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179/2012 - La tête vide

Publié le par JaneDo

Mercredi, 27 juin 2012  -  (179/2012)  -  La tête vide…

Malgré le somnifère, je n’ai pas réussi à dormir… J’ai failli en prendre un deuxième, puis 3, mais la raison m’a retenue. J’ai traîné toute la journée l’âme en peine. J’ai joué au Monopoly sur internet au lieu de faire mes papiers. Marie m’a proposé de passer prendre un café, ensuite j’ai pensé faire quelques courses, mon frigo est vide...

Mais, une fois dans le magasin, me rappelait plus ce que j’étais venue acheter, alors j’ai pris du coca, et je suis rentrée. A la maison, j’ai réalisé que je n’avais plus de clopes, alors rebelote, retour en ville pour mes clopes. J’ai mis mon natel sur silence, je ne voulais voir, ni entendre personne. Je n’ai aucune idée de ce que j’ai fait le reste de la journée, ni de la soirée. A 3h du matin, je me demandais ce que je faisais encore debout… J’avais bien essayé de me coucher, mais je n’arrivais pas à dormir malgré ma fatigue.


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178/2012 - Comment sortir du trou...

Publié le par JaneDo

Lundi, 25 juin 2012  -  (177/2012)  -  Comment sortir du trou…

Aujourd’hui, j’ai fait l’effort de rester en contact avec certains amis à l’étranger, à qui je n’avais pas donné de nouvelles depuis des lustres. Je suis tombée sur Ruth (ma cops Belge de St-Domingue) en ligne en même temps que moi, alors on a chatté un moment. Puis, pour clore, j’ai laissé un petit mot à Dani, puis à ma petite famille Belge, puis à Coco (aussi St-Domingue).

Ruth m’a appris que tout le centre-ville où on était avait brûlé. Ils sont en train de reconstruire, mais le Mosquito, etc, tout était parti en fumée. Ça m’a fait mal au ventre. Quel dommage. Tous ces souvenirs ce sont envolés.

En fin de matinée, j’étais passée chez Rose. Elle avait eu le téléphone durant le week-end pour rester en contact avec le Libéria. Phouhhh, ils essayent tous autant qu’ils sont de nous arnaquer. Ils nous prennent pour des banques, c’est dingue! Mark avait dit qu’il passerait vers midi, mais il n’a pas réussi, alors Rose m’a mise au courant de ce qu’elle avait discuté avec Mary, Amos et Richard, l’un des fils à Ernest.

C’est toujours dur pour moi de parler, dur d’avoir l’air calme. Parler d’un proche, de quelqu’un qu’on aime, de son frère avec tous ces termes barbares; corps, morgue, enterrements, trou, creuser, au frais… Iak. Les autres y arrivent très bien, moi ça passe mal. Devant eux, je fais bonne figure. J’utilise les mêmes mots qu’eux. Pourtant, ma tête tape et je n’attends que de pouvoir prendre la fuite et rentrer. A la maison, je dégueule. Non, pas vomir, je dégueule.

Je n’ai pas très faim ces jours-ci, pourtant, j’ai été au souper en famille. On en a reparlé. Rose m’a raconté qu’à son rendez-vous à 16h avec Didine, elle lui a montré une photo de notre frangin… (soupir). Je ne veux pas parler de ce qu’elle m’a dit à propos de la photo, ni le noter. Peut-être que je finirais par oublier. Comment font-ils pour tenir? Pas de nouvelles de Mark? Peut-être a-t-il eu de la peine à digérer ça.

Claudine a contacté Mtre Berney concernant les titres de propriétés… On doit lui donner des dates pour qu’il puisse retrouver tout ça…

21h50, ils ont quoi ces corbeaux… Est-ce que l’hécatombe n’est pas terminée??? 22h11, tiens les corbeaux se sont tus. Je vais peut-être reprendre un demi Seresta ou Temesta, ça m’aidera à ne pas trop penser. Comment est-ce que Rose, Claudine ou Mark font? Est-ce qu’ils craquent aussi une fois seul? Je suis si contente de vivre seule! Si j’étais avec quelqu’un, je crois que je partirais quelque temps sans un mot, ou encore, je le ferais chevrer (=je le ferai chier) jusqu’à ce qu’il se casse pour enfin être un peu seule.

