Samedi, 23 août 2014 - 235/14 - La vie continue… pour lui!!
Tenir à tout prix! Oui, plus facile à dire qu’à faire! C’est vrai, je voulais voir si j’étais capable de tenir tout un week-end sans compter voir Pascal, mais… je me morfondais; pourquoi ne m’appelait-il pas? Je ne lui manque donc pas? Comment peut-il tourner la page aussi vite? Quant on vous aime, ne vous aime-t-on pas pour toujours? Et tout ce qu’on a vécu ensemble, ça compte pour rien? Petit pensée d’une seconde; avec le prochain, je serais une pire salope! Je ne perdrais plus de temps à tomber amoureuse.
Puisque de toute façon, rien ne compte, pourquoi se donner la peine de donner son coeur, ou même son amour? Quelle importance? Prendre ce qu’on veut c’est tout ce qui compte. Après, on s’en fiche, on en a eu pour son argent (=son temps). J’ai secoué la tête; il ne faut pas penser comme ça! Puis, méchante Jane a pensé; mais bien sûr que si!
Mille fois j’ai eu envie de sauter dans ma voiture et aller zoner chez Pascal. Mille fois je me suis retenue. Je savais bien que ce serait une mauvaise idée, parce qu’il y avait 99 chances sur 100 qu’il ne soit pas chez lui, ou pas seul. Donc, pas trop envie de me briser le coeur ce soir.
Et pourtant, j’avais trop envie de l’apercevoir! Mais pas trop la folle envie de finir la nuit en larmes! Ni à me torturer de penser à ce qu’il pouvait être en train de faire? Etait-ce le bon moment de courir lui dire que j’acceptais de vivre avec lui? Rhhh, j’étais paumée.
Minuit… Pascal devait être sorti! Est-ce qu’il y avait une petite chance qu’il soit à la maison tout seul? Aucune.
Ok, je m’en fou, je cours chez lui. Qui sait, j’aurai peut-être de la chance! Je devais certainement savoir d’avance que j’allais foncé là-bas, sinon, je ne me serais pas habillée. Pour peindre, j’aurai enfilé un vieux training et un vieux t-shirt. Tant pis, je rends les armes, j’avais besoin d’être avec lui, alors j’accepte de faire l’impasse sur mon indépendance.
L’indépendance, c’est bon quant on a le coeur en paix, ou quelqu’un à aimer. Oui bon, quelqu’un à aimer? Non pas vraiment. Boh, je suis dans la panade! Je suis sûre que plus tard quant je relirais ces lignes, je vais me trouver bête.
Assise dans le noir sur son canapé en cuir blanc, qui devait valoir plus de 20’000 balles, j’attendais. J’essayais de répéter ce que j’allais lui dire. Comment commencer la conversation? Hey? Tu me manquais trop? Je ne peux pas vivre sans toi? Nah, that’s stupid, and makes me look vulnerable! I have to find something better! And suppose he doesn’t come home? I’ll look pretty stupid to have had the crazy idea to come over without telling him! Or maybe, I wanted to get hurt?
J’ai couru à la fenêtre quant j’ai entendu sa voiture. Je palpitais de tout mon corps, impatiente, terrifiée, amoureuse.
Bien sûr, dans ma tête, j’avais déjà écris le scénario de nos retrouvailles; il allait se montrer surpris de me voir, mais heureux, sans me demander d’explications, ou sans me laisser le temps d’en donner, il allait me prendre dans ses bras, et on passera le reste du week-end à faire l’amour.
Pascal allait même s’excuser d’avoir été si insistant à propos de vivre ensemble, me dire qu’il comprenait pourquoi ce n’était pas possible, que je lui avais trop manqué, alors il acceptait ce que je voulais. Que je pouvais prendre tout le temps du monde. Et quant je serais prête, si un jour je l’étais, il serait là, les bras grand ouvert.
Mais, Elodie était avec lui… Il n’était pas rentré seul comme dans mes rêves… Pourquoi elle? Pourquoi Elodie?
Le bras autour d’elle, il lui faisait des bisous sur la tempe. Et il dit ne pas être amoureux d’elle? Alors, comment savoir quant il a des sentiments pour une fille? Ils riaient, joyeux.
Pascal était en smoking, Elodie en robe de soirée longue. Coup de poing dans l’estomac. Comment? Pourquoi? Ou avaient-ils été? Pourquoi ensemble? Pascal défaisait son noeud papillon. Pourquoi devait-il être si “mignon”, si sexy? Je le déteste.
Merde, ils ne pouvaient pas me trouver ici. Je tomberais comme un cheveu sur la soupe.
