Demain, c'est l'anniversaire à Slavika, faut que je me bouge pour lui trouver quelque chose. J'ai la tête vide, pas d'énergie, le cœur lourd, je n'ai envie de rien. Si je savais où aller, j'irai m'enfermer dans un couvent et faire vœux de silence pendant 1 mois. Je sais ou disons, je devine ce qui se passe, et je n'ai pas le courage de vivre ça. Pourtant, je suis en plein dedans.
Le 18, c'est l'anniversaire à Ellie, ensuite Marlène, Dylan, Nolan, etc. Je suis déjà épuisée. Le bal recommence. Comme d'habitude, je pense qu'on saura au dernier moment, quand et où. J'aimerai ne pas avoir à y aller, je n'ai pas la frite ces temps. Et pour couronner le toute, il ne fait que pleuvoir. Temps de merde. J'ai dû annuler le jardinier encore aujourd'hui.
Arh, avec ce temps merdique, il faut que j'aille traîner en ville pour acheter des cadeaux. Quand on a pas le moral, on n'a pas d'idées. Je n'ai envie de voir personne, parler à personne non plus. Je suis au fond du gouffre. J'ai l'impression d'avoir des poids au bout des bras et des pieds. Je me traîne. J'aimerai pouvoir rester au lit et me faire piquer pour entrer dans un petit coma.
Pascal ne m'a pas appelé hier, ni aujourd'hui. Trop méchant. Je tombe lentement dans la déprime…
Pascal a essayé d'appeler encore aujourd'hui un peu avant midi. Après son appel, il m'a laissé un message; "Jane, sérieux? Tu as décidé de ne pas me répondre?". Il avait le culot de s'attendre à ce que je saute sur mon téléphone parce qu'il m'appelle 2 jours plus tard? L'idiot, quel culot! Ça m'a énervée. Alors bouillante, encore fin énervée, j'ai répondu;
"On s'est croisé? Samedi? Et tu as attendu, quoi? 2 jours? Waouh! Merci pour ta considération!".
Après avoir envoyé le message, j'ai regretté. Je n'aurai pas dû laisser mon humeur prendre le dessus. Je n'aurai même pas dû lui répondre. Il n'avait qu'à y réfléchir. Mon cœur me faisait mal. Zut, j'avais peut-être allumé la mèche pour une dispute. Elle, elle n'est que sourire, bonne humeur, agréable, et moi, je lui prends la tête et cherche la dispute. Ça ne va pas, je ne veux pas être la chieuse.
Pascal a attendu la fin de la journée pour répondre à mon message; "On en parle ce soir à la maison ok".
Tsss, il se fiche de ma gueule? Pas question que j'aille chez lui. Ça ne l'a pas dérangé de ne pas me voir hier, toute la journée, et toute la soirée. Donc, il ne voulait pas spécialement me voir. Ça l'a arrangé de ne pas m'avoir sur le dos, il a pu sortir hier soir, traîner dehors avec sa miss. Bref, c'était pour ça qu'il n'a pas cherché à me joindre de tout le dimanche. Ça me brise le cœur.
Je ne vais même pas répondre. Encore une fois, il n'aurait pas dû attendre pour me répondre...
Au départ, je ne pensais pas aller jusqu'à Evian. Ça me faisait un peu piver d'aller jusqu'à Evian pour passer des heures autour d'une table à se goinfrer. Mais, j'ai changé d'avis. J'ai décider de ne pas manger avec eux, mais passer prendre le café et visiter la nouvelle maison de mon neveu et sa femme. Ce que j'ai fait. D'aller à Evian était en fait bienvenue, et me changerait les idées.
Pascal m'avait menti sur sa soirée, prétendant avoir un truc avec le boulot, et je l'avais pris la main dans le sac.
J'avais eu le loisir de l'observer, le cœur écrabouillé, à travers les grandes vitres de la pizzeria, depuis l'autre côté de la rue. Et pour le cas où il aurait regardé par la fenêtre et m'aurait vu, j'avais l'air d'être sur le point de traverser. Il était bien trop occupé à lui tenir la main, à lui sourire et tout pour regarder dehors. Mes jambes tremblaient un peu beaucoup, mais c'était le moment de faire mon apparition.
Ça tombait à pique de le choper ce soir, parce que demain, il aurait beau essayé de m'appeler, je ne pourrais pas lui répondre. Je serais à Evian entouré de ma famille. Pas le moment de commencer à me prendre la tête avec qui que ce soit, même le Pape. J'ai bien fait d'y aller.
