Dim - 28 jan 2024 - Rester visible
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Dim - 28 jan 2024 - Rester visible
J'ai réalisé qu'agir à contre courant, déstabilisait Pascal. Ne pas être en colère, ne pas faire la tête, garder le sourire et la tête haute. Genre bécasse de première. C'était toujours ce que faisait Caro, ce qui lui permettait de rester près de Pascal. J'ai décidé d'en faire autant. Et ça a eu eu l'air de marcher. Il croit quand même pas que j'ai oublié qu'il m'a dit que je l'énervais!
C'était dur de ne pas exploser, le repousser Pascal, ou faire la gueule. D'habitude, je me serais tirée du chalet. Ça ne m'avait pas amenée à grand chose jusqu'à maintenant, à part qu'il faisait plus attention. Je lui ai dis d'aller skier, il n'avait pas besoin de rester là pour moi. Et l'air de rien, j'avais besoin de dormir. J'avais passé une grande partie de la nuit à cogiter...
On est descendu pour déjeuner, ses potes étaient encore là. Nolan l'a un peu charrié, mais Paul lui a dit qu'il avait meilleur mine qu'hier. C'est vrai qu'il avait l'air plus calme. Après un rapide déjeuner, ils sont partis skier. Caro l'avait attendu pour partir le groupe. Maligne. Je me suis immédiatement recouchée.
J'étais si crevée que je me suis endormie dès que ma tête à toucher l'oreiller. J'avais mis une alarme pour me lever et me préparer avant le retour des skieurs. Je voulais être au top, le sourire au point et tout.
J'étais encore dans la chambre quant Pascal est monté. Il proposait qu'on sorte manger les 2. Mais c'est pas possible, c'est son chalet, il doit rester. Si les autres mangent là, il doit manger là. J'imagine que c'est dur de remplacer Thomas. Alors on a mangé là.
Nolan l'a tiré de côté pour lui demander ce qu'il faisait. J'ai compris que ça me concernait à son coup d’œil dans ma direction. Ce plouk. Non, mais pour qui il se prend cet abruti? Il a un de ces culots celui-là de chercher à s'immiscer entre Pascal et moi!
Mes illusions se sont envolés après le souper. Pascal était à nouveau distant et discutait avec ses copains dans son coin et moi dans le mien. Pour ne pas trop penser, et ne pas me laisser sombrer dans la déprime, je me suis lancée dans une partie de Trivial Pursuit avec Lisa, Caro et Jason. Grâce à ça, j'ai oublié la présence de Pascal et qu'il m'ignorait à nouveau.
Tout à coup, Pascal était assis sur le bras de mon fauteuil. Ça m'a fait frissonner un peu. J'ai continué à jouer. Quant je me suis levée pour aller me chercher à boire, et il m'a suivie. C'était bizarre, parce qu'on aurait dit qu'il cherchait à discuter. J'ai ramené le verre de Caro. Pascal m'attendait dans le jardin d'hiver. Que faire, parler ou chercher à le faire parler?
J'ai laissé couler. Après tout, ce n'était pas l'endroit idéal pour parler. Je voulais qu'il comprenne que j'étais ouverte à la discussion au cas où. Qu'il pouvait tout me dire. J'ai laissé tomber mon mur. Je crois qu'il l'a senti. Il m'a demandée si j'étais d'accord de manger avec lui un soir de la semaine. Il avait envi de me parler. Je sais qu'il voulais savoir comment j'allais.
Je n'allais pas lui dire que j'étais plus bas que bas, au fond du gouffre, que son attitude ces temps me blessait. Que je savais que Nolan l'encourageait à me traiter comme ça. Que je le ressentais et le remarquais à chaque fois qu'il me voyait. Que ce qui était le pire, qui me décevait, était de savoir qu'un parfait étranger pouvait l'encourager à me faire du mal.
Non. Je lui ai dis que j'étais tendue, qu'il se passait beaucoup de choses, que tout allait de travers, et en plus lui, quant j'aurai tellement besoin de câlins. Mais je faisais avec. Ça me donnerait de la force si j'arrivais à me débrouiller toute seule. Il s'est senti coupable. Je lui ai dis qu'il n'avait pas à se sentir concerné, je me suis toujours démerder toute seule.
Ça a eu pour effet d'empirer son sentiment de culpabilité. Pascal n'a rien dit, mais ça se voyait. Nolan est venu faire chier comme d'hab, et lui a dit qu'ils l'attendaient en bas. Pascal lui a dit qu'il arrivait, mais qu'il ne fallait pas l'attendre. Nolan traînait à la porte, comme s'il ne voulait pas partir sans lui. Pascal a dû lui dire de nous laisser. Je me suis sentie bizarre.
Enfin, il prenait mon parti et envoyait Nolan presque sur les roses. On est resté là un sacré moment à bavarder.
Je pense que c'est sans le vouloir qu'il est arrivé sur le sujet. Penché en avant sur son siège, il semblait torturé. Ça m'a serré le cœur. Mais, c'était moi la victime ici, pas lui. Je ne voulais pas me laisser attendrir aussi facilement. Lui n'avait pas hésité à me briser le cœur. A me garder à distance, alors qu'il souriait de toutes ses dents avec les autres. Alors pas de pitié.
Pascal s'était d'abord levé pour aller fermer la porte à clé. Il ne voulait pas qu'on vienne nous déranger. Il m'a dit qu'il était tout chambouler. Qu'il se demandait s'il devait rentrer aux États-Unis. Se demandait pourquoi il restait ici. Pour ne pas se laisser influencer, et savoir s'il restait en Suisse parce qu'il y avait moi ou parce c'était ce qu'il le voulait.