J’ai couru à la porte côté rue, fermée. Pas le temps de chercher la clé, l’ouvrir, la refermer et partir. Je me suis jetée dans le bureau. Plus proche que la chambre qu’utilisait Jess. Et merde, pas d’endroit où se cacher là-dedans! Il n’y avait pas d’armoire assez grande. Flûte. J’étais mal barrée. J’avais laissé la porte presque fermée comme elle l’était, et je me suis approchée pour regarder.
A peine entré, Pascal l’a plaquée contre la porte, et ils se sont mis à s’embrasser comme s’ils avaient faim. Je le hais.
Dans le monde imaginaire de Jane, j’avais pensé que ce n’était que moi qui provoquait cette impatience chez lui. Erreur! Apparemment, Elodie provoquait les mêmes envies chez lui! Probablement Caro aussi! L’estomac tordu, j’ai refermé la porte, je ne supporterais pas de voir la suite. Je ne pouvais pas voir son visage, ni l’éclat de son regard, donc, je ne pouvais pas deviner ce qu’il ressentait.
En tous cas, je n’avais pas l’air de lui manquer du tout!!! Le samedi commençait bien!!!
J’ai entrepris de passer par la fenêtre, seulement, il y avait bien 2 mètres, et direct dans les ronces, si j’avais de la chance, autrement, je pouvais encore me tordre le cou dans les escaliers qui descendaient au sous-sol. Sans compter le bruit si j’atterrissais dans les pots de fleurs que sa maman avait disposé le long des marches. Pfff, j’étais coincée. Quelle barbe! Par ma propre faute, j’étais condamné à les écouter batifoler. Bien fait, c’était ma punition. Je l’avais méritée.
Les entendre me rendait dingue. Combien de fois j’ai rêvé de sortir de ma cachette et de lui péter une lampe sur la tête! Ou de me ruer sur eux, ou de foutre Elodie à la porte. Mais, je n’étais pas chez moi.
J’étais assise dans le coin du bureau, le plus loin de la porte possible. Une petite main en métal me serrait la gorge, le coeur, j’étais à deux doigts de pleurer. La seule chose qui m’en empêchait était la peur de me faire surprendre là. Je crois que j’avais remarqué des lumières clignotantes avant même d’entendre sonner à la porte. Et ça n’a pas fait tilt dans ma tête. Quant j’ai regardé par la fenêtre, j’ai failli me trouver mal; les flics!
Un voisin avait remarqué une personne qui tentait de sauter par la fenêtre. Glups, il devait s’agir de moi. En face, il y avait un bonhomme qui suivait la scène de près.
Les flics l’ont mis au courant, et ont voulu fouiller la maison, pour sa sécurité. Pascal a décliné leur offre. Ouf, et hum! Je me demande ce que j’aurais fait? Et comment Pascal aurait-il réagi en me découvrant prostrée dans son bureau? J’aurai eu l’air parfaitement idiote.
Après le départ des flics, Pascal a dit à Elodie qu’il était préférable qu’elle rentre. Il avait un truc à régler, soi-disant un problème avec le voisin, qu’il lui raconterait. Ils se sont mis d’accord, ils s’appelleraient dès qu’elle serait rentrée. Mais, je crois qu’il avait deviné que j’étais là!!! J’étais la seule, je crois, à posséder la clé de chez lui. Et d’après ce que le voisin avait vu, je pense qu’il savait aussi où me trouver! Il fallait que je me sauve.
Les flics étaient parti, le champ était libre, mais le voisin était toujours à sa fenêtre.
Elodie aurait voulu que Pascal la raccompagne, mais il lui a commandé un taxi. A l’arrivée de celui-ci, il l’a accompagnée en bas, côté jardin. Le voisin tant toujours à sa fenêtre, impossible de m’échapper, mais impossible de rester dans le bureau non plus. De plus, la porte-fenêtre était grande ouverte, on pourrait me voir. J’ai choisi de me caser dans l’armoire à balai. Trop de trucs qui risquent de me tomber sur la gueule. Paniquée, je ne savais pas quoi faire.
Puis, j’ai vu les rideaux tirés derrière le piano. Il y a un petit bord d’env. 30 à 40 cm, par-dessus les radiateurs, sur lequel je pouvais me hisser. Je m’y suis glissée à la hâte. Pffiouh. Je tremblais, j’avais eu chaud.
Pascal a fait signe à Elodie. En fermant la porte-fenêtre derrière lui, il regardait déjà en direction du bureau. Il a fait une pause, puis, d’un pas tranquille, il s’est dirigé vers le bureau. Je dois dire que mon poste d’observation était géniale. Je voyais tout, mais lui ne pouvait même pas deviner que j’étais là, encore dans son appartement.
