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168/2015 - Etre tolérante?

Publié le par JaneDo


Mercredi - 17 juin 2015 - 168/2015 - Etre tolérante?

Un début de semaine assez calme. Gis continue à respecter la consigne de s’en aller tous les après-midi, ce qui me permet de travailler. Le dîner du lundi était animé comme d’habitude. Lilice n’est pas venue parce que ma frangine avait fait des grillades dimanche, qui remplaçait le dîner du lundi.

Je n’ai revu Pascal que le mercredi soir. Comme il me manquait, et malgré mon habitude de ne voir personne de son groupe avant le vendredi, voir le jeudi soir, je l’ai appelé. Pascal m’a donc préparé à manger. Cela me semblait aller de soit qu’on passait la soirée ensemble et que je rentrais après.

Après le dîner, on a bavardé un moment autour d’un café. Vendredi, c’était l’anniversaire à Thomas, et je ne savais toujours pas quoi lui offrir. C’est toujours un calvaire pour les cadeaux pour les garçons. Pour les filles, c’est hyper facile; tout va! Vendredi, aïe aïe aïe! Je participe donc au cadeau que Pascal et ses copains lui offrent.

D’après ce que j’ai compris, un nouveau système cinema, surround, etc, qu’ils vont installer chez lui. C’est Paul qui se chargera de l’installation. Rendez-vous vendredi au Time-Out, entièrement réservé pour l’occasion. Je m’inquiète pour la fin de soirée avec l’alcool!!!

Je me suis installée dans le canapé pour lire, alors qu’il jouait à la guitare. Il y avait un concert prochainement, et il remplaçait cette fois le bassiste. Pascal jouait des morceaux que je connaissais, et je ne crois pas qu’ils faisaient partie du répertoire du groupe. Ce qui m’a fait remarqué que Pascal était distrait et jouer lui permettait seulement de mettre de l’ordre dans sa tête.

Quant j’ai cherché à savoir ce qu’il y avait, il m’a regardée un moment les yeux dans le vague, puis il s’est ouvert pour me raconter ce qu’il se passait dans sa tête. Il se disait que 3 aventures en même temps, c’était compliqué! Merci! Alors j’étais une aventure? Hihihi, c’est pas ce qu’il voulait dire.

J’ai rigolé; oui, je voyais bien. Pascal a posé sa guitare pour venir s’asseoir en face de moi; il m'a confié qu'il trouvait gênant de devoir me dire chaque fois qu’il voyait Manuella ou même Caro. Il se demandait s’il y avait moyen de faire autrement. Parce qu’il se sentait comme un gamin qui doit pointer, ou raconter à maman.

Waouh! Ok, je vois... Et je dois dire que moi-aussi de mon côté, je commençais à trouver ça dérangeant. Je lui ai dis qu’il n’avait pas besoin de me parler comme s’il me faisait son rapport. Ce n’était pas le but. Je voulais simplement, que s’il avait besoin de parler ou de raconter quelque chose, que ce soit à moi et non à quelqu’un d’autre.

Il n’avait pas à me dire chaque fois qu’il l’a voit on plus, mais ça ne devait pas être un secret entre nous non plus. Mais disons, que s’il y avait quelque chose à savoir, je voulais être la première à le savoir. Je ne voulais pas que l’autre « connasse » me poignarde dans le dos c’est tout.

C’était une conversation décousue. On jetait les mots et les idées comme ça venait. Je lui ai même dis que je préférais qu’elle vienne chez lui, plutôt que tout le monde puisse, par hasard, voir sa voiture plantée chez elle. Puis après, je lui ai dis que je ne le pensais pas vraiment.

Pour la voiture ça m’embêtait, mais chez lui aussi. Puis on est resté à; "fais comme tu le sens". C’était compliqué, parce que ce n’était pas une simple coucherie d’un soir. J’ai réalisé que Pascal avait toujours eu du mal à être aussi coupant avec les femmes. C’était probablement pour ça qu’avant, il ne sortait qu’avec une seule fille à la fois.

J’avais changé la donne en introduisant Caroline dans sa vie...

Mais, Pascal a toujours de la peine à jeter une fille comme ça. C’était probablement parce qu’il ne se laissait approcher que par des filles qui lui plaisaient vraiment. Ça, ça pourrait poser un problème dans l’avenir. On en a discuté ouvertement. Je n’avais pas encore trouver comment faire souffrir Manuella. Patience, je trouverais bien...

Quant je l’ai quitté, j’ai pensé qu’il allait se coucher. Mais, petit tiraillement de mon cher 6ème sens, j’ai traîné dans le coin. Pascal a appelé Caro. Apparemment, elle attendait son appel. Il était presque minuit.

Quelques instants plus tard, je l’ai vue traverser le jardin. Je n’avais pas entendu le verrou, alors quelques minutes plus tard, j’ai toqué et ouvert aussitôt. Ils étaient debout au milieu du salon à s’embrasser. Pascal tenait son visage entre ses mains, et elle, les bras autour de ses épaules collées à lui comme une limace. Ils se sont aussitôt séparé, comme pris en faute. D’après la manière ses vêtements, elle venait pour dormir chez lui.

Je crois que j’ai fait irruption, juste pour que Pascal sache qu’il n’avait pas à me mentir. Que j’étais une grande fille, que je savais et acceptait ses petits rendez-vous avec Caroline. Après avoir lancé que j’étais revenue pour lui demander s’il voulait que je reste dormir... J’ai souri et je suis repartie.

Pascal m’a rattrapée dehors. J’ai répété que j’avais pensé être partie un peu à la va vite, prise de remord, j’étais revenue sur mes pas, mais je ne voulais pas les déranger. Il m’a renvoyé mon sourire avant de me prendre dans ses bras et m’embrasser en marmonnant qu’il avait beaucoup de chance.

Caroline nous regardait depuis le pas de la porte. Je lui ai fait signe et j’ai disparu dans la nuit.

Ce que je ressentais? Je ne sais pas très bien. Je n’avais pas le droit de me montrer jalouse, Pascal passait beaucoup de temps avec moi, il pouvait bien en consacrer quelques uns à Caro. Pourquoi avait-il alors besoin de se compliquer la vie avec une Manuella? Peut-être parce que, même s’il ne l’admet pas, elle lui plaisait.


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165/2015 - Retrouvailles

Publié le par JaneDo


Dimanche - 14 juin 2015 - 165/2015 - Retrouvailles

C’était un rêve de sentir ses bras m’entourer avec autant de volupté, de tendresse et d’amour. Je flottais au paradis. Couchée au creux de ses bras, après un corps à corps voluptueux, la tête posée sur son torse, on se racontait notre soirée, les bonnes blagues, les commentaires des uns et des autres. Pascal me racontait ce qu’il avait discuté avec ses copains. Il était détendu et de bonne humeur et me couvrait de bisous et de câlins.

Les bips-bips de son natel, m’a rappelée l’existence de Manuella. Elle devait être en train de boire la tasse, de pester ou de pleurer toutes les larmes de son corps. C’était bien fait pour sa tête. Pascal avait été absolument parfait ce soir. Notre 1ère sortie après qu’il ait eu le courage de me parler de son aventure avec elle. Je me sentais généreuse, non pas pour elle, mais pour lui; il m’avait comblée.

Complice, je lui ai demandé s’il pensait qu’il s’agissait d’elle. Il pensait que oui. Confirmé après avoir regardé l’expéditeur. J’ai voulu savoir s’il pensait à elle ou s’il s’inquiétait de leur relation? Non, il n’était pas inquiet, mais effectivement, chaque fois que son natel bipait, il se doutait qu’il s’agissait d’elle. Il m’a raconté alors le contenu de ses messages, qui allait de la plainte à la colère.

Pascal la trouvait cullotée d’oser se plaindre parce qu’il était tendre avec sa copine... Je crois que d’avoir mis cartes sur table lui avait enfin ouvert les yeux.

Je lui ai demandé franchement s’il avait envi d’aller la voir. Bien sûr il en avait envie, ne serait-ce que pour la calmer, la consoler ou pour être sûr que rien n’avait changé, qu’elle était toujours amoureuse de lui. Mais il n’a pas osé me l’avouer. Pascal a prétendu que non, mais je le connaissais mieux qu’il n’imaginait. Et, ce n’était qu’humain! Qui n’aurait pas envi d’aller vérifier qu’il n’avait rien gâché? Que son petit « à côté » était toujours disponible?

  • Tu sais... tu peux y aller... Toute la soirée était adorable, tu as été adorable... Evidemment, l’idéal serait de filer en douce alors que je dors et de revenir avant que je me réveille, mais... je ne dors pas, et d’ici que ça arrive, il sera probablement trop tard. Alors...
  • Non. Elle se calmera, on aura sûrement l’occasion de discuter. Non, je suis fatigué, je n’ai pas envi d’aller me taper la route juste pour qu’elle se sente bien.

Je lui ai dis que je n’avais pas l’intention de bouger de là. J’ai rigolé. Je lui ai dis que tant que je n’aurais pas décidé de ce que j’allais faire à propos de son histoire avec Manuella, il devrait profiter de ma générosité et de ma bonne humeur. J’ai insisté pour qu’il l’appelle, question de savoir si elle était encore réveillée.

Elle lui a pleuré dans le gilet, l’accusant de ne plus l’aimer, qu’il l’avait ignorée, etc, etc. Pascal ne disait pas grand chose. Il a juste dit qu’il avait reçu ses messages, qu’il n’avait pas pu lui répondre. Elle a voulu savoir si j’étais là, et si elle pouvait venir sinon. Pascal lui a dit de ne pas y penser, et non, je n’étais plus là, sinon il ne l’aurait pas appelée. On a échangé un clin d’oeil.

Je pense que Pascal se méfiait de ma réaction, c’est pour ça qu’il ne voulait pas aller chez elle. Surtout je pense, sachant que je saurais exactement où il serait, et qu’il serait probablement obligé de me raconter ce qui se serait passé. Je pense aussi qu’il avait peur qu’un jour, je lui reproche d’avoir sauté sur l’occasion de courir chez elle.

J’ai donc décidé de rentrer chez moi pour lui laisser la liberté de faire ce qu’il voulait. Bien sûr, il a essayé de me faire changé d’avis. Je lui ai promis de venir en début d’après-midi pour qu’on puisse déjeuner ensemble. Il sait que je ne suis pas du matin. Et j’avais raison. Je me suis postée au sous-sol vers la salle de musique. Quelques minutes après mon départ, Pascal avait enfilé jean et t-shirt, et en se dirigeant vers sa voiture, il l’a rappelée pour dire qu’il arrivait. Cela ne m’a pas du tout étonnée.

Le lendemain, su le chemin de son appart, je l’ai appelé pour l’avertir. Il était déjà debout. Il rentrait tout juste de son jogging. Quant je suis arrivée, il avait déjà préparé le déjeuner et Thomas est venu s’incrusté. Il profitait sans vergogne de l’hospitalité de Pascal, j’imagine que cela lui évitait de remplir son frigo. Pourtant, Pascal lui avait dit plus d’une fois, qu’il suffisait qu’il laisse une liste à la femme de ménage, comme lui le faisant, et elle faisait les courses.

On a passé une partie de l’après-midi à se larver dans le salon. Pascal m’a raconté sa visite chez Manuella. Je l’ai écouté sans faire de commentaires. Je le sentais un peu tendu, mais aussitôt après, j’ai changé de sujet, comme si c’était oublié. J'aurai peut-être dû dire quelque chose, mais, je ne savais pas comment réagir.