Je suis toujours dans un état de torpeur, de mollesse généralisée, je marche sur une fine ligne, en bordure du gouffre…

Pris mon courage à 2 mains pour appeler mon avocat. Un autre que celui qui s’occupe de mon dossier contre Roger. Enfin, une bonne nouvelle. C’était la bonne nouvelle du mois; il peut reprendre mon dossier. Maintenant voilà, je ne sais comment le dire à l’autre! Voilà, je vais prendre ce calmant et essayer de dormir quelques heures. Ensuite, il faudrait que je fasse des copies du dossier pour mon avocat et le lui envoyer par mail.

Je suis crevée… Mais… Ces calmants sont biens… Je tiens debout, un peu vaseuse, la tête toujours dans la ouate, mais je ne pense pas trop. Quoique… je commence à manquer de drogue! C’est ça ou me saouler la gueule pour tomber et dormir!

On a rigolé pendant le souper… Ça, ça me fait toujours mal à chier et c’est ce qui m’a fait dégueuler tout ce que j’avais tenté d’avaler…


Mardi, 26 juin 2012 (178/2012)  -  Rebelote…

Toujours un peu dans la vase. Pourtant, j’ai dû aller rejoindre les autres au salon de la frangine; on devait appeler là-bas. Ça me donnait la nausée, et pendant tout le temps que j’étais là-bas, ça ne m’a pas quitté. J’avais de la peine à rester debout. Toute mon énergie était pour ne rien montrer à l’extérieur. Dès que je suis rentrée, j’ai avalé un somnifère pour dormir un peu. J’étais naze.

Pascal est passé après son entrainement, mais je n’ai pas entendu la porte… J’étais out.
Le pauvre! Et pauvre moi aussi… Je le néglige, je m’en rends compte… Mais comment faire pour sortir de ce trou…


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176/2012 - Léthargie

Publié le par JaneDo

Dimanche, 24 juin 2012  -  (176/2012)  -  Léthargie

Enfin une journée complète de paix royale. Pour accompagner, je me suis pris un Seresta de 15mg que Dol m’avait laissé dans un de ses moments de bizarreries. Ça avait l’avantage de m’éviter de penser.

Plus calme, après les nombreux petits messages à Pascal et Thomas, j’ai envoyé un petit message à Pascal pour lui dire qu’on avait perdu un proche et que j’avais besoin de temps. Il m’a répondu qu’il aurait voulu que j’ai besoin qu’il soit près de moi et pas le contraire, mais qu’il comprenait.

Thomas lui a tout de suite essayé de me joindre par téléphone. Rhhh, ça ne me disait rien, mais j’ai répondu. J’ai bien fait parce qu’il s’était déjà mis en route pour venir chez moi. J’ai eu toutes les peines du monde à le faire changer d’avis et lui faire comprendre que je ne voulais vraiment voir personne.

Mince, j’ai des trucs supers importants à faire pour l’avocat concernant mon appart et je suis dans un état d'abattement, d'incapcité totale de réagir. Envie de rien, rien ne m'intéresse. Incapable de faire quoi que ce soit. J’ai passé la journée, la tête dans la ouate. Il faut que je me sorte de là!!!


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175/2012 - Sortie pour Pascal

Publié le par JaneDo

Samedi, 23 juin 2012  -  (175/2012)  -  Sortie pour Pascal…

Je suis mal et je fais du mal à celui que j’aime, c’est nul. Mais je n’arrive pas à me sortir de mon marasme. C’est affreux, j’arrive é sortir avec des copines quant elles ne savent rien, comme hier avec Dol, mais quant il s’agit de Pascal, ou même Thomas, zip, je peux pas.

Peut-être parce Pascal m’observe souvent et il verrait tout de suite que quelque chose cloche. Puis, avec les autres, y a pas de bisous bisous, câlins câlins, je leur fait seulement la bise. Je n’ai pas besoin de les toucher plus, et eux non plus. Puis, même si par moment j’ai la mine défaite, ou si je suis triste, ils ne remarquent rien. Même si j’ai les larmes aux yeux, pff, ils s’en foutent pas mal, ils sont trop préoccupés par leurs propres personnes pour remarquer quoi que ce soit.

Je fonctionne bien avec les gens qui ne savent rien et qui ne remarqueraient pas de changements dans mon comportement. Avec Pascal, ou même Thomas, c’est pas possible. Trop de contacts physiques, et ça, je peux pas. Je sais bien que c’est atroce de le laisser sans nouvelles, mais j’ai les bras qui tombent dès que je dois mettre en mots, alors je n’arrive pas.

