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156/2015 - More Lies - Vendredi - 5 juin 2015

Publié le par JaneDo


Vendredi - 5 juin 2015 - 156/2015 - More Lies...

Arhhh, enfin le week-end, et hélas, Gis allait squatter (mieux si ça s’écrivait; scouater, mais bon) ici tout le week-end. Grrrh. Pas de tranquillité, donc, j’allais m’arranger pour être ici le moins possible. Son côté bordélique, sans respect, sale, peu soigneuse m’agace carrément. Au moins, depuis qu’on s’est pris la tête parce qu'elle me casse les pieds toute la journée à trainer ici, elle fait l’effort de partir toutes les après-midis. Ce qui me permet de bosser.

J’ai fait un saut chez mon papa avant midi, juste pour faire coucou. Je l’aime mon papa. Il travaillait dans le jardin. Ma visite lui a donné l’occasion de faire une pause. Il faisait une chaleur mortelle aujourd’hui.

  • Arhh, tu veux vraiment sortir? Franchement?
  • Ben, c’est vendredi... J’avais envie de faire la fête, sortir, boire, danser...
  • Arhhh! Pour moi c’était une longue semaine. Crevé. Je rêvais d’une petite soirée tranquille à la maison, avachi devant la télé!

Pascal n’avait pas envi de sortir. Il ne voulait voir personne. Même pas sortir prendre un petit verre. Je me suis demandée si c’était seulement parce que c’était avec moi! Hier soir, il était sorti tard avec l’équipe de natation.

  • Ha! Donc, si c’était avec quelqu’un d’autre, tu serais partant, mais c’est juste parce que c’est moi?
  • Qu’est-ce que tu racontes? C’est n’importe quoi! C’est justement parce que t’es ma nana que je n’ai pas besoin de prétendre et que je peux te dire que j’aimerai qu’on passe la soirée à la maison rien que les deux. Ne dis pas des trucs pareils.
  • Ha!
  • C’est quoi ces « Ha »?
  • Rien. D’accord. Alors à toute. Heum... Je pense que Caroline veut aussi venir?
  • Quoi? Caroline? Qu’est-ce qu’elle vient faire là-dedans?
  • Ben... chaque fois qu’on passe une soirée à la maison, elle appelle comme par hasard pour venir scouater ton canapé et la télé avec nous.
  • Je l’ai vue hier soir, c’est bon. Je pense qu’elle nous fichera la paix. Bon, on fait un marché; ce soir, on reste à la maison, et demain soir, on fait ce que tu veux. D’accord?

J’avais l’impression qu’il disait ça pour me rassurer. En même temps, il venait de se planter en m’informant qu’il l’avait vue hier. Hum! Qui d’autre avait-il vu cette semaine? On a encore discuter un moment, chacun essayant de convaincre l’autre. Pour finir j’ai capitulé.

Argh, j’aime sa voix, je pourrais passer des heures à discuter avec lui, même s’il me lisait le bottin. Mais le voir, c’était encore mieux. Impatiente, après le coup de fils, je me suis mise à me préparer. J’ai pris quelques affaires pour passer le week-end chez Pascal.

Bon, je savais que je ferais quelques escapades chez moi, question de me reposer, baisser ma garde et ne pas être en représentation tout le temps. Surtout si Pascal avait envi de faire du sport, trotter à droite et à gauche, je rentrerais me cacher chez moi et me la couler douce.

Puis Pascal a détruit d’un coup de baguette mes illusions...

Quant je suis arrivée chez lui vers 20h, il se préparait à sortir. Il avait essayé de me joindre sur mon natel. J’écoute toujours la musique à plein tube, alors je n’ai rien entendu. Je me suis arrêtée pour acheter des clopes pour nous, je n’avais pas pensé vérifier mon natel. Michael lui aurait demandé de passer. Ça semblait important. Il ne m’a pas dit pourquoi.

J’étais tellement désappointée! Après tout ce qu’on avait discuté, il me prouvait que j’avais raison. J’ai commencé à tirer la gueule. Pascal m’a coulé un petit regard énigmatique. Hum, je crois qu’il avait compris à quoi je pensais. J’ai changé faire la gueule en bouderie souriante. Je ne voulais pas lui donner cette image de moi. Surtout pas avant son départ je ne sais où.

Une fois seule, je me suis jetée sur le canapé pour regarder la télé. Je me sentais seule et triste. Ma tête a commencé à me trahir en s’aventurant dans un vaste pays d’idées noires. Une main glacée me vrillait l’estomac; et si Pascal m’avait menti pour aller retrouver Manuella? Ça m’a donné envie de pleurer.

Je tremblais à l’idée d’avoir été aussi facile à berner, si c’était le cas. Le regard qu’il m’a lancé m’a traversé l’esprit, et j’ai essayé de le décortiquer pour voir si je m’étais trompée. J’espère qu’il n’avait pas osé me faire ça, ce serait très moche.

Pour me sortir de là, j’ai appelé Caro. Elle était à la maison. Elle savait que Pascal ne sortait pas, et elle savait que je serais chez lui. Je lui ai raconté ce que Pascal m’avait dit et lui ai proposé de venir chez Pascal pour me tenir compagnie. Elle voulait tenter de le retrouver. Elle voulait que je l’accompagne, mais je ne voulais pas.

J’ai cherché à la raisonner de ne pas le suivre, fait celle qui cherchait à la faire changer d’avis. Je crois que je savais qu’elle ferait ça, qu'elle le chercherait, et je crois que c’était pour ça que je l’avais appelée; pour faire le sale boulot à ma place.

Pour ne plus penser, j’ai essayé de me plonger dans mon livre. Le premier quart d’heure, ce n’était pas ça. Après, j’ai oublié le temps, jusqu’à ce que Caroline me rappelle. Pascal m’avait menti. J’étais déçue. Ce n’était pas une surprise, mais ça m’a fait vraiment beaucoup de peine.


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155/2015 - Nlle prof d équitation - Jeudi, 4 juin 2015

Publié le par JaneDo


Jeudi - 4 juin 2015 - 155/2015 - Nlle prof d’équitation

Equitation comme d’hab. à 18h. Pedro est parti, ils ont une nouvelle prof. Léticia. Kaya semble l’apprécier. C’est une très jolie blonde, corps de cavalière. Elle fait connaissance avec ses nouveaux élèves. Elle a une voix calme. Ma nièce avait l'air heureuse après son cours. Pédro leur manque à tous, mais la nouvelle ne semble pas trop mal.

C'est triste de voir le box d'Ulysse occupé par un autre cheval. De savoir qu'il a été incinéré... jeté aux ordures. Comme les gens oublient vite. Quant on approchait de son box, il avait l'habitude de tendre le museau pour un câlin. Il ne le fera plus. Il est parti.

J'en veux un peu aux patrons du manège de l'avoir fait piquer parce qu'il ne pouvait plus leur rapporter d'argent.

Après, il y avait une petite grillade chez César, alors j’ai dû aller chercher Lilice, et on est descendue toutes les 3 manger se joindre à la troupe pour manger. On était quand même 8, et ça, c’est une petite table. Ma soeur avait invité Dacy, la copine à Daivy, et son fils aussi. Argh, elle a parlé religion; elle est Evangéliste.