Manuella lui avait fait pleins de reproches. Pour finir, il lui a rappelé qu'elle savait qu'il avait une copine, qu'il n'allait pas changé sa manière d'être avec moi, juste parce qu'ils se voyent. Qu'il trouvait très désagréable de la voir traîner là, quant elle sait parfaitement qu'il est avec sa copine. Il a avoué avoir une de la peine de la voir en larmes. Il ne la connaissait pas comme ça.

Il a dit qu'il était un peu énervé quant il était arrivé chez elle, mais il s'est radouci. Il a été gentil avec elle. Puis il a voulu rentrer et elle a réussi à le convaincre de rester. Il a tenu à me dire qu'ils n'avaient pas couché ensemble. Il n'était pas d'humeur et assez fatigué. On aurait dit qu'elle y tenait comme pour m'effacer. Il était parti aux premières heures du matin, alors qu'elle dormait encore. Il n'avait pas laissé de mots comme il le faisait d'habitude (ha bon?!), il n'aurait pas su quoi dire.

Le soir, on a été mangé au bord du lac. A la fin du dîner, Thomas et Michael nous ont rejoint pour le café et on a été prendre un verre au Pub d’à côté. Vers 22h, on était rentré et après avoir regardé un film, on s’est couché. Il travaille demain, moi non, mais on ne s’est endormi après les 1h du matin. J’en connais un qui va être sur les rotules, surtout avec le basket lundi soir!

Je me sentais heureuse. Il me semblait que ça faisait des lustres que je ne m’étais pas sentie aussi bien. Aussi en phase et en vie. La tranquillité de sa respiration et ses bras autour de moi m’ont bercée jusque dans mon sommeil.

Avant de sombrer, j’ai ressenti une petite frayeur en pensant au prix que j’aurai sans doute à payer pour ces moments de paix et de félicités. Il y a toujours un prix à payer!


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164/2015 - Impardonnable? (2)

Publié le par JaneDo


Samedi - 13 juin 2015 - 164/2015 - Impardonnable? (2)

Comme convenu entre nous, j’étais sur le point d’aller me cacher dans la chambre d’amis, en laissant la porte légèrement entre-ouverte. Laissant à Pascal le soin de mettre en pratique ce que je lui avais dit. C’était bien de savoir que pour une fois, Pascal était dans mon camp. On était une équipe.

  • C’est toi qui sait si tu veux continuer à la voir ou pas!
  • Ça t’embête pas? Je veux dire, ça t’embête pas si j’ai envi de continuer à la voir?
  • Pfouh, je sais pas. J’sais pas pour l’instant. Toute façon, c’est pas le moment de discuter de ça, elle est derrière la porte. Toi? Tu as envi de continuer à la voir?

Il a haussé les épaules en me fixant;

  • Ouais... si t’es sûre que ça te gêne pas?
  • Ben, disons que c’est plus tellement une aventure d’un soir, mais plus une liaison! Ce qui ne me plaît pas. Sa façon de venir où on sortait, comme pour me jeter à la face que tu ne m’aimais pas. Que tu me trompais. Est-ce que... est-ce que t’as envi de sortir avec elle?
  • Je sais pas...

Houuuh, j’aurai préféré qu’il dise carrément non. Mais bon, cette fois, je préfère la franchise au bon gros mensonge. Au moins, il jouait le jeu et était... carrément trop honnête.

  • Tu as envi de me remplacer? Remplacer Caro? Nous remplacer toutes les deux?
  • Vu comme ça, ben non. C’est juste que c’est...
  • Tu me diras plus tard. Faut que...

J’ai montré la chambre d’amis...

  • Pascal... Je ne vais pas te casser les bonbons à propos de ce soir, avec elle ici, ok. Soit normal, comme tu serais si je n’étais pas là, ok? Mais sans oublier ce qu’on a discuter avant ok. Pas parler de moi par exemple!

Il a hoché la tête et avait penché la tête de côté. Certainement en pleine réflexion. Pascal cherchait peut-être à me décortiquer, à savoir si j’étais sérieuse. Il sait très bien que je n’étais pas si chiante.

C’est rare que je pense à noter ce qu’il porte. Peut-être parce qu’il est toujours nickel. Carrément trop mignon même. C’est pas que je ne remarque plus à force, bien au contraire. Là il portait un de c’est pantalon kaki beige, pleins de poches, et un simple t-shirt sans manche marron, qui faisait ressortir le dessin parfait de ses biceps. A croquer. Juste trop chou avec les cheveux longs qui lui caressaient la nuque et ses yeux d’un vert profond, comme les grands lacs de nos montagnes Suisse.

J’ai disparu dans la chambre et Pascal a été ouvrir.

  • J’ai t’ai appelé des milliers de fois. Je sais que tu n’aime pas que je vienne chez toi, mais... Pourquoi tu ne réponds pas? Qu’est-ce qui se passe?

Pascal la regardait s’agiter en souriant, un petit sourire aux lèvres, appuyé contre le montant de la porte, comme s’il ne voulait pas la laisser rentrer. Elle a dû lui demander s’il pouvait la laisser entrer pour qu’il s’efface et la laisse pénétrer dans son appart.

Comme il ne répondait pas, elle s’est retrouvée à court de mots. Pas très sûre d’elle, elle s’est quand même approchée de lui et a posé une main sur son torse. Hum, si j’avais des pouvoirs , d’un regard, je lui aurais coupé cette main. Pascal la fixait en se mordillant l’intérieur de la joue. Il s’était adossé à la porte, ls bras croisés.

  • Elle sait hein? Elle cherche à nous séparer. Elle t’a demandé d’arrêter de me voir, c’est ça?
  • J’étais juste occupé. Manu, je t’ai demandé de ne pas venir ici.
  • Oui, mais tu ne répondais pas. Je me suis inquiétée. Elle t’as demandé de ne plus me voir?
  • T’es gonflée! Jane aurait pu être ici! Je t’ai dis de ne pas venir.
  • Il n’y avait pas de voiture devant la maison, alors, je me doutais qu’elle ne serait pas ici. Vous vous êtes disputé?
  • Pourquoi est-ce que tu cherches toujours... Il a balayé l’air d’une main. Tu te doutes bien que tu ne peux pas rester?

Manuella a fait quelques pas en écartant les bras; « Je ne la vois nul part et toi ». Elle souriait, ravie de sa petite plaisanterie. Si elle savait! Elle est retournée passer ses bras autour de sa taille. Pascal a sourit. Il a dégagé son visage en passant ses mains dans ses cheveux avant d’approcher son visage pour l’embrasser. Bien jouer!

  • Il faut que tu t’en ailles maintenant.

Manuella l’a dévisagé un moment, puis elle lui a posé un baiser sur sa joue.

  • Pourquoi? T’attends qui? Une autre fille?
  • Ça va pas.
  • Jane?
  • Ça ne te regarde pas, mais oui.
  • Tu ne voudrais pas plutôt venir à la maison? Tu pourrais inventer une excuse... Ou on pourrait rester ici, il suffit de lui dire de ne pas venir? Ou que tu es sorti, et comme ça, au cas où, elle te cherchera partout sauf ici.
  • Non. Pas ce soir.
  • Pourquoi pas? Je sais que t’en as envi.
  • Pas ce soir. Il faut vraiment que tu y ailles. Maintenant.
  • Tu pourrais passer plus tard... tu sais?
  • On verra.
  • Ok. Tu m’appelles plus tard alors?

Pascal l’a raccompagnée à la porte. Une fois la porte ouverte, elle s’est avancée pour l’embrasser, mais Pascal s’est détournée pour lui présenter sa joue. Comme il me l’avait fait l’autre soir. Elle a regardé derrière elle, puis en haussant l’épaule, a dit en riant, qu’il n’y avait personne. Pascal a secoué la tête. Elle a voulu encore le tirer vers elle en tirant sur son t-shirt, mais il a enlevé sa main.

  • Tu es bizarre ce soir.
  • Pas du tout. Mais... Tu connais la situation et tu essaies toujours de dépasser les limites...
  • C’est ce que tu aimes chez moi, non?
  • Plutôt ce que je déteste chez toi tu veux dire.

Pascal a eu l’air soulagée de la voir enfin partir. Je suis sortie de la chambre. Il m’a demandé si ça allait, s’il n’avait pas fait de bêtises. Je lui ai dis que je l’avais trouvé un peu coincé en fait. Il avait réalisé ce soir, qu’elle parlait sans arrêt de moi. Il s’est rappelé que je ne voulais pas qu’il parle de moi avec elle, alors, il ne savait ni quoi dire, ni comment réagir.

J’ai rigolé. Je lui ai dis qu’il aurait pu rester naturel et quand même dire qu’il m’attendait, c’était pas; parler de moi. C’était juste une info. Manuella avait dit pleins de choses que je n'ai pas eu le temps de tout enregistrer, mais c'était l'idée générale.

Pascal s’est passé la main dans les cheveux, en disant qu’il mélangeait tout. Ça m’a fait encore rigoler. On a discuter un moment de ce qui s’était passé. C’est Pascal qui a aborder le sujet, pas moi. Je ne l’aurai pas fait sinon. La connasse lui a envoyé une demi douzaine de messages qu’il m’a fait lire. Je les ai commenté, en essayant de ne pas être trop sarcastique.

On formait enfin une équipe. Je me sentais moins menacée par elle.

Le lendemain, après avoir pris le petit déjeuner ensemble, je suis rentrée. Gis n’était pas là, et j’avais envie de me larver dans un bain et m’occuper de moi. Pascal avait des trucs à faire. J’ai pas demandé quoi. J’aurai peut-être dû, parce que, une fois dans mon bain, ma tête a commencé à me jouer des tours. J’ai rigolé toute seule en me disant que si je commençais comme ça; à penser qu’il allait me trahir à chaque fois que je ne suis pas avec, ça allait être l’enfer.

Samedi soir, je tenais à sortir. J’étais sûre qu’on croiserait Manuella, et je ne me suis pas trompée. Elle était là, aux aguets. Prête pour ses petites oeillades, ses petits sourires à Pascal derrière mon dos. Mais je l’avais à l’oeil.

Pascal a été impeccable, il l’a royalement ignorée. Frustrée de ne pas réussir à m’humilier ce soir, elle s’est carrément imposée. Pascal discutait avec ses copains, appuyé le dos contre le bar. J’étais juste à côté de lui et je discutais avec Caro, qui avait collé son épaule contre celui de Pascal. J’avais l’autre pouffe dans ma ligne de mire, dans les glaces derrière le bar.

Manuella a passé entre Pascal et ses copains, les bousculant presque. Elle a fait un signe discret à Pascal et est partie en direction des toilettes. Elle s’attendait à ce qu’il lui emboîte le pas. Je me suis hissée à son oreille pour lui parler du petit signal qu’elle venait de lui faire. Il avait vu et compris. Il ne voulait pas la suivre.

J’ai demandé s’ils avaient fait ça des fois quant j’étais là. Pascal m’a juré que non. Il l’avait sautée 1 ou 2 fois, mais il n’a jamais fait ça quant j’étais avec lui. Hum, je ne sais pas si je le croyais, alors j’ai rigolé; « Tant mieux... ç’aurait été insultant pour moi.».