Pascal devient fou à essayer de m’appeler, il m’a envoyé une tonne de messages. Je n’ai pas réussi à tout lire. Surement fatigué de ne pas obtenir de réponses, il est venu sonner. Aiiiiie. J’ai pas répondu à la porte. Ça m’a brisé de l’entendre m’appeler derrière la porte, persuadé que j’étais là et ne comprenant pas pourquoi je ne voulais pas lui parler. C’était affreux de lui faire ça. Je n’avais même pas osé le regarder par l’œil de bœuf, ça m’aurait fait mal de le voir. Il ne pouvait pas rester longtemps, et quant il est parti, ça m’a fait mal aussi.

Il avait eu l’air si perdu, si désespéré… J’allais devoir faire un effort pour lui …

Je lui ai envoyé un message pour dire que j’avais vu ses messages, que j’étais hyper désolée, mais je ne me sentais pas d’humeur de voir du monde. J’avais de graves problèmes familiaux. Je lui ai demandé de n’en parler à personne, je ne voulais pas qu’on me bombarde de questions ou qu’on cherche à me tirer les vers du nez pour me faire parler de quelque chose dont je n’avais pas envie de parler. Je lui ai aussi dit que je n’avais envie de voir personne.

C’est là que j’ai réalisé que de voir les gens trop rire ou trop s’amuser me feraient complètement flipper!

Je lui ai aussi dit que de voir du monde me fait un peu peur pour l’instant, que je m’excusais. J’ai prétendu que je ne me sentais pas très bien, un rhume ou un truc du genre. Et que dès que je me sentirais mieux, je l’appellerais. Qu’il ne fallait pas qu’il s’inquiète, que ça n’avait absolument rien à voir avec lui, qu’il n’avait rien fait de mal. Tout allait bien. C’est moi qui n’allais pas bien.

J’ai été incapable de lui dire que je l’aimais et pourtant, je le pensais.

Toute la journée et même pendant la soirée, Pascal a continué a essayé de me faire sortir de ma coquille en m’envoyant de petits messages d’encouragements, pour me dire qu’il pensait à moi, qu’il m’adorait et que je lui manquais. C’était gentil. J’avais pensé que j’allais me sentir mieux, mais même pas.

Le soir, j’ai décidé de faire un petit effort et d’aller les rejoindre au pub où on avait l’habitude de se retrouver. C’était surtout pour Pascal.

Assise dans ma voiture, je voyais l’intérieur, et j’hésitais encore à y aller. Mais je voulais aussi être sûr qu’ils y étaient avant d’entrer là-bas. Rhhh, il y avait trop de monde, j’ai eu un haut le cœur. Puis, j’ai vu Pascal, puis Thomas, et les autres. Ils étaient bien là. Pascal n’avait pas l’air de s’amuser plus que d’ordinaire. Il discutait, simplement. Evidemment, Caro n’était pas loin. Même collée à ses baskets. Comme à son habitude, Jess papillonnait. On ne pouvait pas la louper, elle aimait être le centre du monde.

Afff, je n’y arriverais pas. J’avais pensé pouvoir entrer là-bas comme si de rien, mais je n’en avais pas la force. La nausée me montait à la tête direct. Pfff, non je ne peux pas. C’était bizarre, mais j’avais une impression d’être derrière la toile, comme si je regardais un film. J’étais déconnectée. Par moment, des images du corps de mon frère, mutilé par une autopsie, dans un tiroir d’une morgue venaient cour circuiter ma vision. Non, je n’étais pas d’attaque.

J’ai fait demi-tour… m’arrêter quelques kilomètres plus loin. Nul… Je devais essayer… Au moins essayer… Si je ne me sens pas bien, j’avais ma voiture, je pouvais toujours partir aussi sec.

Quant je suis entrée dans le bar, le bruit, la musique, les odeurs m’ont giflée. J’ai dû reprendre mon souffle pour ne pas repartir en courant et me rappeler aussi que j’étais allée prendre un verre avec Dol, alors, je pouvais supporter un peu plus de bruits et de monde. Pascal a levé les yeux dans ma direction. En allant vers lui, tout ce que je me rappelle avoir pensé c’était; pourvu qu’il ne me prenne pas dans ses bras, pourvu qu’il n’essaie pas de m’embrasser.

