Jeu 24 oct 2024 - Encore Natacha
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Jeu 24 oct 2024 - Encore Natacha
C'était parce que j'avais vu Natacha débarquer chez Pascal aujourd'hui encore que je l'ai appelé. Hier, il m'avait proposé de passer, je n'étais pas chaude. Mais ce soir, peut-être parce que ça m'énervait de la voir à nouveau la-bas. Elle agissait comme si elle était chez elle. En territoire conquis. Ça m'a donné envie de me bouger le cul et aller chez lui.
Mais, il ne m'a pas proposé de passer. J'ai cherché à l'aiguiller sur la question, mais niet. Alors j'ai fini par lui dire que j'avais envie de le voir. Que je pouvais passer, et même dormir chez lui. Hun, j'aurai dû me douter qu'il chercherait une parade. Il a proposé qu'on se retrouve au White ou au bord du lac, à un endroit qu'on avait pris l'habitude de se retrouver.
Et moi alors? Je fais quoi? Tu va me planter comme ça?- Sorry, je dois y aller.
- Si tu pars, je l'appelle...
Pascal l'a regardée en faisant une petite grimace, les mains dans les poches. Il réfléchissait.
- J'ai bien le droit de l'appeler...
- Ne joue pas à ça!
- Pourquoi pas? Elle t'appelle et tu cours... chiant!
- Natacha...
- J'en ai marre de toujours rester cachée comme une pestiférée.
- C'est mieux que Jane ne sache pas...
- Pourquoi? La dernière fois est-ce qu'elle t'a fait une scène? On ne s'est pourtant pas gêné! Je pense qu'elle a très bien compris qu'on se voyait. Elle s'est éclipsée sans dire un mot.
- Ça suffit...
- Elle entendait surement, mais elle n'a rien dit. Est-ce qu'elle a attendu d'être seule avec toi pour faire des histoires?
Pascal est resté une moment à l'observer. Je me demande à quoi il pensait. Je détestais qu'elle me critique ou me donne des intentions que je n'ai pas. Je n'avais pas fait de scène! Dis le lui Pascal... Non, il ne disait rien. Je m'étais promise de ne plus me laisser aller à mon besoin de tout entendre. Mais je voulais qu'il lui réponde.
- Je ne veux pas la faire souffrir inutilement.
- Quoi? De se voir la ferait souffrir, c'est ce que tu veux me faire comprendre? Tsss, je le savais...
- Je déteste surtout qu'on essaie de lui faire du mal. Ça m'énerve. Et c'est ce que tu cherches.
- Donc, vous êtes à nouveau ensemble ou quoi? Je croyais que c'était fini?
- Ne l'appelle pas.
Natacha le titillait avec son petit air de... ne pas y toucher. Je crois plutôt qu'elle le menaçait, il l'avait compris.
- Laisse Jane en dehors de ça! J'ai juste besoin de temps...
- Bla bla bla... Toujours la même rengaine. Je dois lui parler. Elle comprendra qu'il est temps qu'elle te laisse partir.
- Tu sais bien que ce que je ressens pour toi... Laisse moi un peu plus de temps...
- Non, je ne sais pas. Alors pourquoi prendre les pincettes quand il s'agit de Jane? Et moi alors? Tu as une idée de ce que je peux ressentir de toujours passer après? D'attendre? Si tu pars, je l'appelle pour parler de femme à femme!
- Ne fais pas ça! Parce que, s'il le faut, je suis prêt à couper les ponts.
Pascal voulait qu'elle lui laisse du temps? Qu'est-ce que ça pouvait bien dire? Il se prépare à me quitter? Alors, j'avais raison. Pascal voulait me quitter. Il me semblait bien que les choses avaient changés, qu'il n'était plus comme avant. Le Pascal d'avant me manquait beaucoup. Très beaucoup.
Il me semblait bien que notre relation était devenu tiède. Est-ce que c'était de ma faute? Est-ce que je ne lui accordais pas assez de places dans ma vie? Est-ce que je devrais changer? Ou était-ce trop tard? Je n'avais même pas réalisé que je pleurais avant de sentir une larme s'échouer sur ma main crispée.
- Bon, vas-y appelle-la, et tu peux marquer une croix sur le dîner demain soir avec ton frère et sa femme.
Pascal attendait pour voir ce qu'elle allait faire. Je pense qu'elle a compris et a fini par poser son natel. Donc demain soir, j'aurai droit au plan "lapin". Pascal avait déjà prévu quelque chose avec Natacha. Même s'il acceptait qu'on se voit demain, il allait me poser un lapin. Évidemment, il n'allait pas me dire qu'il avait rendez-vous avec Natacha!
Ça m'a fait mal. Pascal m'avait promis qu'on se verrait ce week-end. Il m'avait proposé de dormir chez lui. C'était tout du pipeau.