Ça me fait toujours sourire ce genre de naïveté. Ceux qui croient en un Dieu me font un peu pitié. Un Dieu qui n'existe pas. Je crois même que je ressens une sorte de mépris. Pour moi, ils ne sont pas très perspicace, et sont fragiles. Tout à fait le genre à faire partie de n'importe quelle secte. Candidat volontaire à l'esclavege quoi!

Je lui ai demandé si, sachant comment est l'univers, elle arrivait encore à croire ce genre d'absurdité! Mais bien sûr, notre état de, milliard et milliard de fois plus petit qu'un grain de poussière à l'échelle de l'univers, est une inconnu pour elle. Elle ne connait rien à; système solaire, étoiles, voie lactée... et pas assez éveillée pour se poser des questions.


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154/2015 - Calme en eaux troubles - 1/2/3 juin 2015

Publié le par JaneDo


Lundi - 1er juin 2015 - 152/2015 - Calme en eaux troubles

Souper de famille. 12 à table. La soirée s’est un peu prolongée, avec les histoires de la copine à Daivy. J’étais contente en fin de soirée de partir enfin pour rentrer chez moi. Il était plus de 23h. Pascal m’avait laissé plusieurs messages, déçu de ne pas me trouver à son réveil; « Pas de café avec ma chérie ce matin? Sad ». Je n’avais pas eu le temps de lui répondre. Mais ça, il en avait l’habitude.


Mardi - 2 juin 2015 - 153/2015 - Calme en eaux troubles

Seul jour de tranquillité, alors j’en ai profité. Mais j’ai toujours le coeur lourd. Je joue les funambules et marche au bord du précipite de la déprime. Elle menace à chaque instant, je la sens prête à surgir et m’anéantir. Je survis en projetant une image calme et sereine, mais rien n’est vrai. Intérieurement, c’est le désastre.


Mercredi - 3 juin 2015 - 154/2015 - Calme en eaux troubles

Tout le monde sur le dos; baby-sitting, courses en long et en large pour emmener Roméo au conservatoire, chez le médecin, faire du courrier pour Maria. Bref, une journée fichue. Ma voiture n’a pas cesser de faire des bips alarmants. Vue que Gis a perdu ses clés, j’ai dû partir en l’enfermant dans l’appartement. Quant je suis rentrée vers 17h, et elle dormait encore! Elle a rien foutu de la journée.


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151/15 - Le faux innocent - (2) - Dimanche - 31 mai 2015

Publié le par JaneDo


Dimanche - 31 mai 2015 - 151/15 - Le faux innocent - (2)

Après la fête chez Thomas, quant j’ai vu Manuella se pointer chez Pascal, la gueule enfarinée, je crois que de la fumée me sortait par les oreilles! J’aurai voulu arracher les rideaux, les piétiner, lui sauter à la gorge, lui arracher les yeux, utiliser le cordon pour la frapper avec les bouts durs. Au passage, donner un direct dans la face à Pascal pour l’avoir laissée entrer... sur mon territoire. J’aurai voulu lui couper les mains pour avoir oser les poser sur mon Pascal. C’est le mien, pas le sien.

Pascal n’était pas très à l’aise. Elle l’a assuré que personne ne l’avait vue revenir sur ses pas. Apparemment, Manuella savait par Pascal lui même que j’étais au Tessin. Comme moi, elle pensait que s’il lui en avait parlé, c’était parce que secrètement, il espérait qu’elle ferait exactement ce qu’elle venait de faire.

  • Tu as dis qu’elle était au Tessin, donc,  aucune chance qu’elle débarque. Je peux enfin voir ton appart.

Elle s’apprêtait à visiter l’appartement, Pascal l’a saisie par la taille pour la ramener vers lui. Ils se sont embrassés, lui avec ce petit sourire qui me faisait tellement craquer. Il a dégagé son visage en replaçant une mèche derrière l’oreille tout en l’embrassant encore. Sur les yeux, le nez, tout autour de la bouche avant de prendre ses lèvres. Je fulminais. Des pincements de jalousies électrifiaient tout mon corps et me faisaient trembler.

Pascal a jeté un oeil vers la porte du haut. En direction de chez Thomas. Il a dit qu’il ne se sentait pas rassuré, comme si d’un instant à l’autre, je pourrais débarqué. Manuella lui a rappelé que j’étais au Tessin, bien trop loin pour faire ça. Pascal a quand même vérifié que la porte qui séparait les 2 appartements étaient bien verrouillés, il a ensuite jeté un oeil dans le bureau. Comme j’étais contente d’avoir choisi de me planquer dans mon coin habituel.

  • J’ai l’impression que son parfum flotte... je me fais des idées!

La porte de la chambre d’amis était fermée, Pascal l’a ouverte, un regard circulaire et l’a refermée. Pas très  prudent ça! Et si j’étais cachée dans la chambre? Les bras autour de son cou, Manuella souriait et demandait s’il se sentait enfin rassuré. Pascal a haussé les épaules. Les yeux plongés dans les siens, il lui a rendu son sourire, puis hypnotisé, il l’a soulevée. Les bras autour de son cou, elle a passé ses jambes autour de ses hanches.

  • On ne sait jamais... elle pourrait être là dans la matinée, ce qui ne m’étonnerait pas. Tu ne peux pas dormir ici.

Manuella a perdu son grand sourire. Elle s’est détachée de lui pour se laisser tomber sur le canapé face à la télé dans une posture des plus suggestive.

  • Arrête de flipper. Au pire, ce sera l’occasion de la mettre au courant pour nous. Pascal s’est retourné d’un bloc et la fixait. De toute façon, je t’ai dis qu’elle sait. Je l’ai vu dans son regard. Elle sait.
  • Tais toi. Je ne veux pas que tu parles d’elle.
  • Pourquoi tu refuses...
  • Arrête. Je refuse de parler d’elle avec toi, ok.

Fini la pose sexy, son sourire disparu, elle a pris un air "crâne"; « Tu n’as pas l’intention de lui parler? Alors tu m’as menti? ».

  • Je n’ai jamais dis que je lui parlerais de quoi que ce soit. On était d’accord, non? Pas d’attache. Chacun sa vie. On a bien été d’accord; ne rien faire qui pourrait éveiller des soupçons ou bousiller la vie de l’autre.

Manuella le fixait dubitative; « On n'avait pas prévu qu'on tomberait amoureux non plus? Alors on fait quoi? ».

  • Rien. Pascal s’est passé la main dans les cheveux. Ecoute, je n’ai pas envi de parler de ça.

Manuella a dû comprendre que si elle continuait sur cette voie, les choses allaient tourner à son désavantage. Elle a changé son fusil d’épaule.

 

  •  Tu as l'intention de me laisser mourir de soif, ou tu m’offres quelque chose à boire? 

 

Pascal a semblé soulagé de changer de sujet. Pourtant, à son attitude, son expression, je voyais bien qu’il était toujours mal à l’aise. Il restait plongé dans ses pensées. Manuella l’a suivi dans le coin cuisine, et s’est juchée sur un des tabourets. La tête dans les nuages, Pascal était en train de préparer un café.

Manuella a essayé de l’interrompre pour lui dire qu’il était tard pour un café, qu’elle ne voulait pas de café. Pascal a fini par sortir de sa torpeur. L’atmosphère s’est détendu. Elle a tout de suite saisi la balle au bond. Elle a fait le tour du bar et s’est lovée dans les bras d’un Pascal encore un peu sur la défensive. Ou c'est ce que je voulais croire.