Manuella est réapparu 20 minutes plus tard. A sa manière de marcher, il était facile de deviner qu’elle était fâchée. Elle a à nouveau passé à travers son groupe, pour forcer Pascal à la voir. Vexée de l’avoir attendu en vain, elle a ramassé ses affaires et elle est partie. Hihihi, j’avoue que ça m’a procuré un plaisir certain.

Elle lui a envoyé plusieurs messages avant et après son départ. Pascal ne les a pas regardé. En tous cas, pas devant moi. Je l’ai vu les lire quant il pensait que je me préparais à me coucher. Cela paraît normal. En tous cas, cette soirée n’a pas changé son comportement envers moi. Ni même ses messages.

J’avais enfin retrouvé mon Pascal. C’était comme si elle n’avait jamais existé. Je recommençais à retrouver la confiance en lui. La confiance en nous.


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164/2015 - Impardonnable? - samedi, 13 juin 2015

Publié le par JaneDo


Samedi - 13 juin 2015 - 164/2015 - Impardonnable?

On était épuisé pour avoir passé toute la soirée à discuter sans fin. On tournait en rond. Pascal voulait me toucher et moi je ne voulais toujours pas qu’il m’approche. Et Pascal qui n’arrêtait pas de recevoir des tonnes d’appels; ses copains, sa maman, Thomas, etc. Bref, toutes ces coupures étaient agaçantes et me faisaient perdre le fils. Heureusement, il n’a pas osé prendre les appels d’Elodie, Manuella et même de Caro.

Caroline a insisté à coups de messages, appels, pour finir je lui ai dis de lui répondre. Il ne voulait pas, mais c’était le seul moyen de la faire arrêter. Caro voulait savoir ce qu’on foutait, si on sortait ou pas, ou si elle pouvait venir regarder un film avec nous. Elle en avait loué 2. Pascal lui a dit qu’on était en pleine discussion, que ce n’était pas le moment et qu’il n’avait aucune envi de regarder de films.

Il avait été un peu sec, c’était pas cool. Caro n’y pouvait rien. Je l’ai rappelée pour lui dire qu’on parlait de Manuella. Elle aurait bien voulu savoir ce qu’il avait à dire. J’ai presque failli lui dire de venir, parce qu’après tout, elle était avec moi le soir où on les avait surpris ensemble.

Son explication, comme quoi, les petits sourires, les baisers, etc, faisait partie du jeu me restait un peu en travers de la gorge. Mais, pour être honnête, ce n’était pas faux.

  • Après mon départ, tu as couché avec elle au chalet?
  • Non.
  • Quand?
  • La 2ème fois qu’on s’est vu.

Il était rouge et moi aussi. J’avais de la peine à digérer ça. Mais bon. J’ai voulu savoir comment c’était, ce qui l’a fait rougir encore plus. Pascal disait que c’était bien. Bien!

J’avais la chair de poule quant Pascal a avoué qu’il a eu envi de la revoir, qu’ils avaient tout le temps envi de se voir. Alors oui, il me l’avait caché, il m’avait menti. Et il a avoué qu’il se doutait bien que s’il m’en parlait, il aurait dû cesser de la voir, et il n’en avait pas envi.

Et il a osé dire que malgré ça, il m’aimait et n’avait pas envi de me faire de mal !!! Alors, il ne voulait pas que je l’apprenne.

Je lui tournais le dos. Je ne voulais pas qu’il me voit en train de me mordre les lèvres. L’entendre ce n’était rien à côté des images qui voltigeaient dans ma tête... de lui avec elle. Malgré tout, malgré sa bêtise, malgré la colère, j’avais envie de me coller contre lui. Comme si d’une caresse, il pouvait tout faire disparaître, me faire perdre la mémoire. Je ne l’ai pas entendu approcher. Quant il a pris ma main, je ne l’ai pas repoussé non plus.

Pascal m’a fait asseoir, on est resté un moment en silence. On regardait nos mains sans savoir quoi faire, ni quoi dire. Je lui ai dis que je ne supportais pas l'idée qu'elle nous tournait autour, qu'ils échangeaient des petits regards; elle se foutait de ma gueule.

  • Jane, je ne veux pas qu’on se sépare. Je ne veux pas qu’on se quitte, surtout pas pour une connerie pareille.

Sans le regarder; "J'aurai préféré que tu dises pour une fille qui ne compte pas, de qui j’en ai rien à foutre...".

Pascal n’a rien dit. J’aurai peut-être aimé qu’il approuve, qu’il le répète. Mais bon. Gentiment, je lui ai retiré mes mains, mais je suis restée assise en face de lui à regarder le bout de mes baskets.

  • Ça va peut-être t’énerver, mais... Tu sais, la majorité du temps, on se comprend sans avoir besoin de parler. On se devine. Mais parfois, je ne comprends rien. Par exemple, tu m’envoies raccompagner Shandra, et toi et moi, on sait ce que ça implique. Et après, tu me fais une crise. Une crise de jalousie, et là, je comprends rien! Est-ce que tu peux m’expliquer?

Wahhh! Comment lui expliquer? Est-ce que je me comprends moi-même?

  • Ben... Shandra, c’est pas derrière mon dos. Je sais où tu es, et avec qui. C’est pas une cachoterie.
  • Mais...
  • J’ai pas fini...
  • Attends. Tu peux comprendre que j’ai pas toujours envi que ce soit sous tes yeux. D’autant plus que tu m’as dis, si je suis discret, que tu préfères un bon gros mensonge, que de tout savoir. Alors moi, je pige pas! Parce que là, je voulais que tu n’en saches rien.
  • Sauf que tu ne voulais pas que je le sache, tout en ayant une liaison. Que tu discutais avec elle des mensonges que tu allais me servir, etc. Tu me faisais passer pour une cloche.
  • Est-ce que tu le savais l’autre soir... tu sais, le soir où on est parti avant les autres? Le soir où tu as été m’attendre dans la voiture parce que Jonas voulait me parler? Tu sais le soir où Manuella est venue me parler?
  • Pourquoi? Cette fille t’as dis quelque chose ou demander que tu la renseigne sur ce que je savais?
  • Heu... non, c’est juste que...
  • Pas vrai. C’est certainement en rapport avec elle. Sinon, tu ne me poserais pas une question pareille.
  • Elle a dit que tu savais. Elle était sûre que tu savais tout.
  • Tu vois, j’avais raison! Non. Je ne savais pas que c’était elle. En fait, je ne l’avais pas reconnue. Je t’avais vu avec une fille, je connaissais son allure, mais je ne connaissais pas son nom, ni son visage. C’est seulement l’autre soir que je l’ai reconnue. Le soir où je t’ai demandé si tu me trompais. Et c’était pas à cause que je l’avais reconnue elle, non, mais son... (...parfum).

J’avais failli lui parler du parfum... Après tout, je pouvais lui mentir aussi. Il ne s’était pas gêné. Mais je ne voulais pas lui parler du parfum. Ça me permettra de le coincer s’il la voit dans mon dos. Mais pas s’il sait, il fera attention. Je ne pouvais pas le lui dire.

  • C’est seulement ce soir là que j’ai fais le rapprochement et que j’ai imprimé sa tête. A cause des regards qu’elle me lançait. Aussi la façon qu'elle te regardait. Quelle garce... Elle voulait que tu me parles d’elle, c’est ça?
  • A peu près oui.

Mon sang était en train de bouillir dans mes veines. Il devenait si épais qu’il passait avec peine dans mes veines. Je voulais la voir souffrir, et je ne savais pas comment m’y prendre. Mais pour l’heure, je ne vais pas l’interdire de la voir. Ce serait trop facile.

Après avoir discuter encore des heures, on commençait à fatiguer. J’avais mal à la tête. Pascal semblait crevé lui aussi. C’était encore trop tôt pour dormir dans ses bras, sans penser à l’autre bécasse. Mais, aussi complètement crétin de le laisser tout seul, alors que j’étais près de lui.

Je voulais que ce soit clair, que Pascal comprenne que ce n’est pas tant le fait qu’il la voit qui m’avait rendu si furax, c’était le fait qu’il conspire, qu’il complote avec elle contre moi. Qu’il choisisse de la mettre au courant de mon ignorance. De savoir qu’elle venait nous traîner autour en se moquant de moi. Et lui, il lui avait donné le droit de le faire.

J’ai fait le choix de jouer les conspiratrices avec lui. Contre elle.

Je ne voulais plus qu’il la laisse se mêler de ce que je savais ou non. Qu’il ne la laisse plus jouer avec mes sentiments. D’abord, il devait la rappeler, sinon, elle allait se douter de quelque chose. Je n’avais pas encore tout digérer, et en attendant que je sache ce que j’allais faire;

Je préférais qu’il lui dise que j’avais un truc, plutôt que lui faire savoir qu’il m’avait menti pour courir la voir. C’était la 1ère chose.
2ème chose; Pascal n’avait pas le droit de lui dire que je savais. Point barre.
3ème chose; Plus de petits clins d’oeil que je sois là ou non. Je veux qu’il l’ignore en publique. Qu’il ne lui adresse plus la parole. Bon, à moins que ce soit elle qui l’initialise, mais il doit rester distant et froid. C’est pas comme s’ils ne savaient pas comment faire pour se voir. Elle n’avait qu’à utiliser les sms comme tout le monde.
4ème chose; Je ne voulais pas que ses copains puissent se douter de quoi que ce soit. Pour ceux qui le savent, je veux qu’il pense qu’ils ne se voient plus.


C’était mes conditions. Et je ne lui ai pas caché que, pour l’instant, tant que je ne sais pas comment rendre les coups qu’ils m’ont portés l’un comme l’autre, je ne voulais pas qu’elle se doute qu’on a parlé d’elle.

Pascal n’a pas eu le temps de l’appeler, madame s’est pointé à sa porte. Il était plus de 1h du matin!

Heureusement, que je n’avais pas parqué devant la maison, elle ne se doutait pas de ma présence. Les rideaux étaient tirés aussi. Je ne voulais pas que Caro assiste, depuis les buissons du jardin, à notre « dispute » à propos de la bécasse.

Je me suis cachée dans la chambre d’amis, la porte légèrement entre-ouverte. J’ai laissé à Pascal le soin de mettre en pratique ce que je lui avais dit. C’était bien de savoir que pour une fois, Pascal était dans mon camp. On était une équipe.


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163/2015 - Mise au point avec Pascal concernant Manuella

Publié le par JaneDo


Vendredi - 12 juin 2015 - 163/2015 - Mise au point avec Pascal concernant Manuella

Invitée à dîner, à jouer aux cartes - Retour pour me changer et re-départ - Aucune idée de l'heure à laquelle je serais de retour chez moi. Je prends quand même mon ordi.

J'hésite à mettre mon coca, lait, etc dans ma chambre. Cette conne, mal élevée, se sert de vos affaires sans même avoir l'idée de demander la permission. Rien qu'à l'idée de rentrer et constater qu'elle a avalé mes 3 litres de coca, et descendu mon lait, ça va me faire péter un câble. Donc, faut que je mettre hors d'atteinte mes affaires et fermer ma chambre à clé. Elle devait partir pour le week-end, mais elle a décidé de rester dans mes pattes.

Ouais, y a pas à dire, je ne suis plus faite pour vivre en communauté. Je ne supporte pas les gens qui ne sont pas aussi maniaque que moi. Bon, sauf en vacances, parce que je sais que ça ne va pas durer éternellement. Ce que je déteste le plus chez moi, c'est d'avoir pitié suivant l'expression qu'elle a. Des fois, elle n'est que fatiguée, mais ça me donne l'impression qu'elle est paumée et se sent seule et triste loin de sa famille, je regrette aussitôt d’avoir été dure avec elle!

