Comment dire? C'est adorable de m'avoir préparé une pièce dédiée pour que je puisse travailler chez lui, mais… c'est quand même pas la même chose que de bosser dans son environnement perso. Je ne sais pas comment dire à Pascal que… je n'arrive pas à bosser ailleurs que chez moi. Comme je n'osais pas le lui dire en face, j'ai préféré le dire par sms… Plutôt lâche je le sais bien!
Quelque part, c'est aussi par flegme. Pas envie d'être sur mon 31 ou sur mes gardes tous les jours, 24h sur 24h. J'aime faire ce que je veux, me laisser aller à traîner en training tous les jours si je veux. Quand je le vois, je m'habille et me prépare soigneusement. Rien à voir avec ma tronche des jours sans. D'ailleurs ça me rappelle qu'il faut que j'aille chez le coiffeur pour couper tout ça.
Pascal voulait qu'on se voit ce soir encore. On était sensé se voir les week-ends, et ça ne se passait pas vraiment comme ça. Les week-ends au chalet, on ne fait que dormir ensemble. Enfin, quand Michael et Paul n'ont pas tout à coup l'idée de compliquer les choses. Donc, le week-end, on ne fait que se croiser quand on est au chalet. C'est une sortie entre amis, pas une sortie en couple.
On en a longuement parlé. Pascal aurait aimé qu'on se voit plus la semaine. Il m'avait dédié une pièce pour que je puisse bosser, alors il imaginait que je pouvais très bien bosser chez lui, comme chez moi. On ne bosse pas la même chose quand on est pas dans ses affaires. Mais j'ai souri et promis de faire un essai. Sûre qu'il me manquera quelque chose une fois que je me mets à bosser.
Ça m'embêtais de devoir faire des allers-retours, ça coupe l'énergie et l'inspiration du moment…
Pascal a préparé un souper léger. Je n'avais pas très faim. Je m'inquiétais parce que j'avais la tête vide. Chez moi, je traine devant la télé en faisant des croquis. Je chante par moment. Aussi, j'ai toujours 2 ou 3 tableaux sur lesquels je travaille, et je travaille sur les projets pour mon boulot pour Black Pencil. Là, comme je ne suis pas chez moi, je ne peux évidemment pas faire tout ça…
N'étant pas chez moi, je peux difficilement enfiler mon vieux training de travail tâché de peinture, mettre la musique ou un film, et je n'ai pas mes tableaux pas mes tableaux sous la main, et je n'ai pas pris tous mes croquis pour pouvoir les trier, ou choisir ceux qui vont me donner l'étincelle pour aller dans une direction ou une autre. En fait, c'était comme si j'avais mes colocs dans les pattes.
Pascal a essayé d'être discret, de ne pas me distraire, mais en même temps, il était là. Je ne pouvais pas lui dire que j'aurai préféré qu'il aille se coucher, parce que je bosse de nuit. Que je n'aime pas avoir qui que ce soit qui me tourne autour. J'ai essayé de m'isoler dans le bureau où Pascal m'avait installé un vrai atelier. J'entendais la télé à côté. Ce n'était pas fort, parce qu'il jouait de la guitare.
Pascal avait les écouteurs et essayait lui aussi de se concentrer. Bref, j'imagine qu'il n'était pas plus à l'aise que moi. J'ai entendu la porte, c'était Caroline. Pascal avait dû oublier de lui dire qu'il m'avait demandé de passer ce soir. Je ne suis pas sortie du bureau. Je les ai entendu chuchoté. Ils parlaient à voix basses pour ne pas me déranger. Pascal l'a empêchée de venir me saluer.
J'ai cru comprendre qu'il lui avait demandé de rentrer, alors je suis sortie du bureau/atelier. De toute façon, je n'arrivais pas à bosser. Je l'ai dis. Caro pouvait bien rester, ça ne risquait pas de me déranger. On a bu un verre ensemble. Moi, mon "verre", c'était un café. J'en bois des litres chaque jour, même juste avant d'aller me coucher. Ça ne m'a jamais empêché de dormir. Caro ne s'attendait pas à me trouver là, et a reprocher à Pascal de ne pas l'avoir avertie.
Je n'ai rien foutu question boulot. Une fois Caro rentrée, on a fait du cocooning sur le canapé…
J'étais au fourneau quand Pascal est rentré. Paul était avec lui, alors je lui ai proposé de manger avec nous. Et j'ai appelé Caro pour l'inviter aussi. J'avais prévu assez. Ce n'est pas souvent que je me lance dans la cuisine, là, j'ai reçu pleins de compliments. Pascal était tout fier. Il ne restait plus une miette une fois qu'on a quitté la table pour prendre le café au salon.