Pascal a fini par passer ses bras autour d’elle. Il avait semble-t-il oublié leur discussion. Ils s’embrassaient à n’en plus finir, flirtaient, se cherchaient, se chauffaient. Je tremblais de partout. Pascal l’a soulevée pour la poser sur la table et là... J’ai fermé les yeux. Comme je ne pouvais pas bouger, je ne pouvais pas me boucher les oreilles. J’avais envie de crier, d’hurler.

Je ne voulais pas voir ça. Ils s’étaient déjà vu hier soir, avaient déjà passé la nuit ensemble, et là, je tourne le dos et ils remettent ça? Moi qui espérait lui manquer! A voir... pas du tout! J’étais un peu dégoûtée. Je ne pensais pas, je n’aurais jamais pensé qu’il aurait eu le culot de la faire venir chez lui. Même si elle s’était invitée. Ça me faisait mal de ne pas lui manquer. De ne pas lui manquer du tout.

J’ai réalisé que mes larmes coulaient et commençaient à me chatouiller le nez. Ils étaient trop occupés pour faire attention si le rideau bougeait un peu. Alors j’ai séché mes larmes de la main, de même que mon nez qui coulait avec mon t-shirt. Beurk, mais pas le choix.

Ils se sont ensuite effondré sur le canapé. Elle, calfeutrée contre lui, la tête au creux de son épaule. Lui comme d’habitude, un bras sur les yeux. Mes joues étaient brulantes, au point que j’ai cru avoir de la fièvre. Elle voulait rester, dormir chez lui. Pascal ne voulait pas. Il préférait qu’elle rentre. Il ne voulait pas prendre le risque que je rentre à l’improviste durant la nuit et que je vienne sonner.

Manuella avait déjà repéré le fait qu’il y avait 2 entrées. Elle a suggéré que si ça arrivait, elle pourrait filer par l’autre porte. Hum, donc, elle savait que je n’avais plus les clés!!! Qui avait bien pu le lui dire à part Pascal??? Ça m’a fâchée. Il parlait de moi dans mon dos, lui donnait pleins d’infos, alors que je ne savais rien sur elle.

La moutarde me montait au nez... Il fallait que j’inverse la vapeur... et vite! Non mais attend! Je ne vais pas la laisser continuer à se moquer de moi. Mais... si elle le faisait, c’était la faute à Pascal. C’est à cause de lui qu’elle se donnait le droit de le faire. J’étais tellement furax que je suis sûre que la chaleur de ma rage devait se propager dans l’appart et jusqu’au canapé.

Pascal voulait qu’elle s’en aille, il voulait prendre une douche. Manuella ne voulait pas partir encore. Elle a demandé s’il voulait de la compagnie. Il a rigolé. Non, il ne voulait pas de compagnie. Manuella flânait dans l’appartement. Elle a vu son natel. Après avoir jeté un regard en direction de la chambre, entendu le bruit de la douche, elle a essayé de regarder ses messages. Bien fait, elle ne connaissait pas son mot de passe.

J’ai crié victoire trop vite. Après 2 tentatives, elle a réussi à débloquer l’écran d’accueil. Sans doute l’avait-elle vu le composer plus d’une fois. Je l’ai vu lire des messages, tout en surveillant la chambre. Elle a noté quelque chose qu’elle a vite caché dans son sac à main.

Pascal est sorti de la chambre en boxer, se séchant la tête. Sans gêne, ce qui montrait qu’ils ne se connaissaient pas d’hier, elle a voulu réchauffer la flamme qu’ils venaient de calmer quelques instants plus tôt, sur la table à manger du salon, le poussant en direction de son lit.

Manuella s’est braquée. Elle avait senti sa résistance, Pascal n'avait pas l'intention de la laisser entrer dans sa chambre. Maigre consolation, mais ça m’a fait plaisir.

Oui, cela m’a fait très plaisir de la voir tout gâcher en une fraction de seconde. Fâchée de constater que Pascal lui bloquait l’accès à sa chambre, Manuella a éclaté. Elle a compris que Pascal ne voulait pas qu’elle se couche dans son lit. Elle a deviné que cela avait un rapport avec moi et cela semblait lui faire de la peine.

Sa peine était mon ravissement, me réjouissait. De toute façon, c'était du cinéma tout ça. A mes yeux, elle n’avait aucun droit à s’autoriser à éprouver du chagrin, parce que Pascal ne la traitait pas comme moi.

Manuella s’est permise de laisser tomber quelques larmes et j’ai été furieuse de voir Pascal la prendre dans ses bras et tenter de la consoler. Par contre, ravie de la voir le repousser et décider d’enfin partir comme il le lui avait demandé; « Tu n’as pas l’intention de la quitter n’est-ce pas? ».

Il n’a pas répondu. Elle a secoué la tête et est partie en courant.

Pascal a tenté de la retenir, et ça m’a fichue encore en pétard. Parce que je me suis rappelée des fois où Pascal n’avait pas cherché à me retenir. Alors pourquoi elle? Est-ce qu’il l’aimait tant que ça?

Léger réconfort de voir qu’il ne l’a pas poursuivie dehors. Il l’a juste appelée tout en restant sur le pas de sa porte. Elle n’a pas répondu. Pascal a haussé les épaules et a fermé derrière lui.

Il a ensuite jeté un oeil sur son natel. Heureusement que je ne lui avais donné aucune nouvelle, sinon, j’aurai été furibonde de voir qu’il ne consultait ses messages que maintenant. Seulement après qu’il avait fini de culbuter l’autre connasse. Celle qui essayait de prendre ma place. Avant ça ne l’intéressait pas!

Pascal a pianoté sur son natel. Jeeez, ne me dis pas qu’il envoi un message à Manuella là? La colère me picotait le visage. Et pourtant, ce qui me mettait le plus en colère, c’est que je l’aimais malgré tout. J’avais envie de sentir ses bras rassurant autour de moi, d’entendre le battement de son coeur contre mon oreille, sentir la chaleur de sa présence.

Après avoir éteint partout, sauf dans sa chambre, Pascal s’est servi un grand verre de lait, son natel s’est mis à sonner. Il a regardé l’écran mais n’a pas répondu. Il a éteint la sonnerie et lancé son natel sur le fauteuil pour retourner prendre son verre sur le bar de la cuisine. Je me demandais qui ça pouvait bien être. J’espérais secrètement que ce soit Manuella. Et c’était bien elle.

Pascal a enfilé le t-shirt qu’il avait balancé sur son épaule après le départ de Manuella. Il s’est allumé une clope et son verre à la main, il est sorti sur la terrasse s’assoir dans la balancelle. De côté, je pouvais le voir se balancer la tête rejeté en arrière. Je le voyais nettement avec la peur qu’il puisse lui aussi me voir. Mais je savais que c’était impossible, même s’il regardait dans la bonne direction.

Son natel s’est remis à sonner, il n’a pas bougé. Pourtant, il l’entendait très bien. Après sa cigarette, il a verrouillé la porte d’entrée. Son natel a recommencé à sonner. Pascal a éteint à nouveau la sonnerie sans répondre. Après avoir vérifier qu’il avait tout éteint, il est entré dans sa chambre et a fermé derrière lui.