Pascal a eu l’air déçu. Il est entrée dans la pièce, en a fait le tour. A la porte, son regard a fait le tour du salon. J’ai retenu mon souffle. Il a dû penser que j’étais dans sa chambre, impasse, personne. Alors, il a encore jeté un oeil dans la chambre à Jess, là aussi, niet. Sauvée.
Perplexe, Pascal a essayé de m’appeler. Mais, j’avais eu la bonne idée d’éteindre mon natel. Donc, il avait bien deviné que ce ne pouvait être que moi. La honte géante!
Après avoir encore fait le tour des pièces de son appart, Pascal est monté chez Thomas. Il imaginait peut-être que j’avais pris la fuite par là! Pascal s’est ensuite changé, après avoir pris une douche. Elodie a appelé alors qu’il sortait de sa chambre.
Là j’ai réalisé que j’étais super idiote. J’aurai pu profiter de filer en douce pendant sa douche. Pour ma défense, j’ai pensé qu’il avait peut-être fait couler l’eau pour me surprendre, alors je n’avais pas osé bouger une oreille. Je suis restée sur mon rebord, comme une statue.
Pascal s’est jeté sur le canapé en allumant la télé au passage, sur silence. Hum, c’était mortifiant de l’entendre parler avec elle. Pascal m’a menti, ce n’est pas possible qu’il n’éprouve rien pour cette fille. Il avait l’air… on aurait dit… que je n’avais jamais existé. Sa voix chaude la rassurait, riait. Il me tournait le dos, alors je ne pouvais pas voir s’il souriait, mais je suis presque sûr que oui. Cela s’entendait.
Elodie, peu après qu’il soit arrivé ici, lui avait demandé s’il était sûr que c’était une bonne idée de venir chez lui, si son ex, Jane, ne risquait pas de débarquer comme la dernière fois! Et je pense qu’elle avait dû le mentionner au téléphone, ce qui l’a fait rire. Il lui a promis que la prochaine fois, rien, ni personne ne viendrait les déranger!
La prochaine fois ??? Donc, il prévoyait une prochaine fois? Et moi dans tout ça? Ça m’a tordu l’estomac.
A vrai dire, maintenant, rien ne me donnait envie d’aller m’aplatir pour lui dire que j’acceptais de vivre avec lui. J’avais plutôt envie de le taper, de lui envoyer tous les objets lourds à la tête. Salaud, salopard. Ou est-ce que je lui manquais? Que m’aurait-il dit si j’étais restée dans le bureau? Il aurait sûrement été ravi de me trouver en position d’infériorité! Grrh, je le détestais tellement fort en ce moment, mais, je l’aimais aussi… Go figure!
Elodie a dû insisté pour qu’il aille chez elle. Il a d’abord refusé en prétextant être fatigué. Mais, dès qu’il a raccroché, il a dû changer d’avis. Il s’est changé, enfilé un jean et un sweat, ramassé ses clés, et il a filé.
N’osant pas bougé, je suis restée encore bien 10 minutes dans ma planque, derrière les rideaux. Avant de quitter ma cachette, une superbe cachette en fait, je l’ai appelé en numéro caché; il roulait. J’ai raccroché et j’a pris mes jambes à mon cou. Tout de même, je suis restée sur mes gardes, sautant d’un coin sombre à l’autre, jusqu’à ma voiture.
Inutile d’aller voir chez Elodie, j’aurai donné ma main à couper qu’il y était. J’ai roulé des heures avant de me décider à rentrer. A la maison, je me suis enfilée 2 somnifères, et je me suis couchée. La tête vide, j’ai dormi du sommeil du juste. 8h d’affilée. J’ai passé la journée dans la ouate, encore à moitié assommée par les somnifères.
Samedi, j’ai vérifié mon natel. J’espérais un message de Pascal; mais rien. Il avait seulement essayé de m’appeler hier soir, après le passage des flics, mais il n’avait laissé aucun message. Peut-être que je pourrais utiliser ça comme excuse pour le rappeler? Hum, non! S’il me demandait si j’avais été chez lui, qu’est-ce que je répondrais? Non, la honte m’en empêchait.
A mesure que la journée se terminait, j’espérais des nouvelles, un appel, quelque chose, mais rien… Pourtant, ma tête ne me laissait pas en paix, je l’imaginais dehors, à s’amuser, alors que moi, je m’ennuyais de lui! Pascal remplissait ma tête, et j’étais si déprimée que je suis sortie rouler au hasard pour pleurer. C’était samedi soir, il était certainement avec Elodie. Et hop, les larmes dévalaient en trombe.
J’ai éviter tous les endroits où j’avais des risques de tomber dans la folie d’aller voir si je l’apercevais. Pascal me manquait grave!