C'était absurde, mais bizarrement, l'absence de Thomas était difficile à supporter. Il se sentait complètement vide. J'avais eu raison de l'envoyer balader quant il a voulu qu'on habite ensemble, il le savait bien. Mais ça ne voulait pas dire, parce qu'il le savait que ça ne venait pas le hanter. Il était conscient qu'il cherchait peut-être à combler le vide qu'il ressentait.
Il s'était mis à se demander s'il resterait ici si je ne faisais pas partie de l'équation. Pour le savoir, il devait m'écarter, faire comme si je ne faisais par partie de sa vie. S'il le fallait, éviter à tout prix de me voir. Comme j'avais pu le constater, il avait lamentablement échoué. Dès que j'étais dans les parages, il avait de la peine à... Il a souri sans sourire.
- Et donc, pendant cette pause, tu te tapes d'autres femmes, avec qui tu ris, souris, et passes de bons moments. Elles ont le droit de te voir rigoler, entendre ta voix, avoir ta présence... et moi? Niet? Trop bizarre.
- Elles ne comptent pas, alors elles n'influenceront pas ma décision.
- Ha! Donc, si tout à coup, tu décides à partir, on aura passé tout ce temps... séparé? Waouh, souvenirs, souvenirs...
Il a eu un sourire désabusé en tournant son regard vers moi.
- Tu es là avec moi, et devine, je me dis que je n'ai pas envi de partir... Mais, est-ce que ce serait pareil si tu ne faisais pas partie de ma vie? Forcément que tas présence influence ma décision. Forcément, tu chercherais à me faire rester... Est-ce que je...
- Certainement pas!
Pascal s'est tourné vers moi les sourcils interrogateurs. Comme il était chou. J'ai failli lui dire que je n'avais jamais essayé de l'influencer. Qu'il n'avait qu'à me citer 1 seule fois où j'avais fais une chose pareille. Mais, je n'ai rien dis de tout ça. J'ai simplement dis la stricte vérité. Je ne le ferais pas, parce que sinon, un jour il pourrait me le reprocher.
Donc, jamais je n'essayerais de le forcer à rester ici pour moi. Jamais. S'il choisissait de partir, ce serait son choix. Rester aussi. Ce n'était pas à moi de le forcer dans une direction ou une autre. Jamais je ne ferais ça. Hum, je savais au plus profond de moi, que bien sûr j'essayerais. Clair que je ne voulais pas qu'il s'en aille, mais ce n'était pas à moi de décider.
Pascal m'a regardé longuement sans rien dire. Je me suis rapprochée pour lui caresser la tête. J'aime passer mes doigts dans ses cheveux. Je l'adore ce mec, comment pourrais-je vouloir le voir partir. Mais, les hommes font souvent trop confiance à ce qui sort de la bouche, sans penser qu'on pouvait dire le contraire de ce qu'on pense réellement.
Mais, c'est sûr que je ne lui demanderais pas de rester. Jamais. Je tâcherais de faire en sorte, mais sans demander, sans le dire. S'il finissait par regretter son choix de rester, il finirait par me le reprocher un jour. Fatalement. Donc, il n'était pas question que je fasse une chose pareille. Les câlins sur la tête, et Pascal a fondu et passé son bras autour de moi.
Il avait été surpris que je ne lui fasse pas la gueule, que je sois toujours aussi adorable. Pourtant, il se rendait compte qu'une fois de plus, le voilà qui recommence à penser qu'il ne pouvait pas partir. Et surtout pas partir sans moi, mais il savait que je refuserais de le suivre. Il savait que j'avais ce côté "peur de l'inconnu", l'idée même me terrifiait.
J'aurai pu lui dire qu'en pensant à ça, je pense tout de suite à ce que j'aurai à supporter d'avoir ses gosses et sa femme dans les pattes. Sans compter les soirs où il passerait ses soirées là-bas, question d'être présent pour ses gosses. Non, ce serait atroce. J'aurai tout le temps peur, serait tout le temps sur les dents... Trop dur. Je ne pouvais pas.
J'ai gardé mes visions apocalyptiques pour moi. Inutile à ce stade d'en parler, ça ne ferait que compliquer les choses. Caro est venu toquer à la porte vitrée. Comme elle insistait, Pascal a fini par aller ouvrir. Ils allaient partir, alors elle était venu nous prévenir. Je l'ai vu me regarder avec insistance. Elle cherchait à deviner ce qui se passait.
Elle avait été étonnée de nous voir dans les bras l'un de l'autre. Une fois dans bar qu'on avait l'habitude de fréquenter, je lui ai raconté en gros les turpitudes dans la tête de Pascal. Elle a secoué la tête. Elle se doutait qu'il se masturbait le cerveau et ne comprenait pas pourquoi il n'en parlait pas, on était concernée après tout!
Je lui ai rappelé qu'il n'était pas le genre bavard, et détestait montrer ses faiblesses. Je ne me doutais pas qu'il réfléchissais sérieusement à rentrer aux States. Ça me perturbait un peu. Caro a dit que, s'il le lui demandait, elle le suivrait. Elle a voulu savoir si j'étais prête à le suivre... J'ai laissé la question en suspens... Je ne pouvais pas répondre à ça! Pas à elle.
En tous cas, si j'avais compris une chose pendant notre discussion, c'est que j'avais eu raison de venir au chalet. Je devais rester dans ses pattes, l'obliger à me voir le plus souvent possible. Je ne devais pas le laisser s'habituer à mon absence! J'avais des tonnes de reproches à lui faire, mais ce n'était pas le bon moment... Je rongerais mon frein en silence.
Je vais faire semblant de garder mes distances, de rester à l'écart, mais je serais souvent dans les parages... J'avais une chance.
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