Bon j'y vais avant qu'on se mette à m'appeler à tout va! Ça risque de m'énerver ça aussi. Je ne suis pas de très bonne humeur depuis ce week-end; j'aboie, ne supporte rien ni personne. Bref, je suis insupportable, et je m'en rends compte. L'effort de faire des efforts m'épuise et je pète encore plus facilement un câble!



Inutile de continuer à fuir, à éviter de confronter Pascal. Si je continue, Manuella trouvera le moyen de se glisser entre nous. Comme je me l’étais dis il y a quelques jours, il fallait que je retourne la situation, que ce soit avec moi que Pascal complote contre elle, et PAS le contraire.

Pascal m’a invitée à manger encore une fois, mais pour discuter, je préférais qu’on reste chez lui. Ce serait une horreur si je m’écroulais en larmes en public. De plus, me connaissant, si je pète un câble, ou si la moutarde me monte au nez, je risque de vouloir me tirer.

Si on est en public, il ne pourra rien faire pour que je change d’avis. Question d’amour propre. Mais, chez lui, il y avait une chance. Il a ouvert dès qu’il m’a entendu monter les marches de sa terrasse. Apparement, il devait me guetter. Il a voulu me faire un bisou, mais je l’ai repoussé. Pas envie.

Si Pascal pensait me faire craquer, il pouvait toujours courir. Je l’avais fais poireauter toute la soirée. J’avais passé la soirée à jouer aux cartes. Ce n’est qu’en rentrant que je l’ai appelé, en réponses à ses tonnes de messages. De toute façon, j’avais prévu de passer chez lui ce soir. Je ne lui avais juste pas donné d’heure.

Nerveux et un peu sur la défensive, Pascal m’a proposé à boire. Je me suis installée sur le coin d’un canapé et exprès, j’ai gardé le silence. Je l’ai laissé cogiter. C’était méchant, mais ça me faisait du bien de le voir flipper. Bon, peut-être que je suis un monstre, mais j’assume.

  • Elle te plaît? Est-ce que... Est-ce que t’es amoureux d’elle? Et s’il te plaît, pas de baratin, ne me raconte pas de conneries. Je veux la vérité.

Il s’est pris la tête entre les mains. Il avait l’air fatigué. On venait à peine de commencer à discuter, et il jouait les fatigués. La température de mon humeur a recommencer à grimper de manière vertigineuse.

  • Je ne sais pas. Je ne crois pas.
  • Tu m’as fais croire que Shandra t’intéressait, que tu la ramenais pour en fait aller chez Manuella? J’ai raison non?

Silence.... Il réfléchissait... Un peu trop longtemps à mon goût...

  • C’est pas comme ça. Je... Je n’avais pas l’intention de voir Manuella ce soir. Mais... Pascal a rougi, et m’a jeté un petit regard en coin. Il était embarrassé. Dès le moment où, je sais pas comment le dire, je crois que quant j’ai commencé à partir avec Shandra, j’ai pensé que Manu allait sauter au plafond, alors je... j’ai pensé faire semblant pour voir Manu, la rassurer.
  • La rassurer hein? T’as un sacré culot! Ou est-ce que tu as perdu ton cerveau? Ou il est juste tombé en dessous de la ceinture? La rassurer, j’hallucine! Est-ce que t’arrive à te mette à ma place et deviner ce que je ressens là, quant tu me dis ça?
  • Je sais... Nous les mecs, on est pas très malin quant il s’agit de... enfin, tu vois...
  • Oui! Tout par à vau-l’eau dès qu’il s’agit de tirer un coup! C’est vraiment naze!

Gros moment de silence. Je ne savais pas exactement ce que je ressentais. Je savais que j’avais encore des milliers de questions, mais rien me venait. J’étais trop sous le choc. Pascal faisait la grimace et se frottait la nuque;

  • J’oublie parfois que je pourrais te blesser... Je suis désolé. J’ai pensé que si je restais discret, tu n’en saurais rien.
  • Ouais... si tu avais été malin, ton attitude n’aurait pas changé, et je n’aurais rien su. Ton comportement t’a trahi. Ton comportement m’a trahi, m’a blessé, humilié. Je secouais la tête en faisait moi aussi la grimace comme si j’avais croqué dans un citron.
  • Je suis désolé.
  • Pfff... comme si d’être désolé allait tout effacer.
  • Non, mais, quoi dire d’autre? Je suis vraiment désolé. J’aimerai savoir comment me rattraper, tout effacer.
  • Tu rigoles? Tu ne pourra jamais effacer! A moins de liquider tous les témoins... ce qui veut dire, Manuella, sa ou ses copines, Caro, tes potes, Thomas? Parce que j’imagine que tous ces gens sont au courant, ils ont dû avoir pitié de moi, de la confiance que je te faisais. Ils ont dû vraiment me trouver stupide. Est-ce que tu penses arriver à les liquider, parce qu’à mon avis, c’est le seul moyen de tout effacer!

Ses yeux verts m’ont fixés avec effarement. Je crois qu’il comprenait que son pieux souhait de tout effacer était juste des paroles en l’air. On ne peut pas tout effacer, ou disons que le prix est trop élevé pour obtenir un résultat incertain. Pascal ne trouvait rien à dire. Forcément.

De mon côté, les bras croisés, les larmes aux yeux, en apparence impassible, j’essayais de ne pas me laisser aller à pleurnicher. Il fallait que je garde mon calme.
Je crachais mes mots, c’était pénible de me rappeler ses paroles.

  • Tu as dis "j'ai rencontré quelqu'un", Où l’as-tu rencontrée? Ou par qui ou je ne sais quoi?
  • Au chalet. Tu sais la fois où tu avais dis que tu ne montais pas, et que t’es finalement venue me faire une surprise. Ben, ce soir là.
  • Oh!

Pleins de choses désagréables me traversaient l’esprit. Je me rappelais très bien de cette soirée. Est-ce qu’elle était effectivement dans sa chambre? Aoutch, je sentais mes joues picoter quant je lui ai posé la question.

Non, elle n’était pas dans sa chambre. Elle avait failli l’être, mais il avait eu l’intuition que je pouvais débarquer à l’improviste.

Quoique, Pascal ne pensait pas que ça m’aurait dérangé, mais il ne voulait juste pas que je le trouve avec une autre fille, si je venais au chalet, c’est tout. Il était persuadé que Caroline m’avait appelée. Il l’avait pressenti.

Manuella avait gardé le contact avec Jonas. C’est comme ça qu’ils ont repris contact. Evidemment, je voulais savoir qui a contacté qui. Ouf, c’était elle. Ils ont été prendre un verre ensemble la première fois. Ils s’entendaient bien, le courant passait. Elle lui plaisait. Ils se plaisaient, alors ils ont décidés de se revoir.

En avouant ça, il a encore piqué un coup de fard. Ses yeux parlaient au bras du fauteuil sur lequel j’étais assise, au tableau contre le mur derrière ma tête, à mon épaule droite, à une de mes boucles d’oreille. Bref, Pascal évitait soigneusement de croiser mon regard.

  • Est-ce que tu lui as dis pour moi? Tu lui as parlé de moi?

Je connaissais la réponse, mais de temps en temps, il fallait que je joue au détecteur de mensonges, pour être sûre qu’il continuait à être honnête avec moi.

  • Alors vous parliez de moi, complotiez pour organiser vos petits rendez-vous? Elle venait me tourner autour, vous échangiez de petits signes, de petits regards, tout ça dans mon dos? Devant nos potes?
  • Heu... on peut dire ça.
  • Me faisant passer du coup pour la reine des connes! Tu trouves ça correct Pascal?
  • Maintenant non... mais sur le coup, je n’y ai jamais pensé. Je n’ai pas réalisé... Je...

Pascal se sentait très mal à l’aise, je pouvais très bien le comprendre. A mesure qu’on parlait, le vide s’installait en moi. Aucune idée de ce que je ressentais. D’un côté, ça me faisait trop mal au coeur de le pousser dans ses retranchements. De l’humilier en quelque sorte, mais aussitôt, j’ai pensé à tout ce qu’il m’avait humiliée, et j’ai eu nettement moins de compassion.

  • Ouais... Clairement que tu ne réalisais rien. Je suis tellement déçue. Avec toute la marge, la liberté que je te laisse, tu arrives à me faire un truc pareille... ça me fait vraiment mal.
  • Je vais couper les ponts avec elle. Si tu veux, je l’appelle maintenant et je...
  • Puis quoi? Ça l’a coupé dans son élan. Tu devrais me connaître depuis le temps. Je ne veux pas t’empêcher de la voir, mais en même temps, pour te punir, je sais que je devrais. Je secouais la tête dubitative. Je ne comprends pas que tu ne m’aies pas fait confiance.
  • Jane, c’est pas ça. C’est juste que, je pensais pouvoir rester sous les radars, et que tu ne l’apprendrais pas...
  • Oui... pour ça, il aurait fallu que ça reste une aventure d’une nuit, et pas... cette espèce de merde dans lequel tu l’as laissée t’entraîner. Rien que d’y penser, ça me rend malade... tous ces petites discussions, avec elle, sur les mensonges que t’allais me servir. A vous faire des clins d’oeils dans mon dos, alors que j’étais là, dans l’ignorance totale, à rire, à te faire confiance, à croire que tout allait bien...

D’en parler, la colère remontait à la surface. Les petits regards que j’avais perçus revenaient me frapper de plein fouet. Mais, je devais rester calme si je veux retourner la situation en ma faveur. Je l’ai regardé froidement.

  • Mais tu sais... tu n’as pas été aussi discret que ça. J’avais capté quelques uns de vos petits regards, et je t’ai suivi... Tes mensonges après, soi-disant soirée entre copains et autres, pfff... Je vous ai vu, et... je t’en ai voulu. Je t’ai vu l’embrasser, dehors, au vu de tous... Et tu veux me faire croire que tu voulais rester discret? Et la façon que tu l’as embrassée! Est-ce que tu es amoureux d’elle?

Il était un peu plus de minuit, et on avait pas encore fait le quart du tour du problème.

J’avais mal partout, courbaturée comme si j’avais passé des heures à faire des exercices. Ce devait être la tension que je ressentais dans les épaules. Qu’est-ce que j’allais faire??? Je sentais qu’on allait y passer la nuit. Peut-être même pas dormir. Parce que je ne crois pas que j’arriverais à fermer l’oeil avant d’avoir réussi à réduire la taille de la bûche qui compressait ma poitrine.

  • Je ne sais pas Jane... Il a pris un grand bol d’air pour remplir ses poumons avant d’expirer, comme s’il cherchait à garder son calme. Tu sais... on attrape les abeilles avec du miel... ça fait partie du jeu!

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164/2015 - Je voulais voir Manuella souffrir

 - Jeudi - 13 juin 2015

Publié le par JaneDo


Jeudi - 13 juin 2015 - 164/2015 - Je voulais voir Manuella souffrir



Pascal m’a invitée à manger au restaurant ce soir. D’abord, j’avais accepté, puis au dernier moment, je me suis dégonflée. Je ne me sentais pas le courage de le voir, ni surtout de discuter avec lui. Au lieu de le lui dire en face, j’ai préféré lui envoyer un message sur son natel. Pascal a tenté aussitôt de m’appeler. Je n’ai pas répondu la 1ère fois, mais j’ai pas résisté la 2ème fois. J’ai bien fait en fait.

