Lundi, 20 mai 2013 - 140/2013 - Pascal avait sûrement une bonne raison de ne pas être rentré…
Toute paniquée par l’absence et le silence de Pascal, j’ai posé la question à Thomas. Lui s’inquiétait de ne pas avoir eu de mes nouvelles et de ne pas m’avoir vu à Verbier. Vendredi, par pure curiosité, je lui avais demandé si Pascal montait, et il avait prétendu que oui, puis Caroline avait appris qu’au contraire, Pascal n’avait pas été prévu. Etrange, ces 2 versions!!! Dimanche, Thomas est venu aux nouvelles en début de soirée, je lui ai à nouveau posé la question qui me chatouillait les lèvres.

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Ecoute Jane… Ce n’était pas à moi de te dire ça, mais, tu sais que Pascal a rencontré quelqu’un? Et je crois...
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Tu parles d’Elodie?
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Ha? Oui. Tu l’as rencontrée alors?
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Si on veut…
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Je crois que c’est un peu plus sérieux qu’on pouvait l’imaginer. Ça me gonfle de devoir te faire de la peine, mais… Ils sont parti ensemble ce week-end. Je pense que tu devrais commencer à penser un peu à toi et prendre tes distances.
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C’est Pascal qui t’a dit ça?
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Non pas vraiment. Tu le connais, mais on a bien remarqué qu’il courait la rejoindre quant il peut, et ce week-end par exemple, il était clair qu’il voulait t’éviter. Je savais qu’il ne viendrait pas à Verbier, mais il nous a demandé de dire le contraire… Tu vois?
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La vache… Donc, tu m’as menti? Toi aussi?
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Est-ce que j’avais le choix?
Je ne voulais pas non plus entrer dans les détails, je pense que j’aurai fini en larmes. Je n’ai rien trouvé à dire.
Oh Pascal? Qu’est-ce que tu fais? Est-ce que tu m’as vraiment menti, ou tu as un empêchement valable? Si tu savais à quel point tu me manques! Pourvu que tu ailles bien. Je n’oses pas imaginer pire, je n’arriverai pas à survivre à ce chagrin. Je préfère te savoir avec cette chèvre d’Elodie, que mal en point dans un hôpital. Je dis hôpital, parce que je ne veux pas imaginer autre chose.
Mon coeur était en vrac, j’avais tellement besoin de le voir. Passer tout un week-end entier sans le voir, c’était juste l’enfer. L’horreur.
Déprimée, j’ai passé la journée à me larver devant la télé, mon natel devant les yeux. Je ne voulais pas manquer un appel de Pascal! Je n’avais pas la frite, alors j’évitais tous les autres appels, étant donné que je n’étais pas d’humeur festive. En fin d’après-midi, j’étais à cran. Toujours pas de nouvelles. Ma déprime était encore descendu d’un cran. Pfff.
J’ai essayé de dormir un peu, espérant qu’à mon réveil, j’aurais des nouvelles, ou que je puisse le voir. Si Pascal ne m’appelait pas, je préfère ne pas me réveiller. Avant de me coucher, j’ai encore parlé à Caroline. Elle avait été voir chez Pascal, et il n’était pas encore dans les environs. Caro avait aussi poussé un poil chez Elodie, et toujours rien. Heureusement que j’avais Caroline à qui me confier. Je lui ai raconté la courte conversation déprimante avec Thomas.
Caroline pensait que ce ne devait pas être à ce point sérieux puisque Pascal était venu me retrouver, la fois où je l’ai appelé, alors qu’il était en compagnie d’Elodie. Je pense qu’elle essayait de me remonter le moral. Partir en week-end avec une fille, qu’il connaissait si peu, et avec qui ce n’était pas sérieux me semblait extravagant, surtout pour Pascal.
Enfin, vers 21h, Pascal m’a envoyé un message pour dire qu’il était à la maison. J’ai immédiatement répondu. Cela avait certainement l’air un peu désespéré, mais, j’étais contente de savoir qu’il allait bien. Pascal a proposé qu’on se retrouve en ville pour prendre un verre. Ça a sonné une alarme dans ma tête. C’était comme s’il préférait qu’on ne soit pas chez lui, comme s’il avait l’intention de me plaquer!
J’ai donc appelé. Oh, quel bonheur d’entendre sa voix chaleureuse et douce. Toutes ces heures à attendre, à paniquer, à me torturer la tête avait disparût instantanément. J'étais si heureuse de l'avoir au bout du fils. Qu'importe ce qu'il faisait et avec qui, je m'en foutais complètement. Pascal n’a pas eu l’air distant au téléphone, alors je me suis sentie rassurée. J’ai proposé de passer plutôt chez lui, et il a tout de suite accepté. Il avait juste pensé que j’aurai eu envie de prendre l’air, de sortir un peu. Il s’est encore excusé de n’avoir pas pu me donner de nouvelles plus tôt.
J’étais déjà prête, alors j’ai pris mes jambes à mon cou pour courir le rejoindre…
Hum! Apparemment, il avait aussi donné des nouvelles à Caroline, parce qu’elle était déjà sur place. Puis, j’ai remarqué qu’elle m’avait laissé un message pour me dire que Pascal était rentré. J’ai trouvé ça gentil. Donc, je n’avais pas de raison de lui faire la gueule. A un moment, Pascal m’a chuchoté qu’elle s’était invitée toute seule, il ne l’avait pas invitée. J’ai haussé les épaules. Ce n’était pas grave.