En arrivant, ne sachant pas exactement où c'était, j'ai vu GG promener les gamins; Nolan, Mayline, Maël, Ellie et Liam. Jade, la petite dernière, et la fille de mon neveu était à l'intérieur à distribuer des sourires à tout va. Adorable cette petite. J'ai pu la porter un peu. Après le café, j'ai embarqué GG et Dada avec Nolan, pour monter à la maison du petit dernier de la fratrie; Marco.
Quand je pense au nullos crétin devant le resto! En arrivant, le resto avait l'air fermé. Devant, assis sur une chaise, il y avait un serveur. J'ai demandé si c'était bien Zaino. Ce crétin a prétendu ne pas connaître le nom, mais que j'étais bien à la bonne adresse, mais que le restaurant était fermé et n'ouvrait qu'à 18h. Quelle mauvaise pub pour leur restaurant, cet abruti devrait être viré!
J'étais contente de revoir Chantal, la tati à Marco aussi, et la sœur de son papa. Il y avait bien sûr Gllou et Pascale, et Roman, le meilleur ami. J'ai appris que Lilice avait eu un malaise en venant. Ils avaient dû s'arrêter et ont même appelé une ambulance. Heureusement, quand l'ambulance est arrivé, elle n'en avait plus besoin. Question hôpital, c'est une mauvaise année pour ma famille.
Vers 19h, j'ai descendu Dada et sa famille sur le quai., et j'ai pris la route pour rentrer. Pascal avait essayé de m'appeler en début d'après-midi. Crétin. Pas avant? Quelle déception. Je ne devais plus compter autant. Il en avait rien à fiche de ce que je ressentais. Peut-être même qu'il s'attend à ce que je veuille rompre. Donc, juste ce que je devrais éviter de balancer!
Un peu facile! Peut-être qu'il ne voulait pas le faire, et préférait que ça vienne de moi. Mais ça, je déteste le faire moi aussi. Je préfère laisser mon partenaire en prendre la responsabilité. J'étais triste et en larmes parce que Pascal n'avait même pas jugé utile de m'appeler avant. Il avait laissé une journée entière passer avant de chercher à s'expliquer. Hun, je lui laisse trop de liberté!
Richard m'a dit que Pascal m'avait fixer. Je le voyais du coin de l'œil. J'étais souriante, comme si j'étais aux anges. Quand Pascal est sorti, j'étais à la maison. J'ai pensé que je devrais peut-être ne rien faire, et rentrer me remettre en training et m'étaler sur le canapé comme il m'avait laissé. Ne pas lui dire que j'étais sortie et voir comment il réagira. Ce serait intéressant de voir ça!
Mais bon, ce serait peut-être un peu louche si je veux me re-pointer dans le même restaurant que lui, encore une fois, pour le surprendre cette fois. Ouais, ce serait louche. J'ai donc dû mettre mon plan en play. Du coin de l’œil, j'ai eu l'impression qu'ils se préparaient à partir. Pascal cherchait-il à fuir? J'ai donc tourné la tête dans sa direction et je l'ai fixé. Ils discutaient tout sourire.
Puis nos yeux se sont accrochés. Il était pris en flagrant délit. Je crois que mon visage reflétait ma surprise, mon désarrois. Pascal est bronzé, mais là, il était plutôt livide. Ma poitrine s'est compressé, je n'arrivais plus à respirer. Richard a suivi mon regard. Pascal nous a vu.
La bonne femme a tourné la tête dans ma direction, mais je ne quittais pas Pascal des yeux...
J'avais déjà prévu l'étape suivante, et j'ai prévenu Richard. Donc, je me suis levée tout en gardant mon regard sur Pascal. Il a eu peur. Peur que j'aille faire un scandale devant cette nana. J'ai baissé les yeux sur elle enfin. C'est bien ce que je pensais, je ne la connaissais pas. J'ai détourné la tête et j'ai filé. Je ne voulais pas m'écrouler devant Richard que je ne connais pas.
J'avais pensé que Pascal me poursuivait, au moins pour essayer de s'expliquer. Mais non. Je crois qu'il est resté avec elle. Ça m'a déçu et brisé le corps. J'avais l'impression d'être passé sous un train. J'avais mal partout. Ce n'est qu'une fois sur la route, que j'ai réalisé que je pleurais, parce que je ne voyais pas bien à travers les vitres de ma voiture. C'était tout brouillé.
Je ne suis pas repassé par l'appartement à Pascal. Je suis rentrée directement chez moi. Je surveillais mon téléphone. Je voulais voir combien de temps ça prendrait pour que Pascal m'appelle. Il aurait déjà dû l'avoir fait. Il devait donc toujours être en compagnie de cette femme. Je l'avais vu rentrer et faire les 100 pas en hésitant à m'appeler. Si c'est bien moi qu'il hésitait à appeler!
