249/14 - Trop tard?
Samedi, 6 septembre 2014 - 249/14 - Trop tard ?
J’ai appris la mort de ma tante Betty, la femme du frère aîné de mon papa. Afff, il y a 6 mois à peine, lors de l’enterrement de la soeur aîné de mon paps, elle plaisantait en racontant des anecdotes de mon enfance, et la voilà de l’autre côté. Mon papa avait de la peine à contenir ses larmes quant il me l’a annoncé. C’est vrai, c’est triste. Même si elle avait vieilli, elle avait toujours les mêmes expressions et le même visage.
Je la vois encore traversé le village de sa maison à celle de ma grand-mère, de son pas vif et décidé. Un peu voutée, elle avait les cheveux coupés courts, bouclés. Même encore maintenant. Une coiffure des années 50. L’enterrement aura lieu mardi. Elle s’est éteinte vendredi matin. Est-ce qu’une partie de l’angoisse qui me tiraillait ces temps venait de là? C’est possible, mais je n’avais pas pris la peine d’analyser.
Et je pense à mon papa, au fait un jour prochain, il partira lui aussi, et déjà, j’ai le coeur qui chavire sous le poids du chagrin. Je ne veux pas qu’il s’en aille, jamais. Mais je ne veux pas qu’il souffre non plus. Et revoilà l’angoisse, mon fidèle compagnon ces jours-ci.
Vers 11h, encore un peu dans les vapes, j’ai vu que Pascal avait essayé de me joindre ce matin. Hum!!!! Il voulait être sûr de ne pas m’avoir au bout du fils! Depuis quant est-ce que je réponds au téléphone, un samedi à 9h??? Pfff. J’étais un peu furax. Il ne m’avait pas appelée hier pour notre rendez-vous, et il attend le lendemain. Le fumier.
Me voilà donc obligée de le rappeler. Si je ne le faisais pas, il s’en tirera avec une pirouette, genre; "je t’ai appelée, c'est toi qui ne m’as pas rappelé". J’ai pensé que tu avais autre chose, ou que tu ne voulais pas me voir.
Je suis arrivée à notre rendez-vous aux Pirates, avec mes 10 minutes de retard. Pascal m’attendait déjà. Il buvait un verre au bar. J’ai noté qu’il ne m’avait pas proposé de passer chez lui, mais avait choisi un endroit “neutre”; un restaurant. Est-ce que c’était mauvais ou bon signe???
Dieu qu’il était chou. Son sourire et ses yeux pétillants me font battre le coeur. Ciel, je ne dois pas perdre mes moyens. Je dois garder la tête froide, et surtout ne pas penser à ce qu’il a fait dernièrement, ni ce que j’ai vu. Surtout pas. Je voulais juste pouvoir me coller contre lui et me serrer dans ses bras. Zut, voilà que je me ramolli. Re-zut.
Ses yeux me couvaient ou était-ce mon imagination? Il semblait heureux de me voir. Mais là encore, ce n’était peut-être que mon imagination?
- On avait pas prévu de se voir hier soir? Tu as dû oublié mon numéro??? Qu’as-tu fais de beau?
J’aurai voulu me couper la langue et la jeter dans un hachoir. Qu’elle idiote! Je m’étais pourtant promise de ne rien dire, de ne pas poser de question, ni de faire des remarques comme je venais de le faire. Dans le petit regard que Pascal m’a lancé, je voyais bien qu’il se demandait si on allait passer la soirée à se prendre la tête.
Pour faire oublié ma bévue, j’ai souri et me suis jetée sur la carte, et lui ai demandé ce qu’il avait l’intention de commander. A vrai dire, je n’avais absolument pas faim. Mon estomac était noué, même un grain de riz n’arriverait pas à bon port. J’ai pris un café. Oui, déjà. Cela l’a fait sourire; “Toujours ton petit café en vitesse, même avant de dîner, incroyable.”.
On a changé le sujet de la discussion, je pense que c’était voulu des 2 côtés. On a parlé de tout et de rien. Surtout, rien d’important. Pascal m’a demandé comment j’allais, ce que j’avais fait ces derniers temps (peinture). Si j’étais contente de l’agence avec lequel je travaillais. Il m’a un peu parlé de son boulot, notamment qu’il serait absent quelques jours la semaine prochaine.
Et nullos, je suis revenu sur le sujet d’hier soir. Arrrrh, mais faites moi une lobotomie vite fait. C’est pas vrai, je cherche les emmerde? En tous cas, je suis la championne pour m’infliger des crèves-coeurs. Stupide.
Après un petit coup d’oeil en ma direction, Pascal m’a répondu sans détour, il avait été chez des amis à Elodie.
Voilà donc la raison pour laquelle il ne m’avait pas appelée. Le sang m’ait monté à la tête. J’étais violette. En tous cas, les oreilles. J’ai plongé mon regard dans mon assiette pour ne pas lui montrer la colère dans mes yeux remplis de larmes contenues. J’imagine qu’il l’a deviné, mais a préféré faire comme s’il n’avait rien remarqué.
