178 - Trop gentil avec elle
Pascal n’avait pas la grande forme. Il n’avait pas vraiment envi de parler, ni vraiment envi de rien. Je pense qu’il était là pour me rassurer, pour pas que je pique la mouche parce qu’il m’avait demandé de partir de chez lui ou peut-être juste pour se blotir l’un contre l’autre. Je sais pas bien, mais j’étais quand même contente qu’il soit là et de dormir dans ses bras.
Le lendemain, Pascal s’est réveillé tôt et je le sentais mal à l’aise. Il a proposé qu’on aille chez lui, il se sentais mal à l’aise, Layne pouvait débarquer d’un moment à l’autre. Il allait falloir que je lui dise pour Layne...
Pour l’embêter, je lui ai dit que je ressentais le même malaise pour chez lui, que Caroline pouvait débarquer n’importe quand aussi. Par contre, quant je lui ai dit que je regrettais qu’il ait laissé quelqu’un mettre les pieds dans, ce qui était sensé être notre nid, je le pensais.
Pascal m’a dit que j’avais trop d’imagination...
On a passé une super chouette journée de câlins-coocooning chez lui. On avait pas trop envi de mettre le nez dehors.
En fin de journée, je l’ai vu regarder son natel. J’ai réalisé qu’il l’avait mis sur silence, en l’écoutant parler avec Thomas. Un peu mal à l’aise, il s’est excusé pour sortir sur la terrasse pour appeler Caroline. Elle lui avait laissé plusieurs messages.
Je l’ai entendu lui dire qu’il avait envi d’un week-end tranquille, qu'il ne voulait voir personne et qu’il n’avait pas l’intention de sortir. Elle avait dû lui dire qu’elle passait parce qu’il lui a dit plusieurs fois; “non, stp, pas ce soir. On se verra lundi au boulot” et “Il faut qu'on parle”. Je boutiquais sur l’ordi en faisant semblant de ne pas écouter, mais impossible de m’en empêcher. J’ai noté le ton doux et tendre de sa voix. C’était peut-être normal, mais ça m’a rendu un peu furieuse. Je ne pouvais pas supporter qu’il parle à une autre fille avec autant de tendresses dans la voix. IiiiaK.
Des images qui me foutaient le cafard ont commencés à défiler dans ma tête. Je les avais vu s’embrasser, alors le reste était hyper facile à imaginer. Arhgrhhh, je me sentais légèrement mal. Après ça, j’essayais d’éviter tout contact. Pascal m’a demandé ce que j’avais, mais niet, je n’allais pas le lui dire.
On devait aller chez Thomas le soir, mais Pascal avait décliné l’invit. De mon côté, moi aussi, en prétextant une sortie avec mes potes et que suivant comment, je passerais avec eux. Je n’avais pas vraiment l’intention d’y aller non plus. Pascal nous a fait à manger. Je me suis dégelée un peu. Je lui ai donné un coup de main. Ce n’était que pour être avec lui. J’aimais tellement le coller...
Pascal m’a assurer qu’il serait patient, que même si je restais avec Layne, il voulait quand même me voir. Qu’il essayerait de ne plus me mettre de pression pour que je quitte Layne, il savait combien c’était dur. Il avait essayé de parler à Caroline hier soir quant ils sont partis de chez lui, mais il n’avait pas eu le courage de lui dire que c’était fini. Il n’avait pas eu le coeur de la blesser ou lui faire de peine, alors il me comprenait. Tant que mon coeur lui appartenait, il était ok.
Caroline était vraiment tenace. Quant elle veut quelque chose, elle ne s'embarrasse pas de scrupules. Les refus ne la rebutent pas en tous cas. Elle n’avait pas vu Pascal à la soirée de Thomas, alors elle s’est pointée, malgré que Pascal lui ait demandé de ne pas venir.
Comme je ne pouvais évidemment pas sauter par la fenêtre, j’avais voulu faire un retraite discrète dans la chambre, mais Pascal ne voulait pas que je me cache.
Elle s'est fâchée, elle pensait qu’il voulait rester tranquille, donc être seul. Pourquoi est-ce que j'étais là? Est-ce que j’étais déjà là quant il l’a appelée? C’est pour ça qu’il ne voulait pas qu'elle vienne? Pascal a essayé de la calmer un peu, mais elle était remontée! De mon côté, j’essayais de la boucler, surtout ne pas me laisser aller à entrer en conflits avec elle et forcer Pascal à intervenir.
Puis elle s'est adressée à moi;
- Pourquoi tu ne nous laisse pas tranquille?
Puis à Pascal;
- Si tu veux qu’on parle, dis lui de s'en aller. Qu'elle nous fiche la paix.