Ça ne le dédouane pas pour autant. Évidemment que je n'allais pas lui répondre. Il aurait dû se précipiter derrière moi au resto. Et s'il ne l'a pas fait, il aurait au moins dû tout de suite tenter de me joindre. Mais là aussi, il a manqué le bon créneau. J'ai réalisé que je serrais les points un peu trop fort. Maintenant, il me fallait décider ce que je devais faire après. Comment le forcer à y mettre un terme avec cette bonne femme?
Ce soir, ça tombait bien, parce que demain je devais aller à Evian pour la fête d'anniversaire d'un de mes neveux. De l'avoir attraper hier soir, j'espère qu'il se sentira mal et même coupable tout le dimanche. J'espère qu'il passera une mauvaise journée à chercher ce qu'il allait me raconter et comment me faire avaler la pilule. En tous cas, il n'avait pas une sortie de boulot comme il l'a prétendu!
J'étais triste et tellement déçue, parce que Pascal n'a même pas essayé de m'appeler de la soirée. Pourquoi? Il n'a pas trouvé une assez bonne excuse? il aurait quand même dû m'appeler, même s'il n'avait rien à dire! Je crois qu'il ne m'aime plus. Ou ses sentiments sont devenus plus tièdes? Ça fait mal, je me sens abandonnée. Pas appeler signifie qu'il se fiche pas mal de ce que je ressens.
Dès que Pascal m'a dit qu'il avait quelque chose ce soir, je n'ai rien dis. J'ai aussitôt contacté mes gars. S'i l allait au resto, je voulais savoir où. J'ai aussitôt appelé JL pour lui demander s'il voulait manger avec moi ce soir. Il avait déjà quelque chose, mais il allait essayé d'annuler. Il m'a rappelé plus tard pour me dire que ça jouait, on pouvait manger ensemble.
J'avais mauvaise conscience d'utiliser JL. En plus, on bosse ensemble. Ça risquait de mettre en mal notre collaboration. Je n'étais plus emballée par l'idée. Prise de remord, je l'ai rappelé pour essayer d'annuler. Je lui ai dis que je me sentais trop coupable qu'il annule, juste pour aller manger avec une amie.
On peut manger ensemble une autre fois. On avait tout le temps pour faire ça une autre fois.
Ensuite, j'ai appelé un copain, mais pour lui non plus ça ne jouait pas. Désespérée, lamentable, j'ai fini par appelé Jonas. C'est un vrai revers, je ne trouvais personne pour m'accompagner. C'était foutu. Je regrettais presque d'avoir annulé avec JL. Il est divorcé, et je suis sûre qu'il y a une femme dans sa vie. N'étant pas célibataire, je ne comprends pas trop pourquoi JL me faisait du rentre dedans.
J'étais trop désespérée de ne pas pouvoir aller surprendre Pascal en me montrant avec un mec. Et si possible, pas trop mal. Quand ils m'ont appelé pour me dire qu'ils l'avaient en ligne de mire, j'étais effondrée. Alors, j'ai expliqué ce que je voulais faire, mais hélas, aucun de mes potes n'étaient libre. Forcément c'est normal, c'était un samedi soir.
Alors, ils ont proposés que l'un d'eux m'accompagne. Et pendant qu'on y ait, il pouvait entrer et se mettre à une table proche de Pascal. Une table où Pascal ne pourrait pas manquer de me voir. Donc, Pascal aura mon profil droit en presque en face de ses yeux. C'était une pizzeria que Pascal et moi ne fréquentions pas. Ce resto perdu était un bon endroit pour une liaison cachée. Il ne risque pas de croiser des connaissances à nous.
J'étais pratiquement prête, vu que je pensais facilement trouver quelqu'un pour le plan que j'avais en tête. Ce soir, je portais une robe large, des tongs décorés de palmiers, et mon sac à main brun, genre fourre tout, en bandoulière. J'avais forcé sur le maquillage mes yeux gonflent, vu que j'avais un peu pleuré. Je devais appeler le mec quand j'étais dans les parages.
Avec son téléphone à l'oreille, il sortirait du resto, pour que je puisse voir avec qui j'avais rendez-vous. Il lèverait le bras au-dessus de sa tête. Ce serait pour confirmer qui il était, au cas où. Ensuite, il irait à notre table, que je sache où il était. Il s'appelait Richard. J'espère qu'il saura jouer le jeu. On me l'a un peu décrit, 1m85, cheveux foncés, bouclés et une petite barbe naissante.