J'étais plus calme que d'habitude. J'avais l'impression de retrouver mon "moi". Pas besoin d'être enjouée, ni de parler, Caro le faisait pour tout le monde. C'est d'ailleurs un peu pour ça que je l'ai invitée. Moi toute seule, et les garçons n'auraient probablement pas entendu le son de ma voix. Ou si peu. Là, pour participer, je n'avais qu'à rire aux plaisanteries de Caro et Paul.
Il n'était pas trop tard pour encore profiter de se lover sur le canapé et se faire des câlins.
Pascal est un peu comme moi, on ne parle pas beaucoup. On aime bien écouter les autres. Pascal me lançait des sourires, parfois des clins d’œil. A table, il s'était assis à côté de moi et me tenait la main sous la table. Parfois sa main glissait sur ma jambe. J'étais contente de le retrouver, et l'air de rien, très contente de dormir en boule dans ses bras, chose à écouter son cœur battre.
Après mûre réflexion, j'ai décidé de ne pas monter. Aller passer juste la soirée à se regarder de loin et dormir ensemble, et le lendemain se préparer pour redescendre… Ça n'en valait pas la peine. J'ai donc passer ma journée dans un de mes trainings pourris favoris, étalé sur le canapé. J'ai même failli oublier d'aller faire les courses pour demain soir.
Je vais lui préparer un rôti aux champignons. Une petite soupe légère pour commencer, une salade pour accompagner, avec des pâtes. Pour le dessert, je vais préparer une salade de fruits. Les fruits frais que je peux trouver et quelques fruits en boîtes, comme des cerises et des pêches. Un petit jus de citron pour couronner le tout et l'affaire sera dans le sac.
J'ai enfin trouvé le temps de me faire les cheveux. Mes 2 colocs ont dormi toute la journée, alors j'avais un peu d'espace. L'empêche, je préfère nettement quand ils ne sont pas là. Les savoir en faut, c'est comme s'ils étaient dans mes pattes. Chiant.
Pascal était tout déçu quand il a vu mon message en rentrant du ski. Je l'ai envoyé vers les 16h30, parce que je savais qu'il serait rentré au chalet au chalet. Il m'a appelé pour essayer de me faire changer d'avis. Je sentais qu'il n'était pas si sincère. Il devait être soulagé de ne pas m'avoir dans les pattes. Pensant à mes colocs, j'aurai dû l'avertir hier déjà.
Aujourd'hui, je pensais être en meilleur état, être d'attaque, mais j'étais encore naze. J'ai passé ma journée à me demander si je ne devrais pas rester chez moi, au lieu d'aller au chalet. Je me sentais tellement lourde, comme si je portais des poids sur les épaules. J'étais vraiment super fatiguée.
Je n'avais pas envie que Pascal pense que je ne montais pas à cause du week-end passé. Et rester là, j'allais me torturer l'esprit. Mais y aller dans cet état, j'allais juste être une morte vivante qui traine au chalet. J'avais pas la pêche. Alors j'ai finalement décidé de rester chez moi.
Si d'aventure je me sentais plus en forme demain, alors j'irai au chalet par mes propres moyens. Après tout, faut que je pense à moi d'abord. Si je vais au chalet, ce ne serait que parce que je veux être là, pour surveiller Pascal. C'est nul. Je vais m'écouter et faire ce qui est mieux pour moi.
Pascal a essayé de me faire changer d'avis. A proposé de rester ici avec moi, et qu'on passe un petit week-end en autarcie.
Que ce serait chouette. Qu'on pourrait de temps en temps ne penser qu'à nous et profiter de passer notre week-end ensemble. Pas possible, même là, ce serait des efforts pour parler, sourire… Et je n'en étais pas capable. Même mes bras me paraissent lourds. Je suis un légume.
Alors je lui ai dis que j'avais des trucs en famille, et que même ça, je suis crevée, ça n'allais pas être une partie de plaisir. Qu'il fallait qu'ils y aillent sans moi. Que je monterais peut-être demain en début d'après-midi. Qu'il ne fallait pas qu'il s'inquiète. Et pour le rassurer, je lui ai dis que si je ne monte pas, je l'attendrais à la maison dimanche soir. Je préparerais un truc à manger.
Ahhhh, enfin, E.T. maison. Je pouvais me relâcher. Relâcher la pression. Je me suis couchée… Raide.
Stress, j'étais fatiguée. J'avais pris le café avec Pascal avant de partir. Je savais que je ne pouvais pas traîner au lit, et que je devais absolument rentrer et me préparer pour le boulot. Je me suis répétée que je devrais toujours être prête à l'avance et ne pas toujours laisser les choses en plan pour le lendemain. Mauvaise habitude. Finalement, je me retrouve toujours à la bourre...