C’était carrément idiot, Pascal ne ferait jamais un truc pareil avec sa femme dans le bar! Et pas dans un endroit public!

Comme toujours, c’est presque toujours Pascal que je salue en dernier. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est comme ça. Après avoir salué tout le monde, je suis arrivée vers lui pour lui faire la bise. C’est le moment qu’a choisi Jess pour venir se jeter au cou de son mari. Pascal était aussi surpris que moi. J’ai eu un moment de recul. Pascal ne me quittait pas des yeux, il m’a attrapé par le bras et après avoir écouté ce que Jess semblait vouloir lui dire. Et même si elle était toujours avec son bras autour de son cou, Pascal m’a demandé de sortir fumer un clope avec lui.

Jess a été prise de court, elle n’a pas pu nous suivre. Surtout que Pascal l’a soulevée et posée sur le tabouret sur lequel il était à moitié assis.

Dehors, il m’a fait un bisou avant de me tendre une clope qu’il a allumé pour moi. J’ai remarqué après que Pascal s’était mis face à l’entrée, probablement pour éviter que Jess n’essaie de m’agresser. C’était adorable. J’avais oublié ça moi. Je voyais bien qu’il voulait savoir ce qui se passait, pourquoi j’étais si absente ces derniers temps, mais il n’a pas essayé de me sortir les vers du nez. Il m’a juste reproché d’être une sale gamine de l'avoir laissé dans le vague pendant si longtemps. Il avait été inquiet.

Je n’étais pas très bavarde et je voyais bien qu’il m’observait. Pascal a essayé de me proposer de se retrouver après, ou d’aller boire quelque chose ailleurs. Mais… non… je ne voulais pas. J’avais trop peur qu’il tente quelque chose qui risquerait de me refroidir complètement.

A la 2ème clope, je lui ai dit que je ne retournais pas dedans. J’étais juste venue pour lui faire un petit coucou. Ça c’est fait, maintenant, je voulais retourner chez moi. A la petite grimace qu’il a faite, je crois que Pascal a compris que ça ne servait à rien d’insister. Après un petit bisou sur la joue, il m’a laissé filer. Il s’excuserait pour moi auprès des autres.

Jeeez, qu’est-ce que j’étais soulagée de partir… contente de rentrer chez moi…

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174/2012 - Je veux... ??? Je sais pas...

Publié le par JaneDo

Vendredi, 22 juin 2012  -  (174/2012)  -  Qu’on me foute la paix bordel

Halala, qu’on me laisse tranquille! Qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir faire ci ou faire ça? Aller boire des verres ? Ça ne me dit rien. Je ne veux rien entendre, rien voir. Qu’on me laisse toute seule, je veux qu’on me foute la paix. Même mes sœurs m’agacent. Rhhhoh, faut que je me contrôle, que je ne laisse pas transparaître mon agacement.

Et Dol… J’ai fait l’idiotie de l’appeler. Je ne voulais pas qu’elle pense que je lui en voulais ou quoi. Elle vient de sortir de l’hôpital, elle est encore fragile, je ne voulais pas qu’elle s’imagine que je la laissais tomber. Elle voulait absolument m’offrir à manger. J’ai été la chercher chez sa coiffeuse. Hasard, cette fille était apprentie chez mon ancien coiffeur, René.

Jeeez, elle m’a tout de suite reconnue. Hélas, moi rien de rien. Mais j’ai fait semblant. Et j’ai dû sourire, rigoler, mettre de la musique et prétendre que ça allait. Par moment, je devais contrôler le reflux de chagrin qui me noyait le cœur ou les larmes qui montaient.

J’avoue que j’étais contente de la jeter chez elle et rentrer. Je sais que ce n’est pas de sa faute, qu’elle n’aurait pas su ce que j’avais, et c’était le meilleur moyen d’éviter les questions. Mais c’était hyper dur. J’ai vraiment dû me retenir de ne pas lui dire qu’elle m’agaçait. Hhhh. J’ai pensé que je devrais voir si Mathieu ne pourrait pas aller la faire marcher un peu, la coatcher pour pas qu’elle sombre à nouveau!! Je vais voir.