Pas mon genre, mais il n'était pas mal. Richard m'a dit que Pascal m'a vue quand j'ai pénétré dans le restaurant. J'étais tout sourire pour Richard que je ne connaissais pas avant ce moment. Il s'est levé pour me prendre dans ses bras. On s'est juste fait un bisou sur les joue. Mais son geste était romantique. Il me manquais juste le chapeau large à retenir pendant cet accolade.
Je n'ai pas pensé nécessaire d'avertir Pascal pour ce soir. On est sensé se voir du vendredi au mardi, alors, je me suis sentie dans mon droit de me pointer chez lui, même s'il n'était pas là. Je me d'abord installée devant la télé au salon avec mon bouquin. Après minuit, j'ai été lire et regarder la télé dans la chambre. J'ai pleuré un peu, une fois de plus, je passais mon vendredi toute seule.
Bien sûr, je suis consciente que Pascal n'a plus autant envie de me voir. Et hier, il n'était pas du tout avec ses potes concernant le chalet. Il avait rendez-vous avec la même Louise. Donc, Pascal m'avait menti. J'avoue que son mensonge tenait très bien la route. Je suis étonnée d'apprendre qu'ils n'ont pas été chez elle, ni même à l'hôtel. Est-ce que c'est ce qui lui donnait envie de la voir?
Et ce soir, Pascal a été manger avec cette femme, avant d'aller rejoindre ses copains au Time-Out.
Surprise! Pascal m'a invitée à manger avec lui ce soir. Il avait d'abord proposé midi, mais ça ne jouait pas pour moi.
Il aurait fallu que je prenne mes affaires pour ma réunion de boulot avec moi, et partir au boulot direct après avoir mangé. Pour moi, c'était trop de stress. Donc, on se voyait ce soir. J'ai proposé qu'on fasse à manger chez lui. Pas trop envie d'aller au resto.
Dans cette période trouble, resto signifiait pour moi, que Pascal voulait discuter de quelque chose qui risquait de me saper le moral.
Il m'a proposé ça, parce que vendredi, il avait soi-disant quelque chose. J'ai dis que c'était nul, parce que moi, j'avais l'anniversaire de mon neveu à Evian, dimanche. On aura que le samedi? De tout le week-end? Pour une fois, je lui ai demandé ce que c'était ce "truc" qu'il avait. Il a dit qu'ils devaient discuter entre mec; trouver un autre chalet ailleurs pour l'hiver.
Wah, je l'ai cru facile. Mais j'avais déjà commandé mes gars pour le surveiller. Parce que j'étais certaine qu'il me planterai encore un lapin, comme presque tous les vendredis depuis des lustres. J'ai voulu annuler, et le mec m'a dit qu'ils le suivront jusqu'à son rendez-vous, et s'il est bien avec ses potes, alors ils laisseront tomber pour la soirée. J'ai fini par accepter de mon détective.
La réunion de boulot était intéressante. Le futur projet me plait, parce qu'ils nous laissent carte blanche. Ce serait pour des couvertures de livres. On est libre aussi d'utiliser n'importe quel média, même du collage. J'ai pensé prendre des photos des environs de chez moi, ou de paysage sous le brouillard. Il y a souvent des pans de brouillards autour de chez moi ces temps.
Je me réjouissais de voir Pascal, mais ce rat a fini par annuler notre rendez-vous par sms, pendant que j'étais en réunion. J'étais toute souriante pendant et après mon meeting.
J'avais prévu de courir poser mes affaires chez moi, me larver une petite 1/2h dans un bain, avant de courir chez lui . Je pensais laisser ma voiture chez lui et même passer la nuit là-bas. Ça a plombé mon fucking moral.
J'étais furax d'avoir éliminer mes gars pour ce soir. Je n'osais pas les rappeler pour leur demander de reprendre la filature!
Je n'oublie jamais les anniversaires de mes neveux. D'ailleurs, je me fais un devoir de souhaiter bon anniversaire aux petits dans le groupe famille, pour que personne n'oublie. Sa petite femme avait fait un groupe à part, parce qu'on va fêter ça dimanche à Evian. J'ai appris qu'ils avaient déjà déménagé là-bas au début du mois. Marco m'avait dit qu'ils ne déménageaient pas avant mi-septembre. Ça nous donnera l'occasion d'aller visiter leur nouvelle maison.
En sentant que Pascal était ailleurs, qu'il avait envie d'être ailleurs, j'aurai dû me casser au lieu de m'imposer. Pourtant, je suis quand même un poil fière de moi, parce que je n'ai rien montrer. Pace ne peut deviner que je sais tout. Enfin presque. Je suis aussi fière d'avoir été comme d'habitude, même un peu plus câline. J'ai choisi l'option "douceur et trop gentille" pour l'empêcher de me parler de l'autre. Quand il est rentré de chez Caro samedi soir, j'ai sauté dans ses bras.
