu’on se retrouve après chez lui. Hum, le connaissant, suivant comment, il oublierait simplement de me rappeler et je n’avais pas envie d’attendre toute la nuit son coup de fils. De plus, il serait bien capable, avant d’aller rejoindre son équipe, de passer vérifier que j’étais bien à la maison. Ça n’a pas manqué, vers les 22h, il est passé en vitesse, soit disant pour me faire un petit bisou et voir si je n’avais pas changé d’avis.
Patricia et moi étions en training étalées sur les canapés à regarder un film. Et non, je n’avais pas changé d’avis.
Patricia trouvait que j’étais idiote de ne pas justement profiter de le suivre, parce qu’il allait sûrement profiter d’aller chez une de ses miss! Elle avait raison, mais ça n’allait pas être facile à des heures pareilles, un samedi soir. Et puis zut, elle avait raison, tant pis pour ma soirée tranquille, ni 1, ni 2, on a sauté dans la voiture à Patricia, que Layne ne connaissait pas, et on a filé faire la tournée. Je conduisais, parce que Patricia, c’était plutôt du genre, escargot au volant. C’était agréable d’être à 2, parce qu’on pouvait bavarder, et surtout, on avait l’air moins louche!!!!
Impossible de trouver Layne... Pas dans les endroits qu’il fréquente d’habitude, pas au Tiger, pas chez Alexia, pas chez Miss Tennis... Nul part. Hum, cette fois c’était sûr, il y avait une nouvelle joueuse dans la partie!
Avant de rentrer, j’avais quand même envie de voir Pascal, de loin, juste me rincer l’oeil.
J’ai immédiatement repéré Pascal juché sur un des tabouret du bar, discutant avec Michael. Évidemment, Caroline était collée à ses basques. Pascal était beaucoup plus souriant qu’il ne l’avait été ces derniers temps. Ça le rendait tellement sexy. Glups, je suis grave!! Comme il était mignon, je ne me lassait jamais de le regarder. Patricia trouvait que j’étais drolement mordue pour rester là à le dévorer des yeux. Miam, c’est vrai, elle avait raison.
Après l’avoir regarder se passer la main sur la tête, éclaté de rire, se pencher pour écouter ce que Caroline lui chuchotait à l’oreille, Jess lui poser la tête sur l’épaule en lui passant un bras autour de la taille, debout à regarder parterre concentré, les mains dans les poches à écouter Paul lui raconter, je ne sais quoi, à l’oreille. Bon, petit pincement quant il a bavardé avec 2 minettes que je ne connaissais pas...
Mince... c’était le week-end, j’avais tellement envie de le passer avec lui...
Finalement, on l’a vu attrapé sa veste, qu’il a jeté par dessus son épaule, saluer ses copains, faire la bise aux filles et se diriger vers la sortie. Je me suis dit que c’était l’occasion de peut-être... mais, il fallait que j’aille me changer... Zut. Mais qu’est-ce qui m’a pris de sortir en training moi???
La tête encombré par le stress, je voulais lui envoyer un message, mais je ne pouvais pas là. La lumière de mon natel risquerait de me faire repérer. Zut. J’ai cru que j’allais avoir une crise d’apoplexie en voyant Caroline partir presqu’immédiatement après Pascal. Mais Pascal était déjà parti. Chouette.
5mn plus tard, j’ai cru faire une crise cardiaque quant on a vu la voiture de Pascal se pointer pour s’arrêter devant Caroline, je manquais d’air quant elle a grimpé dedans.
Whaaaat? Ils avaient convenu ça? Jiiiaaaah... Ben oui, souvent on se retrouvait un peu plus loin à la sortie de boîte et je partais avec lui, pourquoi je n’y avais pas pensé? J’avais les oreilles en feu, le coeur qui gigotait par le manque d’air et le “Ben ça alors” de Patricia n’arrangeait pas les choses. Non, pas possible!
J’essayais de me dire que puisqu’ils sortaient ensemble, c’était presque normal, mais ça c’était ma tête, mon coeur lui refusait d’accepter qu’il puisse avoir envi de passer la nuit avec elle après avoir passé “une” nuit avec moi. Non, non et non, c’était impensable.
Paf, je les ai suivi. S’il la ramenait chez lui, je le re-tond, après je pourrais claquer. Non, je lui crève aussi les pneus et je lui colle un mot du genre “c’était bien j’espère”.
Une guerre nucléaire dans la tête, la fumée qui me sortait par les oreilles, je suivais sa voiture agrippée à mon volant, les mains tremblantes, et tout le reste aussi. Je ne pourrais pas fermer l’oeil de la nuit s’il la ramenait chez lui. Après tout ce qu’il avait dit hier soir, c’était pas possible. Je ne le croirais plus jamais.
J’étais quand même de mauvaise foi, mais sur le moment, rien à battre. J’étais incapable de penser correctement. Je ne m’étais même pas rendue compte qu’il n’avait pas pris la direction de chez lui. C’est seulement quant il s’est parqué que j’ai réalisé qu’on devait se trouver chez elle.
Mince. Il allait probalblement passer la nuit chez elle. Tout de même, ils traînaient trop dans la voiture, à moins qu’ils soient en train de décider... Je n’ai pas voulu aller trop près, parce que je ne voulais pas les voir en train de s’embrasser, iiiak, j’aurai séché sur place. Mais, je voyais bien la voiture et les alentours pour voir où ils rentreraient.
Finalement, ils sont sortis de la voiture et bras dessus, bras dessous, se sont enfilés dans un des immeuble. J’étais mal, dégoûtée, verte, malade. Je n’avais plus qu’à rentrer. Pas besoin de me faire un dessin pour savoir ce qui allait se passer, incessamment sous peu, derrière les murs de cet immeuble. Pas besoin d’être très smart pour savoir qui allait roucouler dans ses bras ce soir.
Malade comme un chien, la queue entre les jambes, je suis rentrée.
Heureusement, Patricia ne pipait pas un mot. Pat se doutait bien qu’il ne fallait pas m’adresser la parole. Mais qu’est-ce qui ma pris d’aller le reluquer? Je me doutais bien que Pascal passerait la soirée avec elle, et la nuit aussi. Pas besoin d’être Madame Soleil. Savoir, c'était une chose, les voir... Beurk. C’était pour ça que je n’étais pas sortie.
Ce qui me rendait malade, en fait, était... qu'ils allaient bien ensemble, ils avaient l'air de bien s'entendre... La boule à l'estomac grossissait. Je ne pouvais pas le supporter. Mais il allait bien falloir... Pourquoi les choses doivent être si embrouillées...
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Je sais où habite Caroline. (164-sam-13.juin.09)