On a voulu proposer à Tchoy de venir manger avec nous, mais nos appels se croisaient. Nous pas. Dol voulait sortir, aller en boîte, dans des bars, moi non. Pas envie. C’était déjà un gros effort d’être sortie manger avec elle. Bref, je ne sors pas ce soir, et pouvoir me décharger sur Tchoy m'aurait bien arrangée.

Quant on s'est finalement parlé, je ne lui ai rien dit. J'aurai pu, c'est mon meilleur pote. Faut dire qu'il a 11 frères et soeurs. Il était là pour petit Pierre, il aurait compris mes humeurs.

Envie de rien. Veux pas qu’on m’approche, ni qu’on me touche. Pas envie de me forcer à devoir parler pendant des heures à qui que ce soit. Même à Pascal. Je ne veux pas lui dire pour le moment. J’ai zappé ses appels. Pauvre chou, désolée. Il devait se demander ce qui se passait, pourquoi je ne répondais pas, ce qu’il avait bien pu faire pour me contrarier. Rien. C’est moi qui tourne pas rond. Pascal va penser que je suis fâchée et se demander pourquoi.

Pfff, qu’est-ce que c’est compliqué.... Je suis fatiguée…


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173/2012 - Manque 1 partie de moi...

Publié le par JaneDo

Jeudi, 21 juin 2012 (173/2012)  -  Et la vie semble continuer, mais il me manque une partie de moi…

Je me sens anéantie par la mort de mon frère. La plupart du temps j’essaie de ne pas y penser, de mettre la musique ou la télé à fond pour ne pas laisser de place dans ma tête pour penser. Parfois quand je me surprends à rire ou même bêtement en me faisant à manger, je craque. Les larmes se bousculent au portillon et je dois vite me changer les idées avec n’importe quoi. J’ai le cœur lourd, pourtant, je ne devrais pas, Mark a raison, c’était une belle mort.

Mais quand même… De penser que je n’entendrais plus jamais sa voix, son rire, que chaque fois que je penserais à lui, je dois me rappeler qu’il n’est plus des nôtres, me fiche le cafard. En même temps, quelque part, je n’arrive pas à réaliser, mais je réalise aussi. Ma tête me fait mal. Pfff. J'ai le coeur briser, le chagrin me submerge et je ne peux rien faire. Je me laisse emporter par les vagues et je sombre.

Oh Pascal, désolée, je ne sais pas quoi te dire, je suis tellement désolée, je n’ai pas envie de parler… Oh et les câlins pas envie non plus… Trop désolée. Peux pas.

Des images atroces comme le fait qu’il dort dans un casier d’une morgue me tord l’estomac et les larmes palpitent, je les sens monter. Je ne veux pas le voir étendu, froid, sans vie, et pourtant, je ne supporte pas l’idée de ne pas pouvoir y aller pour son enterrement. De ne pas revoir son visage une dernière fois.

J’ai l’impression qu’on m’avait arraché toute une partie de moi, toute ma famille africaine. Chaque fois que je vois un visage de là-bas , un visage africain, ou que le mot Afrique apparaît quelque part, ça me brise.

Bientôt ce sera mon tour, je dormirais aussi dans un box en attendant qu’on me jette au fond d’une fosse. Qui en aura quelque chose à foutre? Personne. La vie continuera quand même. Qui saura ce qui me plaisait, qui penserait encore à moi? Personne. Et la vie continuera non-stop. Les gens s’amuseront, riront, ceux que j’ai connu aussi, sans même un souvenir de moi. Qui m’aura vraiment  et sincèrement aimée? Ça n’aura plus aucune espèce d’importance.

Les regrets ne serviront plus à rien. Le regret des vivants… Ça sonne drôlement bizarre! Je serais morte. Plus qu’un amas de chair et de tissu qu’on oubliera au fond d’un trou. Pourvu qu’on m’incinère! Hhhhh, oh non… Je viens de réaliser pourquoi... les angoisses…

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172/2012 - Etat second...

Publié le par JaneDo

Mercredi, 20 juin 2012  -  (172/2012)  -  Etat second

Dans un état second toute la journée. Tellement pleuré, je n’en pouvais plus. Mal à la tête. J’ai rejeté tous les appels sauf ceux de la famille. Ils ont décidé de faire une réunion chez moi pour appeler le Liberia. Marie Stempfel est là-bas en ce moment. Eut Amos et Marie en ligne. Contente de les voir partir. Sentie coupable de le penser. S’ils leur arrivaient quelques choses, je serais mal. Faut que je fasse attention à mes réactions.