J’allais pouvoir bientôt partir et laisser exploser ma colère et mon chagrin une fois seule. Moi au moins, c'était légitime contrairement à l’autre grognasse. Je pourrais pleurer de tout mon saoul.

Tout le monde dormait le coeur au repos, et moi, j’étais triste à mourir, le coeur déchiqueté, laminé. Avec l’impression d’être la seule au monde à être aussi triste et abattue. Caroline dormait surement depuis des heures. Pascal certainement aussi bientôt. Tout le monde était heureux, sauf moi. Je me sentais perdue et seule.

Une demi heure après, j’osais à peine bouger. Sur la pointe des pieds, sans bruit, je me suis dirigée vers la porte. Avec précaution, j’ai sorti mes clés de ma poche arrière et enfilé le plus lentement et doucement possible dans la serrure. Millimètre après millimètre j’ai tourné la clé et ouvert après ce qui m’a semblé être une éternité.

(Argh, je devrais apprendre à raccourcir: "Une fois Pascal endormi, je suis partie." C’est pas difficile pourtant! )

Enfin à l’air libre, j’ai pris une grosse bouffée d’air... J’étais sur le point de prendre le chemin qui longe les haies pour déboucher sur la route plus loin quant j’ai entendu et senti le danger; une voiture venait dans ma direction. J’ai pensé que c’était Thomas, mais je me trompais; c’était encore Manuella.

J’ai sauté dans les fourrés, sans prendre le temps de regarder où je mettais les pieds.

Elle a sonné, et une minute après Pascal lui ouvrait. Ils n’ont pas parlé. Pascal l’a prise dans ses bras, une main dans ses cheveux, il a posé le menton contre sa tête. Un geste des plus tendre. Ils sont entrés, fermé la porte. Et moi, j’étais dehors. Je groummais, la poitrine compressée.

Ça allait être larmes, consolations et tendresses. Non, je ne pouvais pas le supporter. Mais, je ne pouvais rien y faire. Me voilà plantée dans un buisson, probablement avec des bestioles qui se baladaient partout, à greloter de froid, alors qu’une autre est bien au chaud dans les bras de mon mec. L’enfer.

Prise de panique, j’ai appelé son numéro. Pas de réponse. J’ai insisté. Toujours pas de réponses. Ma tête ne pouvait plus réfléchir, j’étais complètement ravagée. Je ne supportais pas l’idée que Pascal allait consoler une autre alors que je me sentais délaissée. Pourtant, je m’étais promise de ne pas intervenir dans sa relation avec cette fille, mais là, les plombs avaient sauté dans ma tête, j’étais incapable de raisonner ou d’être raisonnable.

J’ai fait encore une dernière tentative. Cette fois, Pascal a répondu. Désolée Caro, j’ai failli à notre promesse.

  • Coucou... je suis à 2 pas de chez toi... Tu me manquais trop, alors je suis rentrée.

Je me rendais compte que ma voix tremblais. J’avais couru vers ma voiture. J’étais déjà dans le chemin qui menait chez lui. Méchante, j’ai bloqué exprès la voiture de l’autre qui était parquée devant chez lui. Je savais pertinemment qu’elle sortirait de l’autre côté.

A moins que Pascal n’ait décidé de me mettre devant le fait accompli comme elle le lui avait suggéré? C’est un mec, et les mecs sont souvent trop stupides et se font facilement manipuler par ce genre de petites midinettes. Quelques petites larmes et ils marchent sur la femme qui a fait partie de leur vie. Les salauds.

En sortant pour me lancer sur les marches de la maison, j’ai regardé avec insistance la voiture que je venais de bloquer. Pour répondre à ma question, Pascal m’a dit que c’était peut-être un des invités à Thomas qui avait dû laisser sa voiture sur place. Hé oui, explication facile, simple, croyable. Et moi qui pensait le coincé!

Manuella avait disparue.

Pascal faisait des efforts pour me montrer qu’il était content de me voir. Je suis sûre qu’il pensait aussi à elle. Au fait que la roulure était toute triste, en larmes et qu’il n’avait pas pu la consoler comme il faut. Ça m’enrageait. Pascal me semblait un peu distant. Moins chaleureux que d’habitude. Pourtant, il faisait comme si, mais ça sonnait faux.

Enfin, c’était peut-être seulement dans ma tête...

J’ai prétendu avoir passé des heures sur la route, alors j’avais besoin de prendre une douche. Et j’ai pleuré. L’eau dispersait mes larmes et apaisait mon âme. L’idée qu’il pensait sans doute à l’autre potache me bouleversait.

Après ma douche Pascal m’a prise dans ses bras. Il était redevenu tendre et empressé. Je n’avais aucune envie de le laisser aller trop loin. J’avais l’impression qu’il voulait nous comparer. Je ne voulais pas me retrouver les 4 fers en l’air, alors que quelques heures plus tôt, il faisait des galipettes avec une autre.

Je n’aurai pas dû venir. Maintenant que j’étais là, j’étais trop enragée pour apprécier quoi que ce soit. Quant il m’approchait, mes poils se mettaient au rgarde à vous. J’avais envie de le frapper, de le repousser et prendre la fuite pour retrouver la sécurité et le désert de mon appartement.

Mais j’ai apprécié dormir tout contre lui. Le dimanche, j’ai écouté ses messages vocaux. Il y en avait plusieurs de Manuella, en larmes, riant, lui demandant de la rappeler dès qu’il pourrait. Qu’elle espérait le voir ce soir. J’ai résisté à ma furieuse envie d’effacer tous ses messages.

On a passé une journée tranquille et douce. Petite promenade main dans la main au bord du lac. Même si je savais que je n’aurais pas dû, je suis restée dormir dimanche soir, juste pour être sûre qu’il n’irait pas la rejoindre. C’était nul, mais je n’ai pas pu me résoudre à être raisonnable.

Le soir, Pascal nous a préparé des salades et on a fait des grillades avec Thomas et Paul qui était passé en fin de journée. J’étais distante et froide avec Pascal, parce que je devinais que tous ses copains, et sans aucun doute Paul et Thomas, étaient au courant de sa liaison avec Manuella.

J’avais le coeur lourd, l’envie de pleurer tout le temps. De le griffer aussi. Pascal lui me couvait, me couvrait de bisous, mais je restais sur la défensive.

Je me suis détendue quant on s’est retrouvé enfin seul. Pascal faisait tout pour m’apprivoiser, il sentait bien qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. On a quand même passé une bonne soirée. J’étais contente d’être auprès de lui même si je le détestais en même temps. Le souvenir de ses ébats avec la greluche sur la table à manger me faisait plonger dans une déprime noire.

Dès qu’il s’est endormi dimanche soir, j’ai filé. Je suis sûre qu’il devinera qu’il y avait un problème. Je n’étais pas comme d’habitude, Pascal avait bien dû se rendre compte que quelque chose n’allait pas.

 


Résumé ;
(samedi à dimanche  &  dimanche)

Je me suis cachée chez Pascal alors qu’il était chez Thomas. Il avait dit qu’il n’avait aucune envie de faire tard. Je n’y ai pas cru. Pourtant, 1h après, il était de retour sur son canapé. Caroline est descendu vers lui. Elle aurait aimé rester et passer la nuit avec lui, mais il a dit vouloir rester seul. Qu’il était crevé.