Depuis le début de la semaine,   Manuella n’avait pas arrêté de l’appeler   ou lui laisser des messages. Comme je lui avais dis que c’était fini s’il lui parlait, il n’avait pas osé répondre. Par contre, il était presque sûr qu’elle trouvera le moyen d’être sur son chemin ce soir, soit après le match ou s’il avait le malheur d’aller prendre un verre avec l’équipe après.

Alors il n’avait qu’à pas aller boire un verre... ouais, je ne pouvais pas lui dire ça quand même. Hum, Pascal voulait que j’aille voir son match pour m’utiliser comme bouclier! Pas envie. Après avoir raccroché, j’ai réfléchi et je me rendais compte que, blessée ou pas, la vie continue, et Pascal ne pourra pas éviter Manuella. Il allait bien falloir qu’il lui parle. J’étais mortifiée, je me sentais impuissante, je ne pouvais rien faire pour l’éviter.

Est-ce que j’espérais qu’il l’envoi balader? Je n’en sais rien. Tant que je n’ai pas discuter avec Pascal, je ne pourrais pas me prononcer. Il allait falloir que je me fasse violence et que j’affronte mes peurs! Et je n’en avais tellement pas envi. Je ne voulais pas le voir, ni lui parler, ni parler de la grognasse, ni me rappeler ce qui m’avait fait tellement mal; penser à lui et elle. Chiotte.

J’ai rappeler Pascal et je voulais lui dire que j’étais d’accord pour aller à son match. Mais une fois que je l’ai eu en ligne, en une millième de seconde, je me suis dis qu’il n’avait qu’à se débrouiller tout seul. Pascal a dit que je n’étais pas cool, s’il fait des conneries, j’allais encore lui en vouloir. Constat; Pascal savait aussi qu’il ne pourrait pas éviter Manuella indéternum. Et le connaissant, il risquait de l’envoyer chier, juste pour ne pas avoir d’ennuis avec moi. Je ne lui demande pas ça non plus!

Pourtant, je voulais qu’elle souffre! Je voulais la voir souffrir le martyre! Si Pascal l'envoit balader, je risque de passer à côté de ma vengeance contre elle!

Pascal m’a appelé après son match. Ils allaient prendre un verre dans un bistro que je ne connaissais pas. Il m’a dit que c’était une chance, Manuella n’était pas venue au match, et elle n’avait aucune chance de le trouver dans le troquet où ils allaient. J’ai eu l’impression qu’il utilisait cette histoire pour garder le contact. Hum, ça marchait, parce que... ça me donnait envie de le voir!

Caroline n’a aucune idée de ce qui se passe. Je ne lui ai rien dit. Pascal non plus. Quant je lui ai parlé, elle m’a dit qu’il était bizarre. Renfermé. Comme s’il avait des soucis. Elle avait bien tenté de le faire parlé, mais il semblait ne pas vouloir rester seul. D’ailleurs, elle m’a demandé si je lui avais parlé, si j’avais remarqué quelque chose. J’ai fait l’innocente.

Par contre, je sais par Caro, qu’hier soir, Manuella était passée chez Pascal. Donc ils se sont parlé, et ça, il s’est bien abstenu de me le dire!!! Le hic, c’est que, ça ne m’a pas fait péter un câble. Je n’ai rien ressenti. Le vide total d’émotion. J’ai juste noté l’info dans un coin de ma tête et basta.


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160/2015 - Effondrement - Mardi, 9 juin 2015

Publié le par JaneDo


Mercredi - 10 juin 2015 - 161/2015 - Effondrement

L’idée de prendre le café avec Pascal le lundi matin m’était insupportable. Hélas, je n’avais pas eu la bonne idée de filer durant la nuit. Lundi matin, à notre réveil, j’ai attendu qu’il aille prendre sa douche pour m’habiller et filer. Je n'avais aucune envie de lui parler. Ni même de le voir. Le regarder me faisait aussitôt penser à Manuella.

En fait, je ne suis pas partie. J’ai préféré me mettre hors d’atteinte, cachée dans la chambre d’amis. La porte était souvent entre-ouverte, comme celle du bureau d’ailleurs. Pascal est sorti de la chambre en se séchant les cheveux et a regardé dans le salon pour voir si j’étais là. Au cas où il aurait l’idée d’aller dans la chambre d’amis, je m’y étais préparée; je m’assieds sur le lit et je lui dis que je n'avais pas envie de lui parler. Il comprendrait.

Quant il a vu que je n’étais pas vers la machine a café, il a été regarder par la fenêtre. Il est revenu au milieu du salon, la tête basse et est resté un moment là, une moue de déception sur la figure. Il a secoué la tête et est retourné s’habiller. Le café avait déjà coulé, comme programmé, il s’est servi une tasse, puis a changé d’avis et a tout renversé dans l’évier et il est parti au boulot.

L’idiot! Il n’avait même pas pensé à me demander sa clé! Après avoir pris une douche, j’ai fermé derrière moi et jeté la clé dans la boîte aux lettres. Le taxi que j’avais appelé m’attendait déjà.

Lundi, j’ai passé par tous les stades de la dépression; larmes, rire jaune, silence total, essayé de dormir par pu, essayé de travailler sans réussir. Bref, une journée avec la tête perdue dans le fond de mes pompes, avec de petits lancements alarmants côté coeur. Mardi, c’était pas mieux. J’ai été contente de voir Gis foutre le camp à son cours pour avoir la paix.

Mercredi, j’ai rien foutu non plus. Mon corps pesait une tonne et demi, j’étais épuisée, et je n’arrivais pas à dormir plus de 3 à 4h d’affilée. Pascal me bombardait de messages, me demandant d’aller chez lui, qu’il fallait qu’on se dise ce qu’on avait sur le coeur. Que c’était mieux de tout mettre à plat, au lieu de faire la tête.

Les « Je t’aime » à la fin de ses messages avaient un goût amer et me foutait en rogne.

C’est fou, mais je suis tellement à cran que j’ai des envies de courir. Le hic, c’est qu’il n’y a pas vraiment de coins par ici pour faire du jogging. J’avais besoin d’un truc pour me défouler, me fatiguer au point de ne plus penser à ce qui me pesait sur la poitrine.

Et je ne savais toujours pas comment réagir vis-à-vis de lui... Je savais que je devrais trouver le moyen de tourner les choses et faire en sorte que ce soit avec moi qu’il complote, et pas avec Manuella. Hélas, j’étais encore trop retournée et furax pour réfléchir au moyen d’y parvenir.


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159/2015 - Perdante

Publié le par JaneDo


Lundi - 8 juin 2015 - 159/2015 - Perdante

Pascal est rentré entre 3 et 4h du matin. Je lui avais envoyé un message pour qu’il passe par l’appart de Thomas, parce que j’allais me coucher. Pascal est venu vérifier si je dormais. Il a caressé mes cheveux, et est resté un moment assis sur le lit, avant de repartir au salon. Non, je ne dormais pas. Peut-être voulait-il me raconter avant de tout oublier?

J’ai hésité. Il était assis sur le canapé, la tête entre ses mains et semblait troublé. Ça m’a tordu l’estomac et fichu la chair de poule. Peut-être que j’avais eu tord de l’envoyer dans les bras de cette fille? Non, non, non, je ne voulais pas commencer à me faire des films. Pascal est revenu dans la chambre, et j’ai continué à faire semblant de dormir.

Il semblait préoccupé, nerveux... Pourquoi? On dirait qu’il avait de la peine à se résoudre à se coucher. Owh, parce que j’étais là? Non. J’espère que ce n’est pas ça.

A force d’attendre que Pascal vienne se coucher, j’ai fini par m’endormir. Quelque chose m’a réveillé, et j’ai réalisé qu’il était au téléphone. Au téléphone avec Manuella.

Il se passait quelque chose de franchement inquiétant. Au sens propre, j’ai commencé à transpirer, à bouillir de l’intérieur. J’avais si chaud que même mon coussin me paraissait brûlant. Je croulais de chaleur.

J’aurai voulu aller jusqu’à la porte pour écouter, mais s’il revenait brusquement, je me ferais surprendre. Mauvais. Alors je suis restée couchée et continué à faire semblant de dormir quant il s’est enfin décidé à venir se coucher. Pascal m’a prise dans ses bras et j’ai dû me faire violence pour ne pas le repousser, tellement j’avais chaud. Il s’en ai rendu compte, alors il a monté l’air conditionné.

Dimanche, Pascal était tendu, même s’il essayait de le masquer. J’ai tenté de lui demander comment ça c’était passé avec Shandra, il a juste répondu qu’il n’y avait rien eu de spécial. Clairement, il ne voulait pas en parler. Je me suis sentie frustrée. Pourquoi donc? C’était-il passé quelque chose qu’il ne voulait pas me dire?

J’ai passé la journée avec une buche dans la poitrine. Pascal évitait de me regarder dans les yeux, et je ne savais pas pourquoi. Cela m’a inquiété. Du coup, je n’ai pas osé revenir sur le sujet. Je ne sais pas si j’étais plus déçue que fâchée, ou inversement. Ce devait être un savant mélange du tout; frustration, déception, colère, trahison et j’en passe. Cela m’a rendu plutôt silencieuse et distante à mon tour.

Je me suis dis que peut-être, quant je l’ai entendu au téléphone, qu’il avait fini par se décider à répondre aux multiples coups de fils de Manuella. Rien de spécial. Elle avait dû lui faire une scène. C’était tant mieux.

En fin d’après-midi, je n’ai pas tenu, je lui ai reposé la question pour hier soir (la nuit de samedi à dimanche).  Pascal a finir par se décider. Il a voulu que je m’asseye en face de lui et a pris mes mains entre les siennes. Ma température a viré au rouge. Il fuyait mon regard.

Avant tout, il voulait que je sache qu’il m’aime, et que je n’avais rien à craindre.... malgré ce qu’il s’apprêtait à me dire. Le sang dans mes veines s'est changé en acide brûlant. Ça ne sentait pas bon tout ça. Le fait qu’il évite mon regard, qu’il m’ait fait asseoir et même qu’il tienne à ce que je me souvienne qu’il m’aime, c’était pas bon. Tous mes sens clignotait au rouge.

Il voulait parler sans être interrompu. Ça ne signifiait qu’une chose; que c’était grave. J’ai eu peur.

Pascal a été ramené Shandra. Il est monté chez elle, mais n’est pas resté. Il a prétendu que c’était l’anniversaire d’un copain, et que lui et d’autres copains avaient décidé de lui faire une surprise en débarquant chez lui à l'improviste, c’est pour ça qu’il devait partir. Elle a semblé très bien comprendre et ils ont remis ça pour une autre fois.

Rouge, il a dit qu’elle avait juste voulu un baiser avant qu’il s’en aille et il l’a embrassée. Après, il s’était traité d’idiot, et s’était dit qu’il aurait peut-être dû rester. J’ai demandé si elle embrassait bien. Mais il m’a fait taire. Ça avait dû lui coûter d’avouer qu’il avait eu envi de rester, je comprends.

C’est ensuite que j’ai perdu mon envie de blaguer et que la moutarde m’ait monté au nez. J’avais retrouvé mon calme, quant il a dit qu’il n’avait pas voulu coucher avec elle. Mais la suite m’a transformée en Pulsar!

Pascal m’a avoué qu’il avait rencontré quelqu’un. Les battements de mon coeur ont viré. Le sang tapait dans mes oreilles, j’avais la chair de poule.

