341 -- Visiteurs Nocturnes Indésirables
Visiteurs Nocturnes Indésirables
(6 déc 08 -sam)
Pascal est passé me réveiller peu après midi. Il m'a commandé mon déjeûner favori; des oeufs au bacon. Miam-miam-miam. Mais je n'avais pas trop faim, j'avais une autre petite fringale, celle de me noyer dans ses bras, bien au chaud, le temps que mes cellules grises se connectent. Le café était le bienvenu par contre.
Même si j'avais dormi comme un bébé, j'étais encore crevée. Je n'avais pas trop envie d'aller au chalet. C'était un peu gênant d'avoir les 2 hommes dans ma vie dans le même espace. Avec la gêne que je ressentais, je comprenais un peu mieux ce que Pascal avait dû endurer pendant tous ces mois. Je l'adore d'avoir été patient et d'avoir tenu tout ce temps.
Je l'écoutais me raconter leur soirée. Je n'écoutais pas les mots, mais juste le son de sa voix. J'adore sa voix, je pourrais l'écouter encore et encore. Il pourrait même me lire le botin que je trouverais ça passionnant. Ouais, y a pas à dire, je suis timbrée. J'étais "chat" ce matin et ronronnais de plaisir à l'écouter pendant qu'il me cajolait en passant sa main dans ma crinière. Pascal savait qu'il me fallait un moment avant de vraiment émerger... quoique... ça depend, hihihi.
Et je n'avais pas envie d'aller au chalet...
J'avais plutôt envie de rester à l'hôtel, toute seule, pendant ce week-end. Mais en même temps, c'était vraiment pas très gentil pour Layne, de le planter comme ça, tout seul. Quoique tout seul... pas vraiment, y avait toujours miss Alexia, qui j'en suis sûre, le consolait de mon absence. Tout de même, ce n'était pas très cool. Oui, je crois bien que mon cycle d'hibernation avait bel et bien commencé. Tout ce que j'avais envie de faire, était de ramper dans ma grotte, dormir et n'en ressortir qu'au printemps. Arffff... fallait que je me secoue un peu, une larve toute molle, c'est pas sexy.
Ciel, cela faisait bien longtemps que je n'avais laissé quelqu'un à partager mon bain. Mais hé... comment dire non quant on est encore en pleine période des amours!!! D'habitude, je trouve l'idée exécrable. C'est un moment de repos et de relaxation, alors avoir quelqu'un qui vous dérange avec du blabla ou qui vous tripote, niet. J'aimais pas trop, non plus, donner de mauvaises habitudes à mes partenaires. Pas qu'ils s'imaginent que cela se reproduira. Là, c'était un peu différent, mais j'ai carrément dit à Pascal que je n'aimais pas ça, que c'était peut-être la seule fois où il se trouverait dans la même baignoire que moi. Hum, ça l'a fait beaucoup rire.
Et je déteste les conversations dans les baignoires, impossible de se défiler... Pascal en a profité pour me questionner assez maladroitement sur mes relations avec Layne. Il m'a ressorti la réflexion de Layne à propos de notre vie intime, ça m'a fait rougir jusqu'à la pointe des cheveux. Il trouvait que Layne manquait parfois de tac, et ne semblait pas savoir que certaines choses sont privées et ne se racontent pas. Si je n'étais pas embarrassée, j'aurai trouvé sa jalousie amusante. C'étant seulement dans des moments comme ça, qu'il se rendait compte que j'étais avec quelqu'un d'autre et que forcément... il aurait pourtant aimé lui sauter à la gorge pour le faire taire. Il m'a avoué avoir eu du mal à encaisser le coup.
Après son départ, il me fallait préparer mon arrivée au chalet. Je n'avais pas l'intention de me presser et pensais me taper encore une petite sieste avant d'appeler Layne en me rendant à la gare.
Thomas toujours aussi adorable et m'a soulevée dans ses bras comme si on ne s'était pas vu depuis des lustres! Je l'adore ce type, vraiment. Toujours le petit truc pour te mettre à l'aise. Layne était tout collant et m'a presque pas lâché d'une semelle la 1ère heure de mon arrivée au chalet. Je suis montée m'installer dans notre chambre, et Layne a proposé son aide, mais il avait bien d'autres idées en tête. J'ai compris pourquoi il était aussi gluant, il était en manque! Pourtant je pensais qu'en mon absence et Alexia sur place...
Après avoir mangé, on s'est tous installé en rond dans le noir, éclairé seulement par le feu de la cheminée, pour se raconter des histoires à glacer le sang. Quelques histoires faisaient vraiment froid dans le dos. Il faisait bon et l'ambiance était chaleureuse. J'étais assise entre les jambes à Layne qui me faisait de petits bisous dans le cou. Du coup, je n'osais pas regarder en direction de Pascal. De toute façon, on avait chacun l'harmonie de notre couple à préserver, et j'avais décidé de ne plus me sentir mal en voyant la tendresse qui existait entre lui et Jess, après tout, ils étaient mariés, il fallait que je m'y fasse. C'était pour son bien, je ne voulais pas qu'il se sente mal à l'aise d'être tendre ou gentil avec elle parce que j'étais là. De toute façon, comme lui, j'avais réalisé que je préférais le voir, être près de lui, même si ça faisait parfois un peu mal parfois, que de ne pas le voir du tout.