Ciel, j'aurai donné beaucoup pour retourner me coucher quelques heures… Je ne pouvais non plus pas me faire les cheveux. Mon shampoing colorant traîne depuis 1 semaine à côté du lavabo. Pas eu le temps de l'appliquer. J'ai avalé plusieurs cafés, mais rien à faire, je me sens léthargique. Pascal avait pensé qu'on pourrait aller faire du sport ensemble ce soir. J'ai pas d'énergie...
Après la réunion, JL a proposé qu'on aille prendre un verre. Il a cru que je refusais parce que je ne voulais pas me retrouver toute seule avec. Il y avait de ça, mais aussi, je ne voulais pas que ça comment à jaser. Comme il a invité l'équipe, j'ai été obligée d'y aller. Même sourire me demandait de l'effort. J'en ai profité pour envoyer un message à Pascal pour annuler.
J'ai pas traîné. Le temps de boire un petit café, et j'étais OFF. De retour à la maison, même pas faim, trop raide. Pourtant, je ne pouvais pas me coucher si tôt, sinon à minuit, je serais réveillée… J'ai tourné en rond en baillant à me décrocher la mâchoire pour essayer de tenir jusqu'à 22h...
Hier, comme je ne pouvais pas, Pascal a proposé qu'on mange ensemble aujourd'hui à midi. Il m'avait demandé pourquoi je ne demandais rien depuis qu'on était rentré du chalet à propos de ce qui s'est passé avec Natacha. Au lieu de répondre, je lui ai demandé s'il voulait en parler. Lui non plus n'a pas répondu. Pascal a juste dit qu'on pourrait en parler en mangeant, si je voulais…
Donc, c'était pour ça qu'il m'invitait à manger!!! D'accord! C'était pour qu'on discute. Et de préférence dans un endroit publique pour éviter une grosse scène. Depuis le temps qu'il me connaît, il me voit en train de lui faire une scène? Sûrement pas. Quand c'est trop lourd à porter, ça me coupe la langue. Sinon, je fini par avoir les larmes aux yeux. Et je suis moche quand je pleure.
Mais, j'étais sûre qu'il m'invitait plutôt au resto pour éviter des histoires. Il sait que je déteste les trucs en public, ça m'embarrasse plus qu'autre chose. Ça m'a dérangée qu'il fasse ça, parce que ça voulait dire qu'il ne voulait pas spécialement en parler, et qu'il avait trouvé une excuse quelconque, qu'il espère que j'avalerai sans faire d'histoires. Je me suis préparée à encaisser.
Le voilà qui me rappelle encore pour me demander si ça jouait toujours. J'ai dis que oui, que j'étais d'ailleurs en train de me préparer. Pascal me demande si je ne préfèrerais pas plutôt qu'on se fasse quelque chose à la maison? En rigolant, il m'a dit qu'il a proposé midi, mais c'était une excuse pour me rappeler et proposer plutôt le soir...
Ça m'a fait sourire. Petit malin. La tension est tombée. Comment être fâchée avec lui après ça?
Bizarre, donc il n'avait pas cherché à diffuser les choses. Bon, alors j'ai décidé de ne rien lui demander. Je finirais par savoir, alors il n'y avait pas le feu. Je n'allais rien lui demander, ni le forcer à me parler. Je ne ferais pas d'allusions, rien qui fasse penser que je cherchais à savoir.
Au contraire. Je vais lui dire que j'ai apprécié son message. Il me disait avec qui il était, en quelque sorte de ne pas l'attendre. C'est qu'il avait confiance en moi, en nous. Alors moi aussi, je lui fais confiance. Je n'ai pas besoin d'en savoir plus, c'est pour ça que je n'ai pas posé de questions. Inutile de dire que c'était parce que j'étais raide. En fait, c'est ce qui m'a foutrement sauvé.
Il était libre de m'en parler s'il le voulait. Je serais toujours prête à l'écouter. Mais, je ne voulais pas qu'il pense qu'il était obligé de le faire. Son message avait suffit. Je veux qu'il comprenne qu'il n'avait pas à se mettre à table chaque fois qu'il bougeait le petit doigt. Que j'étais sa partenaire, pas sa psy, ni son maître à penser. qu'il n'avait pas à me demander ma permission…
Quand je suis arrivée, il se préparait à sortir courir. J'avais fait des courses et avait une idée de ce que je voulais manger. Je voulais lui faire goûter une de mes sauce à la courge à l'africaine. Je me suis mise au fourneau pendant qu'il faisait son tour. Heureusement qu'il a un cuiseur de riz! Chez moi, je réussi le riz 1 fois sur 2! Ce n'était pas encore prêt quand il est rentré. Ça mijotait.