Rencontré quelqu’un? C’est pas un truc qu’on dit à la légère ça! J’avais les mains moites, et l'envie de les lui arracher. A ce moment précis, je ne supportais pas son contact.

Alors il avait rencontré quelqu’un.... !!!

Pascal a continué; cela faisait un moment qu’ils se voyaient. En partant de chez Shandra, il avait roulé au hasard un long moment. Elle était là ce soir, et elle l’avait vu partir avec une autre fille. Elle devait lui en vouloir ou être déçue. Quoi??? Et moi alors???  J’aurai préféré être sourde que de l’entendre me parler d’elle. Pascal voulait aller la rassurer, lui expliquer, et en même temps, il savait qu’il devait probablement m’en parler. Il n’avait pas su quoi faire. Alors il a tourné en rond pour essayer de s’éclaircir les idées.

Pfff, à voir, ça n’avait pas dû être très efficace son petit tour en voiture!

Pascal m’a rappelée que je lui avais demandé s’il me trompait. Il a aussitôt pensé à son histoire avec Manuella. Voilà, il l’avait nommée!  Il a prononcé son nom comme si je devais savoir qui c’est. J’avais du mal à respirer. Il a pensé que c’était pas le moment de parler de ça, là-bas, avec nos amis qui nous attendaient à l’intérieur. Je crois bien que j’avais les joues en feu. Je pense que je devais avoir rougi, et cette fois, ce n’était pas seulement des oreilles.

Pascal a continué, en me tenant toujours les mains et en évitant toujours de croiser mon regard. Il y aurait vu des flammes géantes. Je devais faire appel à toute ma volonté pour rester calme et pas lui lancer quelque chose à la tête. C’était vraiment le monde à l’envers; il pensait à ses sentiments à elle? Et les miens alors?

Après presque 1h à rouler sans but, il a donc été chez Manuella...

Là, je lui ai arraché mes mains. Je ne voulais plus le toucher. Il me faisait horreur. Je me sentais comme la dernière des perdantes. Manuella avait dû bien rigoler à mes dépens. Pascal a voulu me retenir. Je l’ai sauvagement repoussé. Je ne voulais plus l’entendre, ni même le voir.

Je me suis calmée quant il a dit qu’elle n’était pas chez elle. Elle était chez sa meilleure amie. Sa copine lui avait laissé un message pour lui dire que, s’il voulait venir la chercher, Manuella était chez elle, qu’elle était en larmes, et attendait son appel. Il n’a pas osé appelé et encore moins aller la chercher là-bas.

Le ton acide, je lui ai dis que c’était tant mieux, sinon, je lui aurais arraché la tête... Que là, c’aurait été le plus sale coup bas qu’il aurait pu me faire.

Les lèvres pincées, furax. Je lui ai demandé s’il connaissait la copine à Manuella, s’il savait où elle habitait. Donc, il avait été chez elle avec Manuella. Il a confirmé que oui. J’avais envie de le frapper. Mais même ça ne me soulagerait pas. Je transpirait de rage. Tellement furax, que toute mon énergie était bouffée pour contenir ma colère.

Nos regards se sont enfin croisés, et il a pu lire à quel point il me décevait. Qu’il ne dise ou ne fasse rien pour me calmer m’énervait encore plus. Il restait là, sans rien faire. Lamentable. Aucune idée ce qu’il aurait pu faire d’ailleurs.

Je crois que j’étais hors champs. Et trop furieuse pour pouvoir émettre quoi que ce soit de concret sans l’envoyer se faire cuire des oeufs sur Mars. Avant de dire quoi que ce soit de regrettable, je crois que je ferais mieux de partir.

Pascal voulait que je me rappelle ce qu’il avait dit au début; qu’il m’aimait et que je n’avais rien à craindre. Pfff! Ces mots dans sa bouche sonnaient comme des insultes. Je le lui ai dis. J’ai demandé s’il lui avait parlé depuis. Hé oui. Là j’ai foncé en direction de la porte, furax. En lui jetant à la tête que ça, son comportement avec cette Manuella, était la pire des trahisons.

Avant de passer la porte, Je lui ai aussi demandé, s’il comptait courir la consoler en la baisant au passage, dès que j’aurai tourné les talons. Rouge, il m’a demandé de rester, qu’on devait parlé. Que bien sûr qu’il n’irait pas chez elle. Alors je lui ai dis que rien que de lui parler au téléphone, dans mon dos, c'était une trahison. Que je me demandais s’il avait la moindre idée de ce que je pouvais ressentir

Les derniers mots que je lui ai dis, c’est que quoi qu’il fasse, ça m’était égal, mais s’il lui reparlait par téléphone ou nuage de fumée, ou allait la voir, ou la recevait chez lui, c’était fini. Que je n’admettrais aucune excuse. Il n’avait qu’à être en contact avec elle, et couper le contact avec moi. Point final.

Pascal m’a couru après, a bloqué la porte de ma voiture pour m’empêcher de monter. Il m’a supplié de revenir dedans. J’étais épuisée. Je ne voulais pas pleurer devant lui. Je me sentais lourde, comme si on avait remplacé l’intérieur de mon corps avec des pierres. J’étais trop trop enragée et la tête vidée.

On est resté assis sans rien dire un long moment. C’était relaxant. Je n’aurais pas supporté de l’entendre encore parler. Je ne pouvais même pas le regarder tellement qu’il me sortait par les yeux. Dans ma tête, il ne se passait rien, c’était tout vide. J’étais juste fatiguée. Là, je ressentais la gravité, mon corps semblait attiré lourdement vers le sol, prêt à se tasser en flaque. Pascal a voulu me prendre la main, je l’ai retirée vite fait, et je me suis éloignée de lui.

Pascal a voulu me prendre la main, je l’ai retirée vite fait, et je me suis éloignée de lui.

Amusant, mais cette conne a essayé de l’appeler 3x de suite, puis lui a laissé un message. Quant il a voulu le lire, je l’ai fusillé du regard. Pascal a aussitôt posé son natel. Je l’ai pris et j’ai effacé son message. Pascal n’a rien dit.

1h plus tard, quant elle a essayé a nouveau, il m’a demandé si je voulais répondre à sa place. Je l’ai encore fusillé au bazooka. Puis quoi encore? Pour qu’elle sache qu’il m’avait parlé d’elle? Qu’on se disputait? Chacun dans notre coin du canapé, on restait là sans se parler, sans bouger, sans même la télé. Juste 2 âmes perdus dans d’immenses fauteuils en cuir blancs. Incapable de communiquer.

On a fini par se décider, d’un commun accord, à aller se coucher. Mais, lui, sur le canapé. Je ne supporterais pas de l’avoir à côté de moi.

Il m’a entendu pleurer, et il a voulu venir vers moi. Je l’ai renvoyé aussi sec. Qu’il aille se faire voir.

Zut, j’aurai peut-être dû lui parler, lui expliquer ce qui n’allait pas.

Au lieu de ça, j’avais éclaté. J'ai vu rouge. Pas très rationnelle! Du coup, j’ai peut-être coupé son envie de se confier à moi. J’aurai pu réagir autrement. Je l’avais coupé dans son élan, c’était stupide.

Mais qui a dit que j’étais intelligente? Son image m’a traversé l’esprit; il me regardait paniqué, les yeux hagards, les bras ballants, hésitant, il ne savait pas quoi faire ou dire. Le pauvre... Non, pas question que je me laisse attendrir.

J’ai pensé que je n’arriverais pas à fermer l’oeil, mais, je devais être si épuisée que j’ai presque sombrer dans le sommeil direct. Tant mieux, ça m’évitait de me torturer.


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158/2015 - Soustraire Manuella

Publié le par JaneDo


Dimanche - 7 juin 2015 - 158/2015 - Soustraire Manuella

Nuit de samedi à dimanche

Et Pascal continue de rire. Rire comme s’il était innocent. Comme s’il n’avait rien à se reprocher. Sa main se pose sur sa hanche, il se penche à nouveau vers elle et chuchote à son oreille. Et elle rit. Seraient-ils en train de se moquer de moi?

Je voudrais la voir souffrir autant que moi en ce moment. J'ai envie de voir disparaître son petit air supérieur et suffisant quant elle me regarde. D'effacer son petit sourire. J'ai envie qu'elle ait mal, la voir dégringoler de son petit pied d’estale sur lequel elle s'était mise.

C'est pourquoi quant cette fille, avec qui Pascal discutait, lui a dit qu'elle voulait coucher avec, je lui ai dis qu'il pouvait y aller. J'étais juste à côté, et je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre ce qu'elle lui murmurait à l'oreille. Elle ne savait pas que j'étais avec lui, que j'étais sa copine. Manuella fera moins la fière de le voir partir avec une autre fille.

Comme pour se faire pardonner, ou pour endormir ma méfiance après son petit flirt avec Manuella, Pascal est arrivé par derrière, a posé son menton sur mon épaule en passant ses bras autour. Mon coeur s’est affolé aussitôt. Non, je ne voulais pas me laisser troubler.

Chaque fois que nos regards se touchaient, Manuella détournait la tête, comme si j’étais une quantité négligeable. Son regard était hautain, presque méprisant. Cette fois, ce n’était pas moi qu’elle regardait, elle regardait ce que faisait Pascal. Je crois que ce petit cirque avait assez duré.

Pascal frottait sa joue contre la mienne. C’était doux, intense, adorable. J’ai passé ma main derrière sa tête, et j’ai voulu l’embrasser. Il m’a tendu la joue. La moutarde est montée direct. Je me suis sentie comme un boxeur dans un ring; prête à cogner.

Adrénaline coulant à flot, le sang dans les oreilles, je l’ai pris par la main pour l’entrainer dehors. Pascal a enlevé sa main, m’a arrêtée pour me retourner vers lui;

  • Qu’est-ce qu’il y a?
  • Dehors.. Trop de bruits ici.

Mon sourire avait disparu et mes yeux lançaient des éclairs. J’étais sérieuse. Pascal m’a suivie. Mais sans me donner la main comme il le faisait d’habitude. Et je ne voulais pas tenter de la lui prendre et qu’il me la refuse. Devant l’entrée, il y avait du monde, alors j’ai continué pour qu’on s’éloigne.

En jetant un oeil derrière pour voir si on était seuls et assez loin des autres, j’ai vu que Manuella et une de ses copines étaient sorties. Elles nous observaient. Je pense qu’elle s’attendait à nous voir nous disputer, et elle devait sûrement s’en lécher les babines d’avance. J’avais envie de me plier en deux pour récupérer. J’avais le souffle court, comme si j’avais couru un marathon.

  • Qu’est-ce que tu as? Qu’est-ce qui se passe?
  • Pascal, est-ce que tu me trompes?

Pascal a violemment rougi, sous le choc, il est resté quelques secondes interloqué, à me regarder les yeux écarquillés;

  • Mais non voyons! T’es dingue ou quoi? Heu... j’ai vu Caro jeudi soir, c’est ça?
  • Bien sûr que non. C’est pas Caro. Est-ce que tu me trompes?
  • Non. Je t’ai dis, NON.
  • Alors pourquoi quant je veux te donner un bisou, tu me tends la joues? Pourquoi tu es si distant quant on sort? Est-ce qu’il y a une nana ici ce soir qui fait que tu gardes tes distances?
  • Mais non voyons! J’ai... Je ne me suis pas rendu compte... Je... J’ai pas remarqué que tu voulais me faire un bisou. Je suis désolé Jane. J’ai pas fait attention... Désolé.