Glups. J’ai sursauté. Est-ce qu’il allait oser me demander de partir? Aïe. Qu’est-ce qu’il allait faire? Il se retrouvait à devoir faire un choix. S’il me demandait de partir, je ne le lui pardonnerais pas. D’un autre côté, elle était sa copine, il n’avait pas trop le choix. Pascal a jeté un petit coup d’oeil dans ma direction. Le pauvre, le voilà pris entre 2 feux. Il l’a fait asseoir en me lançant un regard embarrassé.
Pour éviter d’être dans ses pieds, j’ai ramassé mes clopes et je suis sortie sur la terrasse.
De temps à autre, je jetais un coup d’oeil à l’intérieur, j’avais un peu peur qu’il finisse par me demander de partir. Ce serait un coup fatal, je partirais, le coeur écrabouillé, en miettes. Je pleurerais peut-être toute la nuit et les jours suivants. Sûrement tout le dimanche. Ce serait horrible, je n’arriverais pas à lui pardonner ça. Je ne le supporterais pas. Je tremblais, en plein délire de destruction. Grosse panique à bord.
Voir la façon que Pascal lui parlait, en lui tenant les mains, me rendait nerveuse.
A ma surprise, Pascal essayait de mettre les distances entre eux, de rompre avec Caroline. Même s’il n’avait pas l’air très à l’aise, il avait l’air résolu. C’était bizarre qu’il fasse ça, là, tout de suite. Dire qu’il avait essayé le soir d’avant aussi! Je me demandais pourquoi tout à coup, il semblait si résolu à rompre avec elle. Mais Caroline n'était pas bête, elle devinait sûrement où il voulait en venir. Elle changeait de sujet, revenant sur ma présence chez lui.
Pascal avait essayé de lui dire que ça n’allait pas marcher entre eux, mais elle l’avait coupé en lui disant que s’il voulait parler de leurs relations, je n’avais rien à faire là, que c’était humiliant pour elle. Qu’ils en parleraient une autre fois, qu’elle devait retourner retrouver Alexia à la fête, alors elle devait partir. Caroline aurait voulu qu’il l’accompagne.
Elle avait les larmes aux yeux et avec beaucoup trop de tendresses et de douceur, Pascal avait essuyé ses larmes en la serrant dans ses bras. Grrrraouh. Je me demande pourquoi j’avais voulu être là, ce n’était pas agréable de les regarder. Je regrettais avoir eu la délicatesse de fermer les portes-fenêtres, parce que je ne pouvais pas bien entendre ce qu’ils se disaient, et lire sur ses lèvres, c’était pas trop ça.
Calmée, elle m’a jeté un petit regard noir. Grrr. Ça m’a fait froid dans le dos. Bon, elle allait la jouer courte ou fallait que j’intervienne!
Ensuite, Caroline a passé ses bras autour de son cou et j’ai détourné les yeux. Je ne voulais pas les voir s’embrasser. Iak. Il aurait dû la repousser, et surtout lui retirer ses pattes velues. Arf, j’étais injuste. Caroline lui a murmuré quelque chose à l’oreille en faisant un signe dans ma direction.
Pascal a tourné la tête dans ma direction. J’ai vite détourné la tête. Pascal était bien trop gentil avec elle. Caroline lui a encore demandé de me dire de les laisser. Il n’en a rien fait. Tant mieux.
J’ai décidé de retourner à l’intérieur. Après tout, j’avais déjà presque fumé un paquet entier, assez. Si je la gênais, elle n’avait qu’à partir.
Pascal avait lâché ses mains en m’entendant entrer dans le salon. Bien sûr que je l’avais vu lui tenir les mains, je suis sûre qu’il le savait aussi. Un silence lourd a accompagné mon apparition, et finalement, Caroline a enfin décidé de prendre la porte. Malgré l'interruption de caroline, on a passé une soirée pleine de douceurs et de tendresses. Pourtant, je sentais bien que son passage l'avait perturbé.
Je n’arrivais pas à me lasser de l’écouter, de le regarder, le respirer, le sentir. J’aurai voulu que ça ne finisse jamais. Pascal est tellement tendre, tellement chou que c’en ait renversant. Chaque minute me faisait l’aimer encore plus, j’adorais positivement être avec lui.
Caroline est encore venu sonner chez lui vers les 3h du matin, mais il n’a pas répondu. Comme elle insistait, Pascal a failli aller lui ouvrir et la mettre devant le fait accompli et lui expliquer carrément qu’on était à nouveau ensemble. J’ai dû lui rappeler qu’on avait décidé de rester discret, que personne ne devrait être au courant.
Je ne suis pas sûre qu’il ait vraiment beaucoup dormi, il était plutôt préoccupé. Ou peut-être qu’il pensait à elle? Arrrh, j’espère que non. Mince, je pense que oui!
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Trop gentil avec elle (178-sam-27.juin.09)







Layne avait remarqué que 
Un énorme chapiteau