Caroline, toujours aussi intrusive, lui a demandé où il était tout le week-end. Hm! Je n’aurai pas osé, et encore, j’étais contente qu’elle prenne le risque de poser les questions que j’aurai aimé poser. Pascal m’a jeté un petit regard en coin. Mouais, ça le gênait de parler devant moi, je l’ai tout de suite compris. Je n’ai pas bougé.
Pascal était parti en week-end à Lugano avec Elodie! Elle l’avait invité. Ce n’était pas prévu, il a encore répété qu’il pensait monter à Verbier. Cette fois, je ne le croyais qu’à moitié. Je suis presque sûre qu’il le savait. Ce n’est pas quelque chose qu’on prévoit au dernier moment. Caroline a voulu savoir comment c’était, et là, Pascal est resté vague. Puis, au fils de la conversation et des questions poussif de Caro, il a fini par dire qu’il s’était ennuyé comme un rat mort.
Je pense que l’attitude de Caro l’a un peu ennuyé, et Pascal a fini par la pousser vers la sortie.
Une fois seuls tous les 2, j’ai pris le relais.. Mais, avec un baiser, Pascal m’a fait taire. Impossible de résister à ses baisers. Etre dans ses bras, c’est comme faire un voyage au paradis. Je ne demandais que ça. Je ne rêvais que de ça. J’avais l’intention de revenir sur le sujet après. Après. Plus tard, avant de nous coucher pour dormir. Sans ça, je suis sûre que je ne fermerais pas l’oeil de la nuit.
Une fois calmée le désir de se rassasier dans les bras l’un de l’autre, Pascal avait l’air calme et détendu, alors j’en ai profité. Je lui ai dit que, quant il m’a proposé de nous retrouver en ville, j’avais eu peur que ce soit pour me régler mon compte. Il m’a juste serré contre lui sans répondre. Ça m’a terrifiée. C’était peut-être exactement ce qu’il cherchait à faire?
Dans la discussion, Pascal a lâché qu’il avait eu l’impression qu’ils étaient un vieux couple. Elodie se comportait comme s’ils sortaient ensemble depuis des lustres. Elle se permettait même de regarder sur son natel pour voir qui appelait, ou qui lui envoyait des messages. Il a encore répété qu’il s’était ennuyé. Pascal n’avait pas eu envi de partir avec elle tout un week-end. Ils ne se connaissaient pas assez. Mais il a compris qu’Elodie voulait éviter ce qui s’était passé le week-end d’avant; les rendez-vous annulé au dernier moment, etc.
Pascal m’a raconté ce qu’il entendait par vieux couple, les promenades, les dîner où ils n’avaient déjà plus rien à se dire…
C’est clair que s’ils avaient eu à parler de comment combattre la rivale, c’est-à-dire Caro ou moi, ça n’aurait fait que les rapprocher. Mais, apparemment, Pascal ne lui avait pas expliqué grand chose. J’ai donc posé la question pour savoir si elle connaissait notre existence. Le week-end passé, quant je lui parlais d’elle, il se renfermait, là non!
Ils en ont parlé! C’était d’ailleurs pour ça qu’il n’était pas rentré comme prévu hier. Elodie avait voulu des explications, savoir ce que je faisais chez lui, alors qu’il avait prétendu être avec un copain déprimé. Elle avait bien entendu mon invitation pour la douche. Pascal avait cherché à éviter de discuter de ça avec elle, mais elle avait insisté. Du coup, Pascal m’ avoué que ça l’avait fait pensé à moi. A moi qui l’attendait.
Il m’a avoué qu’il avait tendance à beaucoup pensé à moi dès qu’on n’était pas ensemble. Se demandant ce que je pouvais bien faire, où me revoyant sourire, ou souvent, il ressentait l’envie d’être avec moi, de me prendre dans ses bras, de sentir ma présence silencieuse à ses côtés. Il voyait souvent mon regard, mes expressions de surprises, étonné ou rempli de questions. Dans ces moment là, je lui manquais atrocement.
Son expression s’est assombrie et il s’est tu, le regard perdu dans le vide… Je me demande à quoi il pensait???
Pascal s’est tourné vers moi, m’a scindé de ses yeux verts profonds, et après un moment qui m’a semblé durer trop longtemps, il m’a embrassée. Je l’ai senti se détendre. Et zut, il allait falloir dormir, demain il travaille lui… Hm! J’aurai voulu bloquer le temps et avoir des tonnes d’heures pour pouvoir encore me lover dans ses bras. J’étais si contente d’être là, qu’il soit rentré, qu’il soit là tout près de moi. Sentir sa présence rassure mon coeur.
Pourtant, je me sens triste et tendue tout au fond de moi. Tellement triste que ça m'arrive souvent de refouler mes larmes durant la journée où que je sois..., et à n'importe quel moment de la journée. Ça peut être en achetant le pain, ou en faisant mes courses... Je suis triste tout le temps. J'arrive encore à tenir, mais je sens que bientôt, je perdrais le contrôle...
Aujourd'hui, en achetant un paquet de clope dans un kioske, j'ai sentie un paquet de larmes me monter au visage. J'ai détourné la tête et j'ai fait semblant de sourire pour encourager mes muscles faciaux à le faire...