On a parlé de pti Marc. Ça m’a fait sourire. Il a 9 ans et m’a raconté la dernière fois qu’il avait plusieurs copines, et 3 numéros de natel. J’ai eu l’impression d’oublier mon frère qui n'était plus parmi nous. Eu mal d'avoir souri, ça m’a donné envie de pleurer. Voir les réactions des uns et des autres, je me suis dit; alors voilà comment ils seront s’il m’arrivait quelque chose?? Mal au cœur, parce que, à part mon frangin, j’avais l’impression que Rose s’en tapait un peu.

Enfin non, Claudine plus. Elle n’est pas venue à la réunion qu’elle a proposé et organisée chez moi parce qu’elle avait un souper chez une copine!!! Après, je me suis rappelée que pour mom, le soir avant l’enterrement, elle était allée danser en boîte. C’était peut-être sa manière à elle de faire barrage à la peine et nier la réalité.

Mark et moi sommes passés chez papa pour le lui dire. La nouvelle l'a choqué. Il a essayé de faire bonne figure, mais il y avait des moments où il était au bord des larmes. Mon petit papa adoré. Mais, les hommes ne doivent pas pleurer, lui comme Mark essayaient de ne pas montrer leurs peines, mais la barre sur le front ne trompe pas.

Mes frères et sœurs veulent rejeter les responsabilités sur moi. Ils veulent que ce soit moi qui aille au Liberia. Moi qui déteste les enterrements. Mais en même temps… Puis, je ne veux pas voir mon frère… comme ça!

J’essaie d’oublier, de ne pas y penser. Moi aussi j’essaie de nier la réalité. Pour pouvoir fermer l’œil, j’ai avalé 2 somnifères.

Mark va trouver un téléphone exprès pour appeler l’Afrique sans que ça coûte la peau des fesses. Hum! Dire qu’il faut penser à des trucs pareils, comme dire des choses comme; où est le corps en parlant de son propre frère!!

Y a pas à dire, peut-être que les hommes de la famille sont tous des polygames?!?

Amos a dit qu’apparemment Ernest était en compagnie du fils à Fatu à Monrovia. Apparemment, il était avec une de ses femmes, mais il ne savait rien de plus. Mark, en mec de base, a dit qu’Ernest avait pris son pied, alors c’était une belle mort. A vrai dire, la réflexion de mon frère a fait son chemin dans ma tête, et je suis plus soulagée.

Oui, c’était une belle mort après tout. Il dormait après l'amour... Sauf qu’il va me manquer…


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171/2012 - Little Brother Ernest

Publié le par JaneDo

Mardi, 19 juin 2012  -  (171/2012)

Little brother Ernest

21h30 Didine m’a annoncé que notre frère, ERNEST…
Qu’on ne verra plus jamais Ernest… Il est mort aujourd’hui.
Annoncé à Mark. Trop mal.
My heart is broken. Can’t turn back time, that hurts so bad.

Anniversaire mariage Maria & anniversaire (21/43)
Anniversaire Thomas
Fait email avec Marie
Ramené Dobby après balade. Retour maison 21h30.


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170/2012 - Le RV chez l'avocat...

Publié le par JaneDo

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Lundi, 18 juin 2012  -  (170/2012)  -  RV chez l’avocat

RV le matin chez l’avocat pour l’affaire contre mon beau-frère. J’ai loupé le rendez-vous. Nul. Ça a été reporté à 14h30. Donc, je ne pouvais pas aller chez Marie pour l’aider avec son email. On a remis ça à demain.

Pour le repas en famille, on a fait des grillades chez Rose avec les enfants. Très bon comme d’hab. On s’est super bien amusé et beaucoup rigolé. Avant, je suis passé chercher la petite à la permanence de Longeraie. Elle s’était foulé le poignet. 2 copains l’avaient accompagnée on dirait! Ouais, moche. Ils ont des têtes bizarres. Elle m’avait dit que les garçons de sa classe étaient tous moches, sauf 1, mais il est petit. Tous les garçons de sa taille étaient beurk. Pas de chance cette génération. Puis, pile à l’heure, et même un peu en avance, on est passé chercher Marco à 18h10.