Fatigué? Et pour cause! Je suis sûre que Caro a pensé à la même chose que moi; crevé d’avoir passé la nuit à culbuter l’autre grognasse oui!

Une fois que tout le monde était parti pour poursuivre leur soirée dans les bars et boîtes, j’ai été désagréablement surprise de voir Manuella se rappliquer. Elle savait que j’étais au Tessin et que je n’avais plus la clé de chez Pascal.

Qui aurait pu le lui raconter à part lui???

Ça ne m’a pas fait très plaisir de savoir qu’il parle à ce point de nos petites affaires avec elle. Elle pensait que s’il lui avait dit tout ça, c’était pour qu’elle sache qu’elle pouvait passer la nuit chez lui. Moi aussi! Sinon pourquoi le lui raconter???

J’ai été malade de le voir l’inviter à entrer alors qu’il avait renvoyé Caro! Pascal avait vérifié dans le bureau, et rapidement dans la chambre d’amis. J’étais contente d’en être restée à ma cachette habituelle.

J’ai passé par tous les stades de déprimes, d’angoisses et traumatismes en le regardant la baiser sur la table à manger du salon. Sur la table sur laquelle on mange! Encore plus malade de remarquer les mêmes gestes qu’il avait avec moi, les bisous le long du bras, sur son ventre. Pascal avait l’air amoureux. Il la regardait avec des yeux d'un amoureux. Il était empressé, passionné.

J’avais la chair de poule, mon pouls s’est accélérer, j’étais au bord de la crise d’apoplexie. Chaque coup de reins, chaque baiser était comme autant de poignards qu’il me plantaient directement dans le coeur. Il semblait amoureux et ça me blessait. Je l’ai détestée, elle. Peut-être un peu lui aussi. Rien ne m’a été épargné.

Petit soulagement, il ne l’avait pas entraînée dans, ce que je considérais comme, notre lit. Manuella l’a senti et ça l’a un peu énervée. Elle pensait dormir avec lui, mais il redoutait ma subite apparition et préférait la voir rentrer chez elle. J’ai été ravie de voir qu’elle a tout gâché en se révoltant. Elle est partie en larmes.

Pascal ne l’a pas suivie. Elle a tenté de le rappelé, mais il n’a pas répondu à ses appels. Il lui avait rappelé qu’ils avaient convenu d’être discret et de ne jamais faire quoi que ce soit qui risquait de provoquer des problèmes dans la vie de l’autre. Manuella pensait qu’ils avaient dépassé ce stade et étaient amoureux.

Moi aussi... !

Pascal est sorti fumer un clope sur sa terrasse. Manuella continuait à l’appeler, espérant obtenir une réponse. Après sa clope et un verre de lait, Pascal s’est lavé les dents a été se coucher. 1h après, Manuella revenait à la charge. Elle a sonné à sa porte.

J’avais réussi à sortir et étais sur le point de partir quant j’ai entendu sa voiture dans l’allée. J’ai juste eu le temps de me dissimuler dans les bosquets sous la terrasse. Dieu sait quelles genres de bestioles tourniquaient par là autour, brrrh.

Pascal lui a ouvert et sans un mot l’a prise dans ses bras. J’ai pété un câble et oublié toutes mes bonnes résolutions. L’idée qu’elle passe la nuit dans ses bras, dans mon lit, à se faire consoler, alors que je me sentais délaissée et seule m’était insupportable.

J’ai aussitôt tenté de le joindre sur son natel. Pas de réponse. L’image de lui jetant son natel sans répondre, alors qu’il avait vu que c’était Manuella m’a traversé l’esprit. Il en faisait autant avec mes appels, j’en étais sûre. J’ai rappelé. Toujours pas de réponse. Tant pis pour lui alors.

Après avoir couru prendre ma voiture, j’ai déboulé et je me suis parquée directement derrière la voiture à Manuella, un petit coupé sport Mercedes. Je pensais la coincer, le coincer lui aussi. Hélas, il avait réponse à tout; c’était probablement un des invités de Thomas qui avait laissé sa voiture. Crédible.

A moins de dire que je savais que ce n’était pas le cas, je ne pouvais le contredire. Je savais que Manuella avait dû sortir par l’autre entrée. Hélas, difficile d’être aux 2 à la fois. Par contre, son parfum empestait encore dans l’appartement. Dire que Pascal avait cru sentir mon parfum et qu’il n’a pas fait confiance à son instinct!

Je n’aimais pas son parfum, ça puait. Trop fleuri, trop fort. Pourtant, j’ai vu Pascal lui faire des bisous dans la nuque, tout le long du bras, lui gober le bout des seins, est-ce qu’il aimait son parfum? Plus que le mien? Ou avait-il le nez bouché?

Je connaissais assez Pascal pour voir sur sa figure les traces d’un sentiment de culpabilité. De quelqu’un pris en faute. Il faisait tout pour masquer son léger malaise. Je suis certaine qu’il pensait à l’autre greluche qui avait dû fuir et qu’il n’avait pas pu consoler comme il le souhaitait. J’étais bouillante de colère contenu.

Quant il a voulu faire l’amour, dégoûtée à l’idée qu’il puisse vouloir nous comparer, je l’ai repoussé.

Dimanche, j’ai pu fouiller son natel et lu les nombreux messages vocaux que l’autre raclure avait laissé. J’ai eu la furieuse tentation de les effacer tous, mais j’ai résisté. Si je faisais ça, il le saurait. D’avoir vu Manuella fouiller le natel à Pascal, j’avais une bonne idée de la personne qui m’inondait d’appels anonymes.

Dans un coin de ma tête, j’avais la furieuse envie de faire mordre la poussière à Pascal en lui donnant un petit avant goût de ce que j’avais ressenti en le voyant folâtrer et faire l’amour avec cette garce qui cherchait à prendre ma place. Je ne savais pas encore comment, mais l’idée germait gentiment.

J’ai fait semblant de dormir chez Pascal dimanche soir. Non parce que j’en avais envie, mais pour l’empêcher d’aller chez Manuella, comme elle l’invitait à le faire. Elle l’avait prévenu qu’elle lui laissait une clé dans la boîte aux lettres. Salope. Dès qu’il s’était profondément endormi, je me suis éclipsée pour rentrer chez moi.

A lui de se poser des questions... A lui de deviner que quelque chose me travaillait...


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151/15 - Le faux innocent - (1)

Publié le par JaneDo


Dimanche - 31 mai 2015 - 151/15 - Le faux innocent - (1)

Et dire que Pascal avait le culot de me demander ce qui se passait, pourquoi je ne répondais pas à mon natel. Il aurait voulu me parler, être sûr que tout allait bien. Comme on était encore sur la route quant on a envoyé le message, j’ai fini par lui répondre. De toute façon, c’est Caro qui conduisait.

Dire qu’on venait de se ruiner pour se briser le coeur! La vache on y avait été fort. Aller jusqu’à Zurich, c’était déjà de la folie, mais assister au spectacle auquel on avait assisté, c’était le pire.

Caroline pensait que là, je devais répondre pour le calmer, sinon il allait passer la soirée à me chercher, ou à appeler. Je l’ai donc appelé en mettant le haut parleur. Les questions ont fusé, mais heureusement, on s’entendait mal. Forcément, j’étais sur la route.