Malgré l'obscurité, je voyais que Pascal était tout rouge. Il était embarrassé, presque paniqué.

  • Tu viens pourtant de me faire le coup, y a même pas 1 minute.
  • Mon coeur, je suis désolé. Je n’ai pas voulu...

Pascal m’a entouré de ses bras et m’a attirée à lui. Il s’est un peu raidi. Je crois qu’il venait d’apercevoir Manuella devant l’entrée. Mais il me serrait toujours contre lui. Sous ma joue son coeur battait plus calmement, Il m’a fait un bisou sur la tête, puis sur les yeux, le nez, puis sur les lèvres en prenant mon visage entre ses mains chaudes et douces.

J’étais perturbée d’avoir rompu le pacte que j’avais fait avec Caroline! Pourtant, je me suis sentie rassurée. Mais, je savais parfaitement que Pascal m’avait menti. Je ne suis pas conne, je sais que c’était bien le parfum de Manuella que j’avais senti sur lui vendredi soir!

Pascal m’a bercée un moment dans ses bras, puis on est retourné à l’intérieur. Il a dit qu’il ne s’était pas rendu compte qu’il agissait comme ça. Il a même voulu me faire croire que je me faisais des idées et j’ai accepté l’idée. Mais, je savais qu’il ferait plus attention.

Hummm, il sent si bon. Le sentir si près me trouble toujours. Je retiens mon souffle. Ses cheveux me chatouille la joue, je passe mes bras autour de son cou et passe la main dans ses cheveux. Après un petit bisou sur ma joue, il m’ébouriffe en souriant; « ça va mieux? ». Il souri et la petite fossette sur sa joue se creuse. J’adore sa fossette.

Pascal passe son bras autour de mes épaules et on se met en marche pour retourner à l’intérieur. Près de la porte, mon regard croise celui de Manuella, toute fière, comme si elle savait tout. Comme si mon temps était compté, comme si Pascal lui appartenait. Avant d’entrer, je sais qu’il s’est retourné pour la regarder, mais je m’en fiche.

On voulait que personne ne soupçonne notre « petit différent ». J’y tenais. Je voulais qu’on continue comme avant. Je voulais que personne ne soupçonne qu’on ait failli se disputer, ou quoi que ce soit. Ni les copains de Pascal. Surtout, je voulais que personne ne sache de quoi on avait parlé. Qu’on ne sache pas qu’il m’avait menti. Pascal a promis de ne pas en parlé à quiconque. Et surtout pas Manuella, mais ça, je ne pouvais pas le lui dire.

Avec Caro, on s’est rapprochée de Pascal, sans pour autant lui coller aux basques. Manuella a eu le culot de venir enfilé sa main sous son bras. Pascal s’est aussitôt braqué, s’est redressé et lui a lancé un regard qui n’avait rien de chaleureux. Il n’a pas osé regardé dans ma direction, mais il était tendu. Pascal a marmonné quelque chose entre ses dents que je n’ai pas capté.

Manuella, les lèvres pincées, a eu la bonne idée de s’en aller sans demander son reste, après lui avoir lancé un regard furibond. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire.

Dès que Manuella a tourné les talons, une fille avec qui j’avais vu Pascal discuter plus tôt, Shandra, est revenue se coller à lui. Elle avait croisé Manuella et l’avait regardée bizarrement. Elle lui a donné un petit coup de coude pour signaler sa présence, parce que Pascal s’était détourné. Je me demande si c’est parce qu’il ne voulait pas voir Manuella partir?

Peut-être que ça allait bardé avec elle ou, c’était peut-être fini? J’espère!

J’ai baissé les yeux comme si je n’avais pas été témoin de ce qui venait de se passer et j’ai continué à faire semblant d’écouter ce que me racontait Caro. En tous cas, tout comme moi, elle avait le sourire. Et ce n’était pas à cause de ce qu’elle me racontait à propos de son boulot. D’ailleurs, je crois qu’elle parlait pour meubler.

Intérieurement, je jubilais de la petite défaite de la miss Manuella. Chaque victoire, même minuscule, est une victoire.

Epaule contre épaule, à cause du bruit de la musique, Pascal et Shandra se chuchotait à l’oreille l’un de l’autre et riaient. Pascal avait l'air détendu et j'aimais le voir rire comme ça. Nos regards se sont croisés, j’ai souri. Il a compris que tout allait bien. J’allais bien. On aurait dit que l’épisode Manuella était oublié.

Lui et Shandra semblaient s’entendre comme larrons en foire. De petits pincements de jalousie me picotait le visage. Instinctivement, je me suis rapprochée. Ce n’était pas pour l’empêcher de parler avec elle et qu’il s’occupe de moi, non. Pascal le savait bien. Juste qu’il se rappelle qu’il a une copine, qu’elle était là, et qu’il devait toujours faire attention à ce qu’il faisait en public.

Epaule contre épaule, ils continuaient à folâtrer ensemble. J’évitais de les regarder, parce que je ne voulais pas le mettre mal à l’aise ou qu’il pense que j’étais... jalouse. Ou qu’il faisait quelque chose de mal à discuter avec ses copines. Lui tournant le dos, je continuais à donner l’impression de m’amuser, d’être plongée dans les discussions avec ceux qui m’entouraient; Michael, Caro, JD (Jean-Daniel) et Christiane.

Il était tard, le groupe commençait à se disperser. Certains allaient encore chez Michael pour finir la soirée en beauté. Quant Michael lui a demandé s’il venait aussi, Pascal m’a consulté du regard. J’ai haussé les épaules. Aucune idée, rentrer m’allait aussi.

Shandra a posé sa main sur son épaule, Pascal s’est penché, lui tendant l’oreille. Pas de chance, ils ont baissé le volume de la musique en changeant de morçeau à ce moment là, et j’ai entendu ce qu’elle disait; « J’ai envie de coucher avec toi ».

Interloqué, Pascal a rougi et m’a lancé un coup d’oeil en baissant la tête. Je l’avais entendue.

Pascal a légèrement rougi quant Shandra lui a encore murmuré autre chose, avant de filer vers ses copines en lui lançant un regard velouté. Je me suis détournée. Cette fois, je n’avais pas entendu. Pascal a essayé de masquer sa gêne en rigolant. Il a passé son bras autour de mes épaules. Mon regard a croisé celui de Manuella, ça m’a piquée au vif.

Elle avait je ne sais quoi de suffisant, mon sang n’a fait qu’un tour. Les mots sont sortis tout seul de ma bouche avant de percuter la partie de mon cerveau qui raisonne; « Vas-y! ».

Comme s’il ne m’avait pas entendu, Pascal s’est alors penché pour s’excuser pour Shandra. Il a dit qu’elle avait peut-être un peu forcé sur les cocktails. Souriante, je lui ai demandé ce qu’elle avait bien pu lui chuchoter pour qu’il rougisse autant. Il a secoué la tête toujours gêné.

Elle lui avait demandé de la raccompagner chez elle, et qu’elle... heum... il a hésité, qu’elle a dit qu’elle était sérieuse, elle avait vraiment envie de coucher avec lui.

Je me suis demandée pourquoi il ne lui avait pas dit qu’il avait une copine, moi! Et que j’étais juste là!!! Mais bon. Pendant qu’on y était, il aurait pu lui dire de me demander ce que j’en pensais!

Manuella cherchait toujours à capter un regard de la part de Pascal, elle savait qu’on était sur le point de rentrer. Pascal a rigolé, moi aussi. Comme Shandra quelques instants plus tôt, j’ai fait en sorte qu’il se penche pour lui parler à l’oreille; "Vas-y si tu veux... Vas-y! J’espère seulement que tu ne restera pas dormir et que tu rentrera vite à la maison après.".

Pascal me regardait avec de gros yeux; "T’es folle! Je n’en ai pas envi". Je lui ai demandé s’il déconnait? Pascal a secoué la tête et tenté de prétendre que ça ne lui disant rien.

Mais moi, je voulais que Manuella le voit partir avec une autre fille. Tellement que j’en avais la chair de poule. Rien ne me ferait plus plaisir que de la voir se disloquer dans son coin. Alors j’ai été persuasive; Quel mec n’en aurait pas envi? Un eunuque, pas un mec normalement constitué.

Pascal a rougi jusqu’aux oreilles. Shandra nous avait vu parler et elle nous a jeté quelques coups d’oeil inquiets. Pascal a voulu noyer tout ça en me serrant contre lui. J’ai dû gentiment le repousser. Je voulais vite demander à Thomas de me ramener, sinon, je prendrais un taxi et c’est tout.

De petites flammes se sont allumés dans mes yeux et j’ai ajouté que j’étais impatiente qu’il me raconte comment c’était. Je crois que, ça me faisait méchamment plaisir de le voir ignorer Manuella. Même, en quelque sorte, la tromper.

Ensuite, je lui ai dis que je voulais juste qu’il se rappelle que ce n’était qu’une aventure, rien de plus.

  • Rappelle toi que ce n’est qu’une aventure. Une parenthèse. Tu es mon petit ami, pas le sien.

Je pensais plus à Manuella en disant ça qu’à Shandra.

  • Ha... est-ce que j’ai bien entendu? Je suis ton petit ami alors?

Sa remarque m’a fait violemment rougir. Enfin, non, mes oreilles seulement. Je lui ai encore murmuré à l’oreille que, c’était même moi qui le poussait à se faire plaisir. Que j’avais bien remarqué qu’elle lui plaisait bien. Qu’il avait raison, elle était jolie et plutôt sexy! Après avoir pris la clé de son appart, je me suis distancée de lui. Pascal m’a lancé un bref regard, j’ai souri, complice.

Thomas était sur un coup lui aussi, alors il ne rentrait pas directement à la maison. J’ai donc choisi de rentrer avec Caro. C’était encore mieux. Ça m’évitait les questions indiscrètes de Thomas tiens! Mais bon, à ceux de Caro, complètement estomaquée, je n’y couperais pas. Pendant tout le trajet de retour elle n'a pas arrêté de me rabattre les oreilles comme quoi j'avais tord.

Shandra était revenu vers Pascal les yeux remplis d'espour. Ils ont discutés en se parlant à l’oreille. Une ou deux fois, Pascal m’a fixé. Comme pour voir si je n’avais pas changé d’avis. Je lui ai souri en faisant un clin d’oeil. Ils ont donc fini leur verre et Shandra a précédé Pascal vers la sortie.

J’ai vu Manuella tenté de fendre la foule pour l’intercepter. Il avait aussi dû la voir. Je crois qu’elle avait deviné ce qui se passait. Ça m’a fait rudement plaisir de voir qu’ils avaient disparu avant qu’elle ne puisse même faire la moitié de la traversée du bar encore bondé.

Caroline et moi suivions derrière. Dehors, Manuella les cherchait du regard. La voiture de Pascal nous a passé devant. Il n’a pas regardé dans notre direction. Je pense que c’était parce qu’il savait que Manuella était probablement dehors à le guetter. Manuella bidulait furieusement son natel, les joues en feu. Bien fait pour ta tête ma petite! Je pourrais parier qu’elle essayait de joindre Pascal, qui ne répondait pas.

Contrairement à moi, Caroline était mortifiée que j’aie pu encourager Pascal. Moi non. Elle ne comprenait pas que je puisse faire une chose pareille. J'aurai pu lui rappeler que je l'avais fait pour elle aussi! La défaite de Manuella était trop plaisante pour que je culpabilise ou éprouve un quelconque remord pour le moment.