Michael racontait une histoire assez horrible de kidnappings et de meurtres vraiment atroce de sâles types qui aimaient torturer leurs victimes des jours durant avant de les assassiner à petit feu. En plus ces types étaient de la région, et on se rappelait tous les gros titres! Un des type avait commencé sa croisade par l'assassinat de sa femme et ses enfants. Iak. Y a pas à dire, Michael avait un certain talent d'orateur, ou c'était l'ambiance? Tout en est-il qu'en entendant le freinage brusque et le bruit d'une voiture qui venait de se fracasser devant le chalet, on a surssauté.
Ça avait brisé aussi l'ambiance en nous ramenant à la réalité.
La personne au volant n'avait pas l'air de bouger. Berk. Je n'avais pas envie de voir ça de plus près. J'avais vu 2 fois des morts dans ma vie. C'était pas une expérience que je n'avais pas envie de renouveler de si tôt. Non... faux, 3 fois. Iak. Ca avait le don de me fiche le moral dans les tongues et je trimbale les images pendant des jours, voir des années. Je déteste la mort, ça vous arrache ceux que vous aimez et il n'y pas de retour en arrière. C'était d'une violence radicale et sans retour.
Les garçons sont sortis pour aider les occupants de la voiture et ont ramenés les 2 types à l'intérieur. J'aurais voulu pouvoir aider, mais la vue du sang me tournait l'estomac et je n'étais pas la seule en voyant la tête de Jess.
Cassandra, douce et calme s'était approchée pour s'occuper des types avec Pascal. Ouais, on ne pourra jamais faire de moi une bonne infirmière! Thomas avait déjà appelé une ambulance et s'apprêtait à appeler la police, mais le type qui semblait le moins mal en point a refusé. Il a sorti du cash pour payer pour les dégâts, mais Thomas a refusé. Le type disait son copain juste un peu groggy, rien de plus. Dès qu'il aurait retrouvé ses esprits, ils partiraient, l'ambulance était donc inutile. Je me demandais bien comment, vu l'état de la voiture!!! J'ai dû le garder le chien en laisse et finir par l'enfermer dans la chambre, la tête des 2 types ne lui revenait pas.
Un des voisin était arrivé en courant après avoir entendu le bruit du choc. Thomas et Pascal sont sorti lui parler.
Bref, cet accident avait flingué notre soirée, et on était tous plutôt silencieux, on attendait l'ambulance qui n'arrivait pas. L'idée de devoir supporter la présence de ces types, était inssuportable. D'accord, je n'étais pas très charitable, mais il avaient vraiment des sâles tronches. Personne ne semblait vouloir quitter le salon tant que ces types étaient dans les parages. Alexia a demandé à Thomas de vérifier pour l'ambulance, mais le téléphone ne fonctionnait plus et il ne trouvait pas son natel.
Les deux types ont commencés à nous menacer, les choses ont vite commencé à déraper.
Pascal m'a tirée dans la bibliothèque pour discuter. On se tenait à carreau, n'importe qui pouvait entrer alors il n'était pas question de se retrouver dans une situation compromettante. Pascal m'a alors appris que l'accident et tout était une mise en scène. Et si je regardais bien, tous les natels avaient disparus, et que ces types allaient passer la nuit dans le chalet. Mince, et dire que j'avais marché!
Comme j'étais au courant, j'ai donc été la 1ère à être séparée du groupe. Pascal s'était arrangé pour ça, et il est venu me rejoindre peu après. C'était l'occasion de se retrouver seuls à l'abri des regards. Du coup, on a pas participé à la suite du programme organisé par Thomas, Ethan et Michael. J'avais mauvaise conscience par rapport à Layne, c'était un peu embarrassant et sans coeur, mais en repensant à lui et Alexia, ma mauvaise conscience a disparu aussi sec.
Si je n'avais pas été au courant de l'histoire, j'aurai pris peur en voyant un des types traîner ce qui semblait être un corps et le mettre dans le coffre d'une des voitures. La plupart des autres copains restant avait été ligoté et l'un des types faisait semblant de fouiller la maison. Hahaha, les pauvres... L'empêche que j'avais un peu peur que les choses tournent mal et j'avais raison!
Layne et Paul ont réussi à se libérer et sont tombés à bras raccourcis sur les 2 types. Avant qu'ils aient eu le temps de trop leurs corriger le portrait, Thomas a avoué la supercherie. Malheureusement, pour nous, complètement ailleurs, on n'était pas au courant de ce qui se passait. Vraiment pas top! Ce qui fait qu'on est venu à notre recherche et... arf... vraiment pas top! Il était évident qu'on ne jouait pas au scrable... Pfffff, si c'est pas la poisse!
On a essayé de convaincre tout le monde qu'on était resté caché parce que ça faisait partie du jeu. Mais je crois qu'on a essayé un peu trop... ça finissait par ne pas avoir l'air trop crédible. A l'expression sur le visage de Layne, j'ai compris qu'il ne me croyait pas. Il s'est mûré dans un silence désagréable. Jess non plus ne disant pas grand chose, elle observait Pascal du coin de l'oeil, la moue fâchée.
Même quant on a été se coucher, Layne ne m'a pas adressé la parole. Il s'est couché en me tournant le dos.




Évidemment après avoir tourné comme une crêpe toute la nuit, j’ai sauté de mon lit tôt dans la matinée.




On s'est tapée du pop-corn en regardant la télé en silence. Nikki était perdue dans ses pensées jusqu'au moment du "American Idol", où elle a enfin oublié pour un moment 