J’ai seulement répété ce que je lui avais mis dans mon message, d’une voix douce et gentille. Tout le contraire de ce que je ressentais. Quant j’ai dis « on », Pascal a voulu savoir qui était les « on ».

J’ai prétendu n’avoir pas entendu sa questions et prétendu qu’on arrivait au resto, alors; « A demain choupy ». Je ne lui avais pas appris grand chose, et au fil de la conversation, je l’ai senti tout de même rassuré. Peut-être un peu trop.

Il m’a parlé de la soirée chez Thomas, qu’il était crevé, qu’il n’était même pas sûr d’y passer, ou peut-être 5mn, mais n’avait pas l’intention de sortir pour traîner dans les bars. Il avait pensé que, comme il avait été absent hier, qu’on allait passer la soirée ensemble. C’est ce qu’il avait prévu.

Des petits diables dansaient dans ma tête, parce que j’étais furieuse, il avait l’air de me reprocher mon absence.

En arrivant chez Caro, comme on était toujours pas très sûre de ce qu’on voulait faire, et Caroline semblait de plus en plus déprimée. Elle voulait le voir!!! Il était encore assez tôt, après tout, elle pourra le surveiller?? J’ai fait sauter le pacte. On l’a repoussé au week-end prochain. Hum, ça tombait bien, j’avais un anniversaire. Heureusement que je n’avais pas mentionné Caro!

Je lui avais dis de ne pas y aller! C’est parce qu’elle le colle tout le temps, qu’il ne se donne pas plus de peine pour la garder ou même lui courir après. Ma foi!

Toute contente, mistinguette se préparait à aller chez Thomas. On a mangé un petit truc ensemble, je restais face à la fenêtre, sur mes gardes. Après tout mon cinoche, je préférais ne pas tomber nez à nez avec Pascal.

Je suis restée chez elle pendant qu’elle se préparait; douche, pourtant on en avait pris une avant de quitter l’hôtel. Ensuite, je l’ai accompagnée, à la tombée de la nuit, jusqu’à la haie. Au bout du jardin, j’ai regardé Caroline monter jusqu’à la maison. Il y avait déjà du monde chez Thomas.

Pascal était planté devant la télé, affalé sur son canapé. Quant quelqu’un passait, il tapait contre sa vitre et ils se faisaient signe. Caroline, elle, a frappé directement à sa porte. Après une petite hésitation, s’attendant à ce que se soit un copain, il a été ouvrir. Les mains enfoncés dans ses poches, ils ont parlé un petit moment et Pascal et Caro sont montés ensemble chez Thomas.

Je scrutais les fenêtres chez Thomas pour essayer de deviner ceux que je connaissais. Comme je le pensais, cette connasse de Manuella était là. Qui l’avait invitée? Pascal? Pas Thomas j’espère!

Moi qui pensait rentrer chez moi, de voir cette fille si proche de ma sphère, de celle de Pascal, ça a complètement chamboulé mes plans. Le sang en ébullition, j’ai piqué un sprint dans le noir, direct chez Pascal.

J’aurai préféré me planquer dans la chambre d’amis, ou le bureau, mais comme je me suis presque faite chopée là! Le rideau commençait à bien faire, c’était ma seule planque valable! Si je la perdais, je serais foutue. Que faire? Essayer encore le bureau? Ce qui était pratique avec le bureau, c’est que je pouvais m’échapper par la fenêtre, sauf que son voisin trop curieux avait tendance à appeler les flics.

Non, franchement, le seul endroit à 100% sûr était le coin derrière le piano. C’était un coin avec un bord, mais sans fenêtre dans le dos, avec vu sur l’appart et surtout, tout le salon. Si le store n’était pas baissé, on pouvait même voir dans le jardin sans être vu, si on restait bien dans le coin. Seul inconvénient, il fallait rester debout et pas bouger. Ni tousser. Et ce soir, j’avais la gorge qui grattait un peu.

C’était quoi? 21h30? Ils partiraient sillonner les bars vers 23h-minuit? Pascal rentrerait probablement donc vers minuit. Peut-être que Caro resterait avec lui. Enfin, je l’espère. Pas cette autre garce. Donc environs 2h30 debout, sans bouger, sur un rebord.

Waouh. Maintenant que j’étais là, je ne pouvais plus reculer. Je n’avais pas envie de partir. J’avais flanqué ma polaire dans l’armoire de l’entrée et ma banane. Pour la banane, c’était bien, mais j’avais un peu froid sans ma polaire.

Une fois installée, je n’osais plus bouger de peur que, si je sors de ma cachette, quelqu’un arrive et que je n’aie pas le temps de me cacher. C’était plus intéressant que ce que j’aurai pu imaginer!!!

Pascal est descendu prendre des glaçons dans sa glacière. Alors qu’il remplissait les 2 sauts avant de remettre de l’eau, devine qui a le culot de le suivre? Manuella. Elle cherchait le petit baiser volé, Pascal a jeté un regard en direction des escaliers et en chuchotant lui a dit que; ce n’était pas le moment, qu’elle n’aurait pas dû le suivre. Ils n’étaient pas sensé se connaître plus que "bonjour-bonjour".

Manuella a fait la grimace et en rigolant lui a chuchoté en retour qu’elle presque était sûre qu’ils s’en doutaient tous pour eux. Pascal n’a pas eu le temps de répondre, Caroline descendait à son tour. Pascal leur a alors fourré les sauts entre les mains et leurs à demander de monter ça vers Thomas.

Je l’ai regardé remplir la glacière d’eau, prendre un paquet de cigarettes dans le meuble de l’entrée, son briquet qui traînait sur la table, revenir en arrière pour vérifier que la porte d’entrée était bien fermée, baisser les lumières, avant de monter à son tour.

Mon coeur s’est serré, je le trouvais si chou. J’aime le voir se mouvoir quant il ne se savait pas observer, j’aime sa démarche, sa posture, mais je n’aime pas trop le voir d’être aussi gentil et tendre envers une autre. Je ne pouvais pas supporter de laisser une autre femme me le voler. Est-ce que c’était une bonne idée de laisser les choses vivre leurs vies et continuer à faire comme si je ne savais rien?

Même pas 1h après, Pascal est redescendu pour se jeter dans son canapé. Il avait fermé la porte entre les deux appartements sans verrouiller. Peu après, Caroline est descendue vers lui.

Pascal l’a laissée prendre la parole, les yeux rivés sur la télé. Caro a voulu savoir ce qu’il faisait hier soir, elle ne l’avait pas vu et n’avait pas répondu à ses messages. Il a dit avoir reçu que 2 messages, qu’il était occupé; qu’il jouait avec Varios. Caro a répliqué qu’elle aurait aimé les voir jouer.

Puis, Pascal lui a raconté une partie de ce qu’on savait déjà; pour un anniversaire, etc, qu’il ne pouvait décemment pas lui dire de venir, que c’était en suisse allemande, etc. Il ne lui a pas dit où. J’étais ravie de la voir jouer les ignorantes. Elle était assez bonne. Elle est mauvaise quant on la cuisine, mais, comme Pascal ne savait pas qu’elle savait, il n’aurait pas l’idée de la cuisiner.

Il lui a demandé si elle savait où j’étais, et elle a raconté le bobard que j’avais lancé; au Tessin.