Toute souriante, je n'ai pas parlé de son excuse bidon pour sortir, mais que je commençais à piquer du nez. Contre lui, je me suis frottée en le serrant fort, en me montrant toute contente de le voir rentrer. Il n'y a vu que du feu!
Même si je sentais le parfum de Caro, je n'ai rien dis. L'essentiel c'est qu'il soit rentré. Il a rigolé et m'a demandé ce que je faisais. Avec les mains j'ai mimé, en disant que j'essayais de m'enfiler sous sa peau. Je demeurais gaie et souriante, en faisant un peu la folle amusante.
Ça l'a fait rire. Je lui ai dis que j'avais commencé à piquer du nez dans mon bouquin, donc il me fallait un café et je lui en ai proposé un. Dès que je lui ai tourné le dos, mon sourire s'est effacé. Les surfaces qui reflètent me servaient de miroir, et je le voyais me suivre des yeux en souriant. Ça avait dû l'amuser ma petite démonstration quand j'ai dis que je voulais m'enfiler sous sa peau. Il ne me quittait pas des yeux. Il était venu m'entourer de ses bras, donc il se sentait coupable.
Oui, il devait se sentir mal à l'aise et hyper coupable, parce qu'il a été adorable à partir de là, et hyper attentif. En fait, attentif je ne suis pas sûre, disons plutôt à m'observer et sourire à mon blabla. Parfois, quand je suis mal à l'aise, je deviens un vrai moulin à paroles. Tout et rien sort de ma bouche en vrac et en continue. Impossible de me taire du coup. Apparemment, je l'amusais. Je ne voulais pas qu'il pense à l'autre pouffe. Quand un homme est amoureux, il devient idiot!
Pascal ne s'en rendait peut-être pas compte, mais il était sensiblement distant, dans la Lune. Au moins, même si je me sentais pour la plupart de la journée au bord des larmes, on a passé une journée calme. Ce dimanche là, j'ai apprécié la visite des copains. C'était une bonne distraction. Parce que c'était mes jours, je suis restée à le coller lundi et ce mardi. J'ai un peu regretté d'être aussi collante. Je devais paraître désespérée. Pascal n'est pas rentré directement du boulot.
Je présume qu'il avait dû voir cette femme, tout comme ce soir. Pascal est rentré après 20h, le temps de manger, je suis partie. Arh, je suis déprimée. Je le sens distant. Il n'était pas comme d'habitude. D'habitude, il est tout câlin, toujours autour de moi, à me faire des câlins. On est l'un sur l'autre sur le canapé, on discute, on rit. Ces temps-ci, Pascal est ailleurs, dans les nuages, pensif. Il est tellement ailleurs, que c'était comme s'il oubliait que j'étais là… Ca me pèse sur le cœur.
Pascal est rentré tard. En fait, il est rentré un peu avant minuit. J'aurai pu lui dire que je ne croyais pas un mot de ce qu'il m'avait dit. Aucun de ses copains n'auraient été ivre déjà vers les 8h du soir. Impossible. Ce serait du jamais vu. Même sans détective sur les talons, c'était juste une excuse à dormir debout. Nul. Va falloir qu'il fasse mieux. J'ai peur.
Inutile de lui en faire la remarque et qu'il devienne plus créatif! Au moins, je sais quand il ment!
D'après le petit jeune, ils sont restés ensemble environ 2h, puis Pascal a été rejoindre ses potes un moment au Time-Out avant de rentrer. Il est sorti du Time-Out avec une fille blonde-rousse, ronde, cheveux mi-longs. Il l'a ramenée. Quand il m'a donné l'adresse, j'ai su que c'était Caro. Il m'a dit qu'elle habite près de chez lui. Forcément.
Pascal a encore fait un stop chez Caro après avoir traîné avec cette autre femme... Hum
Je devine parfaitement ce qu'il fabriquait chez Caro. Je savais quand il était arrivé chez Caro, alors j'ai dit au gars qu'il pouvait conclure pour aujourd'hui. Il a pris le temps de me faire son rapport. Ça me rend dingue, Pascal a l'air craque-dingue de cette cruche. On dirait qu'il ne peut s'empêcher de la voir tous les jours! Tout le dimanche, il a été nerveux, sans pouvoir rester en place.
Je le surveillais de près et j'ai su quand il est sorti avec son natel, que c'était pour l'appeler.