Je savais comment ça allait se passer; il allait faire comme si on se verrait, et au dernier moment, il annulera sous un prétexte ou un autre. Je ne peux pas lui en vouloir, Natacha est nettement plus appétissante que moi. Plus jolie aussi. Je ne fais pas le poids.
Je suis déjà chanceuse d'avoir une place dans son existence, alors je ne dois pas me plaindre. Ce serait stupide.
Pascal a tout de suite remarqué que j'avais le regard un peu voilé. Que j'avais dû pleuré, ou que j'étais triste. Ca l'a rendu très doux. Il me couvait pour que mes nuages noirs s'envolent. C'était agréable d'être choyée, entourée de tendresse. D'être traitée comme une petite fleur fragile. Il s'était débarrassée de Natacha, alors on pouvait aller chez lui.
Pascal sait que j'adore les hamburger au White, alors il m'en a commandé un. Mais je n'avais pas très faim. Mon estomac était un peu embrouillé. Comme c'était par amour qu'il m'avait commandé ça, j'ai fait l'effort de l'avaler. Je savais que ça ne tiendrait pas. Je me suis précitée aux toilettes pour vomir, avant que ça ne finisse sur la table devant lui.
Il jouait avec mes mains, me faisait des bisous dans la paume. Les doutes m'ont torturées, qu'est-ce qu'il pouvait bien me trouver? Natacha était tellement plus jolie, plus sexy, moi je n'étais qu'une pauvre petite grosse métisse avec des cheveux courts. Rien à voir avec la crinière auburn de Natacha. Cheveux qu'elle baladait sur son visage quand... bref.
Pourtant, je... je crois que Pascal m'aime. Enfin, quand je me rappelle les sous entendus de tout à l'heure, il semble qu'il ait fait des promesses à Natacha. Il semble qu'il lui demande du temps. Du temps pour se débarrasser de moi? Cette fois, est-ce qu'il veut sortir avec elle? Sérieusement? Alors qu'elle a un gosse? Il avait dit que ça n'arriverait jamais!
Même si Pascal était adorable avec moi, j'étais anxieuse, je me sentais triste. Je remettais en question tout ce qu'il me racontait. Je me demandais ce qui était vrai et ce qui n'était que du bla-bla pour me rassurer, me bassiner. Pour que je me doute de rien. Une rupture surprise, ça fait plus que mal quand on ne s'y attend pas. Ça te déchire le cœur.
J'essayais de sourire gaiement, mais je voyais dans ses beaux yeux verts qu'il n'y croyait pas vraiment. Il voyait que j'étais triste.
Pascal m'a alors invitée à passer la nuit chez lui. Il aurait voulu qu'on prenne sa voiture et laisse la mienne sur place. Moi sans voiture, je serais bloquée chez lui.
Bon, à la limite, je serais déjà sur place vendredi. Je pourrais passer la journée chez lui, et le soir, quand il rentre après le boulot, il ne pourra pas partir rejoindre Natacha... C'est une idée!
Mais je n'étais pas prête à payer 50fs de parking, alors j'ai proposé qu'on ramène ma voiture chez moi. Ça m'arrangeait. Mes colocs penseraient que je dors, ou que je reste dans ma chambre. Ils n'y verraient que du feu. Je voulais aussi prendre quelques affaires pour pouvoir bosser pendant qu'il était au boulot.
Je me demandais à quoi il pouvait penser en roulant derrière moi. Peut-être qu'il en a profité pour appeler Natacha et l'avertir?
Je ne voulais pas coucher avec lui. J'ai prétendu avoir mal au ventre. Mais j'en avais envie. Je ne devais juste pas craquer. Forcément il fera la comparaison, vu qu'il venait de passer 3 jours, presque 4 avec Natacha. Je pense que Pascal ne pensait pas que j'accepterais d'aller chez lui. Je suis sure qu'il avait proposé ça sans vraiment réfléchir.
Maintenant, il m'avait sur les bras... Je suis sure que Pascal se demandait comment il allait s'en sortir. Je me préparais pour trouver le moyen de rester coûte que coûte. Et aussi, pour éviter qu'il me pose un lapin vendredi soir. Pourtant, j'avais un peu les boules, il ne pouvait pas faire faux bond, le frère de Natacha piquerait la mouche.
J'avais mal au cœur, j'étais partagée, parce que je ne voulais pas qu'il aille à ce souper, mais je ne voulais pas non plus qu'il agisse comme un sale con en y allant pas. Je ne voulais pas que son pote le déteste. Ah, je suis une idiote, mais je crois que je vais le laisser y aller. Je me débrouillerais pour rentrer chez moi demain.
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Pascal a eu l'air d'insister