Pascal lui a fait rapidement comprendre qu’il ne voulait pas de compagnie, qu’elle devait rentrer. Pas enchantée, elle a demandé si elle pouvait rester regarder un film avec lui avant. Il a refusé. J’ai tout de suite remarqué qu’il s’était senti aussitôt coupable, alors il a ajouté qu’il était monté chez Thom par obligation, mais que s’il avait quitté la soirée, c’était pour être un peu seul. Il voulait passer une soirée tranquille.

Il l’a faite se lever, l’a embrassée en prenant son visage dans ses mains, ensuite, il a passé son bras autour de ses épaules; « Viens, je t’accompagne jusqu’à ta porte ok ». A contrecoeur, elle s’est laissée raccompagner. Je pensais attendre 20 minutes, s’il ne revenait pas d’ici là, c’est qu’il passerait la nuit chez Caro, alors je pourrais rentrer tranquille.

Pascal n’est pas resté. 5mn plus tard, il refermait sa porte et les rideaux. Il s’est rallongé sur son canapé, a zappé un moment avant de tomber sur un reportage sur l’univers. C’est à cause de lui que j’ai commencé à aimer ce genre d’émissions. Les visiteurs d’en haut était presque tous parti.

Avant de quitter les lieux, Thomas est passé voir si Pascal n’avait pas changé d’avis et s’il ne voulait pas les accompagner. Il a proposé de conduire. Pascal n’a pas semblé très convaincu; « Ha oui d'accord... surtout toi! Prend plutôt un taxi, ou plutôt, laisse toi conduire! » Non, il voulait rester tranquille ce soir. Thomas a rigolé.

Un silence reposant est tombé après le départ des fêtards. Ça m’a rendue nostalgique. J’aurai bien aimé aller me jeter dans le canapé à côté de lui. Hélas, j’avais eu la stupidité de lui dire que j’étais au Tessin. Impossible d’être de retour aussi rapidement.

Surtout, je regrettais d’avoir suivi mon impulsion et couru me planquer chez lui comme ça! C’était d’un con, et maintenant, j’allais me taper des fourmis dans les jambes en attendant qu’il aille se coucher. Me voilà debout comme une idiote à regarder l’homme que j’aime regarder la télé! Vraiment ma fille, t’es zarbi! Mais au moins, je savais qu'il était sage.

Hum... je n’aurai pas dû si vite me sentir soulagée... faut toujours écouter son 6ème sens!!!



Quant j’ai vu Manuella se pointer la gueule enfarinée, je crois que j’avais de la fumée qui me sortait par les oreilles! J’aurai voulu arracher les rideaux, les piétiner, lui sauter à la gorge, lui arracher les yeux, utiliser le cordon pour la frapper avec les bouts durs. Au passage, donner un direct dans la face à Pascal pour l’avoir laissée entrer... sur mon territoire. J’aurai voulu lui couper les mains pour oser les poser sur mon Pascal. C’est le mien, pas le sien.

Cette fois c'est officiel, je déteste May 2015. Non, en fait, je déteste déjà 2015.


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150/15 - Le Pacte

Publié le par JaneDo


Samedi - 30 mai 2015 - 150/15 - Le Pacte

Ciel, on devrait toujours écouter son 6ème sens... Comme j’avais eu tord d’avoir eu tous ces regrets! Surtout quant j’ai vu Pascal rentrer dans sa chambre... Il n’était pas seul. Manuella. Mon coeur et mon estomac se sont tordus. Une main froide me déchirait de l’intérieur. J’étais horrifiée.

Donc voilà pourquoi Pascal ne m’avait pas demandé de l’accompagné. Dès qu’on est rentré dans les corridors de l’immeuble d’en face, prêtes pour notre planque, sans prêter attention à la silhouette de la fille qui se baladait par moment dans une des chambres proche de la notre. On avait attaché un foulard à la fenêtre pour se repérer plus facilement.

On a simplement pensé qu’on s’était trompée sur la chambre. De l’autre côté, la chambre était plongée dans le noir, alors ce devait être celle-là. Alors quant on a vu la fille courir se jeter dans les bras... de celui qu’on a tout de suite reconnu, nos mâchoires se sont décrochées, on n’y croyait pas.

Nos visages collés à la fenêtre, on a eu de la peine à croire nos yeux!

De toute façon, si on l’avait reconnue, qu’aurait-on bien pu faire, hein? Rien! C’aurait probablement été bien pire. L’attente nous aurait achevée. Quoique, au moment même où on a compris, on était "achevée"! J’étais tétanisée, dans le déni total. Je ne pouvais tout simplement pas y croire. Ce ne pouvait pas être Pascal. Pascal n’aurait pas pu faire ça, si? Etait-il à ce point sans coeur?

Comment avait-il pu me mentir aussi facilement? Comment est-ce possible qu’il m’ait laissée plantée à Lausanne pour venir passer la nuit avec cette fille? J’avais le coeur déchiré, en lambeau. Je crois bien que je pleurais en silence, parce que j’ai senti les larmes salées couler sur ma joue. La douleur était insoutenable. La main froide avait laissé place à une brûlure qui se répercutait dans tout mon corps. Les picotements se propageaient de la poitrine, dans mes bras, mes pieds.

J’étais anéantie. Le souffle court, je me suis pliée en deux; « Pascal, comment as-tu pu? »

Ils avaient dû voyager ensemble. Je suis sûre que tout le groupe était donc au courant pour Manuella. Comme ils devaient se moquer de ma pomme. La honte. Humiliation. Ils doivent me trouver stupide. Pascal avait certainement dû l’emmener dîner avec eux. J’avais trop de peine. Je voulais que ça s’arrête.

J’ai levé les yeux pour les regarder... les regarder s’embrasser, leurs mains fébriles se disputaient la rapidité de déshabiller l’autre. J’espérais le voir la repousser. Peut-être qu’il ne l’avait pas invitée, qu’elle s’était invitée toute seule. Qu’il ne voulait pas la voir. A les voir ensemble, je me trompais.

Ils ont même pris la peine d’éteindre. Tellement persuadé d’être seuls au monde, tranquille, sans aucune emmerdeuse dans les parages. Hypnotisées, détruites, on a assisté impuissantes, déchiquetées de l’intérieur à tous leurs ébats. Et ça a duré des heures. Ils se sont endormis au petit matin.

Dévastées, on est resté un long moment interloquées, les yeux dans le vague. Après une éternité, sans un mot, on a repris le chemin de notre chambre d’hôtel. Juste à côté de celle qui venait de nous traumatiser. De nous humilier. De l’autre côté du mur, ils dormaient, épuisés, heureux sans doute d’avoir gagné ces quelques heures de bonheurs parfaits devant mon ignorance.

Là, ça, c’était de la tromperie... Je ne pensais pas pouvoir réussir à dormir, et bien, pas du tout. Je suis presque immédiatement tombée dans un semblant de coma béni.

A mon réveil j’avais la tête dans le coton. Un mal à faire fissurer la tour Eiffel. Le sourire avait déserté mes lèvres, déserté mon regard éteint. Je me suis sentie profondément humiliée. La douleur sourde et profonde était toujours là. Comment surmonter ça?