On a mangé tôt parce qu’ils avaient tous envi de regarder le foot. Le foot, non mais alors! Il y en a une qui n’a vraiment pas de caractère, elle prétend aimer le foot, se mettait en avant et tout.

Arh, elle ne sait pas ce qu’est un ailier gauche ou droite? Un stoppeur? Wah, morte de rire! Pour n’être sortie qu’avec des sportifs et un certains nombres de footballeurs, même si je déteste regarder ça, je sais au moins le minimum!!! Ridicule.

Une fois de plus Dobby a voulu rentrer avec moi, alors je l’ai prise. On a été faire une balade et en plein milieu de notre petite balade, l’orage a éclaté. Il pleuvait des cordes. 21h, on était rentré. Là, elle dort à mes pieds. Le temps de retourner à la voiture, on était trempé! Mouais, je vais m’en tenir à la balade du chien au volant je crois!!!

Demain, c’est l’anniversaire à Thomas, je vais laisser Pascal faire le cadeau, parce que je n’ai aucune idée quoi lui offrir. Petit pincement. Je sais que ça lui fera encore plus plaisir si je lui offrais quelque chose de plus personnel qu’un cadeau de groupe, même si c’est une sucette. Les cadeaux pour les garçons, c’est trop dur.


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169/2012 - Suite... Et la fête continue...

Publié le par JaneDo

Dimanche, 17 juin 2012  -  (169/2012)  -  Suite… Et la fête continue…

J’ai eu du mal à dormir malgré la fatigue. Je crois que je regrettais d’avoir quitté la fête. Je ne savais pas ce qui se passait, ce que faisait Pascal, je ne voyais pas ce qui se passait, l’ambiance, rien, et je crois que ça m’angoissait. Ce qui m’angoissait, c’était de ne pas être là-bas avec tout le monde, de ne pas participer, de faire bande à part, de m’être exclue. Et maintenant, en y retournant, je serais hors du coup. J’avais été un peu bête d’être rentrée, pfff!

Je me suis donc levée avec un mal de tête à tout casser, tous les bruits, les odeurs, la luminosité, tout me donnait mal à la tête. Et la nausée.

Depuis que j’étais rentrée d’Allemagne, je me baladais une angoisse d’enfer. Je crois que même si je fais celle qui a confiance, inconsciemment,  je dois certainement baliser à mort. Même la longue douche bouillante que j’ai pris n’a pas réussi à balayer la fatigue, ni le mal de cailloux. J’avais une barre en métal dans le dos, tous mes mouvements me semblaient lourds, lents, douloureux. Zut, j’avais toujours la boule à l’estomac de retourner là-bas. J’ai envoyé un message à Thomas et à Pascal pour savoir où ils en étaient.

Ils avaient fait des grillades et étaient tous plus ou moins attablés pour manger. J’ai dû me mettre à une place libre, tout à l’autre bout de la table. Je ne connaissais pas bien ceux qui m’entouraient, et ils ne me parlaient pas. Seulement de vue pour certains. Waouh, je me sentais vraiment comme une étrangère parmi des gens qui se connaissaient bien, qui avaient pleins de choses à se dire. Pascal était à l’autre bout de la table, de même que Thomas.

Il m’avait proposé de se serrer pour que je me mette à côté de lui, mais il y a eu un tel silence, tous les regards se sont tournés vers moi, alors ça m’a bloqué. Alors, j’ai dit que ça allait, mais en fait, ça n’allait pas du tout. Je me sentais exclue, pas à ma place, et gênée de ne pas savoir quoi dire, ni comment participer aux conversations.

Pascal semblait éviter de regarder dans ma direction. D’ailleurs, il n’avait pas répondu à mon message, Thomas oui. Bon, il n’avait pas son natel avec lui, alors je comprends. Pascal était entouré de Thomas, Paul, son pote de toujours, sa femme. Nina n’était pas très loin, mais à l’opposé de sa femme. De temps en temps, elle et Pascal s’échangeaient de petits sourires ou des clins d’œil. Mouais, j’avais manqué le train moi.

Caro était assise en face de Pascal et bavardait avec Jess. Elles avaient l’air de bien s’entendre.