Mon dieu, j'ai le cœur qui s'affole. Mes yeux raffole de lui. Je me demande ce que j'ai fait pour mériter un homme aussi beau. Je me demande souvent ce qu'il peut bien me trouver. Je ne me trouve pas même jolie. Est-ce que j'ai un charme caché que je n'imagine pas avoir? J'en sais rien, mais j'ai le cœur qui tape souvent rien qu'à le regarder. Il est si… parfait. Et ses yeux verts sont si beaux!
Son sourire, ses expressions, ce corps à damner une sainte… Pascal est vraiment trop bien pour moi…
Je me suis collée à lui. J'avais envie de le toucher, le sentir. Il a essayé de me tenir à distance, parce qu'il était trempé. Mais il ne sent jamais la transpiration. Ce n'était pas la 1ère fois que je colle quand il vient de faire de l'exercice, parce que j'aimerai savoir si sa transpiration ne me dérange pas. Mais il ne sent pas la transpiration. Il est plutôt salé, mais pas cette odeur lourde et puante comme certains hommes.
Avant qu'il n'aille se doucher, je lui ai dit ce que j'avais à dire. Ça lui laisserait le temps d'y penser sous la doucher. Comme ça, on a pu manger en paix, rigoler et passer une soirée adorable, pleins de câlins. Pascal n'a pas dû beaucoup insister pour que je reste. J'allais juste devoir me stresser un peu demain avant ma réunion en début d'après-midi. Arh, je l'adore à en mourir.
Comme souvent le mardi, j'ai eu Thomas en ligne. Il n'avait pas l'air en forme, alors j'ai évité de le saouler avec mes petits problèmes. De toute façon, je ne pense pas qu'il sache grand chose des relations entre Pascal et Natacha. Arh, est-ce que je ne fais que de me plaindre chaque fois que Thomas appelle? J'espère que non, sinon, quelle plaie!
Je n'ai qu'à attendre un peu, Pascal lui en parlerait surement à Thomas, et il me racontera probablement. Je me fais du soucis pour Thomas. il avait l'air un peu déprimé... C'est fou, Thomas me manque... Dommage que je n'ai pas profité plus de sa présence quand il était en Suisse...
Pascal m'a aussi appelée et demandé si j'avais envie de dîner avec lui. Je devais bosser, je ne pouvais pas. Mais, c'était surtout parce que j'étais en training, pas maquillée, et j'avais la flegme de me faire une tête avant de sortir. C'était un peu tard pour le proposer aussi. S'il m'avait proposé ça à 10h… peut-être.
Le soir, Pascal m'a appelée avant d'aller se coucher. Il voulait m'entendre. On a traîné au téléphone. Je n'ai pas l'habitude que Pascal m'appelle autant. J'étais en train de bosser, mais j'ai prétendu que j'allais aussi me coucher. Je me suis demandée s'il essayais de se racheter pour quelque chose ou quoi!
En rentrant du chalet dimanche soir, on a déposé Natacha en 1er, et on est rentré. Caro a pris un café avec nous, avant de rentrer elle aussi chez elle. J'avais des questions à poser à Pascal, mais j'étais vraiment raide en arrivant à la maison. J'attendais que Caro parte pour aller me coucher.
Comme Caro voyait que je ne n'entamais pas la discussion, elle a simplement demandé à Pascal ce qui se passe avec Natacha. Pascal lui a dit qu'il n'y avait rien à dire. Ils avaient juste discuté. Alors elle a voulu savoir ce qu'ils faisaient à l'hôtel aussi longtemps. que c'était bizarre d'aller dans un hôtel pour discuter. Il Ils n'airaient pas pu le faire dans le bar. Ou encore, au retour au chalet? Pourquoi aller discuter dans un hôtel?
Pascal a froncé les sourcils, en jetant un œil dans ma direction. Puis, il a déclaré qu'ils avaient bu un verre au bar de l'hôtel. Qu'ils n'avaient pas pris de chambre, si c'était ce qu'elle sous-entendait. Je n'y ai pas cru une seule minute je l'avoue. Caro était entrée vérifier le bar.
Ils n'y étaient pas. Donc, ils avaient bel et bien pris une chambre. Mais, pas la force de discuter.
Lundi matin, j'ai pris le café avec Paul et Pascal avant de rentrer chez moi travailler. Je ne sais pas ce qui m'arrive, mais j'étais encore fatiguée. J'hésitais à me remettre au lit en rentrant, mais j'avais des trucs à faire. J'aurai peut-être mieux fait de me coucher, parce que je n'ai pas vraiment réussi à faire ce que j'avais prévu. J'ai surtout tourné en rond, perdue dans mes pensées.