J’essayais de me raisonner, de me rappeler que j’avais décidé de le laisser faire, que cette aventure avec cette fille finirait par lui passer. Mais je n’en étais plus si sûre. Je me disais que je cherchais une bonne raison de lui avouer que je savais tout. Je savais aussi que ce serait la pire idée de toute. J’étais paumée et la douleur au creux de mon ventre ne diminuait pas.

Comment allais-je réagir en voyant Pascal tout à l’heure? M’évitera-t-il? Peut-être qu’il ne m’appellera pas du week-end? Me sourira-t-il, comme si de rien n’était? Est-ce que je le supporterais? Est-ce que je supporterais de le voir aussi délibérément me mentir? Me prendre pour une conne?

Non non non, il ne faut pas que je m’emballe... j’avais décidé, j’avais décidé... de laisser Pascal, de ne pas m'en mêler, ne rien dire. Je me le répétais pour me raisonner...  Je savais d’avance que ça allait faire mal, mais je m’étais promise de ne pas intervenir, de ne pas bouger, de laisser les choses suivre leur cours.

Ça faisait trop mal. Je me suis dis que j’aurai dû l’appeler sur son natel, voir comment il aurait réagi. S’il allait continuer à lui sauter dessus ou si mon appel l’aurait calmé.

Caroline n’avait pas fermé l’oeil de la nuit, elle était assise près de la fenêtre, toujours dans le training qu’elle avait passé pour la nuit, les yeux enflés comme des pastèques. Voir sa peine a calmé la mienne. J’ai trouvé les mots pour lui apporter un peu de réconfort. Assise l’une près de l’autre, elle a pleuré longtemps sur mon épaule. A travers ses hoquets, elle disait qu’elle avait cru ne plus pouvoir pleurer, ne plus avoir de larmes.

On a réalisé qu’il était encore tôt. 10h du matin. Est-ce qu’ils étaient réveillés à côté? On n’osait pas sortir de notre chambre, de peur de tomber sur Pascal ou un membre du groupe.

On a fait monter un petit-déjeuner. Sur le plateau, il y avait un autre petit dèj., j’ai pensé qu’il pouvait s’agir du plateau pour la chambre d’à côté. Alors, j’ai traîné la porte ouverte, à vérifier la commande. Effectivement, il était pour la chambre d’à côté, mais pas pour la bonne chambre.

Mais alors que j’étais encore à la porte, la porte de la chambre de Pascal s’est ouverte. Prise de panique, j’ai aussitôt refermée la nôtre. Caroline avait reconnu la voix de Pascal, elle a aussitôt bondi et s’est précipitée vers la porte. J’ai eu du mal à l’empêcher d’ouvrir pour jeter un oeil dans le couloir.

En fait, Pascal est descendu avec cette Manuella, pour déjeuner avec les membres du groupe. Là, j’avoue que la moutarde m’est montée au nez. Comment veut-il après que j’aie envie d’aller le voir jouer après ça??? J’étais verte.

Impossible donc de partir en catimini. Il fallait passer par la réception pour régler notre chambre! On était bien obligée d’attendre plusieurs heures avant de faire une sortie discrète et repartir pour la maison. Fatiguée, après avoir discuté longuement, on s’est écroulée pour dormir.

J’ai essayé de faire comprendre à Caroline, et de me persuader par la même occasion, qu’il était préférable d’ignorer l’aventure de Pascal avec cette fille. Il fallait attendre que ça passe c’est tout.

Mais, Caro avait raison pour une chose; tant que Pascal ne savait pas qu’on savait, on leur ajoutait l’ingrédient de la cachoterie, ce qui risquait de renforcer leurs sentiments. Ou du moins, vouloir à tout prix concrétiser pour vivre pleinement ce qu’ils pensaient être de l’amour. Elle pense que c’est mauvais de les laisser continuer à faire de chaque moment qu’ils se voient, un moment précieux.

Alors là, j’étais paumée, il fallait me laisser le temps de décortiquer tout ça dans ma tête...

Vers les 15h, on a pris la route. Pendant tout le trajet, on a âprement discuté sur la meilleure approche à avoir. On a opté pour jouer les ignorantes pour le moment. L’empêche, j’avais le coeur patraque, l’angoisse de l’incertitude avait aussi pointé le bout de son nez. C’était pas la grande forme.

Pour Caroline, c’était pareil. Elle a un peu pleuré aussi, ce qui a eu pour effet de me calmer, mais un peu inquiété parce qu’elle conduisait.

Caroline a essayé de m’encourager à appeler Pascal. Elle voulait savoir s’il était en route, et comment il réagirait, parce qu’on savait que l’autre était avec lui. Mais je n’avais aucune envie de le faire. Premièrement, parce que s’il était désagréable, ça me blesserait au plus haut point. Deuxièmement, je ne voulais pas lui donner l’occasion de me mentir ou de me mener en bateau devant Manuella.

J’ai dis à Caro que, ce qui surprendrait le plus Pascal et le déstabiliserait le plus, serait de ne pas nous voir du week-end. Ni elle, ni moi. Mais Caro ne savait pas si elle arriverait à faire ça. Tout un week-end sans le voir, sans répondre à ses éventuels appels? Sans explications?

On a convenu que ce serait préférable de l’avertir. Mais en disant quoi? Il faudrait un message neutre, clair. Pascal avait l’habitude de toujours avoir Caroline collée à ses basques, alors si tout à coup, niet, il sera inquiet et se posera des questions.

Caro s’inquiétait qu’il en profite au contraire pour voir l’autre. Et même! A la limite, on pourrait l’appeler sur son natel quant il sera avec l’autre? Bah, je trouvais que le mieux serait de l’ignorer de tout le week-end. Ça gâcherait sûrement le plaisir qu’il a eu de sa soirée d’hier soir! Caroline ne comprenait pas alors pourquoi je voulais l’avertir. Autant le laisser dans le noir.

On était encore sur l’autoroute, quant Pascal a essayé de m’appeler à plusieurs reprises. Je pense que Pascal devait être rentré.

On a eu tout le chemin pour en parler, en arrivant à Lausanne, on était toujours pas très sûre de ce qu’on allait faire. Je lui ai dis que j’aurai voulu trouver le moyen de faire en sorte que Pascal reste chez lui, qu’on puisse le surveiller. Je pouvais toujours m’introduire chez lui. Une chose était sûre, on ne pouvait aller ni chez elle, ni chez moi!

Une chance, Thomas avait invité tout le monde chez lui avant de sortir. Donc, Pascal sera chez lui.

On a donc composé ensemble le message que je pensais lui envoyer. Caro, elle, ne ferait rien tant qu’il n’essayait pas de la joindre. Mon message était simple; "Désolée, me suis sentie seule et abandonnée. Au Tessin. T’appelle sur la route en rentrant dimanche dans l’après-midi, ok. Bisous".

Recta, Pascal m’a demandé où j’étais exactement et avec qui. Pas répondu. Il a insisté. Il voulait savoir quant j’étais partie, pourquoi je ne lui avais rien dis. On avait décidé qu’on ne répondrait pas. Point final.

Caro suspectait que j’aie mis dimanche soir pour le voir. Elle avait raison. Je n’avais pas vraiment réalisé que je me laissais une porte ouverte. C’était pas ce qu’on avait prévu. Elle voulait être sure que comme elle, je n’avais pas l’intention de le voir du week-end. On a fait un pacte.


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