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157/2015 - Une chance contre Manuella - Samedi - 6 juin 2015

Publié le par JaneDo


Samedi - 6 juin 2015 - 157/2015 - Peut-être 1 chance sur Manuella? (1)

Caroline a été voir chez Michael. Pascal n’y était pas. Ce n’était presque pas une surprise. Je crois que quelque part au fond de moi, je l’avais soupçonné. Caroline a fait un tour du côté de chez Manuella, Pascal n’y était pas non plus. Je voulais rester sereine, mais, les larmes ont inondés mes yeux. J’avais perdu le contrôle.

J’ai eu envie de partir, qu’il retrouve son appartement vide en rentrant. Et peut-être qu’il ne rentrerait pas avant demain matin? Peut-être q’inconsciemment, Pascal cherchait à me provoquer, provoquer la rupture? Il pourrait alors tranquillement voguer dans son histoire avec l’autre? Non, je ne pouvais croire qu’il soit aussi méchant. Pas avec moi.

Impossible de me concentrer sur mon livre. Triste, angoissée au max, j’ai commencé à prier pour le voir arriver. Je crois que j’aurais le coeur brisé s’il ne rentrait pas. Pourtant, je savais d’avance que je ne lui ferais pas de scène, que je ne dirais rien. Même, je ferais semblant de dormir.

Cela faisait plus de 2h que Pascal m’avait plantée là, une demi-heure que Caroline m’avait confirmé son mensonge, je commençais à baliser. Persuadée qu’il ne rentrerait plus, je suis sortie sur la terrasse, dans le noir et j’ai laissé mes larmes couler librement sans chercher à les essuyer, quant j’ai entendu je l’ai entendu arriver.

Je ne peux même pas exprimer le sentiment de soulagement que j’ai ressenti. Toute la peine, le ressentiment, le désespoir s’est envolé. J’ai séché mes larmes en espérant que Pascal ne s’apercevrait de rien. Pour couvrir mes éventuels yeux rouges, j’ai éternué quant Pascal est descendu de voiture. Je l’ai attendu près des escaliers.

Ça l’a fait sourire de me voir là, à l’attendre. Je ne savais même plus pourquoi j’avais pleuré quelques instants plus tôt, j’étais juste heureuse de le voir c’est tout. Folle de joie qu’il soit rentré.

La tête posée sur son torse, je savourais le bonheur d’être dans ses bras. D’être avec lui. J’écoutais le rythme de son coeur qui bat et je me sentais en sécurité et heureuse. Il avait mis un film, mais ça ne m’intéressait pas. Tout ce que je voulais c’était rester comme ça sur lui, jusqu’à la fin des temps. Pascal me caressait la tête, me racontait ce dont il avait parlé avec Michael.

TILT! Là, je me suis rappelée pourquoi j’avais été triste, et qu’il était peut-être en train de me mentir, ou d’étoffer son mensonge en me rapportant des trucs qu’ils avaient peut-être discuté il y a des lustres.

Mais, je me suis trompée, Pascal était bien avec Michael et 2 autres copains; ils essayent d’organiser une surprise pour l’anniversaire de Thomas. Voilà donc pourquoi il s’était absenté. Michael avait choisi une salle et ils devaient mettre au point encore quelques détails.

Pascal n’a pas voulu m’en dire plus, pour ne pas gâcher la surprise. Il m’a demandé de ne rien dire à Thomas. C’était évident. Il n’avait pas rendez-vous chez Michael, donc Caro ne pouvait pas y trouver sa voiture. Heureuse de savoir qu’il ne m’avait pas menti, je l’ai embrassé. Encore et encore. Plus amoureuse que jamais, j’avais envie de lui, et je ne lui ai pas caché.

Surpris, mais heureux, il m’a aussitôt transportée jusqu’à sa chambre. Les bras autour de son cou, je continuais à l’embrasser. J’adore les lueurs qui s’allument dans ses pupilles quant le désir l’enflamme. J’aime que ce soit moi qui les provoquent. Et pas une autre.

...rhhh, toujours quelqu'un dans les pattes!...


Samedi - 6 juin 2015 - 157/2015 - Peut-être 1 chance sur Manuella? - (2)

Couché sur le dos, Pascal dort, un bras replié sur les yeux. De l’autre, il me serre contre lui. Sous ma joue, j’entends son coeur battre et sa respiration profonde, calme et rassurante. J’ai la poitrine comprimée, je ressens des bouffées d'amour. La seule chose qui me vient à l’esprit, c’est que je l’aime.

Mes doigts se glissent lentement, tendrement sous son t-shirt. C’est dingue comme son corps est doux et tout en muscles. Il bouge et m’embrasse sur la tête, dans les cheveux sans se réveiller. Hum, heureusement que je les avais lavés, sinon il aurait eu l’impression de plonger le nez dans un gros cendrier.

Pascal ouvre un oeil et me sourit. L’espace temps se dérobe, son sourire me fait fondre. Je le regarde se lever et disparaître dans la salle de bain. Arf, j’ai envie de lui, de me fondre en lui. Il se lave les dents et revient se jeter dans le lit à côté de moi. Il soulève mon t-shirt et ses lèvres se pose sur mon ventre, remonte lentement. Je frisonne.

Mes mains s’agrippent à ses cheveux qui me chatouillent, effleurent son dos, sa nuque. Nos lèvres se cherchent, se trouvent, se confondent. Ses mains chaudes me réaniment, je palpite, ses yeux me dévorent. Nos souffles, nos baisers, nos corps, tout s’emmêle et le temps s’évanoui. Nous ne formons plus qu’un. Epuisé, on s’endort.

Midi, l’odeur du café et des pancakes me réveille. Je me traîne jusqu’à la cuisine avec le t-shirt de Pascal, bien trop grand pour moi. Il est appuyé au bar de la cuisine et lit le journal. Il me sourit. Argh je fonds encore. Pascal me sert un café, je me hisse sur un des tabourets et lui retourne son sourire, avant de me plonger dans ma tasse.

Pascal allait voir le match d’un copain cet après-midi, il m’a proposé de l’accompagner. Je ne pouvais pas; je devais servir de chauffeur pour ma frangine. Elle avait prêté sa voiture au petit copain de sa fille aînée. Ils font une fête pour César, alors elle voulait aller tôt pour tout préparer. Les invités arrivaient en fin d’après-midi.

Habillé d’un jean et d’un simple débardeur blanc, à travers lequel on voyait son torse, ses abdos bien dessinés, Pascal est passé me prendre à 21h. Je me suis sentie trop habillée, alors je suis remontée me changer en vitesse pour enfiler moi aussi un jean.

Pascal me tenait par la main et quant on est entré dans le restaurant. Beaucoup de têtes se sont retournés. Hum, il devait se demander ce que faisait ce type magnifique avec un petit boudin comme moi. J’ai rougi et baissé les yeux. Pascal n’avait pas l’air d'être préoccupé par les regards ou ce que les gens pouvaient penser.

Ce petit dîner en tête à tête m’a comblée. On a rigolé, parlé, encore rigolé. Pascal voulait rentrer et passer une soirée tranquille, en amoureux. Mais, je n’avais pas passé tout ce temps à me préparer pour rentrer, me foutre en training et flâner devant la télé. J’avais envie de sortir. Ciel... j’aurais peut-être dû l’écouter...

On a retrouvé nos potes au Bleu. Ils étaient presque tous bien parti pour faire la fête jusqu’au matin. J’ai éclaté de rire. Thomas nous racontait un des moments les plus gênant. Pascal était à l’autre bout du bar avec quelques copains, dont Michael et Paul.

Nos regards se sont croisés, et Pascal a souri, les yeux pleins d’étoiles. Ça faisait longtemps que je n’avais pas ris. Pascal aime mon rire. Ce qui me gêne parce que j’ai l’impression de l’avoir fait exprès pour qu’il me remarque. Qu’importe. Et pourquoi je n’aurai pas le droit d’essayer d’attirer son attention moi?

En remontant des toilettes, j’ai croisé une grande fille, athlétique, de longs cheveux ondulés bruns comme ses yeux, la peau bronzée. On a failli se rentrer dedans. Je regardais seulement où j’allais, mais j’avais noté qu’elle était jolie. Elle a balancé ses cheveux d’une épaule à l’autre, laissant dans son sillage l’odeur de son parfum.

Caroline me dit que je venais de croiser Manuella, et ça fait Tilt... La grande brune... Manuella...

Je crois que je ne l’avais jamais vue de si près. Caroline me parle, sa bouche forme des mots que je ne comprends pas, je vois son front se froisser. Je comprends que c’est important, mais sa voix me parvient à travers un voile de coton. Je réussis à sourire, mais une buche vient de m’écraser le coeur comme une crêpe. La douleur est immense et me tétanise.

Comment n’ai-je pas compris hier soir? Comment ai-je pu ne rien remarquer? Ce parfum. Son parfum. J’ai senti son parfum sur Pascal. Comment n’ai-je pas réalisé qu’il me mentait? Qu’il l’avait vue? Comment ai-je pu être si idiote?

Tous les signes clignotaient devant mes yeux, dans ma tête, et j’ai été aveugle comme une taupe. J’enregistre une suites d’images; sa tête qui se penche vers sa bouche, sa main qui encadre son visage, le baiser qu’il pose dans le creux de sa nuque. Mon estomac se révulse. Troublée, j’essaie de bloquer mes pensées. Je ne veux pas mettre le doigt sur quelque chose que mon esprit a réalisé, mais que je refuse d’admettre. Je regarde Pascal et il me souri.

Mon regard s'aggrippe à celui de Manuella quant elle passe devant Caroline et moi. Elle tourne aussitôt la tête pour regarder ailleurs. Après avoir fait la bise à Jonas, Manuella s’approche de Pascal et pose la main sur son dos. Il se penche vers elle, ils se font la bise et elle lui chuchote à l’oreille. Il rit.

Ses yeux verts tendrement posés sur elle me brûlent comme au fer rouge. Le sourire qu’il lui adresse est comme une trahison. Mon estomac se noue et je me détourne.

La rage monte, j’ai les oreilles en feu, mes joues me picotent. J’ai envie de le frapper, de le mordre pour m’avoir prise pour une conne. Comment a-t-il osé? Me faire ça à moi? Une vague de chaleur me submerge, me fait bouillir de l’intérieur. Ma respiration se bloque, j’étouffe.

Et Pascal continue de rire. Rire comme s’il était innocent. Comme s’il n’avait rien à se reprocher. Sa main se pose sur sa hanche, il se penche à nouveau vers elle et chuchote à son oreille. Et elle rit. Seraient-ils en train de se moquer de moi?

J’ai envie de la voir souffrir autant que moi en ce moment. J'ai envie de voir disparaître son petit air supérieur et suffisant quant elle me regarde. D'effacer son petit sourire. J'ai envie qu'elle ait mal, la voir dégringoler de son petit pied d'estale sur lequel elle s'était mise.

C'est pourquoi quant cette fille, avec qui Pascal discutait, lui a dit qu'elle voulait coucher avec, je lui ai dis qu'il pouvait y aller. J'étais juste à côté, et je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre ce qu'elle lui murmurait à l'oreille. Elle ne savait pas que j'étais avec lui, que j'étais sa copine. Manuella fera moins la fière de le voir partir avec une autre fille.


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