J’avais envie de lui balancer mon verre à la gueule et de débarrasser mon assiette, les verres et tout ce qu’il y avait sur la table d’un revers de la main, le traiter de salopard et de partir en le plantant là. Mais tout ça n’était que dans ma tête. Je ne fais jamais des choses pareilles.
Je n’avais plus rien à dire, et ma voix aurait tremblé, ce qui aurait été terrible. Envie de pleurer aussi, le coeur dans les pompes, effarée qu’il ait osé me jeter ça à la figure. Pour donner le change, j’ai voulu sourire et lancer une blague. Mais, je n’ai pu que le regarder, les mots se sont évanouis avant de franchir mes lèvres.
Pascal a voulu me prendre la main, mais je les ai prestement retirée pour les coincés entre mes genoux. Pour masquer le tremblement qui me parcourait de la tête aux pieds, mais aussi, parce que je ne voulais pas de son contact et aussi parce que ce geste, je lai vu le faire avec Elodie.
Il a fait une petite grimace et a changé de sujet, pour me demander si j’avais vu “Divergente” et ce que j’en avais pensé. Pfff, je m’en foutais comme de l’an quarante. Non mais. Horrible, mais j’avais attendu ce rendez-vous avec impatience, et maintenant, tout ce que je rêvais de faire, était de rentrer chez moi. Je suis restée muette.
Pascal a proposé qu’on aille chez lui, on serait mieux pour discuter. Il n’avait aucune envie de traîner dans les bars, ni en boîte. J’ai pensé qu’il ne voulait surtout pas qu’on nous voit ensemble, alors il préférait qu’on se cache chez lui. Et je n’avais aucune envie d’aller chez lui, il y avait emmené Elodie. Qui agissait comme si elle était chez elle, d’ailleurs. Non, je n’avais envie de rien. Et ça m’énervait même d’être là, dans ce restaurant avec lui. Je me sentais déplacée, mal. Je voulais rentrer. Mais, je voulais aussi rester avec lui. Passer la soirée avec lui.
C’était mal parti si je voulais qu’il me propose encore de vivre avec lui… J’avais tout foiré!
Chez lui, je me suis sentie comme une étrangère. Il a dû m’inviter à m’asseoir pour que je le fasse. Pascal a bien senti que je n’étais pas à l’aise.
De manière détournée, j’ai essayé de revenir sur le sujet d’habiter ensemble, mais il m’a coupé les pattes illico; “Je suis très bien tout seul. Tu avais raison, c’était une mauvaise idée, ne te fais pas de bile, je n’en parlerais plus.”.
Ok! Après tout, c’était ce que j’avais voulu? Ce que j’avais répété encore et encore, refusant même d’envisager la question, alors pourquoi est-ce que je me sentais si mal???
Je n’ai plus osé aborder la question de tout le reste de la soirée. Et je crois que je n’oserais plus en parler. C’est clair, il préférait vivre sa vie, seul, et n’avait plus l’intention de se compliquer la vie avec une bonne femme dans les pattes. On a discuter un peu de nos perspectives, de nos projets dans un futur proche.
Pascal rêvait de partir quelques jours, prendre des vacances, et moi de passer quelques jours toute seule dans mon coin à lire ou peindre. Clairement, on n’avait pas les mêmes envies!
Après avoir regarder justement “Divergente”, Pascal a proposé qu’on sorte prendre un verre!
Ok j’ai compris, il cherchait à se débarrasser de moi. Comme il ne savait sans doute pas comment me dire de m’en aller, il a choisi de sortir, c’était plus facile après d’aller chacun de notre côté. J’ai donc pris l’initiative de partir. J’avais bien remarqué que son natel était très actif, Elodie sans doute. Ou Caro, si j’avais de la chance!
Même si j’étais dévorée par la curiosité, je n’ai pas voulu rester dans les parages pour voir s’il ressortait, ou si quelqu’un viendrait chez lui. Je crois que je ne voulais pas le savoir. Je préférais garder mes illusions en croyant qu’il irait se coucher sagement après mon départ.
Mince, tout allait mal depuis très longtemps avec Pascal, mais pourquoi? Cela fait longtemps que je me sens malheureuse dans ma relation avec Pascal. Tout va vraiment très mal.



Rendez-vous avec Maria pour faire ses albums; j’ai annulé. Dîner avec Magalie; annulé aussi. Soir rendez-vous pour prendre un petit verre avec Steven; annulé aussi.
Mon frère devait passer et on devait 

Mais Pascal n’était trouvable nul part. Même Caroline, qui m’accompagnait dans mon périple, ne savait pas où il pouvait se trouver. On s’est séparé pour entamer les recherches, après avoir fait un saut dans tous les bars qu’il avait l’habitude de fréquenter. Rien.