Michael et Paul s’occupaient des grillades. C’était bon, mais je n’avais pas très faim. Ils se parlaient entre eux. Ils ont remercié Jess et Caro pour les salades et tout. Hum, j’aurai peut-être dû proposer mon aide. Après avoir mangé, Thomas est venu s’asseoir à côté de moi. A l’oreille, je lui ai chuchoté de me sortir de là. Il m’a donc emmenée à la place qu’il m’avait proposée dès le départ. Je me sentais soulagée. Pascal rigolait avec une nana de l’autre côté de la table, à côté de Caro, nos regards se sont croisés. Je n’ai même pas su lui faire un petit sourire.

On aurait dit qu’on s’évitait…
Thomas portait une des ICE que Pascal lui avait offert, donc je pense que l'échange de cadeaux avaient dû se faire après mon départ!

Enfin, on a pu se tirer de la table et s’éparpiller un peu. Pfffouh, je me sentais moins mal à l’aise. Je n’avais qu’à me planter dans un coin ou aller m’enfermer un moment aux toilettes et voilà. En ressortant, j’ai fait l’effort d’aller un peu vers Pascal et je me suis coincée à côté de lui sur le banc. C’était pas franchement une bonne idée, on ne pouvait pas se parler avec tout ce monde autour et toutes ces oreilles. Il m’a seulement demandé si ça allait et après un vague oui, on ne pouvait plus rien se dire de plus.

Puis, Pascal a demandé à la ronde à ceux qui voulaient quelque chose à boire, et Caro a proposé son aide, mais Pascal a dit que ça allait, j’allais l’aider. Dire que je n’avais même pas capté, ni même pensé à me proposer. Pfff, lamentable. On a pu échanger quelques mots, et je lui ai dit que je me sentais hors-jeu, mal à l’aise, puis Christian l’a appelé pour jouer au volley. Pascal m’avait dit qu’ils étaient crevés, Jess avait dormi un moment, mais pour la majorité, ils n’avaient pas fermé l’œil de la nuit.

Hum, je suis restée à la table avec Caro et Jess. La poisse. Je n’osais plus bouger de là et pourtant, j’avais envie de partir en courant.

J’ai très vite oublié mon malaise en regardant les garçons préparer le terrain, monter le filet. Les garçons s’étaient mis à torse nu, hum, donc perdue dans la contemplation de celui qui me fait craquer, j’ai oublié les autres à côté et je n’entendais même pas leurs conversations. La plupart des filles avaient enlevé leurs t-shirts et jouaient ou en soutien-gorge, ou pour celles qui avaient prévu la chose, en haut de maillot. J’aurai pu jouer, mais je ne me sentais pas d’attaque. Et puis, je joue pour le fun, je suis très mauvaise. Aucune technique et je ne connais pas vraiment les règles, seulement en gros.

C’était marrant de les regarder se démener sur le terrain.

En fin de journée, il ne restait plus grand monde, et ils se sont tous réuni autour de la table dans la patio. La plupart des gens étaient rentré complètement fatigué. Encore une fois, je me suis sentie mal à l’aise. C’est quant même bizarre que je sois si coincée, que je ne trouve jamais rien à dire, que je ne sache pas comment faire partie de la conversation. J’avais une fois de plus l’impression d’être de trop, que j’aurai dû avoir la bonne idée de me lever et partir. Je crois que personne ne s’en rendrait même compte

Je me suis donc levée pour partir et j’ai fait un bisou à Thomas, parce que la fête était à l’occasion de son anniversaire.

Pascal a alors remarqué que je partais et il m’a demandé de rester pour manger avec eux, que c’était bête que je parte maintenant. Je me sentais trop mal pour rester, alors j’ai prétendu être crevée pour filer. Thomas m’a aussi demandé de rester, d’ailleurs il tenait toujours ma main qu’il avait attrapé quand je lui ai fait la bise. Julien s’était posé sur le coin d’un des bancs après le volley et il s’était endormi.Mais ceux qui restaient ont commencé à dire qu’ils allaient partir, qu’il se faisait tard et qu’ils étaient crevés. Thomas m’a demandé de rester encore un peu, mais je me sentais trop mal à l’aise, alors j’ai filé.

Plus tard, vers 20h, avant d’aller se coucher, parce qu’il était carrément crevé, Pascal m’a appelée pour me demander si je ne m’étais pas fait trop chier. Il venait seulement de voir mon message. On n’avait pas su gérer la soirée, ni la journée. C’était bête. Du coup, on n’avait même pas osé se coller l’un vers l’autre. C’était nul.


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